Accueil » Gaz propane

Category Archives: Gaz propane

Bientôt du gaz fabriqué par des OGM dans les bouteilles de GPL

Bonne nouvelle : le GPL prépare son avenir en devenant progressivement une énergie renouvelable……Mauvaise nouvelle : en France, le produit qui sera ajouté au GPL pour le rendre « renouvelable » sera issu des  cultures  nécessitant le plus d’herbicides et de pesticides  a l’hectare : la betterave sucrière. Les fournisseurs de GPL envisagent d’intégrer a partir de 2018 du gaz d’origine renouvelable dans leurs bouteilles de butane et de propane afin de contribuer  à cette « évolution d’une ère du purement fossile vers du renouvelable », annonce le  Comité Français du Butane et du Propane (CFBP). La Loi de transition énergétique exige que les énergies renouvelables représentent  10% de la consommation de gaz en 2030. Or les gaz butane et propane sont actuellement  issus à 70% des champs de gaz naturel (gaz de schiste compris)  et à 30% du raffinage du pétrole.

Les membres du CFBP se sont rapprochés de la société Global Bioenergies qui fabrique de l’isobutène renouvelable intégrable dans les bouteilles de gaz à usage domestique. Introduite en Bourse en 2012, l’entreprise a breveté un procédé de fermentation utilisant des bactéries modifiées génétiquement dont le rôle est de produire un gaz contenant de l’isobutène ( un hydrocarbure) à partir de sucre extrait de la betterave, de la canne à sucre, de la paille ou du bois. « La production ne dure que quelques heures et non pas des millions d’années », précise Marc Delcourt,  co-fondateur et dirigeant de Global Bioenergies.

La construction d’une usine est prévue pour 2018 en Champagne. Baptisée « IBN-One », elle sera alimentée en sucre issu de betteraves produites localement. Si le projet arrive à son terme, les dimensions des bouteilles de butane et de propane ne changeront pas pour le particulier, assure le CFBP.

Global Bioenergies, entreprise implantée dans le Génopole d’Évry (Essonne), a annoncé en  2010 avoir fabriqué des OGM capables de synthétiser de l’isobutène à partir de glucose. Il s’agirait, selon les responsables de cette société, de bactéries équipées d’un matériel enzymatique artificiel développé par génie génétique et cultivées dans un pilote industriel depuis mai 2015. L’entreprise annonce une production d’une tonne d’isobutène pour 3,84 tonnes de sucres. La société dispose  d’un pilote de production d’isobutène situé à PomacleBazancourt  a la limite de la Marne et des Ardennes. Elle annonce maîtriser depuis 2015 la biofermentation de xylose (sucre issu du bois).

Début 2016, l’entreprise a annoncé  avec le néozélandais LanzaTech vouloir produire de l’isobutène comme carburant liquide à partir de matières premières non agricoles et déchets organiques.

Enfin en septembre 2016 Global Bioenergies a annoncé avoir signé un accord en vue de produire un carburant  à partir de ressources forestières. L’accord de collaboration porte sur l’étude conceptuelle de l’implantation d’une première usine en Suède, dans le cadre du « Bio-Based Gasoline Project » soutenu par l’Agence suédoise de l’énergie.

Publicités

Du propane, du mercaptan, et de l’instinct de conservation

Le propane : kezako ?

Le propane est un gaz de pétrole liquéfié (GPL) au même titre que le butane, le butadiène etc. Les gaz de pétroles liquéfiés sont , par définition,  des hydrocarbures légers issus du raffinage du pétrole stockés à l’état liquide.  Mais  le propane n’est pas seulement un GPL. C’est aussi un hydrocarbure extrait à l’état naturel   du gaz dit « naturel », et à ce titre,   fait partie de la catégorie des  Liquides de Gaz Naturel ( LGN en français, NGL en anglais)   au même titre que l’éthane, le butane et les pentanes. C’est par abus de langage que le terme de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) tend à recouvrir  aussi bien le propane et le butane produits lors du raffinage du pétrole brut, que le propane et le butane dérivés du gaz naturel. Dans les deux cas de figure, ils appartiennent à la catégorie des combustibles fossiles dont la quantité sur terre se trouve limitée par les stocks naturels de gaz et de pétrole. Aux dernières nouvelles, en effet Monsanto et les biotechs n’ont pas encore été capables de manipuler génétiquement nos génisses pour leur faire roter du propane sur commande……. 
 
