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Le premier ministre d’Antigua et Barbuda à Rubis – Vitogaz : « Tirez vous de mon île si vous n’êtes pas content ! »  

 

Voilà le genre d’histoires que j’adore lire sur le Net.

En 2013 Rubis – Vitogaz annonçait par un communiqué céder ses activités GPL en Allemagne, le marché le plus compétitif en Europe. Le groupe français motivait sa décision par le fait que ce marché était caractérisé « par l’absence de perspective d’acquisitions ».  Une remarque pour le moins saugrenue lorsqu’on sait  que l’Allemagne compte à elle seule autant de sociétés de distribution de GPL que  tous les pays d’Europe réunis.  Ce que  Vitogaz voulait dire en réalité, c’est qu’ils n’avaient  trouvé  aucune  vache allemande  digne d’être rachetée et traite à leur manière.  Le communiqué ajoutait que Rubis  voulait  se recentrer sur l’Espagne et le Portugal, deux pays qui, à l’inverse,  comptent le plus faible nombre de distributeurs de GPL en Europe.  Pour ceux qui n’auraient pas compris,  Rubis  terminait son communiqué en ajoutant   : cette décision «  illustre clairement la ligne stratégique de Rubis ». Une ligne stratégique  consistant donc  à délaisser ou à fuir les marchés les plus concurrentiels, afin de  prendre une  position de leader  sur les marchés où l’absence de concurrence permet  de s’enrichir tranquillement sur le dos des populations locales.

En réalité  la curée sur les anciennes colonies insulaires, particulièrement « protégées »  de la concurrence  par la petite taille de leur marché intérieur,  ne date pas d’hier. En avril 2011 la multinationale américaine Chevron, propriétaire de  TEXACO, avait revendu à Vitogaz toutes ses activités de carburant voiture et avion dans les Barbades   ainsi que dans l’arc caribéen oriental ( Antigua et Barbuda, Grenade, Dominique, St Lucie, St Vincent et les Grenadines, Guyana, St Kitts et Trinidad et Tobago) . Les actifs en question comprenaient un réseau de 75 stations-service, des intérêts dans des installations aéroportuaires (pipeline, stockage..), 5 unités de remplissage de GPL, 7 terminaux maritimes  et quelques autres opérations de trading et de shipping.

Cinq ans après son arrivée en fanfare dans les Caraïbes anglophones, les masques tombent.  Vitogaz découvre  qu’il  est plus difficile d’imposer sa loi d’airain dans les colonies anglophones libérées de la tutelle  britannique,  que dans les anciennes colonies françaises devenues  «Départements d’Outre Mer»,  dont le sort économique, comme chacun sait,  continue d’être fixé par des arrangements concoctés depuis la métropole.

Cinq ans, c’est aussi le temps qu’il faut en moyenne aux clients de Vitogaz pour se rendre compte qu’ils ont été roulés dans la farine.  Ainsi  la presse locale  des  Iles Caïmans s’est fait l’écho en 2016 de l’activisme d’un groupe de consommateurs entendant  peser sur les décisions du  gouvernement (et sur le résultat des élections de 2017)  pour modérer les « marges colossales » sur le prix du carburant vendu par Rubis. Des manifestations ont eu lieu sur l’île principale pour dénoncer l’écart entre les prix de marché et les prix pratiqués dans les stations-service du groupe Rubis.

Sur le territoire d’Antigua et Barbuda, c’est l’exécutif en personne qui s’est chargé de rappeler Vitogaz à l’ordre, en montrant la porte de sortie au groupe français.

Apparemment Rubis aurait cherché fin 2016 à rétablir ou préserver son niveau de marge historique sur les ventes de carburant de détail. Une augmentation des prix à la pompe étant impossible vu son niveau déjà passablement élevé, Vitogaz avait prévu de refaire sa marge sur le dos des pompistes.  Manque de bol, à Antigua,  les propriétaires de stations ne sont pas des investisseurs étrangers avec lesquels on arrive  à s’entendre sur le dos des populations locales, mais  des antillais couleur locale.  Lesquels n’ont pas tardé à aller gémir auprès du premier ministre, un certain Gaston Browne, un homme qui ne mâche pas ses mots,  et  visiblement  peu enclin à baisser son froc devant  les multinationales.  A défaut de pouvoir protéger ses administrés contre les aléas climatiques ( Antigua vient d’être très sérieusement touchée par  le passage de l’ouragan Irma), Gaston  Browne aura su prévenir une catastrophe annoncée du nom de Rubis.

C’est à ce moment-là que le directeur général de Vitogaz Caraïbes (200 agents), un  ingénieur  colombien  passé chez Vitogaz après avoir dirigé les opérations  de Chevron en Amérique Latine, a cru malin de faire semblant de vouloir replier ses gaules à Antigua, en exerçant un chantage au non-renouvellement des contrats entre Rubis et les stations-service locales.

Ce genre de chantage n’a pas plu du tout au premier ministre et sa réaction  ne se fit guère attendre. Le gouvernement d’Antigua et Barbuda répondit  qu’il ne voyait aucun problème à la décision du  groupe pétrolier français de quitter l’île, suite aux  démarches entreprises pour l’empêcher de  monopoliser la distribution  de carburant dans le pays. S’exprimant sur la télévision d’état ABS, Browne déclara que son administration ne ferait rien pour s’opposer à une  décision de retrait de Rubis.

