Association Défense des Consommateurs de Propane

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Ecarts de prix ahurissants sur le gaz en citerne : l’autre scandale qui justifie la colère des gilets jaunes

« Les imbéciles ne prêtent attention qu’à ce qui leur fait peur » Georges Bernanos

 » Le point commun entre les grands médias  et l’Etat, et à vrai dire,  la raison de leur entente cordiale, c’est qu’ils s’autorisent mutuellement à pratiquer  la dissonance cognitive. Ce qui leur permet le même jour de déplorer le danger  du réchauffement climatique et de se féliciter de la vente d’un millier d’Airbus. Cette sorte d’écologie schizophrénique  produit un effet dévastateur sur le comportement des consommateurs, en leur interdisant de prendre aujourd’hui les décisions qui s’imposeront demain avec d’autant plus de brutalité  »  ( Denis P.   Journal d’un transfugé )

 

Il faut que la révolte gronde  pour que la télévision française cesse d’être le pensum qu’elle est devenue, et nous invite à poser un regard neuf sur le prétendu désintérêt  de nos compatriotes pour la chose politique. A vrai dire , il aura fallu la révolte des gilets jaunes pour me rendre la fierté d’être français (*). Si vous avez raté les différentes émissions qui leur ont été consacrées,  et notamment celle où Xavier Mathieu, ex leader CGT de Continental devenu comédien et acteur de cinéma, se paye la tête de Ruth Elkrief et de Stanislas Guérini, en dénonçant leur « mépris de classe »,  je vous invite à  les regarder sur Internet dans leur version longue et intégrale. Si seulement  on  pouvait donner à chaque  ouvrier la possibilité, ou  la chance  de devenir acteur de sa propre vie,  mon camarade de promotion Geoffroy Roux de Bézieux, patron du MEDEF – et avec lui l’ensemble du patronat français ripoliné aux accents du nouveau monde – aurait un peu plus de mal à trouver le sommeil, le soir venu.  Et ce ne serait que justice : il faudra bien un jour que l’insomnie change de camp.

N’est-ce pas pour éviter que le peuple sorte de sa torpeur et ne soit contaminé à force d’écouter la colère des frondeurs, n’est-ce pas pour empêcher que les télévisions ne laissent  les « factieux » pointer du doigt l’autisme d’une bourgeoisie et d’un gouvernement aux abois, qu’il est désormais urgent que le gouvernement Philippe enclenche la marche arrière,  après avoir allègrement piétiné les droits des salariés ?  Pour le moment le gouvernement n’a pas encore reculé sur la TICPE du propane. Mais attendons de voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines. La démission probable du gouvernement Philippe va mettre un point final à la baraka de Macron. Il n’est pas exclu que la TICPE du propane se retrouve imputée prochainement sur les profits faramineux  des 4 firmes multinationales qui assurent 99 % de la distribution du gaz en citerne en France. Cela éviterait de laisser ces firmes répercuter  l’intégralité de ladite taxe sur le dos des populations rurales suffisamment ponctionnées par ailleurs.

J’ai ouï dire par la bande que certains professionnels du GPL se seraient d’ailleurs émus récemment  du montant de la TICPE désormais imposée aux consommateurs de gaz en citerne.  Trop gentil  ! Merci de penser à nous !  Ces âmes sensibles tenteraient  d’amadouer les pieds nickelés qui nous gouvernent,  afin de ramener cette taxe à des niveaux plus raisonnables.  Il faut dire qu’avec la perspective de payer  le propane 330 € de plus (HORS TVA) d’ici 5 ans, le gouvernement n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, ni même avec le dos de la louche.  Le seul niveau raisonnable pour une soi-disant taxe carbone, lorsque le fournisseur  peut allègrement, et sans craindre la concurrence,  multiplier par un facteur 3, 4 ou 5 son prix d’achat au moment de la revente, c’est ZERO taxe pour le consommateur : au fournisseur  de se débrouiller pour absorber le poids de la taxe dans sa marge brute.

Pendant ce temps,  le cours du propane sur le marché ARA a atteint son plus bas niveau depuis deux ans à 415 dollars la tonne. Enième retournement du prix du baril de Brent.  La baisse importante des exportations iraniennes de GPL  depuis le mois de  novembre, imputable aux récentes sanctions américaines, n’a pas modifié les fondamentaux du marché. Pour la troisième année consécutive le prix du propane a varié de manière contracyclique,  augmentant d’avril à octobre, avant d’effacer en quelques semaines d’un début d’hiver particulièrement doux,  les hausses progressives de ces deux dernières années.

Cette baisse du cours du propane ne s’est pas encore répercutée, loin s’en faut, sur les prix du propane à la consommation.  Inutile de revenir sur  les méthodes utilisés par les  gaziers et pétroliers pour profiter des périodes de baisse des cours. La moyenne des prix de vente du propane aux consommateurs,  relevés par les services du ministricule De Rugy ( fort justement rhabillé pour l’hiver par le susnommé Xavier Mathieu),  n’a jamais été aussi élevée depuis 2015. A la décharge des grands propaniers, les propaniers les mieux à même de répercuter rapidement  la baisse des coûts d’approvisionnement sur leurs prix de vente sont les petits propaniers indépendants : leurs contrats d’approvisionnement, s’ils en ont,  sont de courte durée.  D’autres, comme Gaz Liberté, se contentent d’acheter  au mois le mois sur le marché spot, assumant  le risque de se retrouver à sec en cas de difficultés d’approvisionnement dans les raffineries.

Ainsi un propanier qui achète  20 tonnes de vrac à 370 Euros la tonne (soit 415 $) plus coût du  transport depuis Anvers,  revend aujourd’hui ce même propane en moyenne 4 fois plus cher à une clientèle de consommateurs français totalement captifs. Aucune taxe ne vient gréver cette marge brute, contrairement aux carburants.  Ces prix de vente moyens cachent en réalité des écarts de prix et des injustices proprement scandaleuses. Injustices qui vont aller en s’empirant avec la mise en place de la nouvelle TICPE sur le propane  décidée par Macron sans vision d’ensemble du problème du prix du propane vrac en  France. Voyons les choses en détail.

Je limiterai mon propos au seul marché du  chauffage des bâtiments privés ou professionnels au gaz de citerne, lequel recouvre le petit et moyen vrac ( soit 1 tonne à 10 tonnes par an et par bâtiment ) :  l’échelle de prix constatée pour le propane à usage de chauffage de bâtiments (tous secteurs d’activité confondus) s’étend, à ma connaissance, de 630 € HTT à 2300 € HTT.  A ce stade on ne peut plus parler  d’une « échelle de prix »  mais d’un « escalier vers l’enfer ».

Au plus près des  portes de l’Enfer, on trouve  des dizaines de milliers de consommateurs ayant signé un contrat depuis plus de 10 ans et qui ne se sont jamais donnés la peine d’étudier l’opportunité de changer de  fournisseur. Cette catégorie est peuplée de personnes âgées, de laissés pour compte, de veuves, de consommateurs qui n’ont jamais été détrompés dans leur croyance que le gaz propane est régulé au même titre que le gaz de ville, de naïfs, et de gestionnaires peu regardants de leurs dépenses quotidiennes.  La plupart des consommateurs disposant d’un contrat d’approvisionnement plus récent se situent dans une fourchette de 1400-1800 € HTT.

