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Rachat de Butagaz autorisé, le propanier deviendra filiale de DCC ENERGY dès novembre

La Commission européenne a autorisé la semaine dernière  le rachat de Butagaz, filiale française de gaz de pétrole liquéfié (GPL) du néerlando-britannique Shell, par l’irlandais DCC Energy pour 464 millions d’euros.

En France, DCC n’est pas présent  sur le marché de vente en vrac domestique de GPL et vient seulement d’entrer sur le marché de détail des carburants, observe la Commission dans un communiqué publié sur son site.

Par conséquent, elle a conclu que l’acquisition ne soulevait pas de problèmes en matière de concurrence, car les activités des deux sociétés ne se recoupent que marginalement dans la vente de gros de GPL en vrac.

De plus, DCC a une part de marché limitée sur le marché de la vente au détail de carburants, où il est un potentiel client pour le GPL, et les concurrents de Butagaz continueront à avoir accès à une large base de clientèle, argumente-t-elle.

DCC Energy a désormais obtenu toutes les autorisations réglementaires nécessaires pour finaliser l’acquisition de Butagaz, a souligné sa maison-mère DCC. Ajoutant avoir également mené à bien les consultations obligatoires des représentants du personnel, elle estime pouvoir finaliser la transaction au mois de novembre, une fois que les infrastructures informatiques de Butagaz auront été séparées de celles de Shell.

Nous resterons attentifs à l’évolution des tarifs publics de Butagaz, qui dispose actuellement des tarifs parmi les plus bas de la profession. Les propaniers réalisant actuellement des marges colossales sur le marché du vrac domestique, on verrait d’un mauvais oeil que Butagaz augmente ses tarifs après le mois de novembre, au motif que son capital aura  changé de mains.

Shell et DCC avaient annoncé en mai être entrés en négociations exclusives en vue du rachat de Butagaz par le groupe irlandais. Les termes de l’acquisition sont restés les mêmes que ceux annoncés en mai, note DCC.

Créée en 1931, Butagaz est un des leaders français de la distribution de GPL (butane et propane), avec 25% de parts de marché. Implantée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), la société emploie près de 550 salariés et fournit chaque année plus de 400.000 tonnes de butane et de propane à plus de 4,2 millions de clients, particuliers et professionnels.

DCC Energy est un des leaders de la distribution de propane sous la marque FLOGAS en Irlande et en Grande Bretagne.

Propane vendu à la tête du client : le britannique Flogas touché par la grâce devant les caméras de télévision

S’il était encore nécessaire de prouver le caractère sordide  des pratiques commerciales des grands propaniers  fixant le prix du propane à la tête du client,  il suffirait de  relever la différence de comportement de ces entreprises lorsque leurs  arnaques grossières arrivent aux oreilles de journalistes attentionnés. Les anciens du Groupement Propane Libre se rappelleront comment la présence des radios et des télés à la Boissière Ecole, un jour de Janvier 2010,  avait valu une baisse immédiate de 70 % du tarif Vitogaz  payé par le cantonnier de ce petit  village.  La menace d’une mauvaise publicité peut amener rapidement  à repentance des firmes qui, la veille encore, prétendaient ne pas pouvoir  consentir la moindre remise supplémentaire. Je me rappelle  les propos du commercial Vitogaz éructant à mon intention  au téléphone «  Qui êtes-vous pour discuter  le prix du propane négocié avec un de nos clients particuliers  ? Le maire de la commune ? » Comme si seul un maire était habilité à se plaindre du traitement particulier accordé à un voisin  par un fournisseur indélicat….

C’est au même constat de l’impossibilité de faire bouger les choses sans l’intervention des caméras de télévision qu’est  arrivée une habitante d’un petit village anglais.  Cette dame, Janet Hobbs, est  cliente de la société FLOGAS, le numéro 2 du propane au Royaume Uni (derrière Calor Gas, filiale de SHV- Primagaz). Si l’on en croit les avis des consommateurs anglais, Flogas  semble bien parti pour avoir sa place au Panthéon des arnaqueurs anglais.  Rappelons que la maison mère de   FLOGAS  vient de racheter  le français Butagaz au groupe  Shell.  Il est donc normal que l’ADECOPRO cherche  à en savoir un peu plus sur ce propanier inconnu jusqu’à présent dans l’hexagone. Pour citer un ancien client de Flogas particulièrement remonté contre ce propanier,  il semble en effet  « plus facile de trouver des dents de poule sur la toile  que des  recommandations positives » sur ce distributeur de gaz.