Antigua

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Gaston Browne & Francis White, version anglaise des Tontons flingueurs

«  Lorsque vous avez des investisseurs, des investisseurs étrangers, qui poursuivent leur logique de profit au détriment de notre peuple, alors il est temps pour eux de partir » a déclaré le premier ministre.

«  Chaque fois qu’un vide se crée, il y a toujours quelqu’un pour le remplir. Leur politique ne peut pas être uniquement une histoire de profits. C’est pas comme s’ils disaient qu’ils ne font pas du tout de profit. Ils disent qu’ils ne font pas ASSEZ de profit. »

« Nous leur avons littéralement dit nos quatre vérités. Quand il s’agit de défendre les intérêts des habitants de ce pays, nous ne cédons rien »

Browne a ajouté que le groupe français avait déjà tenté d’augmenter  sa marge par le passé.

« La réalité est que nous avons eu un certain nombre d’exploitants de stations-service dans le pays ces dernières décennies,  et cela a permis aux exploitants et à leur famille de vivre correctement.  Nous ne permettrons pas  à une société étrangère de bouleverser la vie de ces familles pour des motifs de profit illégitime »

«  Nous le leur avons très clairement  signifié. Et nous reconnaissons qu’au cœur du débat se trouve le fait qu’ils ont tenté de forcer le gouvernement à augmenter leurs marges et à répercuter cette augmentation dans une  hausse du prix du carburant. »

La semaine précédente, le ministre des Télécommunications Melford Nicholas a dit que le cabinet était préoccupé par cette affaire « la distribution au détail des produits pétroliers a été réservée depuis très longtemps aux entreprises locales » et la réduction des marges prises par les distributeurs pourrait « générer une situation de monopole dans la distribution des produits pétroliers » par asphyxie progressive des opérateurs locaux.

La société Rubis reste cependant droit dans ses bottes. Le directeur général de Rubis Caraïbes a argumenté que les marges ont été gelées à Antigua et Barbuda pendant les 27 dernières années et que cela pénalisait la profitabilité de la société.  Le lecteur notera  en passant que bien que Vitogaz ne soit présent que dans ces deux îles que depuis 5 ans,  Rubis n’est pas gêné de faire référence aux  marges engrangées par son prédécesseur, Chevron, sur les 22 années précédentes.  Ils sont pas mignons ces groupes pétroliers qui ne veulent donner  aucune information aux gouvernements  ou aux citoyens sur leurs coûts réels d’approvisionnement et de stockage, mais qui n’hésitent pas à se refiler  entre eux des informations confidentielles dont ils ne devraient pas avoir connaissance ?  Il est vrai que la consanguinité entre multinationales a toujours été un problème dans ces petites îles……

Et le CEO de pleurnicher auprès du journal Antigua Observer «  Une entreprise  ne peut pas survivre avec des marges gelées indéfiniment,  tandis que les coûts opérationnels augmentent chaque année »  avant d’ajouter,  catégorique, que les marges sur la revente de carburant n’ont pas suivi les taux d’inflation, ni les marges relevées dans les pays voisins des Caraïbes orientales.

« Tout ce que nous demandons au gouvernement et que nous avons demandé pendant des années, c’est que les marges soient alignées avec l’inflation de ces 27 dernières années , et avec la marge brute moyenne dans les Caraïbes orientales». Bin voyons !  Pourquoi  il ne demande pas un alignement des marges depuis le crash boursier de 1929 ?

Je n’ai pas trouvé d’informations relatives à la suite ou la fin de cette histoire. Il paraîtrait qu’un exploitant de station-service a depuis sommé Rubis de renégocier un contrat pour l’année 2017. J’espère pour lui que sa ou ses stations-service sont encore debout  à l’heure actuelle.

Source : Jamaica Observer et Caribbean360.com

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Les extorsions continuent chez Vitogaz. Nouvelle plainte auprès de la DDPP des Hauts de Seine.

 

L’extorsion de fonds consiste à obtenir par violence, menace de violences, contrainte, chantage ou intimidation,  une signature, un engagement, une renonciation ou une  remise de fonds  ou d’un bien quelconque.  L’extorsion est punie en France de 7 ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende. Plus la personne extorquée est en situation de  faiblesse par rapport à l’escroc, et plus sévère est la punition des tribunaux. En théorie.

S’il y avait une justice dans ce bas monde, certains cadres dirigeants  de l’entreprise Vitogaz, à commencer par un triste sire du nom de Paoli, chef du service client de cette entreprise multirécidiviste, devraient se voir offrir un séjour en  prison  en considération  des pressions exercées par cette multinationale pour exiger de ses clients locataires qu’ils lui versent des pénalités indues. Je  rassure de suite le lecteur : aucun dirigeant de Vitogaz  n’ira goûter au charme désuet  des geôles françaises. Notre justice, à l’inverse de la justice anglo-saxonne, est d’une timidité confondante  dès qu’il s’agit d’engager la responsabilité pénale de cadres dirigeants, exception faite des affaires fiscales sortant de l’ordinaire, et bien sûr, des infractions les plus graves à la sécurité au travail. Nos juges ou nos législateurs (ou les deux ensemble) confondent trop souvent Justice et Miséricorde dès lors qu’il s’agit de tenir un dirigeant responsable des actes délictueux commis par une personne morale. Tant qu’ils ne grugent pas  l’Etat et ne mettent pas en danger la vie de leurs salariés, les dirigeants  n’ont pas trop à craindre de la justice pénale en France.