A l’autre extrémité de l’échelle  (630 € à 750 € HTT)  on trouve une majorité  d’aviculteurs chauffant des entrepôts à volaille, des éleveurs de tous poils (cuniculteurs) et de toutes plumes (ostrichiculteurs) regroupés au sein des FDSEA, des établissements d’enseignement privés,  des établissements hôteliers  et même des propriétaires de gîtes qui connaissent les bonnes adresses.

La tranche au dessus (750 € à  900 €) regroupe essentiellement le logement social (offices privés ou publics de HLM)  pour ceux du moins qui n’ont pas encore été dégoûtés du gaz en citerne par les méthodes commerciales des propaniers. C’est  un cran au dessus, dans la tranche 950 -1100 € qu’on trouve les contrats signés avec les particuliers lorsqu’ils se décident à changer de propanier, tandis que la tranche immédiatement au dessus ( 1100-1200 €) est réservée au renouvellement des contrats avec ces mêmes particuliers pour autant qu’ils soient propriétaires de leur logement. S’ils n’en sont que locataires, le renouvellement du contrat se monnaiera avec la mafia du gaz dans les 1500-1600 €/tonne.

Il importe de comprendre que ces tranches de prix ne correspondent à aucun « prix de marché ». Elles sont purement et totalement arbitraires : personne ne sait du reste comment on en est arrivé un jour  à une telle stratification des prix. Ainsi, à condition de connaître les bonnes adresses, tel propriétaire d’hôtel  fortuné,  dont l’unique 4 étoiles  logé dans un château Renaissance aux plafonds accrochés  à 3 mètres de hauteur,  consomme « seulement » 4 tonnes de propane à l’année, paiera son propane 25 % moins cher que tel office HLM d’un département rural qui gère 800 citernes de gaz pour le compte de populations déshéritées,  et achète un millier de tonnes de propane à l’année à deux ou trois propaniers !  Bien entendu nous devons ce résultat stupéfiant  à l’absence totale de transparence des prix sur le marché du propane vrac, absence imputable aussi bien aux pratiques commerciales délétères du cartel du gaz en citerne, qu’à l’inefficacité « durable » de nos autorités de la concurrence, lesquelles ne sauraient prétendre ignorer le problème.

Pour revenir aux aviculteurs, profession  chouchoutée par les propaniers,   il n’existe pas de stricte corrélation entre le prix d’achat du propane et la surface des bâtiments exploités (et encore moins avec la qualité de leur isolation). Seuls entre en ligne de compte l’appartenance  syndicale ou sociale de l’agriculteur (son adhésion à un syndicat professionnel ou à un groupement d’achat) et sa capacité de négociation personnelle.  Encore faut-il préciser que l’écart de prix du gaz en citerne entre éleveurs de volaille ne dépasse guère, à ma connaissance,  100 € par tonne à travers l’hexagone. Tout se passe donc comme s’il existait un prix plancher et un prix plafond pour toute personne se réclamant de la profession avicole. Rien à voir avec des écarts  constatés de 1500 € par tonne entre les consommateurs les mieux traités  et les consommateurs les plus abusés  par le cartel.

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Evolution du prix moyen du propane payé par les aviculteurs français ( Source : Paysan Breton )

Pour des raisons historiques et de commodité d’usage, le propane est l’énergie de chauffage qui dispose d’un quasi-monopole pour le chauffage des fermes avicoles.  Un hangar à volaille mal isolé va consommer en moyenne 8 kg de propane par m2 chauffé et par an. Ce chiffre peut descendre à 4,5 kg de propane par m2 en cas d’isolation et d’étanchéité performante des 3 parois sol, murs, plafond. La taille moyenne d’un bâtiment d’élevage est de 1200 m2.  Que le bâtiment d’élevage soit une passoire thermique ( seuls 1/3 des élevages ont été remis aux normes d’isolation)  ou qu’il soit parfaitement isolé, n’a pas d’incidence sur le prix du propane acheté.

En raisonnant  hors taxes,  et au vu de la différence tarifaire entre aviculteurs et consommateurs, il en coûtera donc à peu près le même prix de chauffer confortablement un grand pavillon moyennement isolé de 350 m2 (consommation estimée 2,5 tonnes par an ) et un bâtiment avicole de 1000 m2 mal isolé (consommation estimée à 8 tonnes par an). On comprend dans ces conditions, que ne pas vouloir  toucher aux marges somptuaires des propaniers équivaut à faire subventionner par les SEULS foyers ruraux chauffés au propane,  les factures de propane des élevages avicoles afin de permettre à ces derniers de bénéficier de tarifs  moins onéreux.  

Puisque nos gouvernements refusent d’exiger de la part des distributeurs une transparence  des prix sur les différents segments de marché du propane vrac, et qu’ils refusent dans le même temps d’obérer la marge des propaniers, force est de constater qu’ils estiment donc  normal que  500 000 foyers français  subventionnent le  propane alloué à la  production de centaines de  millions d’œufs et de poulets consommés chaque année par 60 millions de français (plus ceux consommés par les millions d’étrangers qui achètent  nos poulets et nos poussins d’exportation).  C’est un élément d’explication sérieux de l’écart de prix faramineux constaté en France entre propane agricole et non agricole.

A l’inverse si le gouvernement acceptait de  ne plus fermer  les yeux sur la différence de niveau de prix entre propane agricole / avicole et propane résidentiel,  les crânes d’œufs qui nous dirigent s’éveilleraient probablement  à l’idée que  faire supporter les bas prix du propane agricole  non pas aux seuls familles et entrepreneurs ruraux,  mais à l’ensemble des consommateurs de volaille de France et de Navarre  citadins y compris, constituerait un premier pas vers le rétablissement de la justesse des prix sur le marché résidentiel du gaz en citerne. 

Je vous vois venir. Vous allez me dire qu’il n’y a pas tant d’éleveurs de volailles que cela en France et que l’impact de ce transfert indirect en faveur des aviculteurs  au détriment des ruraux non agricoles,  doit être relativement minime.

A cela je répondrai deux choses : d’une part je n’ai pris que l’exemple de l’aviculture pour limiter mon propos au seul  chauffage des bâtiments.  Les céréaliers consomment globalement des quantités de propane  bien plus importante que les aviculteurs pour le séchage des céréales,  et ils payent ce propane à des tarifs notablement inférieurs à ceux payés par les éleveurs de volaille. Segundo,  la différence entre les niveaux de prix du propane agricole et non agricole en France est tellement gigantesque, tellement artificielle ( pour des consommations de niveau comparable dans le cas des aviculteurs )  qu’elle doit nécessairement reposer sur une péréquation tarifaire favorisant  le monde agricole aux dépens des populations non agricoles.

Argumentation.

Vous ignorez très certainement combien la France dispose de mètres carrés de bâtiments d’élevage de volaille, toutes espèces de volatiles confondues (poule, canards, oies,  lapins volants….). Vous ne devinerez jamais.  26 000 000 de m2. J’ai trouvé ce chiffre sur un site de la profession. Il ne s’agit pas d’une estimation car la profession connaît  le détail de ce chiffre par département et même par canton. Vous avez donc bien lu :  26 millions de mètres carrés. Vous imaginez la quantité d’oeufs,  de poussins et de poulets qui s’ébattent joyeusement à l’échelle de la France !