L’histoire de Janet Hobbs, cette habitante du village de Winkleigh dans le Devon (Angleterre) qui s’est bagarrée pour obtenir que les clients de Flogas  soient tous traités de la même manière,  illustre bien la nécessité d’utiliser les grands moyens pour obtenir  des propaniers qu’ils amendent sérieusement leurs  pratiques commerciales.

Avant de raconter son histoire,  il convient de dire un mot sur un présentateur vedette de la télé anglaise,  Dominic Littlewood.   Ce Julien Courbet à la sauce britannique anime une émission de 45 minutes sur BBC ONE consacrée  à la défense des consommateurs. Le titre de son émission  :  « Don’t get done, get DOM »  (« Ne vous faites pas rouler, appelez  Dom»).  Littlewood s’est fait une spécialité de réunir  des consommateurs  partageant un  même problème, et d’utiliser le rapport de force  bâti sur l’audience de son émission  –  ce qu’il appelle le « people power » –   pour faire plier les GRANDES  entreprises.

Janet Hobbs, propriétaire d’une villa dans la résidence de Kings Meadow dans le  village de Winkleigh,  a donc  découvert en 2009 que les  résidents  payaient  des prix différents pour le gaz propane, en dépit du fait qu’ils étaient tous clients du même fournisseur FLOGAS,  et qu’ils commandaient des quantités à peu près identiques.  Janet Hobbs  prit contact avec l’équipe du  présentateur télé en expliquant que les 45 maisons de sa résidence  payaient entre 35 pence et 47 pence le litre de gaz  avec des charges additionnelles allant de 2 p à 8,9 p par litre, et des charges complémentaires (?)  variant de 12 p et 18 p par litre (ndlr  :  100 pence = 1 livre ; le mot  pence est invariable ;  il faut environ  2500 litres de propane par an pour chauffer une maison)

Et le présentateur télé, tombant de la lune, de déclarer tout de go devant les téléspectateurs : «  C’est fou ! Cela veut dire que la facture de chauffage d’un résident  peut varier de plus de 500 £ sur une année pour des quantités identiques.  Ca dépasse l’entendement ». Eh oui, cher Dom, ca dépasse effectivement l’entendement. Mais ce qui dépasse le plus l’entendement , c’est  le fait que les pouvoirs publics trouvent cette situation normale.

Janet Hobbs expliqua ainsi  sa démarche  devant les caméras « Je pense que Flogas nous traite avec mépris. Ils espèrent simplement  qu’on va en rester là  et baisser les bras ».

Les caméras de télévision ne se sont pas contentées d’interroger les propriétaires de la  résidence de Janet Hobbs à Kings Meadow. Elles ont aussi sillonné les rues de  Winkleigh pour recueillir  les témoignages sur cette arnaque au gaz qui gagne  à être connue du grand public. Le site Internet de la boite de production de Dominic Littlewood  raconte la suite de l’histoire  «  Et devinez qui payait le plus cher dans le village ? Dom a découvert que la  plus ancienne résidente du village, Veronica Williams, 80 ans, paye le gaz au prix le plus élevé, 52 pence par litre. Alors Dom, furieux,  a mobilisé  toute la communauté ….  ». Une réunion publique fût organisée afin que tout les villageois concernés soient mis au courant de l’affaire.