L’ADECOPRO a été saisie de nouveau ces dernières semaines par un locataire ayant résilié son bail par anticipation. Vitogaz exige des pénalités de résiliation anticipée de ce locataire alors que la rupture du contrat d’approvisionnement  avec le locataire (contrat secondaire) n’a entrainé aucune interruption du  contrat principal entre Vitogaz et le propriétaire du logement. Le contrat de Vitogaz avec son locataire est habilement rédigé de manière à faire croire au locataire que Vitogaz est en droit de réclamer une telle pénalité. Le Médiateur de l’Energie, sollicité par le locataire, n’y a vu que du feu et a trouvé la demande de Vitogaz légitime !  (voir courrier du locataire sur le lien ci-dessous).

Vitogaz est un habitué des clauses abusives et c’est aussi un habitué de ce type d’extorsion auprès des locataires. Nous étions déjà intervenus en 2014 sur une affaire similaire. Suite à notre intervention,  Vitogaz avait mis fin aux  pressions exercées  sur le locataire, et avait fini par annuler sa demande de pénalités,  sans courrier d’excuses ( c’eût été trop demander de la part des dirigeants de cette entreprise).

Mais Vitogaz est une entreprise qui n’a pas peur de la récidive.  C’est pourquoi Vitogaz essaye à nouveau d’intimider un autre couple de  locataires. Vous trouverez ci-joint la lettre adressée hier par ces  locataires à la DDCCRF des Hauts de Seine sur notre conseil,  pour leur demander d’intervenir afin que cesse le harcèlement de Vitogaz.

Lettre Vitogaz Norbert Verneau3

Il convient de signaler que Vitogaz a aujourd’hui un accord avec le site PICBLEU, site très fréquenté par les internautes à la recherche d’informations sur les questions énergétiques domestiques  et sur les propaniers.

Derrière une neutralité de façade, Picbleu est en réalité une machine à collecter des contacts, comme n’importe quel comparateur. PICBLEU ne s’intéresse pas aux propaniers indépendants, et n’incite pas les consommateurs à devenir propriétaire de leur citerne. En choisissant de taire les aspects les plus sordides du commerce du GPL en France, PICBLEU prend fait et cause pour les méthodes commerciales des grands propaniers,  contre les intérêts des consommateurs.  Encore une ruse de l’information prétendument objective. A l’image des médias politiques confis de complaisance envers le pouvoir politique, PICBLEU est un média économique qui trouve que « tout le monde il est beau dès lors qu’il a de l’argent ». Sa ligne éditoriale vise à  légitimiser, par son manque d’esprit critique,  les pratiques commerciales les plus discutables des propaniers.

En outre le site  fait de la retape pour le pire de tous les propaniers : Vitogaz. Pour vanter les mérites de  Vitogaz auprès  d’internautes  dubitatifs, PICBLEU  leur tient aujourd’hui ce discours  :  «  Ce que vous avez pu lire sur Vitogaz sur Internet n’est plus vrai. Vitogaz a changé. Vitogaz n’est plus le même. Les informations que vous avez lu sur le net sont anciennes et ne  sont plus valables ».  Si nous sommes au courant de ces pratiques,  c’est que les consommateurs qui entendent ce type de discours et qui découvrent par la suite le site de l’ADECOPRO, nous écrivent  un peu déboussolés  pour nous demander pourquoi nous tenons un discours diamétralement opposé à celui de Picbleu  au sujet de Vitogaz.

Et devinez ce que nous leur répondons ?

Deux dirigeants de Rubis – Vitogaz  se versent 23 millions d’Euros de salaire. Les petits actionnaires s’indignent sur Boursorama.

 

Quelques années en arrière,  avant qu’ Obama ne soit élu pour son premier mandat,  un éditorial de « Fortune » , le news magazine des businessman américains,  faisait état de la baisse de l’espérance de vie des noirs américains et d’une hausse concomitante de l’espérance de vie des blancs.  Le journaliste de Fortune voyait dans l’écart grandissant entre  l’espérance de vie des deux principales ethnies nord-américaines (*) une bonne raison d’élire enfin un président noir : un écart  de plus en plus important  n’aurait pas manqué d’exacerber les tensions sociales  préjudiciables au bon climat des affaires.  Quinze années ans plus tard (**), l’écart ne s’agrandit plus  mais il reste toujours aussi béant. Cet écart est suivi  par les statisticiens du très officiel  Center for Disease Control,  et analysé par sexe et par niveau d’éducation.  C’est entre les mâles noirs n’ayant pas terminé le collège,  et les mâles blancs ayant terminé le lycée,  que cet écart est le plus important  : l’espérance de vie des premiers est inférieure de 14 ans à celle des seconds.   Sur ces 14 années d’écart, le  taux d’homicide (largement supérieur chez les noirs) ne permet d’expliquer qu’une seule année.  L’écart  restant  est la conséquence  d’un système économique basé sur l’exclusion des plus défavorisés et sa cohorte de plaies sociales (alcool, drogues, prison, problèmes de périnatalité….).