Puisque selon l’INSEE une maison rurale  a une superficie moyenne de 120 m2, ces 26 millions de m2  représentent une surface équivalente à  215 000 maisons rurales de taille moyenne  dont les 2/3 sont de véritables passoires thermiques puisqu’elles n’ont fait l’objet d’aucune rénovation depuis leur construction ( l’âge d’or de la construction des volaillers industriels date des années 80). A raison de 2,25 personnes par ménage (moyenne de la province, chiffres Insee 2012), l’aviculture française nécessiterait  en permanence les même besoins de chauffage qu’une ville de 500 000 habitants, soit la taille de la ville de Lyon ( à supposer que la température ne soit pas plus élevée dans les volaillers que dans les habitations). 

Reprenons donc : dès lors que  le gouvernement ne touche pas à  la profitabilité globale des propaniers,   les 500 000 foyers français qui payent le propane à prix d’or subventionnent en réalité le chauffage de 215 000 habitations destinés à engraisser les   poulets  dont les 2/3 sont de véritables  passoires thermiques : sol en terre nue, murs en carton pâte, structure métallique à pont thermique garanti, toitures en amiante-ciment. Ce qui représente  une demi-maison en plus à chauffer pour chaque foyer rural chauffé au propane.

 

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Les communes rurales rechignent à payer le désamiantage de milliers de bâtiments avicoles abandonnés construits du temps de l’âge d’or de l’amiante. Le Morbihan est un des départements les plus touchés par cette catastrophe agricole largement passée sous silence

Par quel miracle  les professionnels de la volaille  parviennent t’ils à obtenir en permanence des niveaux de prix HORS TOUTES TAXES inférieurs de  moitié au prix payé par les consommateurs,  dans un système qui maintient la plus parfaite opacité sur ces prix ? Un tel écart ne peut s’expliquer par les volumes de consommation. Mon hypothèse est que les pouvoirs publics incitent les propaniers à maintenir le gaz à bas prix au bénéfice des seuls agriculteurs  tout en autorisant librement  les propaniers à se refaire une marge sur le dos des ruraux n’exerçant pas de profession agricole.

Ce n’est qu’une hypothèse,  mais elle a l’avantage de rendre compte du fait que les gouvernements successifs n’ont jamais daigné améliorer véritablement  la concurrence et la transparence des prix dans le propane vrac, malgré de timides efforts accomplis ces dernières années en direction du marché résidentiel. Cette hypothèse expliquerait aussi pourquoi ces mêmes autorités n’ont  jamais questionné  l’écart de prix proprement ahurissant entre  propane domestique et  propane à usage agricole.

Rétablir une transparence des prix impliquerait (entre autres choses) de remettre en cause l’iniquité des écarts  tarifaires sur le marché du propane vrac. Il ne s’agit pas de discuter de la nécessité de garantir aux agriculteurs un prix suffisamment bas pour  favoriser la compétitivité de notre agriculture. Il s’agit juste de prendre acte du fait  que les ruraux chauffés au propane ne sont pas assez nombreux pour pouvoir, à eux seuls, supporter le coût de cette compétitivité. Il est à craindre, malheureusement,  que cette ponction sur le budget des familles rurales  continuera aussi longtemps que nos gouvernements refuseront de toucher aux marges mirifiques des propaniers.

Et s’il n’y avait que cela à redire…..

Au lieu de profiter de l’imposition du propane à la TICPE,  dont le principe n’est pas contestable,  pour tenter d’atténuer les écarts de prix gigantesques et mettre fin aux abus de prix sur le propane résidentiel, Macron a réussi le tour de force consistant à  accentuer  les inégalités de prix grâce à cette taxe carbone. Bref il a fait exactement  l’inverse de ce qu’une analyse objective des faits aurait dû le conduire à décider. Mais nous parlerons de cette nouvelle affaire dans un  prochain article sur le scandale de la TICPE du propane.

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Mise à jour du 10/12/2018 : Les moments de grâce se multiplient en ce moment à la télévision : voyez cette vidéo où un journaliste aux ordres accuse un manifestant d’être un faux gilet jaune traduisant la crispation de la caste des nantis qui n’imagine toujours pas  perdre demain  le bénéfice de la liquidation du patrimoine français promise par Macron et sa bande.

( *) Après avoir écrit ces lignes, je découvre que ces mêmes mots ont été employés par Emmanuel Todd, lui-même repris par Etienne Chouard.

PS 1 : je n’utilise ni Tweeter ni Facedebouc mais si vous voyez un intérêt à faire circuler cet article sur les réseaux sociaux, ne vous gênez surtout pas.

PS 2 : Depuis l’écriture de cet article, j’ai pris le temps de rattraper mon retard.  Ce qui me bluffe le plus dans le mouvement des gilets jaunes, c’est l’apparition d’un OVNI politique DEJA CONSTITUE dans le ciel de France, OVNI ayant jusqu’à présent échappé à la vigilance des radars de la caste et opérant  dans le maquis des réseaux sociaux.

Prix du propane au plus haut, cours du propane au plus bas : les propaniers trinquent et nous on déguste !   

 

Interview sur France Info le 15 novembre 2018. France Info, la radio dont la mission est de vous faire aimer Macron et ses sponsors….

Question : Soutenez-vous la mobilisation des « gilets jaunes » ?

Réponse d’Alain Bazot (président de la plus grande association de consommateurs). Non, on ne soutient pas parce dans ceux qui se mobilisent il y a ceux qui disent il faut arrêter les taxes, il ne faut pas de taxes. Ce n’est pas ce qu’on dit. On dit qu’il faut des mesures de compensation efficaces pour ceux qui sont dans la captivité sinon on est dans la taxation punitive.

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Le patron de l’UFC ne soutient pas les gilets jaunes ! Il m’arrive le plus souvent de partager l’avis d’Alain Bazot,  mais pas cette fois-ci. Visiblement sommé par France Info de sortir de son silence pour venir à l’aide du gouvernement, le grand manitou des consomm-acteurs de France  explique qu’il ne peut pas appeler à manifester demain  avec ceux qui réclament moins de taxes sur les produits pétroliers et entendent  paralyser le pays pour mieux se faire entendre du gouvernement.  S’il  s’agissait uniquement  de demander la  suppression de la taxe carbone, je pourrais être d’accord avec  Bazot : seuls les libéraux les plus dangereusement endoctrinés peuvent encore s’indigner du verdissement de la fiscalité, quand on connait  l’efficacité des mesures  fiscales pour « orienter »  le comportement des consommateurs.

Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit,  dans le cas particulier du propane,  de savoir si l’Etat macronien se donne aujourd’hui TOUS  les  moyens, en échange d’une fiscalité alourdie, de redonner des couleurs à la concurrence afin d’éviter les  rentes de situation qui contribuent à comprimer toujours plus le pouvoir d’achat des ruraux. Et il s’agit en même temps de savoir si la nouvelle TICPE sur le propane va réellement servir à aider les consommateurs à sortir des énergies carbone. Sur l’électricité ou le gaz naturel la concurrence existe; sur le fuel et le bois de chauffage,  la concurrence est vive. Sur le propane, la concurrence n’existe que dans l’imagination des fonctionnaires de Bercy. Si l’on fait le bilan de l’évolution de la concurrence sur le marché du propane vrac ces dix dernières années en France, la situation n’a réellement évolué dans un sens favorable aux consommateurs que dans la seule zone où le Groupement Propane Libre est présent et solidement installé.

