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Consommateurs de propane de tous les pays, unissez vous !

Ce blog se veut aussi une tranche de vie des clients des grands propaniers français, une vie de consommateur ordinaire. Ordinairement  oublié par  une presse économique  trop occupée à dresser des lauriers aux nombreuses catégories de rentiers du capital qui s’ingénient de nos jours, comme autrefois l’aristocratie foncière,  à préserver  leurs privilèges,  à l’heure où grondent les révoltes légitimes. L’absence de concurrence dans le propane en citerne est la source de dérives connues depuis des décennies, auxquels nos juges de la concurrence peuvent, s’ils le veulent,  mettre fin du jour au lendemain  en prenant une ou deux mesures de bon sens. Restera alors aux consommateurs à engager une action de groupe pour demander aux propaniers réparation pour leurs mensonges,  leurs dissimulations et leur déloyauté.
 
Voici quelques récits de consommateurs de propane d’outre-atlantique qui  nous racontent  un peu de notre propre histoire.  Il s’agit avant tout  de vous  faire comprendre, vous, lecteurs  de passage sur ce site,  la dimension  universelle des pratiques déloyales de la profession,  et  le piquant de ses variantes locales.  Par cet effet de miroir, vous vous découvrirez  une raison  commune d’agir qui semble  plaider  en faveur du rêve de tous les Ralph Nader en herbe : l’instauration  d’une action de groupe à l’échelle PLANETAIRE……. 
Rassurez- vous, l’ADECOPRO  a les pieds sur terre. Elle ne milite pas pour le jumelage des consommateurs de GPL des deux côtés de l’Atlantique. Il s’agit plutôt  de  réfléchir  à la manière dont un modèle d’escroquerie particulièrement bien huilé  s’exporte à travers le monde capitaliste. Il s’agit d’imaginer, à rebours des discours lénifiants de la presse économique, comment la fourberie et la ruse constituent encore et toujours le meilleur moyen de réussir dans les affaires. Combien ces qualités particulières qu’on apprend dans les écoles de commerce,   sous-tendent l’extension permanente  de la sphère du profit,   en absorbant  une part toujours plus grande de la valeur produite par le travail des hommes.  Car si la raison d’être de l’artisan est de faire le plus beau travail possible, celle de l’homme des multinationales  sera toujours d’accaparer sans fin. Sans but. Et surtout sans vergogne. 
 
 
Les témoignages de consommateurs américains de propane qui suivent ont été publiées en 2008 et 2009  par un journaliste américain, George Gombossy, sur le blog du journal pour lequel il travaillait à cette époque. Elles sont traduites ici en français (1 gallon =3.75 litres) . 
 
Chapitre 1 : L’histoire de Jim Brangi 
Jim Brangi habite dans le Connecticut. Un jour il en a eu marre de couper, tracter, fendre et empiler du bois pour sa cheminée et il s’est acheté ce que finissent par acheter tous les américains, un foyer-cheminée au gaz propane et un poële à gaz pour chauffer sa maison.
Il a signé deux contrats exclusifs de 7 ans avec la firme Bemer Petroleum Corp, pour chacune des deux citernes de 500 litres de propane louées par la société de Glastonbury. En échange de son engagement de longue durée , Bemer lui a promis par écrit que son tarif – qui change à chaque livraison- serait à « un prix compétitif »
L’automne dernier, en recevant sa dernière livraison , il constate qu’on lui demande de payer 3,3 dollar le gallon.  En vérifiant sur le site du gouvernement consacré au prix des énergies, il remarque que son tarif  était 0,53 dollar de plus par gallon que le prix moyen relevé.
Ce jour là Brangi a réalisé que le mot « compétitif » était très relatif et qu’il avait juste troqué un casse tête pour un autre, en changeant d’énergie. La différence n’était pas négligeable pour lui qui utilise presque 2 tonnes de propane par an.
Bienvenu dans le monde du propane où moins vous consommez et plus vous payez, et où beaucoup de dealers font très peu de cas de leurs clients une fois le contrat signé.
Bien que plus de 30 000 familles se chauffent au propane dans le Connecticut et 200 000 autres familles l’utilisent pour cuisiner ou pour un foyer-cheminée fonctionnant au gaz, c’est probablement l’énergie la plus énigmatique par  son mode de tarification.