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L’évolution de l’espérance de vie par ethnie est un sujet d’embarras permanent aux USA

La vieille Europe emboîtant le pas des Etats Unis avec une quinzaine d’années de retard, j’attendais  que l’Insee nous annonce  un jour une baisse de l’espérance de vie des français, prévue  de longue date par les critiques de la médecine allopathique.  C’est chose faite depuis l’année dernière.   Les précautions oratoires des statisticiens  et les « mises- en-garde-contre-les interprétations-hâtives » de la  ministre de la santé ne me feront pas avaler qu’une  épidémie de grippe chez les personnes âgées puisse  justifier, à elle seule, la baisse de l’espérance de vie de 65 millions de français.  Selon les médias nationaux, « l’espérance de vie ne fait qu’augmenter sur le long terme. Ce qui s’est passé en 2015 n’est qu’une anicroche ».  Les médias américains ont eux aussi beaucoup  brodé en 2016 sur une  petite anomalie transitoire   ( en anglais, on dit « a blip »). Car l’espérance de vie des américains, toutes ethnies confondues,  a  baissé en 2015 comme en France,   pour la première fois depuis 1993. L’explication avancée  de l’autre côté de l’Atlantique est  toutefois  un peu  plus convaincante  : hausse de la mortalité  chez les jeunes américains  par surconsommation de drogues et d’alcool ou par suicide (ce qu’on appelle aux USA  « les maladies du  désespoir »), et chez les adultes augmentation des  infarctus, du diabète… (« les maladies de civilisation »).  Moyennant quoi,  les USA ont connu 6  blips,  ou baisse passagère de l’espérance de vie,  au cours des  50 dernières années,  contre seulement  deux pour la France ( 1969 et 2015).

Vous voulez connaitre  la  vraie cause de la baisse de l’espérance de vie en France ?  Elle a pour nom  PAU-PE-RI-SA-TION des chômeurs et des travailleurs. Je vous recommande  de vous promener  à pied dans les ghettos noirs américains.  Au milieu des bâtisses délabrées et des trottoirs défoncés,  vous pourrez méditer sur  la similitude de destin entre les laissés pour compte du libéralisme économique des deux côtés de l’Atlantique.  Bien sûr, nos dirigeants politiques sont payés pour faire en sorte que  le processus  de destitution progressive des  populations  rétives à l’embrigadement capitaliste (noirs américains,  français chômeurs ou indociles, grecs désœuvrés,  insoumis de tous bords …. ) soit suffisamment graduel pour passer inaperçu, ou pour rester socialement supportable.

C’est là en vérité,  toute l’habilité de nos hommes politiques. Doublement prisonniers d’un système qui les dépasse  et de logiques  partisanes qui assurent leur ré-election  en les dispensant de devoir penser par eux-mêmes, ils  n’ont aucun  moyen  d’enrayer  le processus d’accumulation qui permet  aux  gagnants de la loterie capitaliste de devenir chaque jour un peu plus riches, tandis qu’il assure aux perdants de se voir dépouillés chaque jour un peu plus de leur santé et de leur humanité.  Et puisque reconnaître publiquement son  impuissance est  inenvisageable pour un professionnel de la politique,  sous peine de perdre tout crédit aux yeux de ses électeurs, nous assistons en permanence , en guise de spectacle politique, au grand bal des hypocrites.

Quant aux élites économiques, elles  gouvernent en France comme en Allemagne , en Grande Bretagne comme  aux Etats Unis,   avec la même rationalité aveugle ou cynique,  selon les cas.  Les dirigeants de multinationales exigent comme récompense  de leur soi-disant supériorité intellectuelle, ou  de leur ego boursouflé, l’extension indéfinie de  leur patrimoine personnel :  distribution de stock-options,  participation gratuite aux augmentations de capital,   part réservée des dividendes..  rien n’est trop beau, rien n’est trop nouveau pour étendre les frontières de  leur empire personnel.

Bien sûr, on peut  s’esclaffer avec  Guy Bedos : « La bourse je m’en fous, j’ai choisi la vie». Mais les capitalistes sont tout sauf des gens dont on peut se permettre d’ignorer l’opinion. Pour deviner ce qu’ils pensent, il faut commencer par  lire ce qu’ils lisent, quitte à faire mentir Mark Twain :    « Si vous ne lisez pas le journal, vous êtes mal informés. Si vous lisez le journal, vous êtes mal informés  ».   Il peut aussi être utile de parcourir  les forums où ces messieurs cultivent l’entre soi libéral  avec  une constance qui force l’admiration.

Le forum du site Boursorama nous en apprend une bien bonne sur les dirigeants du  groupe Rubis, lequel a repris les activités de Vitogaz  (ex Société Havraise des Pétroles) en 1994. Les gratifications que ses dirigeants se sont arrogées en 2016  à titre de salaire, eut égard à leur génie,  ont fait pousser quelques hurlements parmi les petits actionnaires du groupe. Si ces témoignages méritent d’être repris sur le  site de l’ADECOPRO, c’est qu’ils émanent d’individus en principe  vaccinés  pour accepter  les pires excès  en matière de rémunérations de dirigeants.

(les citations en italique reprennent les messages  les plus compréhensibles par les non-initiés. Pour lire la totalité des messages du fil de discussion intitulé « Pillage des actionnaires de Rubis » sur le site de Boursorama, vous pouvez cliquer ici.)

Un certain Ravigot attaque bille en tête «  Vous avez vu le rapport Proxinvest ? Un scandale que la rémunération des dirigeants de Rubis : 23 millions d’Euros à deux (voir rapport annuel) . Il y a comme un défaut. C’est 30 fois plus qu’Hermes relativement à la taille boursière ! Ils nous répondent que c’est les statuts ! Mais des statuts comme ça, ça se change : rendez-vous à la prochaine assemblée !! Il faut que ça saute. J’y vois pour ma part un vrai pillage des actionnaires que nous sommes. Ils ne sont même pas exposés : la commandite est une sarl avec pas un sous dedans

Tandis que l’ADECOPRO y verrait plutôt un vrai pillage des clients par Vitogaz, chacun voyant midi à sa porte ….