Pourquoi ? Parce que les gouvernements qui se suivent et se ressemblent n’ont jamais voulu imposer aux propaniers les conditions d’une véritable concurrence, en mettant fin aux simagrées des propaniers sur les citernes.  Le résultat est que nous avons le prix du gaz en citerne le plus élevé d’Europe auquel se rajoute à présent la fameuse taxe carbone.  Aucune des évolutions imposées par la loi Hamon depuis 2014 ( contrat de 5 ans et possibilité de résiliation en cas de hausse tarifaire) n’ont hélas contribué à ramener le propane à un prix décent. La concurrence reste annihilée, entre autres raisons, par l’obligation faite au consommateur de s’acquitter de frais de retrait de citerne exorbitants  en cas de changement de fournisseur. Des frais  tellement élevés qu’il faut être aussi aveugle qu’un inspecteur de la DGCCRF coincé dans une citerne de gaz, pour refuser de sanctionner ces pratiques comme autant d’entraves délibérées à la libre concurrence. Dans ces conditions,  taxer le propane à la TICPE à hauteur de 330 € par tonne à l’horizon 2022,  comme vient de le décider  le gouvernement,   équivaut à un coup de poignard supplémentaire dans le dos des familles rurales.

A  propos de « familles rurales », on a guère entendu dans les médias dernièrement  l’association de consommateurs éponyme. La Fédération des Familles Rurales reste aux abonnés absents tant sur la question de la nouvelle TICPE du propane, que sur la question du prix des carburants. Aucune mention non plus de la manifestation du 17 novembre sur la page « Actualités » de la Fédération Nationale, laquelle  revendique pourtant 180 000 familles en France, soit mille fois plus que l’ADECOPRO.  Seule la Fédération de Corrèze des Familles Rurales sonne le tocsin en  lançant sa propre pétition sur Change.org.  Faut-il y voir la manifestation de ce que ce département compte le plus grand nombre de familles portant le patronyme « Peyrat » en France ?

 

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Les nouveaux  gilets jaunes de l’ADECOPRO

Quant  au Parti Socialiste,  il a perçu  dans cette affaire de gilets jaune un moyen de se redonner des couleurs. Alors que le gouvernement met en ligne un simulateur de GAIN  de pouvoir d’achat  pour tenir compte  de la baisse annoncée de la taxe d’habitation pour les foyers les plus modestes, le PS  contre attaque avec un simulateur de BAISSE du pouvoir d’achat imputable aux hausses successives des taxes sur les  carburants et les combustibles,  oubliant au passage de prendre en compte la problématique du propane :  l’option  « chauffage au gaz » apparaît dans le simulateur  comme s’il n’existait qu’un seul type de  gaz pour se chauffer  !  Ce n’est pas en traitant de manière aussi désinvolte les consommateurs de propane durement frappés par les nouvelles taxes,  que la palanquée de bourgeois qui préside aux destinées du PS depuis des lustres  ( bourgeois signifiant littéralement « habitants des bourgs »  pour qui le  « gaz » ne saurait exister, donc, que sous la forme de « gaz de ville ») va parvenir à reconquérir les campagnes. Mais, bon, à l’inverse, me direz vous : qui se soucie encore du PS dans nos campagnes ?

La question de la mobilité dans les territoires ruraux semble traitée par les gouvernements successifs avec la même absence de vision ou de réflexion que la question du gaz en citerne. On continue de construire des rond-points et des chicanes un peu partout à des prix exorbitants, comme si le seul objectif des politiques publiques  de déplacements devait être de fluidifier le trafic automobile. Pendant ce temps,   je n’ai jamais vu pousser la moindre aire de co-voiturage dans le sud des Yvelines.  Pas plus que je n’ai vu  la moindre campagne d’information pour inciter ceux qui veulent se passer de la voiture,  à se regrouper à hauteur des arrêts de bus pour faire de l’auto-stop. Et serait-ce trop compliqué de disposer d’enseignes lumineuses  au niveau de ces arrêts de bus  afin de signaler aux automobilistes de passage  que la personne qui attend à l’arrêt est preneuse  d’une voiture qui voudrait bien l’amener dans le village dont le nom serait affiché sur le panneau ? Quand on pense à tous les panneaux publicitaires qui saccagent les paysages à l’entrée des villes, disposer d’informations aidant les ruraux  à se déplacer à moindre frais ne devrait pas être trop compliqué. Pour multiplier les « arrêts mobilité »  en bordure des départementales, au niveau des villages, hameaux  et carrefours, et y installer une signalétique décente visible par les automobilistes de jour comme de nuit, je propose d’instaurer un impôt nouveau  sur tout affichage commercial dont les dimensions seraient supérieures  à la taille d’un radar routier,  ou d’un panneau de limitation de vitesse. On ne pourra pas entreprendre de choses intelligentes sans taxer demain ceux qui nous entendent nous maintenir dans leur médiocrité intellectuelle, que dis-je leur bassesse.

Vous voulez une autre idée pour décarboner l’atmosphère ? Adaptez  le prix des cartes grises et le tarif du malus écologique en proportion inverse du nombre de places dont dispose le véhicule à moteur.   Vous avez une moto ou une Ferrari qui ne peut emmener qu’un seul auto-stoppeur en plus du chauffeur ? Carte grise à 5 000 €  ou 10 000 € . Vous pouvez emmener 8 auto-stoppeurs dans votre van ?  Pas de malus et carte grise remboursée intégralement,  à condition que vous acceptiez de coller un grand autocollant en haut de votre pare-brise pour signaler aux piétons (et à ceux qui attendent le bus)   que vous êtes disposé à faire profiter la cantonade des  sièges vacants dans votre véhicule. Les idées sont légion. Il faut juste engager les gens à réfléchir différemment.  Un changement de mentalité qui sera sans nul doute extrêmement profitable pour recréer du lien social dans les campagnes.

Plus on aménagera les bas-côtés des routes pour que les voitures puissent s’arrêter en toute sécurité le temps de charger un piéton ou même un vélo, plus on adaptera le format des voitures au transport collectif,  moins les gens se sentiront obligés de prendre leur voiture.  Il est temps que les industriels et les élus envisagent la mobilité du quotidien sous l’angle du partage :  la possession d’une voiture ne doit plus constituer la norme indépassable de la mobilité.  Le travail des élus notamment, doit consister à mettre en place les équipements et les aménagements favorisant le partage systématique des capacités de transport. Le pétrole bon marché nous a rendu très bête. Il est plus que temps de redevenir intelligent.

Pour finir imposons  le kérosène des avions à la taxe carbone pour restreindre l’usage intempestif de ce dernier. La France ne peut prendre cette décision seule sur les vols internationaux du fait des conventions internationales, mais elle peut  montrer l’exemple en taxant le kérosène sur les vols intérieurs. Une décision à laquelle la girouette De Rugy était favorable quand il paradait jadis chez les Verts, mais qu’il trouve désormais inappropriée. Il n’y a pas que le pétrole bon marché qui rend con. La fréquentation des lobbies au quotidien aussi.