Il est en effet  très facile pour un néophyte de se faire coincer dans un contrat à long terme, lequel  n’est réellement attractif que pendant la durée du prix d’appel.
Un consommateur qui essaierait de se faire une idée de qui, parmi les  distributeurs locaux offrent les meilleurs prix ou les meilleurs services, serait condamné à l’échec. Comparer les prix est impossible puisqu’aucun ne  fait figurer les prix sur son site.
Savoir quelle question poser à son  propanier peut même se révéler chose délicate, puisque le business du propane est très différent de celui  du fuel, ce dernier étant beaucoup plus facile à comprendre pour un non initié.
La grande différence entre les deux est que contrairement au fuel, où le consommateur est propriétaire de son réservoir, 95 % des citernes de propane sont la propriété des distributeurs, ceux-ci  faisant  généralement payer un loyer annuel. D’autre part les propaniers n’affichent pas leurs prix, et vont jusqu’à moduler leurs tarifs par un facteur 4 entre leurs plus petits et leurs plus gros clients ( souvent des résidences ou condominium regroupant plusieurs habitations) (ndlr : attention ce facteur  4, beaucoup plus important que l’écart  de 2 constaté en France entre les prix les plus bas et les prix les plus hauts payés par des  consommateurs,  s’explique pour partie par la plus grande diversité de taille des réservoirs qui vont aux USA de 100 gallons soit 200 kg à 3000 gallons soit 6 tonnes, alors que les citernes domestiques en France ont des capacités allant de 500 kg à 3.2 tonnes uniquement) .
En faisant pression pour qu’ils louent les citernes au lieu de les acheter, les vendeurs de propane peuvent enfermer les clients pour des durées allant jusqu’à 5 voire  7 ans, avec des contrats rédigés de manière très  vague qui leur permettent de faire payer le prix qu’ils veulent.
Au Connecticut, comme dans beaucoup d’autres Etats, il y a un règlement pris par les services de sécurité , qui précise que seul le propanier propriétaire peut remplir sa citerne. Donc , si vous ne possédez pas votre propre citerne, vous ne pouvez même pas comparer les offres.
Ce que font la plupart des propaniers, c’est offrir une super offre de départ avec l’installation de la citerne, et puis compter sur la méconnaissance du client sur l’évolution permanente du prix du propane pour commencer à l’extorquer à la fin de la première année.
Malgré des dizaines de plaintes de consommateurs aussi bien auprès des autorités de protection des consommateurs qu’auprès du bureau du procureur général de l’Etat, on dirait que cette industrie vole en dessous des radars des fonctionnaires de l’Etat, qui jusqu’à présent n’ont accordé que peu d’attention à ces questions.
(Commentaire du traducteur : cet article aurait pu être écrit par un journaliste français tellement il relate notre expérience quotidienne)
Chapitre 2 : l’histoire de Robert Wood 
Un jour  Robert Wood a découvert qu’il avait payé  pour sa dernière livraison par Northeast Oil & Propane, 70 % de plus par gallon que la moyenne de l’Etat . Aussi quand un mois plus tard, le camion de Northeast s’est arrêté une nouvelle fois devant chez lui pour faire le complément , Wood s’est ravisé et a demandé au conducteur à quel prix était le propane ce mois-ci. Le chauffeur lui répondit qu’il était au même prix que la dernière fois , c’est-à-dire 4,11 dollars le gallon.
« J’ai dit au chauffeur que je n’en voulais pas, que c’était trop cher, et je suis rentré à la maison »
Quelques minutes plus tard , la secrétaire de Northeast appelle et demande à Wood quel est le problème. Il lui redit son refus de payer le prix proposé.
« Soudain , le prix est descendu à 3,29 $ le gallon » dit il «  la société venait juste de réajuster ses tarifs » selon  la secrétaire.
Ce que Wood venait de découvrir malgré lui , c’est que contrairement au gaz de ville ou à l’électricité, le prix du propane est  extrêmement flexible. Bien qu’il y ait des vendeurs de propane soucieux de leurs clients, il y en a aussi  beaucoup trop qui tirent un avantage certain  du fait que les gens ne comprennent rien au business du propane.