Tentative réussie de la firme Monsanto de donner tort à Jean de La Fontaine
  
mais il existe cependant sur le marché  des dispositifs artisanaux de récupération des flatulences de méthane, comme on peut le voir ci-dessous :  
 
Système  de récupération de gaz d’échappement sur limousine
Voici maintenant  la définition administrative française  du propane commercial donnée par  l’arrêté du 28 Décembre 1966 :
Est dénommé « propane commercial » le mélange d’hydrocarbures composé dans la proportion de 90 p. 100 environ de propane et de propène et pour le surplus d’éthane, d’éthylène, de butane et de butènes, répondant aux spécifications suivantes :a) Odeur : caractéristique.b) Masse volumique : supérieure ou égale à 0,502 kg/l à 15 °C, ce qui correspond à 0,443 kg/l à 50 °C, d’après les tables de correspondance ASTM-IP. c) Pression de vapeur relative : au moins égale à 8,3 bar à 37,8 °C garantissant un minimum de 11,5 bar à 50 °C et au plus égale à 14,4 bar à 37,8 °C garantissant un maximum de 19,3 bar à 50 °C;  d) Teneur en soufre : inférieure ou égale à 0,005 % en masse.e) Corrosion à la lame de cuivre : cotation 1 b au maximum pour un essai de corrosion à la lame de cuivre d’une heure à 37,8 °C.f) Eau : non décelable à l’essai au bromure de cobalt.g) Evaporation : point final d’ébullition inférieur ou égal à moins 15 °C par la méthode dite du point 95 %.
On notera que le même arrêté précise que cette définition n’est pas  valable dans les départements d’outre-mer, ce qui permet à ces départements d’importer du GPL aux normes des grandes puissances voisines.

Sous une pression atmosphérique et une température normale, c’est un gaz non toxique, incolore et inodore (comme le méthane). Soumis à d’amicales pressions, le propane ne se fait pas prier pour passer à l’état liquide. Mais volontiers soupe au lait lorsqu’on l’enferme dans une citerne   (appelée aussi  « réservoir » ou  « bonbonne » par les anciens) , il se re-vaporise immédiatement dès qu’on le libère. L’astuce consiste  à  ne libérer  le gaz à la pression atmosphérique ambiante qu’au niveau  du brûleur de la chaudière,  afin que le gaz s’enflamme dans la chambre de combustion. 

Le  propane est donc un  sous-produit « obligatoire »  du traitement du gaz naturel et du raffinage de  pétrole brut. Dans le premier cas, le propane est extrait des usines de traitement du gaz naturel en amont du processus de distribution,  pour empêcher les liquides de gaz de condenser et de causer des problèmes de maintenance  dans les pipelines. Dans le second cas, il est obtenu à partir du raffinage de pétrole brut lors de la production de l’essence, du diesel et du fioul. 
Comme pour le gaz naturel, on ajoute un odorant au propane pour que notre nez, appendice du cortex olfactif (anciennement rhinencéphale, anciennement système limbique de Broca) soit capable de percevoir et reconnaître l’odeur du mélange gazeux,  signalant à notre cerveau un possible danger d’explosion.  Le produit utilisé pour créer artificiellement cette odeur s’appelle communément  le mercaptan. 

