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Augmentation du prix du propane : dans certains cas, le consommateur peut désormais résilier son contrat par anticipation sans pénalités

L’entrée en vigueur de la loi Hamon n’a pas eu pour seule conséquence, du point de vue des consommateurs de propane, de réduire la durée maximale des contrats à 5 ans. De manière plus discrète,   elle a aussi contribué à rendre plus  périlleuse pour les propaniers  toute augmentation de leurs  tarifs publics.

C’est ce qu’il ressort d’un échange de courrier récent entre l’ADECOPRO et la DGCCRF, courrier dans lequel l’Association interrogeait la Répression des Fraudes sur l’interprétation conforme d’une clause un peu abstruse de la loi Hamon.

Cette clause, intégrée au Code de la Consommation comme  Article L. 121—110,  dispose en effet que :  « Tout projet  de modification des conditions contractuelles à l’initiative du professionnel est communiqué par écrit par ce professionnel au consommateur au moins un mois avant son entrée en vigueur, assorti de l’information énoncée de manière claire, précise et visible, selon laquelle ce dernier peut,  tant qu’il n’a pas expressément accepté les nouvelles conditions, résilier le contrat, sans pénalité de résiliation et sans droit à dédommagement, jusque dans un délai de 3 mois après l’entrée en vigueur de la modification ».

La question posée à la DGCCRF par notre association était en apparence très  simple : « Une  augmentation du prix  du propane  doit -elle  être considérée  comme une «modification des conditions contractuelles » au sens de l’article L121-110 ? ». Ce qui aurait pour effet de permettre au consommateur de résilier immédiatement son contrat, dès la première hausse tarifaire non acceptée,  sans que ce dernier ait  à payer la moindre indemnité de résiliation anticipée.   Une petite révolution dans le rapport de force actuel entre consommateurs et propaniers.

Même s’il n’y a pas le moindre signe à l’horizon d’une remontée  prochaine des  cours  du pétrole ou du propane,  il n’y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir que les  prix du propane remonteront un jour. Il n’est donc pas inutile de se préparer aux futures hausses tarifaires  et d’essayer de comprendre dès maintenant ce qui se cache derrière ce nouvel article du Code de la Consommation  (article qui, soit dit en passant,  apporte une avance définitive aux consommateurs par rapport aux professionnels  en matière de protection  contre les hausses  tarifaires).

La DGCCRF, suivant en cela l’opinion d’un avocat que nous avions  consulté durant le laps de temps nécessaire à l’obtention de sa réponse,  nous a confirmé  que le prix étant un élément essentiel du contrat,  une augmentation du prix du propane tombe effectivement sous le coup de l’article L121-110,   « sans préjudice de l’appréciation souveraine des tribunaux » (voir leur courrier en réponse ici).  Ce qui est une manière de dire  « oui,  mais si les tribunaux disent  le contraire,  vous ne pourrez pas nous en tenir rigueur…. »

En clair : si le consommateur, qu’il ait été ou non averti par son propanier, refuse une hausse du prix du propane dans les délais prescrits par la loi (attention : les délais courent à compter de l’entrée en vigueur du nouveau tarif,  et non de la réception par le client de sa facture émise selon le nouveau barème), il peut résilier son contrat par anticipation sans avoir à payer de pénalité de résiliation anticipée.  En cas de résiliation,  le consommateur  devra toutefois  s’acquitter des frais de retrait de citerne et autres frais de repompage s’il décide de changer de propanier  (à moins qu’il ne saisisse le tribunal pour les faire déclarer abusifs – voir nos derniers articles sur Vitogaz dans les archives de ce mois).

Oublions le codicille de la réponse de la DGCCRF,  pour nous focaliser sur leur réponse  un peu trop succincte à mon goût.  Je précise que je n’ai  nullement cherché  à « piéger » la Répression des Fraudes avec une  question volontairement  simpliste : craignant de ne pouvoir obtenir de réponse de cette administration (il a fallu quand même plusieurs mails et plusieurs courriers…),   j’avais  volontairement laissé de côté   la complexité de la question, complexité inhérente à la nécessaire distinction entre « prix » du propane et « tarif » du propane (le « prix » facturé étant la résultante du « tarif » et de quelques autres facteurs).