Winkleigh, sacré meilleur village familial d'Angleterre et du Pays de Galles en 2011

Winkleigh, sacré village  le plus convivial de toute l’Angleterre et du Pays de Galles en 2011

Alertés par la forte odeur de gaz dégagée par cette affaire sur le point d’éclater sur la place publique, les patrons de Flogas prirent la décision de fermer les vannes. Au lieu de continuer à essayer de légitimer  les différences de prix entre consommateurs, le propanier fit amende honorable en moins de temps qu’il n’en faut pour couper le gaz à un mauvais payeur. L’entreprise offrit illico  à tous les villageois  le même contrat de gaz, leur garantissant à TOUS   le même prix du  GPL au niveau le plus bas constaté dans le village,  soit 33 pence le litre jusqu’à la fin de l’hiver. Flogas en profitait par la même occasion pour  égaliser  le montant de tous les frais et commissions accessoires contenus dans tous les  contrats. Lorsqu’il y a le feu à la citerne, le propanier sait qu’il  convient de ne pas lésiner sur les moyens anti-incendie !

Et les moyens, Flogas en a visiblement beaucoup plus que ce qu’il laisse entrevoir au pauvre  consommateur esseulé  incapable d’argumenter  face à un  service client rébarbatif.  Lisez bien ce qui suit  car le cadeau supplémentaire  qui a été fait à ces  villageois  est du jamais vu : Flogas décida d’un coup de baguette magique que tous les contrats  se termineraient à la même date, permettant ainsi aux villageois de renégocier à l’avenir  leur prochain contrat de gaz collectivement   afin  d’obtenir les  meilleurs conditions possibles  (rappel 1 :  les contrats de gaz propane en Grande Bretagne ne peuvent excéder 2 ans contre 5 ans en France ; rappel 2 : le changement de propanier n’entraîne pas de remplacement  de la  citerne en GB,   contrairement à ce qui se passe en France, ce qui facilite considérablement  le changement de fournisseur notamment lorsqu’il s’agit de coordonner le remplacement de 100 citernes à la fois).

Morale de l’histoire selon Janet Hobbs « Cela montre ce qui peut arriver,  lorsque les gens se rassemblent. Ca a bien marché pour nous, et je ne m’attendais pas à ce que nous arrivions à un si bon accord.  Cela a demandé beaucoup de travail. J’ai persévéré parce que les raisons avancées par  Flogas n’étaient que des contes de fée. Pour moi  la situation était injuste».

Suite à cette affaire, les villageois ont fait circuler une pétition adressée au député local, Geoffrey Cox, appelant à une transparence des prix du propane et à la nomination d’un régulateur chargé de contrôler les pratiques des gaziers, de manière à obtenir  les mêmes protections que les consommateurs de  gaz naturel. Réponse de l’homme politique (cité par  la presse locale) : «C’est une excellente pétition. Personne ne devrait être mis dans la situation de devoir choisir entre chauffer sa maison et manger à sa faim…. » Avec une réponse pareille, nul doute que le député aurait impressionné le  jury d’entrée à l’ENA. Cinq ans plus tard, la pétition dort toujours dans le tiroir de Mr Cox.

Dans son numéro  trimestriel rédigé et publié  au moment de  la chute historique du cours du propane de l’hiver dernier, le bulletin municipal de Winkleigh relate les conditions de la dernière négociation  de prix avec Flogas:

« Suite à une réunion récente avec le responsable régional des ventes de FLOGAS, un nouveau prix valable pour deux ans a été négocié. Au 1er Janvier 2015, le prix du GPL sera de 41.0 pence par litre, plus TVA (soit 0.577 €/litre ou 1120€ HT  la tonne), prix fixe pour une période de 12 mois. Toute augmentation de prix durant la seconde année n’excédera pas 2.5 pence plus TVA par période de 6 mois. Il y a aussi une clause permettant la renégociation après 12 mois si les prix du marché sont orientés à la baisse. Les villageois  utilisant FLOGAS comme fournisseur – un peu plus de 160  foyers – vont tous recevoir le même contrat dans les prochains jours. Les villageois utilisant le propane vrac non clients de FLOGAS peuvent aussi bénéficier de l’accord en contactant FLOGAS directement ».

Il semblerait donc que les habitants de Winkleigh continuent de faire bloc face au propanier qui abusait naguère de sa position dominante  pour opérer des discriminations de prix infondées. On ne peut que les féliciter pour leur engagement en faveur de leur communauté.