Le mercaptan, un « artifice naturel » pour sauver des vies

Il est dommage que les industriels de l’agro-alimentaire ne soient pas  obligés d’assaisonner les chips et autres fumaisons ou grillades  particulièrement nocives pour la santé  avec des additifs capables d’induire un sentiment  inné de répulsion ou de danger, exactement comme les propaniers ont  été obligés de le faire en ajoutant du mercaptan au propane  afin de nous signaler la présence d’un danger imminent.  Si tel était le cas, notre nez ne nous induirait pas systématiquement en erreur au moment de passer à table. Le problème de l’inadaptation du goût et de l’odorat d’homo sapiens  à un  environnement  alimentaire artificialisé par la gastronomie ( qu’on devrait plutôt appeler  la « gastrotechnie »   ou  la »gastrochimie ») n’a jamais cessé d’être posé à toutes les époques. Luther, suivant en cela une certaine tradition monastique, se posait la question de savoir si l’homme n’était pas fait  au fond pour ne consommer que des aliments comestibles à l’état cru. La question n’a jamais véritablement quitté les esprits chrétiens jusqu’à servir de base à une théologie du péché originel qui obtient le Nihil Obstat au XVIIeme siècle. La même question fut reformulée  dans les années 1930 par un jeune scientifique américain spécialiste des missiles et autres avions de combat. Devenu après la seconde guerre mondiale sous-secrétaire d’Etat à la Défense des Etats Unis (excusez du peu)  ce haut fonctionnaire écrivait ces lignes frappées au coin du bon sens  (ma traduction) :   
“Ceux qui  prétendent que les papilles gustatives sont les seuls arbitres nécessaires pour déterminer le régime adéquat, auraient eu parfaitement raison 100 000 ans en arrière, mais plus de nos jours car nos papilles n’ont pas été entraînées de la manière dont il était prévu qu’elles le soient. Elles ont été détournées des choses simples et naturelles et exigent désormais des stimulations artificielles. Il a été suggéré que les premiers hommes se préservaient de morts douloureuses par intoxication grâce à un appareil sensitif capable de détecter les matières empoisonnées. Cela a certainement été vrai à une époque mais cela n’est certainement plus vrai de nos jours. Nos poisons se cachent dans l’art culinaire et derrière les épices, et même lorsque la cuisine n’arrive  pas  à les dissimuler,  il est possible que nos papilles émoussées  ne soient  même plus capables de les détecter ». 
Si l’on comprend bien, quiconque oserait se servir de son instinct alimentaire pour régler la composition de ses repas au quotidien aurait intérêt à revenir 100 000 ans en arrière c’est à dire à se placer dans un environnement alimentaire faisant abstraction de tout procédé culinaire,  comme le  démontra à la même époque un universitaire allemand   en recourant pour la première fois (avec un succès qui laisse pantois) à un régime crudivore instinctif sur un groupe de patients atteints d’une maladie toujours officiellement considérée de nos jours comme « incurable »….  De là à penser que la plupart des maladies qui affligent l’espèce humaine  proviennent de l’impossibilité pour le corps humain d’expulser ou de s’adapter aux sous-produits de la gastrochimie, il n’y avait qu’un pas.
« Nos poisons se cachent dans l’art culinaire ».
D’où vient donc cette idée étrange que la gastronomie  empêcherait notre instinct alimentaire, c’est à dire notre sens de l’odorat et notre sens du goût,  de sélectionner utilement les seuls aliments nécessaires à notre santé ?  Le Chevalier de Jaucourt, graphomane invétéré, soulève  un coin du voile dans l’article CUISINE  qu’il rédiga , parmi des milliers d’autres articles, pour l’Encyclopédie de Diderot :  » La Gastrologie (le mot gastronomie n’avait pas encore été inventé) désigne proprement le secret réduit en méthode savante, de faire manger au-delà du nécessaire ».  Tout est dit. La gastronomie aurait donc été, bien avant l’invention du capitalisme, la première expérience humaine du « No Limit ». Il existerait donc bien  à l’intérieur de la tradition hippocratique, un courant de pensée ultra marginal,   dont on peut cependant trouver  un écho dans l’histoire de la médecine  militaire et l’histoire de la science chrétienne en Occident.  Selon ce courant de pensée :