Je m’explique.

Chez les vendeurs de parpaings ou de placoplatre, lorsque le prix unitaire augmente, il augmente en général pour tous les clients particuliers ou professionnels. Car une fois négociée votre remise tarifaire, il est rare que cette  remise individuelle soit remise en question par la suite : la  réduction accordée par votre fournisseur sur le tarif public  vous accompagnera  tout au long de votre relation avec ce fournisseur. Si le vendeur a oublié par mégarde de vous en faire bénéficier un jour, c’est probablement qu’il n’aura  pas saisi ce jour-là  le bon « code client » au moment de votre passage en caisse.

Ce système de remise  commerciale sur quantité,  qui a l’avantage de la simplicité,  est  beaucoup trop trivial pour les esprits malades des dirigeants des grandes firmes gazières. Dans leur effort permanent  pour rendre toujours plus compliqué et incompréhensible pour le  néophyte   leurs pratiques de brigands, les propaniers  ont inventé un système de remise tarifaire  qui diminue à mesure que le temps passe.   Mécanisme  d’autant plus pervers que,  dans le même temps,  les propaniers vous lient à eux par un contrat exclusif de longue durée.

Dans ces conditions, l’augmentation des tarifs publics  de votre propanier n’est pas toujours LA  cause de l’augmentation du prix unitaire de VOTRE tonne de propane.  En réalité, et sans prétendre à l’exhaustivité,  j’ai dénombré au moins trois facteurs distincts d’augmentation du prix  de votre  tonne de  propane ( ces facteurs varient selon les fournisseurs) :

  • L’augmentation du tarif public de votre propanier (en principe une à deux fois  par an) qui  ne devrait refléter  que les variations du cours du propane sur le marché de gros,  ce qui n’est nullement le cas dans la réalité.
  • La diminution de la remise  (ou du taux de remise)  individuelle   consentie par votre propanier au moment de la signature de votre contrat (diminution qui peut intervenir une fois par an ou une fois par contrat, selon les propaniers).
  • Le changement de catégorie tarifaire survenant à la suite d’une diminution notable de votre consommation de propane (installation d’une PAC, d’un chauffage bois, passage de résidence principale en résidence secondaire, interruption des livraisons …)

La question en apparence anodine posée à la DGCCRF mérite donc d’être posée en réalité dans  chacun des  3 cas énumérés ci-dessus.  Or  la DGCCRF dans sa réponse,  ne s’est   placée que dans le premier cas,  celui qui tombe le plus naturellement sous le sens.

Dans le second cas,  à partir du moment où  la diminution de la remise individuelle  est actée dès la signature du contrat  dans les Conditions Particulières, on voit très difficilement comment elle pourrait être considérée comme une «modification des conditions contractuelles»  toutes choses égales par ailleurs, bien entendu. Dans ce cas, le consommateur ne pourra pas faire jouer l’article de la loi Hamon qui lui permet de résilier son contrat par anticipation « sans pénalités », et ce en dépit du fait que la perte de la remise individuelle  constitue bien souvent l’augmentation tarifaire la plus conséquente de toutes  pendant la durée du contrat.  Tel est le cas notamment  des contrats Antargaz et Vitogaz.  Il y a donc là, à mon sens, une lacune importante dans la rédaction de l’article de loi en question, dont je ne serais pas surpris d’apprendre que les propaniers, malins comme des singes,  en sont à l’origine.  