Ce à quoi il lui est répondu «  C’est une commandite, donc les actionnaires n’ont rien à dire sur rien. C’est le principe. Si vous n’en voulez pas, n’achetez pas une action d’une société en commandite »

Ravigot toujours  : «  En 2016 le dividende commandité ( ndlr : versé aux gérants de la commandite) a représenté 20 % du dividende total versé aux actionnaires. Ce ne serait pas un léger abus, non ? Un petit calcul : en 2016, Robin (ndlr il s’agit de Gilles Gobin,  un des créateurs de Rubis ) a prélevé 16 % du total des dividendes de Rubis soit 20 M€ sur les 123 M€ distribués. En mettant en rapport ces 16 % de captation avec la capitalisation boursière de Rubis soit 3500 M€, c’est comme s’il possédait l’équivalent de 560 M€ ou 16% du capital ! C’est là que le bât blesse. Sans avoir mis un rond dans la société, ses droits de commandite lui transfèrent une part de la richesse produite disproportionnée par rapport au risque engagé et à sa mise de fonds,… alors que le patrimoine net de la société appartient juridiquement aux actionnaires commanditaires que nous sommes.  Ce calcul révèle le caractère de hold-up permanent que constitue la commandite par actions…. »

Un autre actionnaire essaye de surenchérir «  Je n’ai rien contre les rémunérations des dirigeants qui réussissent. Mais j’aime bien la notion britannique de « decency »…. »

Celui là devrait retourner à l’école.  La notion de « decency » n’est pas une notion britannique ni même anglo-saxonne,  mais bien une notion latine  (du latin « decere » qui signifie « avoir de la retenue dans la conduite et le maintien » ). Le mot est ensuite passé dans la langue française, la  «décence » étant synonyme de conformité aux usages et aux règles de bonne conduite, pour n’arriver chez les anglais qu’au XVIeme siècle, durant la première période d’expansion du capitalisme financier. Ce n’est probablement pas un  hasard si les anglais eurent besoin d’importer  le mot et l’idée à ce moment particulier de leur histoire.  Ce qui est british, par contre, c’est la notion de « common decency». Littéralement « décence commune », qu’on peut aussi  traduire par  «modestie commune » ou, par extension, par «morale populaire». Là où la décence peut être définie par la conformité aux règles établies par les classes dominantes (aristocratie ou bourgeoisie) , la décence commune s’identifie  à une morale implicite des gens de peu. Celui qui a popularisé cette expression au XXème siècle est le célèbre écrivain socialiste anglais George Orwell (de son vrai nom Eric Arthur Blair).  Le penseur qui a repris l’expression d’Orwell pour la populariser dans la langue française est Jean Claude Michéa, admirateur de l’œuvre d’Orwell. Les écrits politiques d’Orwell sont  bien moins connus  en France que ses célèbres ouvrages de fiction : « 1984 », « La ferme des animaux ». On pardonnera donc à ce boursicoteur en mal d’éthique de céder au snobisme en vogue en France,   consistant à croire que ce qui est intelligent  ne peut que provenir du centre de la galaxie capitaliste.

Reprenant à son compte, et à son corps défendant,  une thématique socialiste, l’actionnaire en question  poursuit sur sa lancée « Malgré mon estime pour la qualité de la gestion du Rubis (sic) , j’ai du mal à trouver décente la rémunération de la commandite… Il existe tant d’autres sociétés prometteuses dont les dirigeants font preuve de plus de décence….je vais avoir du mal à me renforcer dans Rubis ( ndlr : racheter des actions Rubis,  dans le jargon des boursicoteurs) après cette information. »

Pauvre chou ! Encore un boursicoteur qui s’imagine qu’en lisant la presse économique, il est au courant des moindres malversations des dirigeants des entreprises dont il acquiert une poignée d’actions. La Bourse est vraiment un jeu pour adolescents attardés.

Un autre actionnaire se demande perplexe : « Qu’est-ce qu’on fait avec 23 Millions d’Euros par an ??? »  En voilà une question stupide  ! Je propose à Mr Gobin, fondateur de Rubis- Vitogaz,   d’acheter 10 000 paires  de chaussures pour  sa garde-robe,  afin de  relancer  la production de la ville sinistrée de Romans sur Isère, ancienne capitale française de la chaussure.  Voilà en effet un projet citoyen qui justifierait  pleinement de tels émoluments. Et si cela ne suffit pas, je lui propose d’acheter 20 000 soutiens-gorge pour son épouse afin de soutenir la bonne ville de Troyes, et son maire  François Baroin qui fait peine à voir ces derniers jours,  depuis le départ forcé d’Europe 1 de son mentor en politique Jean-Pierre Elkabbach, et la gamelle aux primaires  de son ami Sarkozy.