a) l’homme est capable de se nourrir de manière purement instinctive,  sans aucune connaissance diététique,  pour autant que son choix alimentaire soit restreint à des aliments présents dans son  environnement originel.
b)  l’homme est capable de redevenir le médecin de lui-même  et donc de congédier les  médecins à son chevet,   à condition de s’en tenir à  un  régime originel. D’où  l’on explique que l’intérêt pour le régime alimentaire de l’homme préhistorique apparaît en même temps que la naissance des sciences préhistoriques, au milieu du XIXeme.
c) la théologie du péché originel peut être réinterprétée comme la perte de l’instinct alimentaire de nos lointains ancêtres.
Que cette question d’écologie humaine fondamentale, qui  fait débat depuis des siècles   (bien avant la naissance de l’écologie dite « environnementale »), ne puisse plus faire débat en France au XXeme ou au XXIeme siècle, n’est pas sans poser quelques sérieux problèmes  quant à la nature des mensonges et  des omissions conventionnelles  de notre  civilisation. Mais revenons à nos histoires de gaz.
Pourquoi donc l’homme ne détecte t’il pas la toxicité d’un gaz susceptible de nuire  à sa santé ?  Pour tenter d’expliquer cela, nous ferons un détour par le mercaptan. Durant la lointaine préhistoire, les choses étaient parfaitement claires pour nos ancêtres  : si ça sent bon, je goûte et je mange éventuellement jusqu’à réplétion; si ça ne sent rien ou  si cela  sent mauvais, je m’abstiens de manger.  Lorsque le milieu environnant est  aussi facile  à appréhender, nul doute que l’existence s’écoule comme un long fleuve tranquille.  La déglutition étant un acte volontaire,  les aliments liquides ou solides ne sont ingurgités qu’après avoir satisfaits successivement les tests sensoriels de l’odorat et du goûter. La respiration, à l’inverse, a toujours été un acte réflexe involontaire. Il importait donc que  l’homme ne puisse pas involontairement respirer des gaz toxiques en quantité léthale (seuls  ou mélangés à d’autres gaz) sans s’en rendre compte……
Ce qu’on appelle abusivement le mercaptan (car les mercaptans sont un groupe de substances et non un composé unique), encore appelé ethyl mercaptan, s’appelle  de son vrai nom  « ethanethiol ». C’est un composé organique de formule chimique CH3CH2SH.  Les nuls en chimie comme moi se contenteront de relever  la présence de nombreux « H » dans cette formule comme dans le mot « haschich ».  La comparaison s’arrête probablement là.  La présence du « S » , coincé entre deux H, signale la présence de matières sulfurées, c’est à dire à base de soufre. Le « S » du mercaptan lui confère d’infinies possibilités, et notamment celle  de vous retrousser sévèrement  les narines. 
En plus de puer pour la plupart des gens, le mercaptan est toxique, ce qui n’arrange pas son cas (rassurez vous,  il n’est pas toxique dans les doses qui sont rajoutées au propane). Ceux qui adhèrent à la sagesse populaire s’exclameront alors : « c’est normal qu’il soit toxique puisqu’il pue: il pue donc il est toxique ».  Ce à quoi les darwinistes en herbe, qui se croient souvent  plus malins que les autres, rétorqueront  « non, c’est l’inverse, il pue PARCE QU’il est toxique ». En vérité, le grand Darwin n’aurait  commis aucune de ces deux erreurs car il savait (la question ayant  donné lieu à diverses controverses entre savants et hommes d’église avant sa naissance), qu’il y a sur terre et sous terre des gaz qui sont totalement  inodores et qui n’en sont pas moins  hautement toxiques. C’est  le cas du  fameux monoxyde de carbone (de formule chimique CO), qui tue encore chaque année des  dizaines de personnes en France du fait de chaudières mal réglées à l’intérieur des habitations (ce gaz est la première cause de décès par intoxication : plus fort que toutes les intoxications par ingestion de champignons vénéneux …..) ou d’ installation de chauffe-eau dans un local inapproprié  ( voir l’histoire ici : http://www.kentonline.co.uk/sheerness/news/pensioner-walks-free-after-fitting-44870/)
Un policier municipal déroule le fameux YELLOW SCOTCH OF THE POLICE après le decès de deux québécois, le 28 mai 2012, victimes du monoxyde de carbone  dans un chalet disposant d’un réfrigateur au propane défectueux