Si dans certains cas,  la dégressivité de la remise figure bel et bien dans le contrat, ajoutée de la main même du commercial au chapitre des Conditions Particulières, les choses sont beaucoup moins claires dans le cas des contrats  Vitogaz : les prix facturés aux clients Vitogaz, une fois la remise initiale périmée, ont tendance au fil des années à rattraper le tarif « plein pot », selon un mécanisme de  remise dégressive dont on aimerait bien que la DGCCRF (qui a fait une enquête poussée sur le prix du GPL en France) nous explique le mécanisme. Dès lors que les hausses de prix du propane n’ont pas été prévues dans les Conditions Particulières,   l’article L121-110 pourrait être utilisé pour résilier les contrats Vitogaz  par anticipation. En ce qui concerne Finagaz, autre spécialiste des tarifs-publics-délirants-corrigés-par-d’imposantes-remises-individuelles, j’avoue ne pas m’être penché sur la dynamique des prix de leurs contrats.

Dans le troisième cas de figure, les choses apparaissent  plus floues, mais  semblent néanmoins en faveur du consommateur. Je vois mal en effet un juge refuser au consommateur le bénéfice de l’article L121-110  au motif que celui-ci utiliserait beaucoup moins de propane pour se chauffer,  et que le prix de sa tonne de  propane  augmenterait de 300 €  suite au changement de catégorie tarifaire induit par la baisse de sa consommation .  On rappellera ici que dans le cas du fuel domestique l’écart de prix entre une petite commande de 500 litres et une commande normale de 1000 litres n’est que de 30 € sur la facture finale, et non de 300 € comme pour le propane !   Ce cas n’est pas théorique  : nous sommes interpellés par des consommateurs qui ont vécu cette situation sans être en mesure de pouvoir l’anticiper. Ces réajustements  tarifaires peuvent être d’autant plus cuisants pour le consommateur   que  les propaniers qui offrent  les tarifs non remisés les plus bas  (Butagaz et Primagaz pour ne pas les nommer) affichent  la plus forte progressivité tarifaire à mesure que les quantités consommées diminuent. Pas de bol pour les clients de ces deux propaniers qui s’efforcent de consommer de moins en moins de gaz.

Bref,  le débat soulevé par ma question  en apparence anodine à la DGCCRF est loin d’être clos.  On verra bien dans quelques mois, lorsque le propane recommencera à grimper,  comment les juges s’arrangeront  des  approximations rédactionnelles de la loi Hamon. Il eut été infiniment plus simple d’écrire  que le consommateur pouvait résilier son contrat par anticipation à l’occasion de toute augmentation du prix du propane, sans faire allusion  aux « conditions contractuelles » initiales. Mais c’eût été probablement trop demander à des législateurs français qui adorent compliquer les choses…….

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Avis sur Antargaz, Butagaz, Primagaz, Finagaz et Vitogaz. Tableau comparatif pour bien choisir son propanier.

Ne pas se tromper au moment de choisir  son propanier est crucial pour le repos de l’esprit et la paix des familles. A fortiori si vous souhaitez une citerne enterrée.

Etre hors d’atteinte des (rares) propaniers indépendants ne rend pas ce choix facile pour celui qui aborde le sujet d’un oeil neuf. Cet article vous donne donc quelques éléments pour  ne pas vous tromper. Il  dresse un  tableau comparatif des quelques  critères qui me paraissent le plus essentiel pour faire un choix éclairé : prix du gaz, qualité du service, et ouverture à la concurrence.

Il s’agit d’une synthèse « personnelle » :  l’association n’a pas procédé à un sondage auprès d’un échantillon de clients des propaniers du CFBP pour remplir ce tableau. D’autre part je n’ai considéré  que la formule « consignation  » de la citerne par le propanier : je n’ai donc pas comparé les différentes  formules de  « location de  citerne », toutes  désavantageuses pour le consommateur.

