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Ecarts de prix ahurissants sur le gaz en citerne : l’autre scandale qui justifie la colère des gilets jaunes

« Les imbéciles ne prêtent attention qu’à ce qui leur fait peur » Georges Bernanos

 » Le point commun entre les grands médias  et l’Etat, et à vrai dire,  la raison de leur entente cordiale, c’est qu’ils s’autorisent mutuellement à pratiquer  la dissonance cognitive. Ce qui leur permet le même jour de déplorer le danger  du réchauffement climatique et de se féliciter de la vente d’un millier d’Airbus. Cette sorte d’écologie schizophrénique  produit un effet dévastateur sur le comportement des consommateurs, en leur interdisant de prendre aujourd’hui les décisions qui s’imposeront demain avec d’autant plus de brutalité  »  ( Denis P.   Journal d’un transfugé )

 

Il faut que la révolte gronde  pour que la télévision française cesse d’être le pensum qu’elle est devenue, et nous invite à poser un regard neuf sur le prétendu désintérêt  de nos compatriotes pour la chose politique. A vrai dire , il aura fallu la révolte des gilets jaunes pour me rendre la fierté d’être français (*). Si vous avez raté les différentes émissions qui leur ont été consacrées,  et notamment celle où Xavier Mathieu, ex leader CGT de Continental devenu comédien et acteur de cinéma, se paye la tête de Ruth Elkrief et de Stanislas Guérini, en dénonçant leur « mépris de classe »,  je vous invite à  les regarder sur Internet dans leur version longue et intégrale. Si seulement  on  pouvait donner à chaque  ouvrier la possibilité, ou  la chance  de devenir acteur de sa propre vie,  mon camarade de promotion Geoffroy Roux de Bézieux, patron du MEDEF – et avec lui l’ensemble du patronat français ripoliné aux accents du nouveau monde – aurait un peu plus de mal à trouver le sommeil, le soir venu.  Et ce ne serait que justice : il faudra bien un jour que l’insomnie change de camp.

N’est-ce pas pour éviter que le peuple sorte de sa torpeur et ne soit contaminé à force d’écouter la colère des frondeurs, n’est-ce pas pour empêcher que les télévisions ne laissent  les « factieux » pointer du doigt l’autisme d’une bourgeoisie et d’un gouvernement aux abois, qu’il est désormais urgent que le gouvernement Philippe enclenche la marche arrière,  après avoir allègrement piétiné les droits des salariés ?  Pour le moment le gouvernement n’a pas encore reculé sur la TICPE du propane. Mais attendons de voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines. La démission probable du gouvernement Philippe va mettre un point final à la baraka de Macron. Il n’est pas exclu que la TICPE du propane se retrouve imputée prochainement sur les profits faramineux  des 4 firmes multinationales qui assurent 99 % de la distribution du gaz en citerne en France. Cela éviterait de laisser ces firmes répercuter  l’intégralité de ladite taxe sur le dos des populations rurales suffisamment ponctionnées par ailleurs.

J’ai ouï dire par la bande que certains professionnels du GPL se seraient d’ailleurs émus récemment  du montant de la TICPE désormais imposée aux consommateurs de gaz en citerne.  Trop gentil  ! Merci de penser à nous !  Ces âmes sensibles tenteraient  d’amadouer les pieds nickelés qui nous gouvernent,  afin de ramener cette taxe à des niveaux plus raisonnables.  Il faut dire qu’avec la perspective de payer  le propane 330 € de plus (HORS TVA) d’ici 5 ans, le gouvernement n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, ni même avec le dos de la louche.  Le seul niveau raisonnable pour une soi-disant taxe carbone, lorsque le fournisseur  peut allègrement, et sans craindre la concurrence,  multiplier par un facteur 3, 4 ou 5 son prix d’achat au moment de la revente, c’est ZERO taxe pour le consommateur : au fournisseur  de se débrouiller pour absorber le poids de la taxe dans sa marge brute.

Pendant ce temps,  le cours du propane sur le marché ARA a atteint son plus bas niveau depuis deux ans à 415 dollars la tonne. Enième retournement du prix du baril de Brent.  La baisse importante des exportations iraniennes de GPL  depuis le mois de  novembre, imputable aux récentes sanctions américaines, n’a pas modifié les fondamentaux du marché. Pour la troisième année consécutive le prix du propane a varié de manière contracyclique,  augmentant d’avril à octobre, avant d’effacer en quelques semaines d’un début d’hiver particulièrement doux,  les hausses progressives de ces deux dernières années.

Cette baisse du cours du propane ne s’est pas encore répercutée, loin s’en faut, sur les prix du propane à la consommation.  Inutile de revenir sur  les méthodes utilisés par les  gaziers et pétroliers pour profiter des périodes de baisse des cours. La moyenne des prix de vente du propane aux consommateurs,  relevés par les services du ministricule De Rugy ( fort justement rhabillé pour l’hiver par le susnommé Xavier Mathieu),  n’a jamais été aussi élevée depuis 2015. A la décharge des grands propaniers, les propaniers les mieux à même de répercuter rapidement  la baisse des coûts d’approvisionnement sur leurs prix de vente sont les petits propaniers indépendants : leurs contrats d’approvisionnement, s’ils en ont,  sont de courte durée.  D’autres, comme Gaz Liberté, se contentent d’acheter  au mois le mois sur le marché spot, assumant  le risque de se retrouver à sec en cas de difficultés d’approvisionnement dans les raffineries.

Ainsi un propanier qui achète  20 tonnes de vrac à 370 Euros la tonne (soit 415 $) plus coût du  transport depuis Anvers,  revend aujourd’hui ce même propane en moyenne 4 fois plus cher à une clientèle de consommateurs français totalement captifs. Aucune taxe ne vient gréver cette marge brute, contrairement aux carburants.  Ces prix de vente moyens cachent en réalité des écarts de prix et des injustices proprement scandaleuses. Injustices qui vont aller en s’empirant avec la mise en place de la nouvelle TICPE sur le propane  décidée par Macron sans vision d’ensemble du problème du prix du propane vrac en  France. Voyons les choses en détail.

Je limiterai mon propos au seul marché du  chauffage des bâtiments privés ou professionnels au gaz de citerne, lequel recouvre le petit et moyen vrac ( soit 1 tonne à 10 tonnes par an et par bâtiment ) :  l’échelle de prix constatée pour le propane à usage de chauffage de bâtiments (tous secteurs d’activité confondus) s’étend, à ma connaissance, de 630 € HTT à 2300 € HTT.  A ce stade on ne peut plus parler  d’une « échelle de prix »  mais d’un « escalier vers l’enfer ».