Le problème des gaz inodores toxiques en écologie humaine

S’il existe des gaz qui sont inodores et néanmoins toxiques, n’est ce pas la preuve, me direz vous,  que l’on ne peut absolument plus se fier à notre odorat comme à nos instincts  de  conservation ? Justement non ! Erreur de raisonnement, dénoncée dès le début du  XIXeme siècle  par les  pionniers de la physiologie et de la toxicologie   (le terme d’écologie n’apparaîtra  que plus tard, en 1866 ,sous la plume du savant allemand Haeckel). Le fait qu’il existe à la surface de la terre des gaz  qui sont indétectables à l’odorat et qui sont toxiques voire létaux comme le monoxyde de carbone, signifie simplement, d’un  point de vue de évolutionniste :
a) que nos ancêtres ne rencontraient pas ces gaz  dans leur habitat naturel  
b) ou bien que s’ils s’y trouvaient naturellement, c’était dans des concentrations non dangereuses,
c) ou bien encore que s’ils s’y trouvaient en concentrations dangereuses, que ces gaz inodores étaient systématiquement ASSOCIES à des gaz toxiques dont l’odeur était parfaitement  détectable ET  désagréable. 
A titre d’exemple, la combustion du bois ou d’une forêt entraîne un dégagement très important  de monoxyde de carbone (CO). Cette quantité reste  non dangereux tant que la concentration dans l’air reste peu importante, comme c’est   le cas en milieu « ouvert » ou dans un milieu où la ventilation  des fumées fonctionne parfaitement.  Par contre si vous vous trouvez prisonnier d’une forêt en flammes, vous mourrez asphyxié par  les gaz de combustion bien  avant que  les flammes viennent vous griller le poil. Dans un  incendie de forêt, la quantité de monoxyde de carbone dégagée est rapidement létale, mais avant qu’elle ne devienne létale, les narines d’un observateur  auront été remplies « ad nauseam » par le CO2 dégagé simultanément par cette même combustion. Or le CO2 est parfaitement repérable par l’homme  bien en dessous de son seuil de toxicité. Du fait de la présence simultanée de CO et de CO2 dans toute combustion naturelle,  tant que vous êtes libre  de vous éloigner à distance respectable de l’incendie, vous ne risquez pas de mourir asphyxié par le gaz inodore mortel du monoxyde de carbone, et ce   malgré le fait que vous ne puissiez repérer ce gaz. C’est paradoxalement le caractère toxique mais repérable du CO2,  qui vous protège contre le caractère léthal et non repérable du CO. On est bien dans le cas c) décrit plus haut.   