Voici la liste des critères qui m’ont permis d’établir un classement, avec quelques explications :

  • le prix instantané : on pourrait  comparer séparément les tarifs « nouveaux clients »  et « anciens clients ». Il m’ a paru plus parlant de baser la  comparaison sur le prix en « régime de croisière », c’est à dire pour les anciens clients. Les grilles tarifaires peuvent être très compliquées chez certains propaniers. Aussi notre comparaison ne reflète que des prix moyens constatés auprès des personnes qui  contactent l’Association.
  • l’évolution des prix dans le temps : pour bien comprendre mes commentaires dans le tableau, il faut avoir en tête que le calcul du prix payé par le consommateur dépend d’une part de son barème de référence (lequel évolue selon sa propre « dynamique ») et d’autre part de la remise qui lui a été personnellement consentie , laquelle se réduit automatiquement  à mesure que l’échéance du renouvellement du contrat se rapproche ( sauf dans les rares cas où le prix du gaz est fixe pendant toute la durée  du contrat). Les deux effets peuvent s’additionner ou se soustraire : lorsque le cours du propane augmente, le barème de référence augmente et  les deux effets se cumulent.  Lorsque le cours baisse, il arrive que le barème baisse et  les deux effets,  de sens opposé, peuvent  se soustraire.
  • Courtoisie du service client : c’est le critère le plus subjectif. J’ai compilé  vos récriminations dans ma mémoire ….
  • Frais d’entretien des réservoirs : ils sont encore trop souvent à la tête du client
  • Ponctualité des livraisons
  • Possibilité d’achat  de citernes neuves
  • Possibilité de rachat de la  citerne,  une fois installée chez vous
  • Frais de retrait de la citerne et, le cas échéant du compteur, en fin de contrat

Voici le résultat sous forme de tableur Google Sheet :

 

Les notes figurant  dans chaque colonne doivent être entendues  relativement  aux autres propaniers. Ainsi en donnant  4 étoiles au tarif du gaz de Butagaz, nous ne voulons pas signifier que nous sommes satisfaits de leurs tarifs.  Nous faisons le constat que sur la durée, et compte NON tenu des offres promotionnelles,  les tarifs Butagaz sont les meilleurs que l’on puisse obtenir auprès des grands propaniers sans aucune négociation.

Pour visualiser le même tableau sur une  pleine page d’écran, cliquez sur le lien ci-dessous  ( impression du tableau possible sur une page au format Paysage) :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1NXpccnsHbKicIL9Hs6S7drqmBpGv4hVnP5sMZaV5ITw/pubhtml

Vos commentaires et réactions à ce tableau comparatif sont les bienvenus, que vous soyez content ou mécontent du traitement réservé à votre propanier. Dans le cas où votre avis divergerait trop nettement du mien, je vérifierai, avant de mettre votre commentaire en ligne, que vous n’êtes ni un alien ni une de leurs créatures…

Ces évaluations n’ont évidement  rien de définitif. Force est de constater cependant que mes notes globales, et le classement qui en résulte,  n’ont  pas changé depuis la création de l’Association en 2012.

Multinationales

Jeux de maux : le monde tel qu’il va mal

 

100 % d’augmentation du prix du gaz en un mois ! Chez Antargaz, le client est roi… des cons

L’histoire qui suit  va donner du baume au coeur à ceux qui se considèrent  victimes d’une escroquerie  au motif  que le prix de leur tonne de propane   a  augmenté  de  100 % en 5 ans  ( vous êtes plus nombreux que vous le croyez dans ce cas !).

Un consommateur client d’Antargaz dans l’Eure me contacte dernièrement pour me demander s’il a intérêt à rejoindre notre  Groupement. Avant de lui répondre, je lui demande  la possibilité d’examiner ses factures sur les 12 derniers mois.

Il apparait que  ce client a reçu d’Antargaz,  successivement en Janvier puis en  Février 2013,  dans un contexte de faible baisse des prix du propane sur le marché de  gros, deux  factures affichant une hausse du prix unitaire de la tonne de propane de  100 %.  Oui, 100 % d’augmentation en l’espace de seulement 40 jours pour une quantité de gaz identique déversée dans la même citerne par le meme prestataire ! Vous vous demandez comment ceci peut-il être légal ? Bienvenue chez les fous, dans le monde riant du cartel du GPL.   Cette augmentation  en flèche  s’explique uniquement  par la disparition soudaine, entre  deux commandes à date rapprochée, d’une  remise commerciale importante  de 50 % consentie par Antargaz  durant la première année de contrat.