En fait la raison principale pour laquelle les consommateurs ne comprennent pas grand-chose, c’est que les distributeurs ne font aucun effort pour rendre les prix transparents,   et un certain nombre ne  communiquerons même pas leur prix par téléphone si vous vous avisez de les appeler. La raison pour laquelle ils arrivent malgré tout à ne pas faire faillite en dépit de ces cachotteries , c’est  que l’immense  majorité des  clients  est captive.
Dans les lois de l’Etat , seul le propriétaire de la citerne peut la remplir.  Et ici comme dans tous les autres Etats, les propaniers possèdent presque toutes les citernes. Seulement 4 % des gens sont propriétaires de leur citerne, selon le responsable  local de l’association des propaniers.
Sans parler du fait que la plupart des propaniers découragent activement leurs clients à acheter leur citerne pour mieux les endormir.
Sur la base des 200 emails reçus de la part de consommateurs de l’Etat de Virginie, Connecticut, New York et Pennsylvanie, le prix par gallon va de 1,5 $ à 8 $ selon la quantité de gaz utilisée, selon que vous êtes ou non propriétaire de la citerne, et selon que votre propanier a envie d’exploiter  votre ignorance  pour améliorer ses profits. Les réponses des gens me donnent  à penser que les propaniers pratiquent les prix à la tête du client, ou tout du moins au niveau de prix le plus élevé possible étant donné ce qu’ils peuvent  anticiper  de la réaction  du client.
Le représentant local pour le Connecticut des propaniers , pense lui qu’il n’y a rien de sinistre à considérer que les propaniers sont prêt à pratiquer des réductions tarifaires à la demande du client. Il dit que selon lui le business du propane est un business compétitif et qu’il est logique d’accorder une remise quand il apparait que le client risque de partir ailleurs.  Selon  lui  aucun propanier ne cherche à prendre un avantage excessif sur le dos du client, mais il reconnait que certains pourraient mieux faire.
Chapitre 3 : l’histoire de Renée Pacewicz
Renée est une négociatrice hors pair.
Ses qualités de battante lui ont permis à elle et à son mari, à devenir une des rares familles du Connecticut à devenir non seulement propriétaire de leur citerne, mais en plus à avoir négocié une remise de 30 % sur son prix d’achat. .
Il faut vraiment comprendre comment fonctionne le marché du propane pour apprécier cet exploit à sa juste valeur. Beaucoup de propaniers  du Connecticut et d’ailleurs sont capables d’aller très loin dans le mensonge pour forcer le consommateur à louer,  plutôt qu’acheter leurs citernes. Ils racontent des bobards à leurs clients comme par exemple le fait qu’il faut examiner la citerne régulièrement pour des raisons de sécurité  (ndlr :  il n’y a pas de révision décennale obligatoire dans la réglementation américaine dès lors que les citernes sont fabriquées conformément  aux recommandations de l’American Society of Mechanical Engineers ASME ) que l’assurance de la maison va augmenter si le client achète sa citerne, ou qu’il va devoir payer des taxes locales plus importantes.
Une fois qu’ils ont réussi à bien faire peur aux propriétaires de  pavillon, les propaniers arrivent avec les gourmandises: ils promettent un prix de départ très bas, dont ils assurent faussement qu’il ne fera par la suite que se convertir en un taux «compétitif». Pourquoi est ce qu’ils font cela ? Parce qu’une fois qu’ils ont leur réservoir installé chez vous – surtout un  réservoir souterrain – ils font de vous ce qu’ils veulent puisque vous ne pouvez acheter votre propane qu’auprès de la société propriétaire de la citerne. Ici dans le Connecticut, c’est la loi qui veut cela : les industriels ont convaincu les législateurs et le Fire Marshal ( ndlr : responsable de la sécurité incendie dans l’Etat, qui dispose de pouvoirs réglementaires étendus) que du fait des dommages possibles avec un accident sur un réservoir de propane, seul le propriétaire de la citerne pouvait le remplir ( ndlr : quelques Etats n’ont pas encore adopté cette loi, très favorable aux pratiques de cartel).
Quand ils ont acheté leur maison en 2002, Renée et son mari faisaient  partie des  96 % d’utilisateurs de propane qui louent leur citerne. Au début  ce n’était pas grave car l’énergie n’était pas chère.