Les pratiques de Flogas et des grands propaniers en  matière de discrimination arbitraire sur les prix  sont ni plus ni moins les mêmes  que celles qui ont  valu à Gazprom les griefs de la Commission Européenne  en avril dernier. A ceci près qu’il existe de gigantesques différences de volume de consommation annuelle de gaz naturel entre Etats européens permettant de rendre compte d’éventuelles différences de prix de vente unitaire,  alors que les  consommateurs discriminés chauffent leur pavillon avec la même quantité de GPL, ce qui rend ces discriminations beaucoup  plus suspectes et contestables  que celles dénoncées par la Commission. D’autant plus que l’ampleur  même des discriminations de prix inter-étatiques relevées par la Commission  pour le gaz naturel (+/- 20 % selon les Etats) est, en valeur relative, largement  inférieure  à celle qui peut être constatée  dans un même village en France ou en Grande Bretagne  auprès d’un même fournisseur de GPL.

La comparaison n’est pas sans fondement, le raisonnement pouvant d’ailleurs être poussé un peu plus loin. Lorsque  les Etats clients de Gazprom  sont empêchés de se revendre le gaz naturel entre eux (dans le but d’opérer des péréquations tarifaires entre Etats favorisés et défavorisés), les clients des propaniers qui ne possèdent pas leur propre citerne de gaz, c’est à dire la quasi totalité des consommateurs français et anglais, sont contractuellement empêchés de s’échanger du gaz entre eux. Pour un tas de raisons qui se résument principalement à l’insuffisance d’acheteurs libres (et non à des dispositifs réglementaires), il est en effet impossible à un acheteur de GPL désireux d’aider un autre consommateur moins avisé que lui,  de louer ou  d’affréter un camion de gaz (avec ou sans chauffeur)  pour  transvaser le contenu de sa propre citerne dans la citerne de son ami  afin de lui faire profiter de son tarif préférentiel,  quand bien même cette opération pourrait s’avérer  financièrement rentable (on ajoutera  qu’en France, vu les arbitrages existants, une telle activité menée à large échelle  pourrait même s’avérer extrêmement lucrative !). La difficulté  technique et l’impossibilité contractuelle de réaliser de tels arbitrages entre particuliers est la raison principale des abus et discriminations de prix   constatés depuis des décennies sur le marché domestique du gaz en citerne : si les particuliers pouvaient simplement transvaser le gaz liquéfié d’une citerne à une autre à l’aide d’une simple durite, et si le contrat signé ne les empêchait pas de réaliser cette opération, le marché du GPL ne connaîtrait pas de tels dysfonctionnements.

On se demande bien pourquoi,  dans ces conditions,  la Commission Européenne ne s’est jamais intéressée aux écarts de prix existants sur les différents marchés du GPL de chauffage en Europe, en ce que ces écarts pourraient trouver leur origine dans l’efficacité des pratiques anti-concurrentielles mises en oeuvre au niveau national par des firmes transnationales présentes simultanément sur  divers marchés européens. A l’image de ce qui est en somme reproché aujourd’hui  à Gazprom.

Prix du pétrole : Bruxelles fait une descente chez les grands pétroliers après dénonciation d’un trader d’éthanol

(traduit du Financial Times May 15, 2013)

L’antitrust de Bruxelles a fait une descente chez les majors du pétrole Shell, BP et Statoil pour examiner les méthodes de fixation du prix du pétrole, suite aux récentes affaires de manipulation des cours du Libor. La firme  Platts, leader mondial du reporting des cours de marché, a aussi été perquisitionnée hier, pendant que le groupe italien ENI a reçu une demande d’information de Bruxelles.

L’enquête sur les cours du pétrole survient après le scandale de la manipulation du taux interbancaire du Libor et quelques mois après la  dénonciation par un des grands traders en énergie,  de cotations de  prix inexactes  des produits pétroliers.

Total Oil Trading SA , la filiale de trading de Total a indiqué aux autorités de régulation que « plusieurs fois par an, les estimations de prix du marché sur des indices clés sont sans rapport avec ce que nous constatons durant la journée »  . Total a dit qu’il ne faisait pas partie de l’enquête de la Commission.