 100 % de hausse  en 40 jours, cela fait 2.5 % de hausse par JOUR  !

Voici  donc le nouveau record olympique  dans la catégorie « Embrouilles à gogo-gaz  ».

Le pire est que le  client  en question a accepté de  régler  sa facture à Antargaz  telle quelle.

Incidemment cette histoire nous apprend que les propaniers acceptent de vendre  du propane actuellement à 750 € HT la tonne à des particuliers pour chauffer leur maison.  La vente à perte étant en principe interdite, ceci signifie qu’on est encore bien  au dessus des prix de revient (incluant couts de stockage et de livraison)  à ce niveau de prix de vente. Que tous les consommateurs  auxquels Antargaz  vend  actuellement  le propane 1959 € HT la tonne (selon bareme en vigueur au 1er mars 2014 pour citernes d’une tonne) réfléchissent deux minutes à la manière dont Antargaz les entube au quotidien. Et je ne parle pas de ce client de Haute Saône à qui l’autre escroc patenté de la bande, Vitogaz,  proposait hier d’acheter le propane à 2900 € la tonne (témoignage recueilli au téléphone et communiqué par la SAPS). Le gouvernement vient de laisser passer une occasion en or de mettre de l’ordre dans ce marché avec la loi Hamon. Comment va t’il s’y prendre désormais pour justifier la permanence de tels écarts de prix entre particuliers ? 

Enfin j’allais oublier le « détail qui tue »  : de son propre aveu , le client à qui Antargaz  accepte de vendre du propane à 750 € estime consommer  trop de propane car sa maison est mal isolée…..Ce qui signifie  qu’Antargaz  offre  une prime , sous forme de propane  bon marché, aux consommateurs qui n’isolent pas leur maison.

Ci-dessous un scan  des factures en question pour ceux qui doutent de la véracité de cette histoire  :

Factures Antargaz

Aux dernières nouvelles, ce client souhaiterait rejoindre le Groupement Propane Libre.

Rien de tel que la solidarité des consommateurs  pour  ne plus se faire arnaquer !

Des prix du gaz en citerne complètement bidons ! Un propanier dévoile la supercherie des tarifs du propane en perpétuelle augmentation

Vous vous étonnez de voir le prix à la tonne  de votre propane augmenter à chaque facture   alors que le cours du propane reste stable ou diminue  sur le marché de gros ?

Ne vous étonnez plus, l’explication est très simple : au moment de la signature de votre contrat,  votre propanier  vous a consenti  une remise plus ou moins généreuse qu’il n’aura de cesse par la suite de raboter consciencieusement  jusqu’à l’annuler complètement.  Cette remise dégressive  est  déduite d’un barème de prix arbitraire   qui n’a  d’autre  fondement   économique  que celui de garantir une marge très  confortable au distributeur de propane. Le principe de tarification des contrats petit et moyen  vrac consiste à annuler progressivement une  remise consentie au départ sur un tarif bidon,   de manière à ce que votre dernière commande soit facturée plein tarif.  De cette manière, le propanier s’assure que vous serez dans les meilleures dispositions, à la fin du contrat,  pour  accepter une nouvelle proposition  visant à vous offrir  une nouvelle remise  sur le nouveau barème, dès lors que vous accepterez de  signer  un nouveau contrat  qui vous ligotera  pour X années supplémentaires.

Voilà ce qu’il ressort d’un document « officiel » communiqué en Novembre 2013  à une collectivité  par un commercial de la société Primagaz, document  que l’Adecopro a pu se procurer. On savait déjà comment ils fonctionnaient,  mais ça  fait plaisir de voir un propanier reconnaître ses  magouilles tarifaires  et avouer ingénument les méthodes utilisées pour ferrer le gogo  et transformer la ménagère de base en poule aux oeufs d’or.