Au final , la politique de gribouille du gouvernement actuel  et son indifférence aux réformes susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat des populations rurales se traduit très logiquement dans le cas du propane par les deux aberrations de prix suivantes :

  • Alors que le propane vrac de chauffage est vendu en moyenne (novembre 2018)  sur le marché allemand à 45 centimes d’Euro le litre ( sur le marché libre des acheteurs   propriétaires de leur citerne) soit un peu moins de  900 € la tonne hors taxe, le prix moyen hors taxe en France tourne autour de 1515 €/t (source : base Pégase pour septembre 2018 ) soit plus de 50 % de différence en traversant le Rhin. Et on peut trouver beaucoup plus cher en France, notamment parmi les personnes âgées dont les retraites s’étiolent au fil des ans. Notez bien que cet écart de prix hors TVA est appelé à doubler dans les années à venir du fait de l’augmentation de la TICPE de ce côté-ci du Rhin.
  • Alors que le cours du propane sur le marché de gros d’Anvers (Belgique) s’est littéralement écroulé depuis le  début du mois d’octobre dernier, perdant un tiers de sa valeur en 6 semaines, passant de 650 à 450 $/tonne,  le propane n’a jamais été vendu aussi cher en France depuis 3 ans. Le  graphique ci-dessous retrace l’évolution du cours du propane CIF ARA (Europe du Nord) sur les 24 derniers mois. La comparaison entre ces cours,  et les prix de vente  indiqués sur vos factures est à la mesure de l’arnaque française du gaz en citerne….

Propane CIF ARA 24 mois

Cherchez l’erreur: soit elle se cache sur ce graphique, soit elle se cache sur votre dernière facture de gaz !

Voilà pourquoi nous devons aller manifester demain au risque de polluer un peu plus l’air de nos villes et de nos campagnes : nos gouvernements doivent arrêter de nous faire prendre leurs vessies pour des lanternes et se mettre au travail pour implémenter de  VRAIES solutions. On reconnaîtra à coup sûr  ces VRAIES  solutions au  fait qu’elles feront  nécessairement grincer les dents les lobbies en tout genre,  quand ceux-ci n’ont de cesse de briser les ailes de l’imagination pour l’empêcher de prendre le pouvoir.

PS  Le taux de soutien aux gilets jaunes est de 85% chez les catégories populaires et 81% chez les habitants des communes rurales et petites agglomérations. Mr Alain Bazot habite probablement en ville…

PS 2 Une autre grande figure de la gauche intellectuelle qui ne soutient pas les gilets jaunes : Roger Martelli, historien du PCF. Le même qui déplorait dans une vidéo récente  que le PC était passé à côté de mai 68,   écrit pourtant  le 12 novembre dans sa revue « Regards »  ( dans un long article où il questionne la stratégie de la France Insoumise) :  « Ce n’est pas parce qu’un grand nombre de personnes de revenus modestes sont pénalisées par la hausse des prix du carburant qu’il faut manifester avec l’extrême droite et… créer les conditions d’une extension de l’usage des transports individuels ».  En voilà un qui a sacrément le sens de l’histoire ! Après avoir avoué s’être gouré en 68, il se goure à nouveau en 2018 !   Les œillères de Mr Martelli semblent partagées  par le journaliste Pierre Thiesset qui dans le journal La Décroissance ( Décembre 2018) ose se moquer des gilets jaunes  obligés de prendre la voiture pour aller travailler en écrivant. Selon lui   » C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché ». Comme si tous les utilisateurs de voiture avaient choisi d’en devenir dépendants !  

Et pendant que les gilets jaunes manifestent nuit et jour à la lueur des braseros, EELV ne trouve rien de mieux à dénoncer que les patinoires extérieures installées pour les fêtes, confirmant leur vision d’une nature confinée aux centre-villes.

Ayatollahs et autres pisse-froids de la vieille gauche du PCF et de la  nouvelle gauche écolo, bonjour !

 

 

Elle refuse le propanier imposé par son promoteur. Primagaz lui demande 2170 € de frais de reprise citerne et compteur

Permettez-moi une introduction inhabituellement longue. Il paraîtrait que notre nourriture serait jusqu’à cent fois plus pauvre sur le plan nutritionnel qu’il y a 50 ans. La faute à une agriculture intensive qui appauvrit les sols et les cultures. Comparés aux mêmes aliments poussant il y a un peu plus d’un demi-siècle, les produits issus des cultures conventionnelles seraient jusqu’à cent fois moins riches en nutriments !  Pour retrouver la quantité de vitamine C d’une pomme des années 1950 (environ 400 mg par fruit), il faudrait aujourd’hui manger une centaine de pommes  conventionnelles. C’est le site  Bastamag.net (*) qui rapportait l’information en 2010, sous le titre « Faudra t’il bientôt manger 50 fruits et légumes par jour ? » citant des travaux scientifiques exclusivement anglo-saxons. On ne s’étonnera pas de découvrir dans le même article que les chercheurs de notre INRA national, supposés s’intéresser de près à la question,  n’en ont visiblement rien à cirer. Il est vrai que l’INRA n’a jamais eu d’autre mission que de vanter en toutes circonstances  la super-qualité de la production agricole française et de ses ersatz agro-industriels. Même à hauteur de 5 fruits et légumes par jour (la nouvelle norme issue des dernières cogitations de la diététique officielle), les  pseudo-aliments qu’on nous propose se révèlent  finalement incapables de satisfaire les besoins vitaux de notre organisme. Nous ne trouvons plus dans notre assiette que des calories « vides », qui plus est, empoisonnées par l’agrochimie.

Bon. Ca vous étonne que ce qu’il est convenu d’appeler encore une «pomme»  n’ait  plus rien à voir avec ce qu’on désignait  autrefois du même vocable ? Abuser des mots pour mieux  abuser les consommateurs.  Qui continue de nos jours, d’appeler « pomme » ce qui n’est plus qu’un amas de pulpe et d’hydrates de carbone recouvert d’une peau bien colorée, parfaitement  lisse, aux reflets chatoyants sous l’épaisse couche de traitements toxiques ?

Galvauder le sens.  Avilir la beauté. Embellir les ordures. Construire de riantes zones pavillonnaires sur d’anciennes déchetteries.  Le capitalisme n’est pas seulement un formidable accélérateur de développement économique, c’est aussi, du fait de notre paresse intellectuelle, de notre laisser-aller, de notre égoïsme, une lente et insidieuse entreprise de corruption.   « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » (Albert Einstein, The world as I see it). Corruption du vivant, du végétal, de l’animal. Corruption du sens de la vie. Quand il ne s’agit pas d’écraser les hommes et les femmes sous le poids des mensonges.

Mais jouer sur les mots pour abuser les esprits ne marche qu’un temps.  Il faut tôt ou tard changer de stratagème. La peur et l’intimidation prennent alors le relais des contorsions verbales.  Lorsque le système économique ne fait plus rêver les consommateurs, lorsque les esprits se mettent à penser en dehors des cadres imposés par les grands médias, lorsque les langues se délient pour réclamer justice, il n’y a plus que la peur et l’intimidation qui puissent ralentir la contagion des idées neuves.