Les agences de reporting publient des prix qui sous-tendent  des milliards  de dollars de transaction sur le pétrole , le gaz et l’électricité, et qui sont la base des factures payées par les consommateurs. L’agence Platts, filiale de l’éditeur McGrawHill, côté à NY, se repose essentiellement sur les offres de vente et d’achat, ainsi que sur les transactions réelles, pour évaluer les cours.

La Commission Européenne a indiqué avoir conduit plusieurs perquisitions sur des suspicions que des « sociétés auraient pu s’entendre pour indiquer  des prix faussés à l’agence Platts, de manière à manipuler les prix publiés »  ajoutant qu’elle s’inquiétait du fait que des sociétés « puissent empêcher d’autres sociétés dans le processus d’estimation des prix, dans le but de déformer les prix publiés ».

Le groupe Statoil a indiqué que les soupçons d’entente « sont liés à la manière dont les prix du pétrole brut, des produits du raffinage et des biocarburants sont estimés par Platts selon la méthode du  » market-on-close « , une méthode de détermination des cours  qui aurait cours depuis 2002.

BP et Shell ont indiqué qu’ils coopéraient avec l’enquête. Les 5 plus grands traders indépendants des pétroliers, et les grandes banques d’investissement actives sur ce marché, ont indiqué ne pas faire partie de l’enquête.

Pannonia Ethanol a dit avoir contacté Platts au printemps dernier afin d’avoir accès au système « market-on-close (MOC) » de l’agence, une fenêtre journalière d’une demi-heure pendant laquelle elle détermine les prix sur la base des enchères, des offres et des transactions des entreprises participantes.

Selon le journal Les Echos datés du 16 Mai,  « l’agence d’information sur les prix pétroliers  a mis en place une procédure contraignante pour les entreprises qui voudraient devenir contributeurs à l’évaluation des prix. » « Nous ne cessions de recevoir de nouvelles choses à faire pour pouvoir entrer dans le système. Platts ne cessait de nous dire qu’elle exercait une « discrétion éditoriale » et nous a jamais fourni de vraie raison pour ne pas nous laisser entrer », a déclaré Eric Sievers, directeur général d’Ethanol Europe, société holding de Pannonia Ethanol.

« Le comportement de Platts nous a paru très étrange et certainement pas du tout professionnel et donc, au bout du compte, nous sommes allés voir la Commission. Elle nous a écoutés et posé beaucoup de question. »

Total non-transparence et totale non-concurrence

( article du Canard Enchaîné du 20 Février 2013)

Une directive européenne qui doit être signée dans les prochains jours plonge la plupart des groupes pétroliers dont Total dans une colère noire. Qu’ont décidé ces gauchistes de Bruxelles ? Que les marchands d’or noir devront désormais rendre publiques toutes les sommes versées aux Etats dans lesquels ils pompent le brut. Autrement dit les sommes officielles mais aussi officieuses. Exemple, les redevances payées sous la table à des pouvoirs avenants comme la junte birmane, la régime kleptocrate du Congolais Sassou Nguesso, la riante démocratie ouzbek,……

Le coup de poignard est d’autant plus rude que le projet européen vient de recevoir le soutien d’un expert, Alan Detheridge, ancien vice président de Shell, dans une récente tribune du Guardian( 7/02/2013) « Offrir aux populations des informations sur les versements de sociétés aux Etats pour des projets pétroliers permet aux citoyens de demander des comptes à leur gouvernement sur l’usage des revenus ainsi générés. » Du goudron et des plumes pour ce renégat !

C’est de l’Amérique qu’est partie l’offensive. Cette exigence de transparence a été imposée par le Congrés Américain, dans le cadre de la loi Dodd Franck, votée en 2010. Depuis , l’American Petroleum Institute , lobby réunissant les principales compagnies, bataille tous azimuts. Dernier épisode : en octobre, il a attaqué en justice la SEC , gendarme financier américain chargée de mettre en oeuvre ce texte. Les pétroliers se plaignent d’une « atteinte à la liberté d’expression » (sic!). Et un peu aussi , à la liberté des affaires ? Si le norvégien Statoil a pris ses distances avec la plainte de l’API, TOTAL s’y associe résolument. Pétrole et liberté sont des mots qui vont si bien ensemble.

 

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