C’est donc en offrant des  remises dégressives  que les propaniers essayent  de se piquer  leurs clients, ceux du moins  qui n’ont pas eu  l’ honneur  d’accéder au  » Saint Graal » des contrats de propane, à savoir le contrat  indexé sur le cours du PLATTS (cours du marché de gros).   De tels contrats existent pour des achats portant sur plusieurs centaines de tonnes de  propane par an.  Encore faut-il, pour pouvoir y prétendre, disposer de  gros stockages . Car la taille de votre stockage  détermine votre capacité à mettre les propaniers en concurrence, donc votre pouvoir de nuisance vis à vis de votre  propanier. Les propaniers n’offrent ces super-contrats indexés sur le PLATTS  qu’à ceux qui, de par leur activité, ont impérativement besoin d’un réservoir de  grande taille. Une taille  telle que n’importe quel propanier belge ou allemand  ne verrait aucun inconvénient à venir « pisser  »  à l’intérieur  dès que votre propanier aura le dos tourné.

Le graphique ci-dessous a été adressé  récemment par un commercial Primagaz à une collectivité. Dans le mail joint à ce graphique, le commercial Primagaz  explique que le prix du propane sera stable pendant les douze premiers mois et que par la suite,  il prendra automatiquement 100 € de plus tous les six mois, hors évolution de barème. Ceci en vertu du fait que le prix de départ consenti est particulièrement bas : 875 € . Ce prix de 875  € est en effet très bas  s’agissant d’une professionnel « non-agriculteur » consommant entre 4 et 5 tonnes/an. Pour information, et rapporté au monde agricole  (la référence en matière de prix du propane professionnel) ce niveau de prix correspond au prix payé  par de petits éleveurs consommant moins de 6 tonnes/ an (selon barème)  en contrat de « partenariat » avec Primagaz ( si vous êtes éleveur et que vous payez plus cher que ça, je vous expliquerai comment faire pour baisser votre facture…vous verrez c’est très simple …).

Mais revenons à notre collectivité : le problème est  que le  propanier ne peut   maintenir le  gaz  à un  niveau de prix aussi bas sur la durée du contrat, car ce prix  de 875  € HT ne reflète aucunement  le  barème « Professionnel / Collectivités »,   lequel est beaucoup plus élevé que les  barèmes des différentes corporations agricoles. Le  barème Professionnel  Primagaz   indique un prix actuel de 1195 € HT  (voir ci-dessous, ligne du haut). Un prix sorti purement et simplement du chapeau du Directeur Commercial de Primagaz, puisque sans lien aucun avec les prix de marché. Dommage  ……. car l’écart entre le prix consenti au client à la signature du contrat,  et le prix du barème assigné par Primagaz à cette catégorie de clients,  détermine la « rapidité » de la remontée tarifaire.  Une remontée qui peut se faire au rythme du tire-fesses si l’écart est faible, ou au rythme  du  télésiège s’il est plus important  ( chez Vitogaz, où on pratique joyeusement  le grand écart entre prix de départ et prix d’arrivée,  les clients ont droit au téléphérique…).  Bref, le  commercial est incapable d’ expliquer pourquoi le prix final  d’arrivée devrait être de  1195 € sinon en déclarant que c’est le prix normal qu’il aurait dû payer sur toute la période. Normal par rapport  à quoi ?   Il est  tout aussi incapable d’expliquer pourquoi le céréalier ou l’éleveur de poules ont, eux,  le droit de jouir du  tarif de départ de 875 €  indéfiniment. Car le propane est la seule énergie en France dont le prix de vente dépend  du  métier du client, voire de sa  spécialité agricole.

Regardez bien ce graphique :  le commercial détaille à l’avance les  futures augmentations de prix jusqu’en 2015, nonobstant l’évolution propre du cours du propane sur le marché de gros.  Chez Primagaz,  on est capable d’anticiper les hausses de propane trois ans à l’avance  !  Trop fort les  propaniers !   Si vous êtes un particulier et que vous consommez 4 tonnes par an, vous savez maintenant que, vous aussi, vous pouvez prétendre  obtenir un prix de 875 € /an, car la citerne du professionnel en question,  à qui ce devis était  adressé,  a la même capacité que la citerne d’un particulier   : c’est une citerne d’ une tonne  !  

