Association Défense des Consommateurs de Propane

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Les contribuables vont raquer 4 millions d’Euros pour aider Primagaz à financer le déménagement de stockages de propane

 

Vous pensiez que l’Etat français était trop pauvre pour se permettre d’aider des entreprises multinationales qui roulent sur l’or ?  Vous n’avez rien compris au système de siphonnage tous azimuts de l’argent public par les grandes  entreprises.   Tant que les rênes de l’Etat et de l’Assemblée seront tenus par des professionnels de la politique,   les multinationales vont tranquillement continuer à se servir du système pour  se remplir les  poches,  en se servant  dans les vôtres.

Quinze ans après l’explosion d’AZF,  la loi Bachelot renforçant les contraintes sur les sites Seveso entraîne une série d’investissements chez Primagaz, dont le montant total est estimé à 25 millions d’euros. La filiale française du hollandais SHV, qui réalise 460 millions d’euros de chiffre d’affaires ( vous pouvez parier sur une marge bénéficiaire avant impôt de 10 % sur le CA ), va déménager ses principales installations d’embouteillage de gaz liquide à Saint-Pierre-des-Corps, à proximité de Tours, d’ici à 2020.

Ce site historique, qui a débuté la production en 1937, n’a jamais connu d’incident. Il était devenu le socle du dispositif industriel de Primagaz, racheté en deux temps par le conglomérat SHV en 1980 puis en 1998.

L’activité de mise en citerne sera transférée sur un nouveau site de 10 hectares, à Druye, toujours dans l’agglomération de Tours, dans un secteur entouré de champs. Et les capacités de stockage de GPL  seront divisées par dix. « Comme le prévoit la loi » ( mais la loi est faite pour ces gens là, il n’y a qu’à voir les maigres avancées de la loi Hamon sur les contrats de GPL  …) , Primagaz a obtenu une «participation de l’Etat et des collectivités». Primagaz ne réglera qu’un tiers des 6 millions d’euros requis pour ce transfert. Ce qui signifie que vous et moi, et plus particulièrement les habitants de l’Indre et Loir,  vont casquer autour de 4 millions d’Euros pour subventionner  une entreprise qui dégage plus fois de bénéfice chaque année.  Elle est pas belle la vie pour les multinationales en France ?

La révision des plans particuliers de risques technologiques, dont les critères ont été renforcés après AZF, implique une extension des périmètres de sécurité. « Soit nous indemnisions une centaine de riverains et deux entreprises artisanales pour qu’ils déménagent ou renforcent leurs locaux, soit nous aidions Primagaz à trouver une solution ailleurs « , résume Marie-France Beaufils, sénatrice-maire communiste de Saint-Pierre-des-Corps. Estimation : 22 millions d’euros, comprenant une trentaine d’expropriations. Les financeurs ont choisi la solution du transfert. « C’est une décision collective « , souligne Thierry Guillien, directeur industriel de Primagaz, qui conserve sur le site historique environ 180 salariés des services administratifs et commerciaux, ainsi que sa filiale Liotard de fabrication de bouteilles et citernes.

 L’embouteillage individuel, qui occupe 20 emplois, partira à Ambès (Gironde) et Dainville (Pas-de-Calais), qui deviendra à l’horizon 2020 le premier site de production de Primagaz. Les dix sites classés de Primagaz sont tous concernés par des aménagements, sur le Port autonome de Brest, à Saint-Florentin (Yonne), ou encore à Feyzin (Rhône), par exemple. Le site de Carros dans les Alpes-Maritimes doit lui aussi être déménagé. Près de Nice, le terrain proposé par l’Etat et les collectivités, à Malaussène, déclenche l’hostilité des riverains. « Dans le sud de la France, c’est devenu impossible de trouver un terrain qui évite les contraintes d’un PPRT [plan de prévention des risques] à cause de la densification urbaine et du relief », déplore le même Thierry Guillien.

Le montage financier prévoit que l’Etat prendra 40% des travaux à sa charge ( la loi exige qu’il en prenne au moins  33%), l’agglomération de Tours à hauteur de 600 000€, le département et la région se partageront les 27% restants.

Ainsi, non content d’avoir volé les consommateurs pendant des années avec des ouvertures et fermetures de compteur abusives, Primagaz se fait offrir en cadeau à titre de subvention  le prix de  47 000 ouvertures et fermetures de compteur à 85 € l’unité.

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Le nouveau mot d’ordre dans les manifs à Druye, là où vont s’installer les nouveaux stockages de Primagaz

 

Source : Article des Echos du 26/09/2016 et article d’Infos Tours du 13/12/2016

Gigantesque fuite de gaz dans le plus grand stockage souterrain de l’Ouest américain, près de Los Angeles

 

Le gouverneur de Californie a déclaré l’État d’urgence  mercredi 6 janvier, autour de Los Angeles (États-Unis) à cause d’une fuite massive de méthane (gaz de ville)  dans le plus grand réservoir de gaz de l’Ouest américain. Situé sur l’emprise  d’un ancien puit de pétrole, ce réservoir souterrain  a une capacité de 243 milliards de m3 de gaz et est destiné à assurer l’approvisionnement de plus de 20 millions de consommateurs. Cette fuite de gaz  a forcé des milliers d’habitants de Porter Ranch Estates (photo)  à évacuer  les  résidences très chics  qui ont poussé à flanc de sierra au dessus de Los Angeles. Depuis  deux mois , les experts ne cessent de qualifier ces rejets  continus  de méthane de  catastrophe écologique majeure.