Pourtant le couple avait quand même posé la question au sujet de l’achat possible de  leur citerne de 500 gallons (ndlr  1000 kg) à leur fournisseur Propane Gas Service, basé à South Windsor. On leur avait répondu que c’était pas la peine de se presser pour acheter la citerne puisqu’elle allait se déprécier et qu’il serait plus facile  de la  racheter plus tard.
Mais en 2008 , après la hausse considérable du prix des combustibles, le couple découvrit qu’en temps que locataire de la citerne, ils payaient le propane $ 1  de plus par gallon  que les gens qui étaient propriétaires de leur citerne (ndlr : soit  500 dollars de plus par tonne environ )
Alors ils sont retournés voir Propane Gas Service  pour racheter leur citerne. Mais entretemps, PGS avait été racheté par Inergy L.P. un major du propane du Missouri (qui a un parc installé de  800 000 citernes dans la moitié Est des Etats-Unis).
Le couple expliqua alors qu’on leur avait dit au début qu’ils ne pouvaient pas acheter leur citerne. Ils insistèrent un peu auprès de la direction et le propanier leur donna la permission de la racheter pour 1300 $ (900 €) , c’est-à-dire exactement le prix d’une citerne neuve de même capacité (ndlr : les citernes neuvres sont aux Etats Unis nettement moins chères qu’en Europe)Une tactique courante dans l’industrie pour dissuader le consommateur de devenir propriétaire de sa citerne. « C’est une citerne pour la vie » lui expliqua l’employée de bureau , comme pour s’excuser de son audace. Renée lui répondit du tac au tac «  Vous êtes tombée sur la tête ! »
Elle a appelé le contrôleur des impôts de sa ville et s’est fait ouvrir le registre des actifs  professionnels de la ville,  imposables  à la «municipal tax »  ( sorte de taxe professionnelle locale). Le contrôleur des impôts lui certifia alors qu’Inergy avait déclaré une valeur d’actif deux fois moindre pour sa citerne soit 675 $.  Alors Renée appela les services d’Inergy et tomba finalement sur quelqu’un qui accepta de reconnaître qu’on voulait lui faire payer sa citerne d’occasion à un prix trop élevé. Finalement Inergy lui céda  la citerne pour 625 $.
Parmi les 200 personnes qui m’ont adressé un témoignage dans les derniers mois à propos de  leur expérience avec les propaniers, ces propriétaires sont les seuls qui m’ont dit avoir pu acheter la citerne d’occasion à une valeur moindre que la valeur de la citerne neuve. Tous ceux qui  ont racheté leur citerne ou qui ont voulu la racheter,  se sont vu répondre qu’il  fallait payer au coût de remplacement,  c’est-à-dire à  la valeur d’une citerne neuve.
Mais le fait d’être propriétaire n’a pas permis à Renée d’en finir avec les frustrations liées aux propaniers. Désormais, chaque fois que son  réservoir a besoin d’être rempli , Renée doit avaler des couleuvres pour obtenir des prix compétitifs . Tout d’abord on la met sur le grill. Combien de gaz vous voulez ? Et pour quel usage vous avez besoin de gaz ? Le fait qu’elle fasse partie de l’élite , en tant qu’acheteuse libre, dérange les propaniers.
C’est que tous les propaniers font payer des prix différents à des clients différents. Vous payez tel prix si vous chauffez votre maison au gaz, tel autre prix si vous ne faites que l’eau chaude  ou que la cuisine…
« Je ne peux jamais avoir une réponse simple » se plaint Renée.
Il est vrai que la plupart des compagnies ont peu d’intérêt à servir des propriétaires qui possèdent leur réservoir et peuvent ainsi faire leur shopping chez les propaniers pour obtenir le meilleur prix.
Une fois , un propanier a refusé de lui vendre du propane au motif qu’il n’avait rien à  faire des clients qui n’achetaient du propane qu’une fois par an.
« Au final, ça vaut quand même la peine »  dit Renée, parce qu’elle a récupéré le prix de son achat de citerne en faisant à peine trois pleins de  sa citerne. Désormais, chaque fois qu’elle a besoin de gaz, elle appelle les 4 propaniers des environs , à la recherche du meilleur prix.

 

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