En conclusion, Primagaz vend son produit à des prix variant du simple au double, pour des quantités identiques livrées dans des citernes de même capacité.  Cet arbitraire total sur les prix  consentis explique à l’évidence  les mensonges et  les cachotteries des propaniers.

 

Tarifs bidons

Exemple  : si vous êtes un  céréalier  consommant  5 tonnes par an, vous paierez actuellement et quoiqu’il arrive autour de 800 € la tonne, même si vous utilisez votre propane uniquement pour fabriquer des  pop-corns pour vos enfants. Un agriculteur non céréalier de la région parisienne , dépité des prix de notre groupement,  m’a avoué de but en blanc cultiver un petit carré de maïs dans un coin de terre  uniquement  pour pouvoir avoir le  statut et le tarif du gaz correspondant à  « céréalier » lui permettant de chauffer sa maison à un prix  défiant toute concurrence. Si vous êtes éleveur et que vous appartenez à la bonne enseigne syndicale,  vous paierez  moins de 900 € la tonne de propane,  même avec une consommation inférieure à  5 tonnes par an.  Avis donc  à ceux qui veulent payer le propane moins cher : achetez une centaine de  poussins,  ou  trente lapineaux  ou dix  sangliers, construisez une cabane dans un coin de votre jardin (peu importe que ce soit une passoire thermique), et  n’oubliez pas de vous inscrire comme cuniculteur, aviculteur, ou « suidiculteur »  à la Chambre d’Agriculture de votre département, condition sine qua non pour bénéficier du  statut convoité  d’ « éleveur ».  Statut  qui  vous assurera  de payer votre propane au tiers du prix payé par  le locataire rural moyen,    victime tout désignée du cartel du propane, et  champion toute catégorie du prix du propane vrac en France.

Pratiquer la cuniculture nécessite un grand nombre de lapines.

Selon Freud, rares sont les  cuniculteurs ( ou cuniculiculteurs) qui maîtrisent leur art au point de se passer totalement de lapines.  ( crédit photo : Archives Nationales d’Australie. 1938)

Si vous êtes une collectivité gérant  une école privée faisant partie d’un  groupement affilié à Totalgaz, vous paierez  moins de 1000 € la tonne en Novembre 2013 en brûlant 5 tonnes par an. Mais si vous êtes une Maison Familiale et Rurale, établissement privé d’enseignement agricole en alternance non affilié à un groupement, vous  paierez  ces mêmes 5 tonnes 1700 € HT  chez  le même fournisseur  (exemples tirés de cas réels qui m’ont été soumis).

Vous ne comprenez rien à cette logique des prix ? C’est pas grave, il n’y a aucune logique. C’est juste une escroquerie caractérisée  portant sur un bien vital.

On notera quand même  que comparé à la situation des prix sur le marché allemand, l’anomalie française concerne les prix accordés aux particuliers et non ceux accordés aux agriculteurs (les agriculteurs allemands, quand à eux  utilisent principalement le fuel et très peu le propane). Ce qui signifie ceci :  prétendre que les consommateurs français  subventionnent indirectement  les prix  bas  consentis aux agriculteurs  est inexact.  La vérité est plutôt que les consommateurs français sont les vaches à lait  qui permettent aux propaniers d’engranger des super-profits, tandis que le  propane agricole est maintenu,  en dépit de l’absence de concurrence, à un  niveau de prix  qu’on peut  raisonnablement qualifier de « concurrentiel ».  Les néo-ruraux  et les PME  non affiliées à des groupements  sont donc  ceux qui pâtissent le plus  de l’absence de concurrence sur le propane en France.  