Voyez l’histoire de ce pauvre lanceur d’alerte dans  l’affaire «Luxleaks». L’excellent reportage d’Elise Lucet  (seul le teaser de l’émission est encore visible ici) nous montre  une  présidente d’un Tribunal de Grande Instance en gorgone des temps modernes,  contrariée de devoir rendre des comptes a un journaliste  après avoir livré un de ses compatriotes (le lanceur d’alerte français)  en pâture à une multinationale anglaise spécialisée dans l’assistance à l’évasion fiscale.  On se prend à espérer que les juges de cet acabit sont ultra-minoritaires en France. Faute de quoi la république bananière  promise de longue date par les esprits chagrins ne serait  plus très loin. Et on applaudit des deux mains au scénario imaginé par les chefaillons de ladite multinationale pour intimider leur employé (et lanceur d’alerte)  en convoquant son épouse à un interrogatoire musclé  dans les locaux même de l’entreprise ! Du grand art ! L’ultra-capitalisme dans toute sa morgue impérissable.

Ah l’intimidation ! C’est fou comme certaines personnes peuvent devenir  intimidables quand elles se sentent à la merci d’un employeur ou d’un fournisseur ! Peur du chômage. Peur de passer l’hiver sans chauffage. Les commerciaux stipendiés par les propaniers en connaissent un rayon en matière d’intimidation. Il n’y a qu’à voir l’aplomb avec lequel  ils réclament des sommes astronomiques à leurs clients dans le seul but de les dissuader de changer de crèmerie.

C’est une banale tentative d’extorsion  comme il s’en passe chaque jour des milliers en France,  dont  MLB vient de faire les frais. MLB a acheté un pavillon clé en mains à Mimizan (40) auprès de  Garona Atlantique, un promoteur-lotisseur basé dans le sud-ouest. En signant son contrat de construction RT 2012, MLB a bien  remarqué  que le constructeur  promettait  de lui installer une citerne de gaz de marque Primagaz. C’était écrit dans son contrat «Installation d’une citerne Gaz Propane dans le jardin privatif et pose d’un compteur en limite du domaine public. Prestation réalisée par Primagaz »  Mais elle n’y prête pas plus attention que cela. Après tout, la citerne n’est qu’un accessoire du pavillon.

mimizan-lotissement

Le domaine de la Côte d’Argent a Mimizan. Combien  Primagaz a t’il versé a Garona pour en avoir l’exclusivité ? Et qui c’est qui va payer cette exclusivité pendant des années avec des tarifs du gaz sous haute pression  ?

Le temps passe et le pavillon est maintenant terminé dans le nouveau lotissement. MLB doit déménager dans 10 jours et les préparatifs vont bon train.  C’est ce moment que Primagaz choisit pour  installer sa citerne. La mise en terre se fait sans incident.   Dans la foulée,  Primagaz lui fait  livrer son premier plein : la citerne est neuve donc la citerne doit être remplie à ras bord,  conformément  à la procédure.  MLB est intriguée par une première livraison aussi rapide,  car elle n’a jamais signé de contrat d’approvisionnement avec qui que ce soit. Elle reçoit pourtant un bon de livraison   ainsi qu’un « compte rendu de première livraison». Surprise : aucun tarif ne figure dans ces documents. MLB vient de se faire livrer une tonne de gaz sans avoir signé le moindre contrat et en ignorant le prix du gaz !

MLB réclame alors un contrat auprès de Primagaz, histoire de savoir à quelle sauce elle va être mangée. La réponse de Primagaz lui arrive par courrier sous forme d’un contrat d’approvisionnement pré-rempli  selon la bonne vieille habitude des propaniers. Habitude en  parfaite infraction, soit dit en passant,  avec le Code de la consommation. Verdict : 0.1142 €TTC le Kwh. Le propane, dont les cours mondiaux sont totalement déprimés ( voir les derniers articles sur les cours du propane) lui reviendrait plus cher que le kwh d’électricité nucléaire ! Soit environ 1580 € la tonne TTC alors que les prix pour les nouveaux clients oscillent actuellement entre 1000 et 1200 € la tonne TTC. Plus 20 € par mois de frais d’abonnement plus 85 € d’ouverture de  compteur  plus la bagatelle de 945€ pour l’enlèvement de la citerne et 312 € de dépose du compteur.  N’en jetez plus !

Découvrant ces conditions plutôt salées (faut bien que Primagaz récupère une partie des  commissions versées à Garona….), MLB se  met en tête de trouver moins cher et s’en va sonner chez Sogasud, qui lui confirme pouvoir faire un prix plus intéressant tant sur le prix du gaz que sur le prix de l’abonnement.

MLB prévient alors immédiatement Primagaz par téléphone qu’elle ne souhaite plus traiter avec eux.  Elle souhaite  que Primagaz vienne chercher sa citerne. Les premières informations communiquées par Primagaz lui semblent inquiétantes. « Enlever la citerne  est possible » lui répond-on d’emblée « mais cela va vous coûter très cher » «  Très cher comment ? » « Nous ne pouvons pas vous le dire au téléphone.   Nous allons faire le décompte et nous reviendrons vers vous». Silence radio pendant quelques jours. Le 28 Septembre 2016, le  « responsable commercial des comptes clés Marché Habitat »  de Primagaz  (comprenez :  pas un commercial lambda, mais le  manitou qui gère la relation avec les promoteurs) téléphone à MLB pour lui faire connaitre l’addition. Il confirme ensuite par mail.  MLB comprend alors pourquoi Primagaz n’a pas pu  lui communiquer de suite l’addition par téléphone :

« Bonjour Madame,

Je reviens vers vous , comme convenu, afin de vous faire la liste exhaustive des frais qui vous seraient imputés dans le cas où vous décideriez de faire retirer la cuve.

  • Frais d’enlèvement et de reconditionnement du stockage = 945,48 €TTC
  • Frais d’enlèvement du compteur = 312,00 €TTC
  • Frais de reprise du gaz =420, 00 € TTC
  • Frais d’annulation du contrat =490,00€TTC
  • Frais d’ouverture et de fermeture de compteur =2*85€ TTC, mais je peux négocier leur annulation.

Cela fait un total de 2167,48€TTC en supprimant les frais d’ouverture/fermeture. A votre disposition pour échanger….. »

Record battu ! Avec ce devis ébouriffant,  Primagaz détient  désormais le record de France du prix d’enlèvement d’une  citerne  dans la catégorie «petit vrac». Vitogaz est  battu haut la main :  avec ses 1400 €  pour l’enlèvement de citerne enterrée ( soit environ 10 fois plus que le coût refacturé à Vitogaz  par son  prestataire)  Vitogaz peut désormais aller se rhabiller.  Le plus extraordinaire, ce sont les «frais d’annulation du contrat» de 490 € , alors qu’aucun contrat n’a jamais été signé entre Primagaz et MLB…

MLB  comprend alors qu’elle est en train de faire les frais d’une histoire pas claire entre le promoteur et Primagaz. Elle fait des recherches sur Internet et tombe sur le site de l’Association. Elle nous écrit désemparée. Elle ne sait pas comment s’y prendre pour se débarrasser de Primagaz sans avoir à régler cette somme astronomique.