Un autre boursicoteur fait chauffer ses méninges  « 23 Millions d’Euros par an à deux, ça fait 11,5 chacun, soit 1 M€ par mois, soit 250 000 € par semaine, soit 35 000 €  par jour, 7 jours sur 7. Alors en effet , récolter les fruits des résultats est tout à fait normal, mais c’est tout simplement indécent. Je serai ravi qu’ils divisent leur salaire en 2 et qu’ils le redistribuent à leurs employés. »  Mazette  ! Si même Boursorama commence par être noyauté par les trotskistes, tout est foutu pour les capitalistes…

Plus loin,  un contradicteur apparaît enfin pour défendre Gilles de Gobineau.  Pardon,  Gilles Gobin.  Gobineau, c’est l’écrivain diplomate de l’ « Essai sur l’inégalité des races humaines ». Alors que  Gilles Gobin, le patron de Rubis,  serait, lui, plutôt en train d’écrire un  «Essai sur l’inégalité salariale entre les races de dirigeants et les races d’employés subalternes ».  Le défenseur des nobles dirigeants de Rubis  écrit ceci : «Les deux fondateurs ont monté Rubis à partir de rien …. »  STOOP !  Arnaque intellectuelle en vue !! Voilà le retour de la bonne vieille mythologie américaine du self-made-man ! Je lis en effet  dans Wikipedia : « Rubis Investment & Cie est créée en 1990 par Gilles Gobin. En 1991, la société fait l’acquisition de la Compagnie de Penhoët, une société holding de la galaxie Suez, pour 1,3 milliard de francs, et devient Rubis & Cie »

Oui, vous avez bien lu.   Gilles Gobin a créé Rubis Investment & Cie en 1990 ; et un an plus tard il rachète une holding de Suez d’une valeur de  1,3 milliard de francs.  En partant de rien ?  S’il est vraiment parti de rien, il  va falloir que j’explique dare dare à mon plombier,  qui a créé sa société de dépannage l’année dernière, comment il va pouvoir racheter Engie dès cette année, sans l’aide de son banquier ….

Les autres actionnaires se répandent en louanges sur le flair légendaire des dirigeants de Rubis. Les clients de Vitogaz abusés pendant de longues années par des prix prohibitifs auxquels ils ne pouvaient échapper,  apprécieront. Florilège :

« …  superbe société qui dépasse les espérances de la Bourse …. Si toutes mes actions s’étaient comportées avec de tels résultats , j’habiterai dans une villa sur les hauteurs de Nice plutôt qu’un appartement dans le vieux Nice… » « je n’ai eu qu’à me louer de la compétence et de la sagesse des dirigeants … » «…avec une telle gestion et de tels résultats, on ne peut que leur laisser les clés du camion et la rémunération qui va avec…. »

Je laisse le mot de la fin de à deux actionnaires particulièrement  remontés contre les dirigeants de Rubis, pour finir sur une note optimiste et montrer que tout n’est pas perdu dans ce bas monde   :

«  23 M€ de salaire pour une boite comme Rubis, c’est énorme. Et cela pose d’évident problème éthique mais pas seulement. Cela pose aussi de réels problèmes sociaux par le délitement de nos sociétés.  A quoi bon travailler quand le fruit de ce travail est accaparé par une infime minorité ? Est –on réellement respecté en tant que travailleur dans ce genre de cas quand on a du mal à vivre malgré son travail, ce qui doit être le cas chez un nombre non négligeable d’employés en Afrique  et en France ? On s’étonne du vote populiste mais il est clairement nourri par ce genre de pratique…. »

Mais non, voyons, où allez vous chercher cela ? Faut pas croire tout ce qui se dit dans les journaux…….

«  Rassurez-vous , je ne suis pas anticapitaliste ni mélenchonien ( ndlr : on a eu très peur), mais quand je lis le rapport sur les rémunérations (ndlr : des dirigeants de Rubis), on a le droit d’avoir le vertige. Vous me traitez de « jaloux, d’envieux, de râleur, de grincheux » ! J’ai l’impression que l’odeur de l’argent vous excite comme des vautours. Vous m’inquiétez. VOUS VIVEZ DANS L’IVRESSE DE l’ARGENT SANS LIMITE  ( ndlr : Ciel !  un curé  infiltré chez les actionnaires de Vitogaz…..Des « limites »  ? Non mais quoi encore ? On croirait lire Eugénie Bastié dans le Figaro .. ) . Attention ! Ce genre d’histoire se termine toujours très mal.  Relisez vos classiques « .

Le montant de 23 Millions d’Euros de salaire est astronomique, ahurissant pour une société Midcap ( ndlr : capitalisation de taille moyenne) quelle que soit la qualité, l’intelligence, la compétence des managers et la rentabilité de la société. Sans jouer les Cassandre, le risque que nous, actionnaires, prenons est de laisser les bénéficiaires perdre le sens de la réalité et nous faire chavirer avec eux. … Accepter de rémunérer la commandite à hauteur de 10 % des profits est sidérant ! Ca pose un problème éthique et de gouvernance. Pourquoi Michelin et Hermès , des sociétés aussi louables et qui n’ont pas démérité ont elle limité à seulement 0,67 % des profits la rémunération de la commandite ? Ca devrait vous faire réfléchir ou bien vous avez perdu la raison !! »

Bon espérons que cela fera aussi réfléchir les clients de Vitogaz ….. Nous profitons de cet article pour donner nous aussi nos conseils financiers,  et rappeler que notre préconisons à l’attention des consommateurs soucieux de leurs économies,  de se délester au plus vite de ce fournisseur (indépendamment de la rémunération indécente de ses dirigeants).  Les raisons en sont amplement expliquées dans  les différents articles du  site (il suffit de taper « Vitogaz » dans le moteur du site pour trouver la quinzaine d’articles où nous tirons à boulets rouges sur cette entreprise de voleurs).