De tels écarts de prix pour des quantités commandées similaires n’ont strictement aucun sens. Les propaniers font pression sur ceux de leurs clients qui obtiennent les meilleurs tarifs afin que ces derniers  gardent le silence :   l’information sur le « vrai prix » du propane vaut de l’or.  Car  la conception du capitalisme selon les  propaniers est celle  d’un monde où le client doit être gardé dans l’ignorance de la vérité :  on n’exploite jamais mieux ses partenaires clients ou fournisseurs, au nom de la sacro-sainte liberté d’entreprendre, que lorsque ceux-ci   ignorent la réalité de  vos pratiques.  Le  capitaliste, qui est un état d’esprit avant d’être une classe sociale (comme la noblesse fut jadis une « couleur de sang »  avant d’être une classe sociale),  représente  cette  catégorie particulière  d’hommes et de femmes  qui considèrent  ne jamais devoir  la vérité à personne :  la  recherche ou la  détention du plus grand  patrimoine  leur donne  le droit de se taire et celui de mentir. Droit de mentir aux autres  et  de se mentir à soi-même.  Notez que ce jugement, aussi péremptoire soit-il,  n’a rien de définitif : il est donné à tout le monde la possibilité de percevoir  l’étendue  et  les raisons de notre aliénation à notre modèle économique. Un modèle qui s’accommode beaucoup trop bien  des situations acquises,   pour ne pas engendrer d’immenses inégalités.   L’essentiel, du point de vue des dominants  est que la prise de conscience des dominés se fasse le plus tardivement possible dans la vie des individus. Quoi de plus inoffensif en effet,  qu’un ex-salarié  qui s’aperçoit  sur le tard  le mal qu’il a pu faire   du temps où il travaillait à l’asservissement du genre humain pour le compte d’une multinationale crapuleuse  ? ( On trouve sur Internet quelques  touchantes repentances ) ? Que la vieillesse ne soit  pas toujours un  naufrage  et puisse participer de la régénérescence de  notre citoyenneté  devrait être  une bonne nouvelle en soi. Le problème est qu’on  a rarement vu  les retraités  monter en  haut des  barricades.

L’organisation méthodique et délibérée de la non-concurrence et de la non-transparence est la source des  iniquités   dénoncées  sur ce site.  Ces iniquités valent aux plus faibles et aux moins instruits  de payer leur propane beaucoup  plus cher que les autres  : lorsque le consommateur lambda n’a aucun moyen de connaitre  le prix « normal » du propane,   lorsque  les méthodes de tarification et les remises  bidons sont faites pour lui faire oublier qu’on vend un déchet de raffinage au prix de l’or,  l’injustice peut régner  en maître. Bien sûr,  il s’agit là  d’injustices  mineures au regard de tant d’autres…. Mais qui dira l’importance relative du chauffage domestique  dans la somme de nos petits  bonheurs quotidiens ?  Il  est bon de rappeler de temps à autre qu’il  n’y a pas d’autres sources à la violence   que dans les injustices innombrables auxquelles nous consentons chaque jour. A l’inverse, chaque fois que nous prenons la parole  pour dénoncer ces  injustices,  il se pourrait fort bien  que  nous réalisions  pleinement notre condition d’être  humain. Car nous avons tous en nous, à des degrés divers,  les qualités d’un Nelson Mandela !  La démocratie , pour rester vivante,  doit faire apparaître  dans un processus sans fin tout un monde de « héros ordinaires » : telle était le pari du  grand philosophe américain John Dewey.  La question posée par des films comme Matrix est de savoir si John  Dewey est ou non  en passe de  perdre  son pari : sommes nous encore capables de reconnaître le mal et ses agents  à travers les  nouvelles formes  de cette  tyrannie économique ? Si nous ne sommes  plus capables de les reconnaître comme tels, ou si nous nous taisons par  lâcheté, le résultat est toujours  le même : la  tyrannie avance chaque jour pas à pas.  Il est temps d’ouvrir  les yeux sur la formidable et indécente misère morale d’un système  économique qu’on nomme  capitalisme, et dont les multinationales  du gaz ne  sont qu’une caricature grimaçante et particulièrement insupportable.

bareme pro primagaz

Bon, c’est (presque) tout pour cette année.   Pour le moment, vous avez fini de me supporter  ! Il est temps de passer à table et d’aller faire la fête. Je me demande par quoi je vais  commencer…..

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