Pour notre part, nous savons très bien quoi faire. Et il faut faire  vite car MLB emménage 48 heures plus tard. En moins de 24 heures, deux mails sont envoyés : le premier à Garona Atlantique, pour leur demander des explications (Garona ne prendra jamais la peine de nous répondre ) et le second a Primagaz pour leur demander de reconsidérer leur devis d’enlèvement. Voilà  le mail que nous envoyons le 29 Septembre au responsable commercial qui essayait d’extorquer  2167 € à nos vaillants retraités.

« Cher Monsieur N. B.

Madame MLB, cliente du promoteur GARONA,  m’a demandé de tirer au clair la somme astronomique que vous lui demandez pour le retrait de sa citerne Primagaz.

Je suis le président de l’Association de Défense des Consommateurs de Propane (ADECOPRO).  Je vous invite, si vous ne nous connaissez pas encore,  à parcourir notre site internet qui relate les nombreux abus des membres du cartel français du GPL.  Je suis sûr que vous trouverez une minute ou deux pour parcourir notre site entre deux tentatives d’extorsion de fonds ou d’abus de faiblesse.

Avant d’écrire  un article spécialement en votre honneur sur le site de  l’Association, j’aurais aimé vous interroger sur quelques points qui me posent problème dans votre dernier mail à MLB.

Voici donc mes questions :

1) Etant donné que MLB  prétend  ne jamais avoir signé de contrat avec Primagaz (ce que vous voudrez bien me confirmer), elle n’a jamais pu donner son accord sur un quelconque tarif du gaz, ni sur un tarif d’installation ou de retrait de citerne.  Par conséquent vous n’avez aucun  fondement juridique pour lui appliquer un tarif plutôt qu’un autre. Dans ces conditions, demander  des frais de retrait de citerne supérieurs au coût de revient  me paraîtrait abusif : pourquoi ne pas leur réclamer simplement le coût de revient d’un enlèvement de citerne par votre prestataire, soit environ 150 € ?

2) En ce qui concerne le compteur de gaz : en l’absence de contrat Primagaz et dans le silence du contrat avec Garona, MLB  est en droit de penser que ce compteur déporté, qu’elle n’a pas demandé et qui ne sert strictement à rien (puisqu’il y a déjà une jauge installée sur sa  citerne),  n’a été installé que par votre volonté et pour votre seul confort. Par conséquent elle n’a pas à en supporter les frais de retrait.

3) Frais de reprise du gaz : pouvez-vous me préciser quand et à quelle occasion MLB a commandé du gaz auprès de Primagaz ?  Je pensais qu’il était impossible de commander du gaz sans avoir signé au préalable un contrat d’approvisionnement. Donc si MLB n’a jamais commandé de gaz,  et que ce gaz lui a été livré sans son consentement, vous conviendrez qu’elle n’a pas à supporter les frais de reprise du gaz.

4) Frais d’annulation du contrat : sauf erreur de la part de MLB, il ne semble pas qu’elle ait signé un contrat  avec Primagaz. Donc je ne vois pas comment vous pouvez lui demander des frais d’annulation pour un contrat qui n’existe pas.

5 ) Frais d’ouverture et de fermeture de compteur  : idem que point 2 ci -dessus.

Par conséquent nous tomberons d’accord, je l’espère, sur le fait que MLB ne vous doit que la somme de 150 € pour solde de tout compte, dans le cas où elle déciderait de vous demander de procéder au retrait de la citerne Primagaz.

Cordialement. ADECOPRO »

La réponse de Primagaz nous parvint le 4 Octobre. Entretemps,  notre mail était remonté  au Service Consommateur. Et c’est S., la plus expérimentée des conseillères nationales (30 ans d’essuyage de plâtre chez Primagaz. Faut de l’endurance….),  qui nous répondit de son plus beau clavier :

« Bonjour Mr Adecopro,

Nous revenons vers vous suite aux différents échanges que vous avez eu avec notre Responsable Commercial – M. B. en fin de semaine dernière concernant M. et Mme MLB, acquéreurs d’une résidence équipée au gaz Primagaz.

1)      M. et Mme MLB, à ce jour, n’ont pas souscrit de contrat avec Primagaz, ils ne supporteront donc pas les frais de retrait de nos matériels s’ils ne souhaitent pas devenir clients Primagaz.

2)      La présence d’un compteur avec notre stockage correspond à l’une de nos offres commerciales que nous proposons à nos clients qui est la consommation au compteur. Ils ne payent  que le gaz qui passe par le compteur par une facturation bi-mensuelle avec sa consommation estimée ou réelle. Effectivement, tous les propaniers ne proposent pas cette offre.

3)      Une livraison de gaz a été faite pour tester la globalité du réseau de gaz (chauffage + eau chaude) dans la résidence à l’achèvement des travaux.

En conséquence, nous vous confirmons qu’aucun frais ne sera facturé à M. et Mme MLB si nous enlevons notre matériel. Nous présentons toutes nos excuses à M. et Mme MLB et nous espérons qu’ils ne nous tiendront pas rigueur de cet incident.

Recevez  nos sincères salutations. »

On remarquera  que Primagaz est allé au-delà de notre demande initiale en annulant dans un temps record  la totalité des 2167 € initialement exigés pour le retrait de leur citerne.  Encore quelques échanges du même tonneau avec les propaniers et l’ADECOPRO va pouvoir vendre des T-shirts  «J’aime le Comité Français du Butane Propane»  à l’effigie de Joël  Pedessac.

L’histoire n’est pas encore terminée.  Car  Garona n’ayant pas pu obtenir les bons papiers à temps en mairie, le promoteur n’a pas pu officialiser avec ses clients  la vente de la maison chèrement acquise.  Le couple de retraités s’est donc installé dans sa propre maison mais en tant que locataire,  en attendant de pouvoir régulariser la vente  d’ici à  deux mois.

Ce qu’apprenant Primagaz a aussitôt envoyé à nos retraités un second contrat d’approvisionnement   «spécial locataires» ! Outre que les prix du gaz dans les contrats destinés aux locataires sont systématiquement gonflés par rapport aux  contrats propriétaires, le locataire y est pieds et poings liés au bon vouloir du propriétaire pour le changement de fournisseur.

Sentant poindre une nouvelle arnaque, MLB nous a à nouveau demandé conseil.  Bien évidemment, nous lui avons conseillé de ne rien signer et de laisser Garona et Primagaz se débrouiller tous les deux jusqu’à la signature de la vente définitive.  Et,  en attendant de devenir propriétaire de leur propre maison, de bien profiter du gaz gracieusement offert par Primagaz et Garona.

C’était le 125eme épisode de la série « Les propaniers font tout pour nous faciliter la vie…. »

(*) Le site Bastamag parraine le Salon du livre des lanceuses et lanceurs d’alerte  à  Paris fin Novembre 2016. Je vous conseille de jeter un oeil au programme. Il est rare d’avoir l’occasion de côtoyer autant de résistants dans un même lieu (sauf peut-être dans le Vercors juste avant l’offensive allemande de Juillet 1944…)

Primagaz offre des grosses gâteries à ses clients infidèles pour qu’ils rentrent à la maison

 

Et vive la concurrence ! Gaz Liberté  ayant  «oublié»  d’ajuster ses tarifs  à la baisse ces derniers mois,  il est normal que  Primagaz essaye  d’en profiter pour tenter de récupérer les clients partis voir ailleurs si l’herbe y est plus tendre. Un client infidèle, ça se reconnait facilement  : c’est un consommateur  qui ne commande plus de gaz  depuis au moins  3 ans, et dont la citerne affiche une jauge pas franchement  dans le rouge lors de  la dernière visite de contrôle.