Par chance, suite à la condamnation de Vitogaz en 2016 par le  Tribunal de proximité de Vienne (Isère),  à laquelle nous sommes particulièrement fiers d’avoir contribué,  le retrait de toutes les citernes Vitogaz est actuellement gratuit ! Même s’il est écrit  dans votre contrat que vous devez payer 1400 € à Vitogaz  pour faire enlever  votre citerne en cours ou en fin de contrat, sachez que  Vitogaz ne peut désormais plus exiger aucune  somme à ce type suite à sa condamnation. Et ceci tant que la Cour de Cassation ne se sera pas à nouveau  prononcée sur la décision du TP.  Profitez-en pour virer votre citerne Vitogaz ! Contactez nous !

(*) Comme le montre le graphique ci-dessus,  l’écart s’est accru de manière importante de 1985 à 1995, durant la phase d’apparition et de développement  très rapide du SIDA.

(**) Etrangement je n’ai pas pu trouver sur Internet de statistiques ethniques sur l’espérance de vie  des américains après  l’année 2009 . La crise de 2008 aurait elle aggravé la situation ?

 (***) sur le sujet  on pourra aussi  lire avec profit le philosophe et écrivain Bruce Bégout De la décence ordinaire. Court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell,  Allia, Paris 2008

Un octogénaire client de Vitogaz depuis 35 ans payait la tonne de propane 3000 € TTC en 2015

Grâce aux multinationales du gaz, la société française s’humanise à grands pas. Plus besoin d’aller dans les maisons de retraite pour repérer des cas de maltraitance ou d’abus de faiblesse  : la  maltraitance à domicile par les multinationales,  voilà  le summum de la modernité.  Avant de vous raconter l’histoire de ce  monsieur de 82 ans, un petit conseil : si vous avez des parents âgés,  clients de Vitogaz ou d’autres propaniers, je vous invite à jeter un œil sur leur facture de propane afin de vérifier qu’ils ne payent pas leur chauffage à des prix astronomiques : certains membres du très respectable Comité Français du Butane Propane  se sont  fait une spécialité de  s’engraisser sur le dos de clients en situation de faiblesse.

Nous avons déjà fait état précédemment de personnes âgées clientes de  Vitogaz  qui payaient le GPL  3000 € la tonne. C’était AVANT  la chute vertigineuse du cours du propane survenue en Octobre 2014 dans la foulée de la chute des  prix du pétrole.  On aurait pu penser que des prix de vente aussi ridiculement élevés  ne pouvaient plus être atteints  APRES la chute des cours.  Mais c’était méconnaître  VITOGAZ, l’escroc numéro 1 du GPL français. Pour mémoire, Vitogaz est filiale du groupe pétrolier Rubis côté à la  Bourse de Paris (2,8 Milliards d’€ de CA 2014). Un   résident du  Territoire de Belfort,  client de Vitogaz depuis 1980, nous a fait parvenir  sa facture datant  de mars 2015 : elle affiche 2461 € HT la tonne de gaz (2953 € TTC) au moment où le cours du propane sur le marché d’Anvers plafonnait  à 400 € HT depuis plusieurs mois.  Soit un coefficient de marge brute de 6 (ou, si vous préférez 600 % de marge brute).  Excusez du peu.

                                Facture Vitogaz 3000 Euros la tonne

Bravo Vitogaz : la France a besoin de rentiers  qui  osent plumer les consommateurs  sans avoir peur du qu’en dira t’on ! Et bravo à l’Etat français qui autorise de tels abus  depuis des décennies   malgré  l’avis de l’Autorité de la Concurrence,  et une Loi Consommation censée avoir été votée pour empêcher de telles escroqueries !

Notez qu’on est très loin du coefficient de marge brute de «  2 »  affiché péremptoirement par la DGCCRF sur son  site Internet,  suite à son enquête de prix chez les propaniers.  Comment la DGCCRF peut-elle avancer une telle contre-vérité  alors que le prix d’achat spot du propane à Anvers s’établit actuellement à 250 -270 € HT  la tonne,  et que les consommateurs coincés avec une citerne qui ne leur appartient pas (96 % des clients des propaniers français ) se voient actuellement proposer la tonne de gaz entre 1400 et 1600 € TTC  ?

Je ne vois qu’une seule explication possible : ce site de la DGCCRF  conçu  comme un «module pédagogique pour mieux informer les consommateurs» (c’est une blague ?) serait en réalité un modèle de désinformation : le consommateur serait poussé à croire que le coefficient de marge  de 2  (coût d’achat = 50 % du prix de vente) est une moyenne pour l’ensemble des consommateurs, alors que ce chiffre s’appliquerait  en réalité à l’ensemble des clients des propaniers, agriculteurs et industriels compris. Il représenterait donc  le coefficient  moyen sur le vrac,   toutes clientèles confondues. On ne trouve en effet sur le site de la DGCCRF nulle précision quant à la méthodologie retenue dans cette enquête de prix. A l’inverse  le ciblage graphique à l’intention des consommateurs,  et la répétition du mot «consommateur»  sur chacun des pages du site,   laisse accroire que les chiffres présentés ne concernent que cette catégorie de clients.  La DGCCRF voudrait noyer le poisson et le consommateur qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

Or il  nous revient à l’oreille, de source bien informée,  que les multinationales de l’agro-alimentaire  traitées avec égard  par les propaniers français, achètent actuellement leur  propane en France  à un prix  bien inférieur à  350 € HT la tonne.  Avec une marge aussi faible,  il faut bien que certains clients se sacrifient  pour «reconstituer» les bénéfices mirobolants exigés par les actionnaires des grands gaziers. Comme personne n’a envie de demander aux agriculteurs de faire un effort pour aider les propaniers « malmenés » par les industriels de l’agro-alimentaire, ce sont donc les consommateurs français qui sont naturellement appelés à se saigner aux quatre veines.