Au plus près des  portes de l’Enfer, on trouve  des dizaines de milliers de consommateurs ayant signé un contrat depuis plus de 10 ans et qui ne se sont jamais donnés la peine d’étudier l’opportunité de changer de  fournisseur. Cette catégorie est peuplée de personnes âgées, de laissés pour compte, de veuves, de consommateurs qui n’ont jamais été détrompés dans leur croyance que le gaz propane est régulé au même titre que le gaz de ville, de naïfs, et de gestionnaires peu regardants de leurs dépenses quotidiennes.  La plupart des consommateurs disposant d’un contrat d’approvisionnement plus récent se situent dans une fourchette de 1400-1800 € HTT.

A l’autre extrémité de l’échelle  (630 € à 750 € HTT)  on trouve une majorité  d’aviculteurs chauffant des entrepôts à volaille, des éleveurs de tous poils (cuniculteurs) et de toutes plumes (ostrichiculteurs) regroupés au sein des FDSEA, des établissements d’enseignement privés,  des établissements hôteliers  et même des propriétaires de gîtes qui connaissent les bonnes adresses.

La tranche au dessus (750 € à  900 €) regroupe essentiellement le logement social (offices privés ou publics de HLM)  pour ceux du moins qui n’ont pas encore été dégoûtés du gaz en citerne par les méthodes commerciales des propaniers. C’est  un cran au dessus, dans la tranche 950 -1100 € qu’on trouve les contrats signés avec les particuliers lorsqu’ils se décident à changer de propanier, tandis que la tranche immédiatement au dessus ( 1100-1200 €) est réservée au renouvellement des contrats avec ces mêmes particuliers pour autant qu’ils soient propriétaires de leur logement. S’ils n’en sont que locataires, le renouvellement du contrat se monnaiera avec la mafia du gaz dans les 1500-1600 €/tonne.

Il importe de comprendre que ces tranches de prix ne correspondent à aucun « prix de marché ». Elles sont purement et totalement arbitraires : personne ne sait du reste comment on en est arrivé un jour  à une telle stratification des prix. Ainsi, à condition de connaître les bonnes adresses, tel propriétaire d’hôtel  fortuné,  dont l’unique 4 étoiles  logé dans un château Renaissance aux plafonds accrochés  à 3 mètres de hauteur,  consomme « seulement » 4 tonnes de propane à l’année, paiera son propane 25 % moins cher que tel office HLM d’un département rural qui gère 800 citernes de gaz pour le compte de populations déshéritées,  et achète un millier de tonnes de propane à l’année à deux ou trois propaniers !  Bien entendu nous devons ce résultat stupéfiant  à l’absence totale de transparence des prix sur le marché du propane vrac, absence imputable aussi bien aux pratiques commerciales délétères du cartel du gaz en citerne, qu’à l’inefficacité « durable » de nos autorités de la concurrence, lesquelles ne sauraient prétendre ignorer le problème.

Pour revenir aux aviculteurs, profession  chouchoutée par les propaniers,   il n’existe pas de stricte corrélation entre le prix d’achat du propane et la surface des bâtiments exploités (et encore moins avec la qualité de leur isolation). Seuls entre en ligne de compte l’appartenance  syndicale ou sociale de l’agriculteur (son adhésion à un syndicat professionnel ou à un groupement d’achat) et sa capacité de négociation personnelle.  Encore faut-il préciser que l’écart de prix du gaz en citerne entre éleveurs de volaille ne dépasse guère, à ma connaissance,  100 € par tonne à travers l’hexagone. Tout se passe donc comme s’il existait un prix plancher et un prix plafond pour toute personne se réclamant de la profession avicole. Rien à voir avec des écarts  constatés de 1500 € par tonne entre les consommateurs les mieux traités  et les consommateurs les plus abusés  par le cartel.

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Evolution du prix moyen du propane payé par les aviculteurs français ( Source : Paysan Breton )

Pour des raisons historiques et de commodité d’usage, le propane est l’énergie de chauffage qui dispose d’un quasi-monopole pour le chauffage des fermes avicoles.  Un hangar à volaille mal isolé va consommer en moyenne 8 kg de propane par m2 chauffé et par an. Ce chiffre peut descendre à 4,5 kg de propane par m2 en cas d’isolation et d’étanchéité performante des 3 parois sol, murs, plafond. La taille moyenne d’un bâtiment d’élevage est de 1200 m2.  Que le bâtiment d’élevage soit une passoire thermique ( seuls 1/3 des élevages ont été remis aux normes d’isolation)  ou qu’il soit parfaitement isolé, n’a pas d’incidence sur le prix du propane acheté.

En raisonnant  hors taxes,  et au vu de la différence tarifaire entre aviculteurs et consommateurs, il en coûtera donc à peu près le même prix de chauffer confortablement un grand pavillon moyennement isolé de 350 m2 (consommation estimée 2,5 tonnes par an ) et un bâtiment avicole de 1000 m2 mal isolé (consommation estimée à 8 tonnes par an). On comprend dans ces conditions, que ne pas vouloir  toucher aux marges somptuaires des propaniers équivaut à faire subventionner par les SEULS foyers ruraux chauffés au propane,  les factures de propane des élevages avicoles afin de permettre à ces derniers de bénéficier de tarifs  moins onéreux.  

Puisque nos gouvernements refusent d’exiger de la part des distributeurs une transparence  des prix sur les différents segments de marché du propane vrac, et qu’ils refusent dans le même temps d’obérer la marge des propaniers, force est de constater qu’ils estiment donc  normal que  500 000 foyers français  subventionnent le  propane alloué à la  production de centaines de  millions d’œufs et de poulets consommés chaque année par 60 millions de français (plus ceux consommés par les millions d’étrangers qui achètent  nos poulets et nos poussins d’exportation).  C’est un élément d’explication sérieux de l’écart de prix faramineux constaté en France entre propane agricole et non agricole.

A l’inverse si le gouvernement acceptait de  ne plus fermer  les yeux sur la différence de niveau de prix entre propane agricole / avicole et propane résidentiel,  les crânes d’œufs qui nous dirigent s’éveilleraient probablement  à l’idée que  faire supporter les bas prix du propane agricole  non pas aux seuls familles et entrepreneurs ruraux,  mais à l’ensemble des consommateurs de volaille de France et de Navarre  citadins y compris, constituerait un premier pas vers le rétablissement de la justesse des prix sur le marché résidentiel du gaz en citerne. 

Je vous vois venir. Vous allez me dire qu’il n’y a pas tant d’éleveurs de volailles que cela en France et que l’impact de ce transfert indirect en faveur des aviculteurs  au détriment des ruraux non agricoles,  doit être relativement minime.