Depuis le temps que des centaines de  familles de la région parisienne sont passées à la concurrence en refusant de passer par la case « changer de citerne », on aurait pu croire que  les grands propaniers allaient finir par  réagir. Pourtant aucun d’entre eux ne s’est  avisé de  demander des comptes à leurs clients infidèles : pas une lettre recommandée pour réclamer une seule citerne en six années de fonctionnement du Groupement !  Pas un seul huissier à la porte. Pas une convocation au tribunal.  Contrairement à ce que les propaniers laissent entendre dans leur contrat, ils n’ont  aucun moyen de rétorsion contre  un consommateur qui ne respecte pas la fameuse clause d’exclusivité d’approvisionnement.

Jusqu’à présent, les propaniers du cartel n’avaient pas non plus pris d’autre initiative, pour tenter d’amadouer leurs  clients égarés, que de leur  proposer  d’autres  contrats aussi exclusifs et aussi foireux que les précédents.

C’est donc Primagaz qui décroche la palme de la réactivité  :  des adhérents du Groupement en région parisienne disposant d’une citerne Primagaz  « inutilisée » reçoivent actuellement deux types d’offres promotionnelles  particulièrement alléchantes   :  une proposition pour un plein à 690 € TTC  la tonne de gaz (  histoire de leur  dire « on a merdé avec vous par le passé et on s’excuse  » ) ;  ou  une proposition pour un plein à 690 € TTC,  assortie d’un contrat pour 3 ans avec un prix fixe de  990 € TTC  (voir pièce jointe ci-dessous ).

Scan lettre primagaz

N’étant pas client de Primagaz à titre personnel (pas encore), j’ai  été rapidement mis au parfum de cette initiative par les membres du Groupement qui ont sollicité mon avis sur ces propositions qui leur semblaient un peu  trop belles pour être vraies.  Je leur ai répondu qu’il ne servait à rien d’avoir des scrupules,   et qu’ils devaient  profiter de cette aubaine  aussi longtemps qu’ils le pouvaient. Le Groupement Propane Libre n’a certainement pas été mis en place pour constituer une rente pour Gaz Liberté,  ni pour rendre les consommateurs dépendants d’un nouveau propanier, mais bien pour engager  une baisse substantielle des prix du gaz en citerne  en renforçant la concurrence ….et accessoirement pour déblayer le terrain juridique  en attendant l’arrivée de nouveaux distributeurs indépendants.

Il faut noter un point commun à tous les clients Primagaz qui ont reçu un  courrier ou un SMS racoleur ces derniers jours  : ils ont tous  arrêté   de commander  chez  Primagaz depuis plusieurs années. Et tant pis pour les quelques  clients  qui commandent du gaz « tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre »  afin de  ne pas « éveiller les soupçons » :  leur historique  client  ne présentant  aucune anomalie flagrante, sinon un ralentissement du rythme de commande,  ils  n’auront probablement pas la chance de recevoir un  courrier  ou un SMS de Primagaz leur indiquant qu’ils ont gagné un joli cadeau.  Ce n’est pas pourtant faute de  l’avoir dit et redit aux membres du Groupement Propane Libre :  plus vous êtes intransigeant avec les propaniers,  plus ils vous respectent, et plus ils sont aux petits soins avec vous.  Il est donc contre-productif  de tenter de dissimuler vos infidélités en commandant de temps à autre chez votre ancien fournisseur. Soyez entier : allez au bout de vos idées !

Je soumets à  la suite mon « interprétation libre »  des derniers  tarifs domestiques offerts par Primagaz (si vous avez reçu d’autres tarifs intéressants différents des tarifs publics, n’hésitez pas à nous les communiquer)  :

Tarif  spot  pour les clients  Primagaz   infidèles à  Primagaz  :  690 €  TTC (tarif exceptionnel super promo)

Tarif des nouveaux clients  Primagaz débauchés chez les concurrents : 830 € TTC  la première année ( années 2 & 3 : tarif public ou tarif négocié) . Tarif promotionnel réservé.

Tarif des clients Primagaz se réengageant chez Primagaz pour 3 ans : 990 € TTC (prix fixe 3 ans). Tarif promotionnel général.

Tarif public PRIMACONFIANCE  (mai 2016 ) des clients Primagaz  qui n’ont ni la possibilité de changer de fournisseur,  ni la possibilité de se réengager  : 1350 € TTC  (hors abonnement). Tarif normal  « non promotionnel »

Prix moyen du propane domestique en France en mars 2016  (tous propaniers confondus) : 1549 € TTC  (base Pégase, Ministère de l’Ecologie – Données mensuelles)

A comparer  avec le prix maximum légal du propane vrac en Belgique en mars 2016 applicable à TOUS les consommateurs belges quel que soit leur fournisseur : 890 € TTC

Chacun tentera comme il peut de s’y retrouver dans cette échelle de prix  démesurément étirée.  Une échelle  reflétant une considération du propanier envers ses clients  indexée  sur la capacité de ces derniers à  changer  rapidement de fournisseur.  La concomitance de tarifs dits  « publics » et de tarifs réservés à une poignée de clients  ( » tarifs exceptionnels », « tarifs promotionnels spéciaux »…),  montre le caractère discrétionnaire des tarifs pratiqués par les propaniers.  Ces tarifs discrétionnaires devraient en principe donner le tournis aux services de la Répression des Fraudes…. à moins qu’ils ne démontrent leur inefficacité à solutionner la question de l’absence de concurrence sur ce marché.

On peut sans crainte avancer un diagnostic sur le fonctionnement du marché du propane vrac en France :  soit les consommateurs  français de propane  ne se rendent pas   compte  de l’énorme injustice tarifaire qui règne sur ce marché, soit ils sont empêchés d’agir contre cette situation inique. Dans un cas comme dans l’autre, la responsabilité de l’Etat  est engagée dans son incapacité à réguler le marché au bénéfice des consommateurs.

Pour ce qui nous concerne, nous retiendrons qu’être infidèle à son  propanier est très avantageux : vous diminuez votre prix d’achat une première fois lorsque vous quittez votre propanier pour vous approvisionner ailleurs; et vous diminuez  une seconde fois en le retrouvant !  Et ainsi de suite…..Cette histoire est bien la preuve que la seule manière de faire baisser le prix du propane dans les conditions actuelles du marché,  est de donner les moyens aux consommateurs de pouvoir être toujours infidèle. C’est pour cette raison qu’a été créé  le Groupement Propane Libre.

 Que vous soyez ou non clients de Primagaz,  n’hésitez pas à réclamer, vous aussi,  du propane à 690 € TTC la tonne auprès de votre fournisseur habituel. Et si Gaz Liberté veut  désormais garder ses clients, il va falloir qu’il baisse aussi ses prix.

La concurrence vous dis-je  ! La vraie !

 

 

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