Mais revenons au cas de notre Terrifortain, nom «officiel» des habitants de ce minuscule  département qui,   après l’annexion de l’Alsace par les Allemands en 1871, s’était appelé dans un premier temps  «arrondissement subsistant du Haut Rhin»,  avant de trouver sa dénomination actuelle de Territoire de Belfort. «Arrondissement subsistant » signifiait à l’époque « subsistant après que l’Allemagne se soit emparée de l’Alsace ». Je ne sais pourquoi il  me vient à l’esprit que nous  habiterons  un jour dans un  pays qui ne s’appellera plus « LA FRANCE »  , mais  « ARRONDISSEMENT SUBSISTANT DE LA FRANCE ».  Patience.  Il  suffit d’attendre encore quelques décennies que l’Europe ait achevé son grand œuvre.

Quand ils découvrirent l’ampleur de l’arnaque dont leurs parents avaient été victimes, les enfants du notre Terrifortain n’en crurent pas leurs yeux.  Ils informèrent leur paternel qui décida de résilier immédiatement son contrat pour changer de fournisseur.  Loin de faire amende honorable, Vitogaz essaya une ultime manœuvre. Dans un courrier bâclé montrant à quel point ce propanier tient ses anciens clients en haute estime (voir ici), Vitogaz expédia un contrat pré-rempli  imposant d’emblée un prix du gaz et la durée  contractuelle maximale prévue par la loi  (voir lien). 5 ans de plus après 35 ans de fidélité  !   Vitogaz c’est  l’Hotel California de la chanson des Eagles : sur le contrat, vous pouvez résilier quand vous voulez.  Mais dans la réalité,  vous ne pouvez jamais partir …. 

On rappellera que le Code de la Consommation impose que les termes des contrats passés entre un fournisseur et un consommateur soient librement négociés et non dictés par le professionnel.  Ainsi un contrat de consommation dont les termes n’ont pu être librement négociés n’a pas de valeur juridique, même signé par les deux parties.  Il faut cependant que le consommateur soit en mesure de prouver que cette négociation n’a pu avoir lieu. Pour ce faire, le moyen de preuve le plus évident est de produire  une photocopie  du  contrat initialement remis par le propanier avec son enveloppe cachetée. Le contrat sera annulé par le juge sans coup férir.

Pour le moment,  le client  s’est bien gardé de retourner la proposition de  contrat. L’offre de prix  Vitogaz (1260 € TTC la tonne) est légèrement supérieure aux offres qu’on peut trouver actuellement auprès de la concurrence (1200 € TTC). Au premier coup d’œil, le client aurait donc tort de signer cette proposition. Encore faut-il que les frais de retrait de citerne figurant dans son contrat actuel ne le dissuadent pas de changer de fournisseur… C’est là que les choses se corsent, et que le piège se referme sur le pauvre client Vitogaz : en proposant le propane 60 € à la tonne de plus que ses principaux concurrents, Vitogaz impose au consommateur qui déciderait de ne pas passer à la concurrence, et donc de rempiler avec ces escrocs pour 5 années supplémentaires, un surcoût  de 300 €  sur la durée du contrat (à raison d’une tonne de propane consommée par an). Soit à peu de choses près, le même montant que ce consommateur devra payer à Vitogaz  en frais de retrait pour sa citerne AERIENNE s’il fait le choix opposé,  consistant à changer de fournisseur…

En stratégie marketing  comme en marketing  politique,  on appelle cela imposer un  «FAUX CHOIX» à l’électeur ou au consommateur  ( à  ne pas confondre avec le « faux dilemme » consistant à passer sous silence l’existence de possibles alternatives )  : dans un faux choix,  que vous vous décidiez à voter en faveur de A ou B, ou que vous  choisissiez  tel  fournisseur plutôt que tel autre,  vous êtes condamné à finir perdant dans tous les cas de figure. Une des manières de sortir des « faux choix » imposés par les structures de pouvoir économiques ou politiques,  consiste à traquer les faux dilemmes  cachés  derrière les faux choix. Pour reprendre notre exemple : le  faux choix   consistant à se demander s’il vaut mieux quitter Vitogaz ou renouveler son contrat avec ce propanier, cache en réalité un faux dilemme. Ce faux dilemme nous impose de choisir entre un propanier du cartel  et  un autre propanier du même  cartel. Dans le faux dilemme, l’existence et la possibilité de solutions alternatives (coopérative de consommateurs, groupements d’achat, propaniers indépendants…)  est systématiquement omise ou récusée par les organisations ou les pouvoirs en place au nom du « réalisme »…

On notera pour terminer,  que la nouvelle proposition de contrat Vitogaz présente une particularité intéressante : il n’y a plus aucune mention relative aux «frais de retrait» de la citerne à la fin du futur contrat.  Même la rubrique correspondante a disparu des Conditions Particulières.  Est-ce une conséquence de la décision récente du tribunal de proximité de Vienne statuant sur le caractère abusif de cette clause du contrat Vitogaz  ? Affaire à suivre….

 

 

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