A cela je répondrai deux choses : d’une part je n’ai pris que l’exemple de l’aviculture pour limiter mon propos au seul  chauffage des bâtiments.  Les céréaliers consomment globalement des quantités de propane  bien plus importante que les aviculteurs pour le séchage des céréales,  et ils payent ce propane à des tarifs notablement inférieurs à ceux payés par les éleveurs de volaille. Segundo,  la différence entre les niveaux de prix du propane agricole et non agricole en France est tellement gigantesque, tellement artificielle ( pour des consommations de niveau comparable dans le cas des aviculteurs )  qu’elle doit nécessairement reposer sur une péréquation tarifaire favorisant  le monde agricole aux dépens des populations non agricoles.

Argumentation.

Vous ignorez très certainement combien la France dispose de mètres carrés de bâtiments d’élevage de volaille, toutes espèces de volatiles confondues (poule, canards, oies,  lapins volants….). Vous ne devinerez jamais.  26 000 000 de m2. J’ai trouvé ce chiffre sur un site de la profession. Il ne s’agit pas d’une estimation car la profession connaît  le détail de ce chiffre par département et même par canton. Vous avez donc bien lu :  26 millions de mètres carrés. Vous imaginez la quantité d’oeufs,  de poussins et de poulets qui s’ébattent joyeusement à l’échelle de la France !

Puisque selon l’INSEE une maison rurale  a une superficie moyenne de 120 m2, ces 26 millions de m2  représentent une surface équivalente à  215 000 maisons rurales de taille moyenne  dont les 2/3 sont de véritables passoires thermiques puisqu’elles n’ont fait l’objet d’aucune rénovation depuis leur construction ( l’âge d’or de la construction des volaillers industriels date des années 80). A raison de 2,25 personnes par ménage (moyenne de la province, chiffres Insee 2012), l’aviculture française nécessiterait  en permanence les même besoins de chauffage qu’une ville de 500 000 habitants, soit la taille de la ville de Lyon ( à supposer que la température ne soit pas plus élevée dans les volaillers que dans les habitations). 

Reprenons donc : dès lors que  le gouvernement ne touche pas à  la profitabilité globale des propaniers,   les 500 000 foyers français qui payent le propane à prix d’or subventionnent en réalité le chauffage de 215 000 habitations destinés à engraisser les   poulets  dont les 2/3 sont de véritables  passoires thermiques : sol en terre nue, murs en carton pâte, structure métallique à pont thermique garanti, toitures en amiante-ciment. Ce qui représente  une demi-maison en plus à chauffer pour chaque foyer rural chauffé au propane.

 

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Les communes rurales rechignent à payer le désamiantage de milliers de bâtiments avicoles abandonnés construits du temps de l’âge d’or de l’amiante. Le Morbihan est un des départements les plus touchés par cette catastrophe agricole largement passée sous silence

Par quel miracle  les professionnels de la volaille  parviennent t’ils à obtenir en permanence des niveaux de prix HORS TOUTES TAXES inférieurs de  moitié au prix payé par les consommateurs,  dans un système qui maintient la plus parfaite opacité sur ces prix ? Un tel écart ne peut s’expliquer par les volumes de consommation. Mon hypothèse est que les pouvoirs publics incitent les propaniers à maintenir le gaz à bas prix au bénéfice des seuls agriculteurs  tout en autorisant librement  les propaniers à se refaire une marge sur le dos des ruraux n’exerçant pas de profession agricole.

Ce n’est qu’une hypothèse,  mais elle a l’avantage de rendre compte du fait que les gouvernements successifs n’ont jamais daigné améliorer véritablement  la concurrence et la transparence des prix dans le propane vrac, malgré de timides efforts accomplis ces dernières années en direction du marché résidentiel. Cette hypothèse expliquerait aussi pourquoi ces mêmes autorités n’ont  jamais questionné  l’écart de prix proprement ahurissant entre  propane domestique et  propane à usage agricole.

Rétablir une transparence des prix impliquerait (entre autres choses) de remettre en cause l’iniquité des écarts  tarifaires sur le marché du propane vrac. Il ne s’agit pas de discuter de la nécessité de garantir aux agriculteurs un prix suffisamment bas pour  favoriser la compétitivité de notre agriculture. Il s’agit juste de prendre acte du fait  que les ruraux chauffés au propane ne sont pas assez nombreux pour pouvoir, à eux seuls, supporter le coût de cette compétitivité. Il est à craindre, malheureusement,  que cette ponction sur le budget des familles rurales  continuera aussi longtemps que nos gouvernements refuseront de toucher aux marges mirifiques des propaniers.

Et s’il n’y avait que cela à redire…..

Au lieu de profiter de l’imposition du propane à la TICPE,  dont le principe n’est pas contestable,  pour tenter d’atténuer les écarts de prix gigantesques et mettre fin aux abus de prix sur le propane résidentiel, Macron a réussi le tour de force consistant à  accentuer  les inégalités de prix grâce à cette taxe carbone. Bref il a fait exactement  l’inverse de ce qu’une analyse objective des faits aurait dû le conduire à décider. Mais nous parlerons de cette nouvelle affaire dans un  prochain article sur le scandale de la TICPE du propane.

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Mise à jour du 10/12/2018 : Les moments de grâce se multiplient en ce moment à la télévision : voyez cette vidéo où un journaliste aux ordres accuse un manifestant d’être un faux gilet jaune traduisant la crispation de la caste des nantis qui n’imagine toujours pas  perdre demain  le bénéfice de la liquidation du patrimoine français promise par Macron et sa bande.

( *) Après avoir écrit ces lignes, je découvre que ces mêmes mots ont été employés par Emmanuel Todd, lui-même repris par Etienne Chouard.

PS 1 : je n’utilise ni Tweeter ni Facedebouc mais si vous voyez un intérêt à faire circuler cet article sur les réseaux sociaux, ne vous gênez surtout pas.

PS 2 : Depuis l’écriture de cet article, j’ai pris le temps de rattraper mon retard.  Ce qui me bluffe le plus dans le mouvement des gilets jaunes, c’est l’apparition d’un OVNI politique DEJA CONSTITUE dans le ciel de France, OVNI ayant jusqu’à présent échappé à la vigilance des radars de la caste et opérant  dans le maquis des réseaux sociaux.

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Prix du propane au plus haut, cours du propane au plus bas : les propaniers trinquent et nous on déguste !   

 

Interview sur France Info le 15 novembre 2018. France Info, la radio dont la mission est de vous faire aimer Macron et ses sponsors….

Question : Soutenez-vous la mobilisation des « gilets jaunes » ?