La nature n’ayant pas prévu qu’on s’endorme dans un espace clos  à côté d’une chaudière dont la veilleuse est mal réglée, il est paradoxalement beaucoup plus facile d’échapper dans son sommeil à un gigantesque incendie de forêt tant que l’on n’est pas cerné par les flammes,  qu’à une minuscule veilleuse de chaudière….Si des dizaines de personnes meurent chaque année en France, du fait de dysfonctionnement des brûleurs de leur chaudière à gaz, c’est  (aussi) parce que notre instinct n’a jamais été exposé, au cours de l’évolution,  au  monoxyde de  carbone SANS PRESENCE  SIMULTANEE   d’un gaz toxique qui puisse  nous alerter de la présence du CO en quantité lethale. L‘invention  de la  chaudière à combustion déréglée  produisant du CO sans produire simultanément  de  CO2 dans une quantité détectable par notre cortex cerébral,  n’a donc  pas été prévue par nos gènes. C’est pourquoi elle est susceptible de tromper mortellement la vigilance de notre instinct pendant notre sommeil (pour une présentation claire et synthétique du mécanisme d’intoxication au monoxyde de carbone , on pourra se reporter au topo fait par l’ICEM- Pédagogie Freinet )
 Est il exact que nous n’ayons jamais été confrontés à des  sources mortelles de monoxyde de carbone avant l’invention de la chaudière à gaz déréglée ?  Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a eu, bien avant cette invention, de nombreux cas tragiques d’intoxication au monoxyde de carbone. Mais les nombreux décès imputables à l’empoisonnement au CO, aussi dramatiques soient-ils,  n’ont pas pour autant  généré  une pression  sélective  sur l’espèce humaine, du fait de son caractère « anecdotique ». Ce qui explique probablement que le CO tue aujourd’hui avec autant de facilité qu’hier. Les plus célèbres des  cas d’empoisonnement au CO par le passé concernent les mines de charbon, où la concentration de monoxyde de carbone dans les jours ou les semaines suivant un incendie ou une explosion  fut jadis  la cause de milliers de morts. Il n’est pas question ici du fameux coup de grisou, c’est à dire d’une explosion accidentelle  de méthane,  mais bien  de la présence en quantité importante  de  monoxyde de carbone dans les couloirs de  mines non ventilés après un incendie. Le monoxyde de carbone est un  gaz mortel au dessus d’une concentration de 0,4 % ! Le caractère  parfaitement inodore et incolore du gaz n’a  pas permis durant des siècles aux survivants de comprendre la cause de décès aussi spectaculaires qu’énigmatiques : les mineurs tombaient comme des mouches sans cause apparente,  bien après l’explosion !  Longtemps ces décès furent attribués par les hommes d’église aux esprits sataniques souterrains.  Jusqu’à ce que  les chimistes  trouvent la véritable explication scientifique,   inaugurant  par la même occasion la toxicologie des gaz.
Le chimiste anglais Humphry Davy (1778-1829) améliora considérablement la sécurité des mineurs