Réponse d’Alain Bazot (président de la plus grande association de consommateurs). Non, on ne soutient pas parce dans ceux qui se mobilisent il y a ceux qui disent il faut arrêter les taxes, il ne faut pas de taxes. Ce n’est pas ce qu’on dit. On dit qu’il faut des mesures de compensation efficaces pour ceux qui sont dans la captivité sinon on est dans la taxation punitive.

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Le patron de l’UFC ne soutient pas les gilets jaunes ! Il m’arrive le plus souvent de partager l’avis d’Alain Bazot,  mais pas cette fois-ci. Visiblement sommé par France Info de sortir de son silence pour venir à l’aide du gouvernement, le grand manitou des consomm-acteurs de France  explique qu’il ne peut pas appeler à manifester demain  avec ceux qui réclament moins de taxes sur les produits pétroliers et entendent  paralyser le pays pour mieux se faire entendre du gouvernement.  S’il  s’agissait uniquement  de demander la  suppression de la taxe carbone, je pourrais être d’accord avec  Bazot : seuls les libéraux les plus dangereusement endoctrinés peuvent encore s’indigner du verdissement de la fiscalité, quand on connait  l’efficacité des mesures  fiscales pour « orienter »  le comportement des consommateurs.

Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit,  dans le cas particulier du propane,  de savoir si l’Etat macronien se donne aujourd’hui TOUS  les  moyens, en échange d’une fiscalité alourdie, de redonner des couleurs à la concurrence afin d’éviter les  rentes de situation qui contribuent à comprimer toujours plus le pouvoir d’achat des ruraux. Et il s’agit en même temps de savoir si la nouvelle TICPE sur le propane va réellement servir à aider les consommateurs à sortir des énergies carbone. Sur l’électricité ou le gaz naturel la concurrence existe; sur le fuel et le bois de chauffage,  la concurrence est vive. Sur le propane, la concurrence n’existe que dans l’imagination des fonctionnaires de Bercy. Si l’on fait le bilan de l’évolution de la concurrence sur le marché du propane vrac ces dix dernières années en France, la situation n’a réellement évolué dans un sens favorable aux consommateurs que dans la seule zone où le Groupement Propane Libre est présent et solidement installé.

Pourquoi ? Parce que les gouvernements qui se suivent et se ressemblent n’ont jamais voulu imposer aux propaniers les conditions d’une véritable concurrence, en mettant fin aux simagrées des propaniers sur les citernes.  Le résultat est que nous avons le prix du gaz en citerne le plus élevé d’Europe auquel se rajoute à présent la fameuse taxe carbone.  Aucune des évolutions imposées par la loi Hamon depuis 2014 ( contrat de 5 ans et possibilité de résiliation en cas de hausse tarifaire) n’ont hélas contribué à ramener le propane à un prix décent. La concurrence reste annihilée, entre autres raisons, par l’obligation faite au consommateur de s’acquitter de frais de retrait de citerne exorbitants  en cas de changement de fournisseur. Des frais  tellement élevés qu’il faut être aussi aveugle qu’un inspecteur de la DGCCRF coincé dans une citerne de gaz, pour refuser de sanctionner ces pratiques comme autant d’entraves délibérées à la libre concurrence. Dans ces conditions,  taxer le propane à la TICPE à hauteur de 330 € par tonne à l’horizon 2022,  comme vient de le décider  le gouvernement,   équivaut à un coup de poignard supplémentaire dans le dos des familles rurales.

A  propos de « familles rurales », on a guère entendu dans les médias dernièrement  l’association de consommateurs éponyme. La Fédération des Familles Rurales reste aux abonnés absents tant sur la question de la nouvelle TICPE du propane, que sur la question du prix des carburants. Aucune mention non plus de la manifestation du 17 novembre sur la page « Actualités » de la Fédération Nationale, laquelle  revendique pourtant 180 000 familles en France, soit mille fois plus que l’ADECOPRO.  Seule la Fédération de Corrèze des Familles Rurales sonne le tocsin en  lançant sa propre pétition sur Change.org.  Faut-il y voir la manifestation de ce que ce département compte le plus grand nombre de familles portant le patronyme « Peyrat » en France ?

 

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Les nouveaux  gilets jaunes de l’ADECOPRO

Quant  au Parti Socialiste,  il a perçu  dans cette affaire de gilets jaune un moyen de se redonner des couleurs. Alors que le gouvernement met en ligne un simulateur de GAIN  de pouvoir d’achat  pour tenir compte  de la baisse annoncée de la taxe d’habitation pour les foyers les plus modestes, le PS  contre attaque avec un simulateur de BAISSE du pouvoir d’achat imputable aux hausses successives des taxes sur les  carburants et les combustibles,  oubliant au passage de prendre en compte la problématique du propane :  l’option  « chauffage au gaz » apparaît dans le simulateur  comme s’il n’existait qu’un seul type de  gaz pour se chauffer  !  Ce n’est pas en traitant de manière aussi désinvolte les consommateurs de propane durement frappés par les nouvelles taxes,  que la palanquée de bourgeois qui préside aux destinées du PS depuis des lustres  ( bourgeois signifiant littéralement « habitants des bourgs »  pour qui le  « gaz » ne saurait exister, donc, que sous la forme de « gaz de ville ») va parvenir à reconquérir les campagnes. Mais, bon, à l’inverse, me direz vous : qui se soucie encore du PS dans nos campagnes ?

La question de la mobilité dans les territoires ruraux semble traitée par les gouvernements successifs avec la même absence de vision ou de réflexion que la question du gaz en citerne. On continue de construire des rond-points et des chicanes un peu partout à des prix exorbitants, comme si le seul objectif des politiques publiques  de déplacements devait être de fluidifier le trafic automobile. Pendant ce temps,   je n’ai jamais vu pousser la moindre aire de co-voiturage dans le sud des Yvelines.  Pas plus que je n’ai vu  la moindre campagne d’information pour inciter ceux qui veulent se passer de la voiture,  à se regrouper à hauteur des arrêts de bus pour faire de l’auto-stop. Et serait-ce trop compliqué de disposer d’enseignes lumineuses  au niveau de ces arrêts de bus  afin de signaler aux automobilistes de passage  que la personne qui attend à l’arrêt est preneuse  d’une voiture qui voudrait bien l’amener dans le village dont le nom serait affiché sur le panneau ? Quand on pense à tous les panneaux publicitaires qui saccagent les paysages à l’entrée des villes, disposer d’informations aidant les ruraux  à se déplacer à moindre frais ne devrait pas être trop compliqué. Pour multiplier les « arrêts mobilité »  en bordure des départementales, au niveau des villages, hameaux  et carrefours, et y installer une signalétique décente visible par les automobilistes de jour comme de nuit, je propose d’instaurer un impôt nouveau  sur tout affichage commercial dont les dimensions seraient supérieures  à la taille d’un radar routier,  ou d’un panneau de limitation de vitesse. On ne pourra pas entreprendre de choses intelligentes sans taxer demain ceux qui nous entendent nous maintenir dans leur médiocrité intellectuelle, que dis-je leur bassesse.

Vous voulez une autre idée pour décarboner l’atmosphère ? Adaptez  le prix des cartes grises et le tarif du malus écologique en proportion inverse du nombre de places dont dispose le véhicule à moteur.   Vous avez une moto ou une Ferrari qui ne peut emmener qu’un seul auto-stoppeur en plus du chauffeur ? Carte grise à 5 000 €  ou 10 000 € . Vous pouvez emmener 8 auto-stoppeurs dans votre van ?  Pas de malus et carte grise remboursée intégralement,  à condition que vous acceptiez de coller un grand autocollant en haut de votre pare-brise pour signaler aux piétons (et à ceux qui attendent le bus)   que vous êtes disposé à faire profiter la cantonade des  sièges vacants dans votre véhicule. Les idées sont légion. Il faut juste engager les gens à réfléchir différemment.  Un changement de mentalité qui sera sans nul doute extrêmement profitable pour recréer du lien social dans les campagnes.

Plus on aménagera les bas-côtés des routes pour que les voitures puissent s’arrêter en toute sécurité le temps de charger un piéton ou même un vélo, plus on adaptera le format des voitures au transport collectif,  moins les gens se sentiront obligés de prendre leur voiture.  Il est temps que les industriels et les élus envisagent la mobilité du quotidien sous l’angle du partage :  la possession d’une voiture ne doit plus constituer la norme indépassable de la mobilité.  Le travail des élus notamment, doit consister à mettre en place les équipements et les aménagements favorisant le partage systématique des capacités de transport. Le pétrole bon marché nous a rendu très bête. Il est plus que temps de redevenir intelligent.

Pour finir imposons  le kérosène des avions à la taxe carbone pour restreindre l’usage intempestif de ce dernier. La France ne peut prendre cette décision seule sur les vols internationaux du fait des conventions internationales, mais elle peut  montrer l’exemple en taxant le kérosène sur les vols intérieurs. Une décision à laquelle la girouette De Rugy était favorable quand il paradait jadis chez les Verts, mais qu’il trouve désormais inappropriée. Il n’y a pas que le pétrole bon marché qui rend con. La fréquentation des lobbies au quotidien aussi.

Au final , la politique de gribouille du gouvernement actuel  et son indifférence aux réformes susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat des populations rurales se traduit très logiquement dans le cas du propane par les deux aberrations de prix suivantes :

  • Alors que le propane vrac de chauffage est vendu en moyenne (novembre 2018)  sur le marché allemand à 45 centimes d’Euro le litre ( sur le marché libre des acheteurs   propriétaires de leur citerne) soit un peu moins de  900 € la tonne hors taxe, le prix moyen hors taxe en France tourne autour de 1515 €/t (source : base Pégase pour septembre 2018 ) soit plus de 50 % de différence en traversant le Rhin. Et on peut trouver beaucoup plus cher en France, notamment parmi les personnes âgées dont les retraites s’étiolent au fil des ans. Notez bien que cet écart de prix hors TVA est appelé à doubler dans les années à venir du fait de l’augmentation de la TICPE de ce côté-ci du Rhin.
  • Alors que le cours du propane sur le marché de gros d’Anvers (Belgique) s’est littéralement écroulé depuis le  début du mois d’octobre dernier, perdant un tiers de sa valeur en 6 semaines, passant de 650 à 450 $/tonne,  le propane n’a jamais été vendu aussi cher en France depuis 3 ans. Le  graphique ci-dessous retrace l’évolution du cours du propane CIF ARA (Europe du Nord) sur les 24 derniers mois. La comparaison entre ces cours,  et les prix de vente  indiqués sur vos factures est à la mesure de l’arnaque française du gaz en citerne….

Propane CIF ARA 24 mois

Cherchez l’erreur: soit elle se cache sur ce graphique, soit elle se cache sur votre dernière facture de gaz !

Voilà pourquoi nous devons aller manifester demain au risque de polluer un peu plus l’air de nos villes et de nos campagnes : nos gouvernements doivent arrêter de nous faire prendre leurs vessies pour des lanternes et se mettre au travail pour implémenter de  VRAIES solutions. On reconnaîtra à coup sûr  ces VRAIES  solutions au  fait qu’elles feront  nécessairement grincer les dents les lobbies en tout genre,  quand ceux-ci n’ont de cesse de briser les ailes de l’imagination pour l’empêcher de prendre le pouvoir.

PS  Le taux de soutien aux gilets jaunes est de 85% chez les catégories populaires et 81% chez les habitants des communes rurales et petites agglomérations. Mr Alain Bazot habite probablement en ville…

PS 2 Une autre grande figure de la gauche intellectuelle qui ne soutient pas les gilets jaunes : Roger Martelli, historien du PCF. Le même qui déplorait dans une vidéo récente  que le PC était passé à côté de mai 68,   écrit pourtant  le 12 novembre dans sa revue « Regards »  ( dans un long article où il questionne la stratégie de la France Insoumise) :  « Ce n’est pas parce qu’un grand nombre de personnes de revenus modestes sont pénalisées par la hausse des prix du carburant qu’il faut manifester avec l’extrême droite et… créer les conditions d’une extension de l’usage des transports individuels ».  En voilà un qui a sacrément le sens de l’histoire ! Après avoir avoué s’être gouré en 68, il se goure à nouveau en 2018 !   Les œillères de Mr Martelli semblent partagées  par le journaliste Pierre Thiesset qui dans le journal La Décroissance ( Décembre 2018) ose se moquer des gilets jaunes  obligés de prendre la voiture pour aller travailler en écrivant. Selon lui   » C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché ». Comme si tous les utilisateurs de voiture avaient choisi d’en devenir dépendants !  

Et pendant que les gilets jaunes manifestent nuit et jour à la lueur des braseros, EELV ne trouve rien de mieux à dénoncer que les patinoires extérieures installées pour les fêtes, confirmant leur vision d’une nature confinée aux centre-villes.

Ayatollahs et autres pisse-froids de la vieille gauche du PCF et de la  nouvelle gauche écolo, bonjour !

 

 

Le nouveau comparateur du Médiateur de l’Energie propose une synthèse des offres commerciales des propaniers

 

Soit la DGCCRF est à court d’idée pour améliorer la concurrence dans le propane vrac. Soit elle considère qu’il n’y a plus de  problème. Dans un cas comme dans l’autre, les consommateurs de propane sont dans la panade, alors que la TICPE vient de pointer sur nos factures le premier bout de son  nez (un nez à rallonge).