Question : le cas des mines de charbon non ventilées et infestées de CO après un incendie ou une explosion  invalide t’ il l’idée d’une parfaite adaptation de nos  instincts à notre environnement originel  ? Réponse : bien sûr que non, à moins de considérer que le travail dans les mines et la mise en esclavage de l’être humain,  font  partie de la condition normale ou originelle de l’homme.   Il n’a jamais été prévu par l’évolution  que l’homme aille travailler dans des mines. Il aura fallu pour cela attendre la « civilisation » qui a permis à l’homme de réduire ses congénères  à l’état d’esclave….  C’est pourquoi l’hypothèse d’une adéquation parfaite entre nos instincts de conservation et notre milieu originel  reste à ce jour non disputée,  sauf  en ce qui concerne  la question hautement polémique de l’instinct alimentaire de l’homme et de l’enfant…. (*). 

Le foulard était le signe de reconnaissance des femmes travaillant au  fond des mines  au début  du XXeme siècle Leur tâche consistait à trier le charbon

Les mercaptans naturels

L’éthanethiol appelé abusivement  mercaptan (par référence à sa famille chimique)  existe bel et bien à l’état naturel dans le pétrole brut (qu’on appelle « crude oil » ou encore « petroleum » en anglais). On peut aussi l’obtenir par réaction de l’éthylène avec le fameux hydrogène sulfuré (celui qui fait tordre de rire les cancres dans les laboratoires de sciences physiques de nos lycées). On l’utilise comme additif dans les gaz explosifs car notre nez peut détecter son odeur dans des proportions infinitésimales. Le seuil de détection de l’éthanéthiol, pour un individu moyen, est de 1 particule pour 2,8 milliard de particules d’air. Selon le Guiness Book des records, l’éthanethiol est la substance la plus odorifère qui soit pour l’être humain. En vérité beaucoup de substances appartenant au groupe des « thiols » sont tout aussi odorifères : c’est le cas du méthanéthiol, dont l’odeur caractéristique se retrouve dans votre urine quinze minutes à peine après avoir mangé des asperges, puisqu’il est un sous-produit du métabolisme de cette plante. L’odeur de l’éthanethiol , elle, ressemble au poireau brûlé,  à  l’oignon  ou au choux cuit. Pour ceux qui ont voyagé en Asie du sud est, la tonalité générale de l’odeur est proche de celle du fruit préféré de l’orang-outan et de l’éléphant de Sumatra,  ainsi que  de tous les enfants de cette région du monde : le durian. Le durian est le fruit au monde qui contient en outre  le plus de potassium et de soufre en proportion de son poids sec. La forte odeur de ses composés organiques fait qu’un être humain à jeun est capable de détecter un durian mûr à plus de 500 mètres de distance,  dans un air immobile et en pleine forêt vierge. C’est cette facilité de détection de certains thiols, résultat de notre évolution biologique, qui a été habilement mise à profit  par les vendeurs de gaz pour  nous permettre de repérer une éventuelle fuite de gaz domestique. En effet la similitude d’odeur entre le mercaptan et  le durian  n’est pas une vue de l’esprit. Les composés aromatiques responsables de l’odeur du durian ( « smells like hell, tastes like heaven ») sont bel et bien des thiols (ou thioethers) groupés sous l’appellation de mercaptans. Chimiquement parlant, les thiols sont composés de molécules de soufre et d’hydrogène avec un atome de carbone. Ce sont ces mêmes thiols  qui donnent  au putois et à la mouffette leur odeur particulière.  

Un fruit de 2 kg bardé d’épines suspendu à 40 mètres au dessus du sol. Newton n’aurait pas pu être malais :  le durian mûr en tombant  de l’arbre peut infliger de très graves  blessures aux ouvriers des plantations de durianiers.
Selon le grand écrivain anglais Anthony Burgess qui a longtemps séjourné en Asie du Sud Est, l’expérience de goûter un durian est ce qui se rapproche le plus de déguster « une panna cotta aux framboises dans des toilettes publiques ». Pour d’autres, il s’agit, à condition  d’être à jeun,  de l’expérience alimentaire la plus transcendante qui soit.
Denis Peyrat 
Grand amateur de durians, historien des sciences médicales, de la philosophie, et du concordantisme vétéro-testamentaire. 
(*)  Un neurologue allemand dans les  années 30 a pu étudier   le comportement alimentaire redevenu totalement instinctif et spontané  d’un homme accidentellement intoxiqué au gaz, et dont les centres de la mémoire avaient été atteints. Ces expériences, jamais reproduites depuis pour des raisons éthiques,  confirmèrent  l’intuition de l’écrivain Marcel Proust que  la « mémoire longue » de l’adulte représente l’obstacle principal  à la libre expression de l’instinct alimentaire chez l’être humain . Que cet obstacle soit  beaucoup plus facile à contourner pour un enfant que pour un adulte (obligé d’en passer par une sorte d' »exil intérieur » pour étouffer  le contenu de sa mémoire)   explique à l’évidence  la plus grande facilité des enfants, et l’extrême facilité des nouveaux-nés  à se nourrir de manière purement instinctive, comme le démontra a  partir de   1927 la pédiatre américaine Clara Davis.  
%d blogueurs aiment cette page :