C’est ce qui ressort de la réponse que le gouvernement vient de faire à la question posée par le député En Marche Loïc Kervran ( notre précédent article ici). Une réponse sans envergure aucune,  ramenant la problématique posée par le député  à une vulgaire  histoire d’affichage de tarifs publics.  Nous vous laissons découvrir  cette réponse sur le site de l’Assemblée Nationale.

La DGCCRF nous a par ailleurs informé de la mise en ligne récente d’un nouvel outil de comparaison des offres commerciales des propaniers par le Médiateur de l’Energie, sur son site Energie-Info.fr.  La page du comparateur, difficile à localiser, est visible sous le lien suivant :

http://energie-info.fr/Fiches-pratiques/Je-change-de-fournisseur/Offres-des-fournisseurs-proposant-des-contrats-de-gaz-en-citerne-GPL

Cet outil intéressera de prime abord tous ceux qui, novices en matière de gaz propane, se trouvent perplexes lorsqu’ils doivent comparer pour la première fois les offres de plusieurs fournisseurs. Pour ceux qui ne sont pas propriétaires de leur citerne, les contrats d’approvisionnement sont en effet particulièrement complexes à appréhender. Ce qui ne facilite pas leur tâche au moment de comparer les offres.  Dans cette optique, le récent effort de la DGCCRF d’imposer à toutes les propaniers de jouer carte sur table en imposant un format unique, standardisé et exhaustif  de présentation des offres, prouvera probablement son utilité.  A noter que cette présentation uniformisée s’impose aux propaniers depuis le mois de mars dernier.

Le Médiateur de l’Energie a profité de cette clarification obligée pour réunir sur une même page internet  les différentes offres des propaniers.  Le principal intérêt de ce travail conjoint entre la DGCCRF et le Médiateur, outre qu’il évitera au consommateur d’aller se perdre sur des sites commerciaux comme Selectra ou Picbleu,  sera de faciliter la prise de conscience  du fait qu’on ne peut juger une offre sur le SEUL critère du  PRIX du gaz.  Pour comparer les offres des propaniers, il faut en effet ajouter au prix du gaz  le prix de mise à disposition et d’entretien de la citerne, tout en gardant à l’œil les frais de retrait de citerne, non sans  jeter un (autre) œil sur le prix de rachat des citernes, sans oublier un coup d’œil sur les frais de repompage.  Cette gymnastique oculaire  non remboursée par la sécurité sociale,  ne visant au fond qu’à éviter de se mettre le doigt dans l’œil.

Le comparateur permettra en outre aux anciens clients qui le souhaitent  de se tenir informé de l’ampleur de la dérive éventuelle entre le prix qui leur est   facturé  et le prix public « affiché »  par le propanier, cet écart de prix représentant  ce qu’ils pourraient gagner A MINIMA en prenant la peine de renégocier leur contrat, voire en changeant de crémerie.

Enfin il est indéniable que cet outil fera gagner du temps aux  consommateurs de propane : plus besoin de convoquer les commerciaux à la maison pour prendre connaissance des offres « officielles ». Tout sera immédiatement disponible sur Internet, prêt à digérer.

A moins que……..un doute me prend soudain……….

Et si  toutes ces offres commerciales affichées au grand jour  n’étaient finalement que des « prix de référence » sans rapport avec des « prix de marché »  ? Que des propositions commerciales sans rapport avec les prix que le client, nouveau ou ancien, peut obtenir en négociant par lui-même ? Quid si tout ceci n’était au fond que des chimères ?

La meilleure preuve que  les propaniers continuent de nous amuser  avec des tarifs officiels bidonnés, c’est qu’on n’a jamais vu  un nouveau client recevoir la même offre qu’un client déjà captif. Le même jour, pour des quantités identiques, pour une citerne de même capacité située  dans le même village, il est sûr et certain que l’ancien et le nouveau client  ne recevront jamais la même proposition de prix du même propanier.  Si  les propaniers avaient voulu jouer la transparence sur le site du Médiateur, ils auraient donc présenté un double système tarifaire :  les tarifs  « nouveaux clients » (tarifs les plus bas) , et les tarifs pour «clients-déjà-captifs-de-la citerne-dont-ils-ne-sont-pas-propriétaire» (tarifs  plus élevés) pour chaque offre commerciale.

A laquelle de ces deux tarifs pratiqués  correspond donc l’offre théorique affichée sur le site du Médiateur ? Le consommateur lambda ignore la réponse.  Ni la DGCCRF ni le Médiateur de l’Energie ne semblent avoir pensé à poser la question aux propaniers.

Pour ma part, et contre toute logique, j’affirme que les offres affichées sur le site du Médiateur NE  sont PAS celles accordées aux nouveaux clients. Je reçois suffisamment de mails chaque semaine, envoyées par les lecteurs qui sollicitent mon avis, pour savoir que les offres faites aux nouveaux clients sont nettement plus intéressantes que celles affichées sur le site du Médiateur. Une DGCCRF sans ambition répondrait probablement qu’on ne peut que s’en réjouir pour les futurs clients ! C’est bien la réaction inverse qu’il convient d’avoir :  la DGCCRF aurait dû obliger les propaniers à afficher leurs offres les plus basses. Ce sont ces offres-là qui intéressent  avant tout les acheteurs de propane et non les tarifs «officiels » auxquels les propaniers font référence  pour mieux les contourner à la baisse comme à la hausse,  histoire de garder au secret les « vrais » prix du propane.

Le jeu de dupes va ainsi pouvoir continuer au détriment du consommateur. Le novice qui tombera sur le site Energie-Info.fr sera porté à croire faussement qu’il n’a plus besoin de contacter chacun des propaniers pour solliciter leurs propositions commerciales,  puisque celles-ci sont actualisées en permanence sur le site du Médiateur.  Les consommateurs non informés   feront donc leur choix  en  prenant pour argent comptant les informations  figurant sur ce site. Quoi de plus objectif, en principe, qu’un organisme public indépendant ? Quant au lecteur de l’ADECOPRO, il saura que les informations publiées par le Médiateur ne préfigurent pas les conditions qu’il est susceptible de négocier avec les différents propaniers (un avertissement en ce sens sur la page du site du Médiateur ne serait pas inutile).

Que faut-il en déduire ?

Voilà ce qu’il faut en déduire : il aurait fallu un événement politique majeur pour qu’un effort mobilisant  la DGCCRF et le Médiateur de l’Energie  puisse aider véritablement le consommateur à obtenir sans effort  un prix décent,  à défaut d’un véritable  «prix de marché». En attendant, du côté des grandes entreprises comme du côté des cabinets ministériels, il y a des gens qui sont fortiches pour agiter des pompons au dessus du manège,  afin d’occuper les administrations et leurs administrateurs à des tâches inutiles. Ceci dans le seul but d’animer le cortège de l’Etat pour donner l’illusion que les choses bougent. Mais seuls les petits enfants peuvent croire de telles histoires.  Nous autres adultes savons bien qu’on nous tourne juste en bourrique.

Pendant ce temps là,  je reçois un courrier de la « Fondation ESSEC » (un truc pour le rayonnement de mon ancienne école) dans lequel je découvre que Gilles Gobin, ESSEC promo 74,  patron de Rubis – Vitogaz, a signé un joli chèque en faveur de cette Fondation,  d’une valeur comprise « de 100 000 à 199 999 € ». Moi qui était prêt à envoyer un chèque de 20 €, je perçois soudain comme une odeur d’oeuf pourri flottant au dessus de la Fondation.  La belle plaquette liste le nom de  tous les donateurs,  avec une indication de leur niveau de générosité, pour m’inviter à me joindre à la cohorte.  Problème :  je n’ai pas encore créé ma société de distribution de gaz en citerne.  La Fondation  ESSEC va donc devoir attendre encore un peu.

Un député En Marche demande au gouvernement pourquoi le dossier propane vrac n’avance plus

 

On se demande comment le député Loïc Kervran peut avoir le temps de siéger à l’Assemblée nationale. Dans le privé, il se présente en effet comme  numéro deux de l’audit chez HSBC France. Pour ceux qui l’auraient oublié, un article de  2015 du journal Le Monde, nous remet en mémoire quel genre d’établissement bancaire est exactement HSBC  :

 » La femme qui tape du poing sur la table, ce jour de juillet 2013, c’est Elizabeth Warren, la nouvelle coqueluche du Parti démocrate américain. Sa cible, la banque britannique HSBC. « Combien de milliards de dollars faut-il blanchir, combien d’embargos faut-il  violer  pour qu’on envisage enfin de fermer une banque comme celle-ci ? », s’emporte la sénatrice du Massachusetts, scandalisée par la simple sanction de 1,9 milliard de dollars infligée à la filiale américaine de HSBC. Celle-ci vient d’être reconnue coupable de blanchiment de l’argent de la drogue des cartels mexicain et colombien et d’organisations en lien avec le terrorisme.  La banque a tout avoué. Des guichets avaient été ouverts pour blanchir les valises de billets des narco-trafiquants. Puis le cash était convoyé par avions et véhicules blindés jusqu’aux Etats-Unis. Le trafic a duré sept ans, de 2003 à 2010, admis sinon couvert par les dirigeants. Comme ont été aussi tolérés les liens d’affaires avec des organisations suspectées de soutien au terrorisme, dont la banque saoudienne Al Rajhi, proche d’Al-Qaïda. L’affaire est très grave. Mais elle se solde par une amende. Une sanction vite payée, vite oubliée donc, même si elle est assortie d’une période de probation de cinq ans, jusqu’en 2018. Devant la commission sénatoriale consacrée à l’affaire, les mots d’Elizabeth Warren cinglent, laissant le représentant du Trésor américain, David Cohen, un moment sans voix. 

L’affaire HSBC n’est pas seulement le symbole des dérives de la finance. Elle révèle l’impuissance des politiques face à ces mastodontes bancaires, qui se relèvent toujours indemnes des pires scandales, au nom de leur place centrale dans le financement de l’économie.  Avec 270 000 salariés dans plus de 80 pays, HSBC est un poumon de l’économie mondiale. Qui oserait compromettre son avenir en la privant de sa licence bancaire ? Et pourtant… Les infractions commises par le géant bancaire en Amérique centrale et du Sud sont loin d’être des faits isolés. Du blanchiment d’argent sale aux affaires de manipulation de taux servant de référence aux activités financières (Libor, Euribor…), en passant par la vente de produits financiers toxiques, on ne compte plus les procédures judiciaires dans lesquelles le groupe est impliqué ou cité.  

Et voilà que s’ouvre un nouveau front, avec cette affaire d’évasion fiscale suisse dont HSBC semble s’être rendue coupable à grande échelle, pour le compte de fraudeurs au fisc mais aussi, fait bien plus préoccupant, de groupes criminels fichés, voire déjà condamnés. Des criminels dont la banque a aidé à dissimuler l’argent dans les paradis fiscaux les plus opaques. Comment de tels individus ont-ils pu passer le filtre de l’obligation faite aux banques du monde entier de connaître leurs clients et de surveiller  leurs comptes ? Comment de telles pratiques ont-elles pu exister au sein d’un groupe soumis à une double surveillance interne et externe, jusqu’alors bien réputé – en tout cas en  Europe – en matière de contrôles anti-blanchiment……… ? » 

J’arrête là les jérémiades du Monde. On a compris quelle genre d’organisation criminelle en col blanc se cache derrière le sigle HSBC. Vous connaissez la suite de l’histoire. Mais vous ignorez certainement  cette autre « histoire dans l’histoire », que je découvre à l’instant en corrigeant mon article : une histoire totalement ahurissante, celle de la biographie du patron d’HSBC  à cette époque,  prêtre officiel de l’église anglicane,  Lord Stephen Green devenu ministre britannique du commerce de 2011 à 2013. Il faut lire les incroyables louanges de ce prêtre – banquier d’affaire en faveur de la spéculation, pour se rendre compte du niveau d’anéantissement moral qui règne parmi  les représentants de certaines églises réformées.

Pas de doute Mr Kervran, embauché par HSBC en mars 2011, c’est à dire entre la commission des affaires de blanchiment de fraudes fiscales par la filiale suisse du groupe  (affaire dite « Swissleaks »),  et la date de leur révélation par la presse,  pourrait nous en raconter de bien bonnes sur les aspects les répugnants de ce dossier. Dommage que LUI ait décidé de se taire. En tout cas, ce député En Marche a intérêt à se lever tôt  s’il entend récurer  les écuries d’Augias de sa banque préférée.  La tâche semble proprement herculéenne. D’autant plus que sa fiche Linkedin nous apprend qu’en tant qu’auditeur comptable  passé chez Mazars ( cabinet d’audit français qui affectionne les paradis fiscaux selon cet article), il est certifié « anti  blanchiment d’argent » ( Certified Anti Money Laundering Specialist) . Qu’est ce à dire  ? Est-il certifié pour traquer le blanchiment dans la banque ? Ou bien est-il certifié pour empêcher la révélation de tout blanchiment par les lanceurs d’alerte ? Le doute s’installe puisqu’il est patent que lui-même  n’a pas contribué à exposer cette affaire au public ! Sinon il ne travaillerait plus depuis belle lurette chez HSBC !

 

Macron Kervran

Salle de bal des vampires ? Kervran a déjà  les crocs qui pointent tandis que Macron fait bien gaffe de les cacher

Le député Kervran (LREM), qui fêtait hier ses 34 ans ( bon anniversaire Loïc !) a été élu au raz des pâquerettes en juin 2017,  avec 50,9 % des voix,  contre le député sortant Yann Galut (PS) un autre spécialiste de l’évasion fiscale et du blanchiment. Mais là où Loïc  Kervran incarne la loi du silence propre aux organisations criminelles et aux banques, à l’image de son mentor et ex-employé de Rothschild, un certain Macron,  Galut incarne lui les tentatives plus ou moins abouties des  pouvoirs publics  de réguler et de contrôler ces mastodontes. Ce singulier face à face électoral dans la 3eme circonscription du Cher  a notamment valu à Yann Galut l’honneur d’interroger l’ex collègue de son futur adversaire politique (!!) , l’informaticien  franco-italien Hervé Falciani, ci-devant cauchemar de HSBC.  Par la suite  Yann Galut a joué un rôle important dans la mise en place d’un statut particulier visant à protéger les « lanceurs d’alerte», qui sera finalement adopté par l’Assemblée. Après les aveux de Jérôme Cahuzac en avril 2013, Yann Galut sera même nommé rapporteur du projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière. Cet activisme anti-fraude ne lui évitera pas de se faire battre par le « nettoyeur » d’HSBC Loïc Kervran,   aux élections législatives de juin 2017.

Amusante confrontation électorale : les électeurs ont choisi d’élire un député En Marche payé pour éviter à des organisations criminelles (les banques) de se faire coincer  les doigts dans le pot de  confiture de l’évasion fiscale et du blanchiment;  alors qu’ils auraient pu, en lieu et place, élire un homme dont le parcours politique témoigne de sa volonté de  déballer la fraude au grand jour, en protégeant ceux qui ont le courage de la dénoncer. Il faut vraiment que les français soient lobotomisés par les médias à la solde des Rothschilds et autres idéologues néo-libéraux pour préférer un Kervran à un Galut ! Cet avis polémique n’engage évidement que le rédacteur de ces lignes, lui même ancien banquier repenti  (eh oui, nobody is perfect).

journal télévisé

Un bon point tout de même pour Loïc Kervran. En tant qu’élu d’une circonscription très rurale, il vient de poser la semaine dernière une excellente question au gouvernement  à propos de l’absence de concurrence dans le propane vrac :

« M. Loïc Kervran interroge M. le ministre de l’économie et des finances sur la concentration du marché dans le secteur de la consommation de gaz en citerne pour les particuliers et le manque de transparence des prix du propane vendu aux particuliers. Sur ce segment de marché très sectoriel, près de 90 % de l’offre provient de cinq fournisseurs de propane. La rigidité du marché est d’autant plus grande que les contrats conclus avec les particuliers peuvent aller jusqu’à cinq ans, qu’ils sont complexes (car ils comprennent souvent un couplage plus ou moins exclusif entre différentes prestations comme l’approvisionnement en gaz, la mise à disposition ou la mise au rebut de la citerne, les travaux d’entretien, etc.) et comportent enfin des clauses de résiliation complexes, rendant souvent la rupture du contrat onéreuse. En plus de l’opacité et de la rigidité des contrats, les prix du propane sont entièrement et unilatéralement décidés par les fournisseurs : il n’existe pas de tarifs réglementés à l’instar de ce qui est fait pour le gaz naturel en réseau. Or force est de constater que le mécanisme de fixation des prix prend en compte de multiples variables mais sans jamais répercuter sur les particuliers les chutes constatées des prix du propane sur les marchés mondiaux. Aussi dans la lignée des éléments portés par la loi Hamon (limitation de la durée des contrats à cinq ans maximum, notification obligatoire des modifications apportées au contrat, indication du prix de vente de la citerne, etc.), il lui demande de lui indiquer dans quelle mesure il compte poursuivre les avancées dans ce domaine pour faire évoluer les contrats de propane en citerne dans un sens favorable aux consommateurs et instaurer plus de transparence sur les prix et les conditions des contrats. »

J’adore l’expression « prend en compte de multiples variables… » comme euphémisme  pour désigner de stupides  algorithmes dressés par des informaticiens pour recracher des prix à la tête des clients.

Mr Kervran demande donc pourquoi le dossier propane reste en vrac 3 ans après l’entrée en vigueur de la loi Hamon sensée résoudre tous les problèmes.

Sauf que cette question ne fera pas avancer le schmilblick d’un pouce,  car la DGCCRF qui gère ce dossier pour le compte du Ministère de l’Economie,  et qui sera donc chargée de rédiger la réponse à Loïc Kervran,  n’a pas l’intention de faire quoi que ce soit de plus que les cadeaux déjà consentis  aux consommateurs en 2014 à travers la loi Hamon sinon d’imposer une meilleure comparabilité des tarifs, comme elle vient de le faire vis a vis des opérateurs de téléphonie mobile en tapant du poing sur la table. Autant dire rien. On vous rapportera quand même d’ici à quelques mois  la réponse de la DGCCRF  au député Kervran…. Pour rire.

Il  faut bien laisser à  Kervran la possibilité de faire son cinéma de jeune député pour nous faire croire qu’un sous-directeur de l’audit d’HSBC,  passé par la filière « Affaires Internationales » de Sciences Po Paris  et par la London School of Economics, deux fiefs de l’orthodoxie néo-libérale,  s’intéresse vraiment aux factures de propane des locataires ruraux de Trifouillis  les Oies.

faire semblant

Ceci dit le député En Marche est parfaitement  dans son rôle :  un gouvernement libéral se doit en principe de faire quelque chose pour favoriser  la concurrence …..Sauf que tout est dans le  « en principe ».  Kervran est bien trop jeune pour comprendre que le libéralisme économique à la sauce française, c’est juste une idéologie qui sert à justifier les privatisations et la mise au pas des salariés et des fonctionnaires. Et que la concurrence sensée aller de pair avec libéralisme et privatisations, par contre ,  c’est juste bon pour les étudiants en économie et autres naïfs nés de la dernière pluie : les pouvoirs économiques sont en France beaucoup trop proches des élites politiques pour que la concurrence, qui les emmerde profondément, ait réellement voix au chapitre.

 

 

 

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