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L’agglomération de Porter Ranch Estates a été évacuée. Au fond les montagnes sous lesquelles se trouvent le réservoir souterrain

Selon les autorités, la fuite dégage entre 30 et 58 tonnes  par heure de méthane dans l’air (et non pas 300 à 500 tonnes / heures comme rapporté par le journaliste Loïc Chauveau dans son article du jour dans Sciences et Avenir ! ) soit 1200 tonnes environ par jour. À titre de comparaison, cela représenterait la pollution de 2,4  à 4.6 millions de voitures supplémentaires (et non pas 7 millions comme rapporté par la presse française ). C’est aussi « l’équivalent de 3/4 des émissions de toutes les raffineries de pétrole de la Californie en un an », a souligné Kristine Lloyd, porte-parole de Southern California Gas Company (SoCalGas), la compagnie responsable de ce rejet massif dans l’atmosphère.

C’est  catastrophique car le  méthane est  un gaz à effet de serre « 80 fois plus puissant que le Co2 à l’échelle de 20 ans, et qui agit beaucoup plus rapidement », a fait savoir Stephanie Pincetl, professeure à  l’Université de Californie à Los Angeles, située à quelques kilomètres seulement du site en question, et directrice  du California Center for Sustainable Communities.  La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est de 15 à 20 ans contre un siècle pour le CO2.

Le magazine scientifique Sciences et Avenir publie aujourd’hui sur son site Internet  un article consacré à cette catastrophe en montrant  un graphique des sources d’émissions de CO2  sous un titre  annonçant les sources d’émissions de méthane. Bonjour le sérieux de la rédaction !  Toujours selon ce magazine,  le premier poste d’émissions du méthane dans le monde est la fermentation entérique des ruminants rejetée sous forme de pets (27%) devant  l’exploitation pétrolière et gazière (24%). Selon le Global Methane Initiative, les émissions gazières et pétrolières devraient augmenter de 35% entre 2010 et 2020. La recherche agronomique française (INRA)  a engagé,  quant à elle,  un  programme de réduction des volumes de rejets de méthane dans les pets de vaches par modification du régime alimentaire des ruminants (projet de  l’Université de Clermont Ferrand).

Si le gaz est invisible, sur des images prises avec une caméra infrarouge (video ci-dessous)  le méthane est visible sous la forme  d’une énorme colonne de fumée rouge qui s’échappe de la Terre et qui crée un nuage sur une partie de Los Angeles . Cette fuite s’est déclarée dans un puits où est stocké du gaz de ville (méthane)  à 2 500 mètres de profondeur.

Note : la mention « EDF » en bas à gauche  de la vidéo ne signifie pas que notre électricien national expédie des drones dans le ciel de la Californie. L’Environmental Defense Fund (EDF en abrégé) est une ONG américaine qui lutte contre les atteintes à l’environnement perpétrées notamment par les groupes pétroliers et gaziers.

Le 23 octobre, une fuite s’est déclarée sur l’un des puits et n’a jamais cessé depuis. Les exploitants ont songé dans les premières semaines pouvoir y remédier, mais cela s’est révélé plus compliqué que prévu. La fuite a été repérée à exactement 914m de profondeur. Le gaz s’échappe vers la tête de puits mais aussi vers le bas, lorsque se termine le coffrage de béton qui protège la canalisation de gaz. SoCalGas ne connaît pas la cause du sinistre. Les associations de riverains font remarquer que les puits ont 61 ans d’âge. La polémique monte également sur l’absence d’une valve de sécurité en tête de puits qui aurait permis de stopper immédiatement les émissions de méthane. Interrogé par le Los Angeles Times, le défenseur des riverains Brian Panish a attaqué la compagnie exploitante: « S’il y avait eu une valve de sécurité, il n’y aurait pas eu de problème, a affirmé Brian Panish. Il y aurait eu un peu d’émission et ça aurait été terminé. Les voisins n’auraient pas eu à quitter leurs maisons et n’auraient pas été malades ». La compagnie a rétorqué qu’une telle valve n’était pas exigée par la réglementation, le puits se trouvant à plus de 1,5 kilomètre de la première habitation.

La compagnie SoCalGas, premier distributeur américain de gaz naturel,  a déjà fait huit tentatives pour arrêter la fuite. Elle a injecté de la boue dans le puits pour essayer de colmater la fuite. Mais ça n’a pas marché, car la pression est trop forte à cette profondeur. Il a fallu penser à une solution plus drastique. Elle vient de commencer à construire un deuxième puits de 2 kilomètres de profondeur juste à côté. Elle va aller injecter du béton pour fermer définitivement la poche de gaz. Mais il faudra six  semaines pour mener à bien ces travaux.

En attendant, les émissions de gaz à effet de serre de l’État de Californie, qui est déjà un gros pollueur, vont augmenter de 25%. Il n’y a pas de danger pour la santé des habitants, mais l’odeur du mercaptan (odorant  ajouté pour détecter une fuite de gaz) est tellement insupportable que plus de 6.000 familles ont demandé à être évacuées. Celles  qui ont déjà été évacués vont devoir  patienter plusieurs mois avant de rentrer chez elles.

Sésame, ne t’ouvre pas…ces cavernes où le butin des gaziers reste à l’abri des regards

Les municipalités américaines et canadiennes ont beau convertir à tour de bras  leurs flottes de bus  et d’engins pour espaces verts afin de les faire carburer au propane, les stocks de GPL augmentent  inexorablement en Amérique du Nord.  Selon le site d’information économique Argus, les stocks de propane américain seraient actuellement 34 % supérieurs à leur niveau de l’année dernière.   Pour absorber l’excédent de propane annuel, il faudrait que l’armée américaine lance un gigantesque plan de conversion de  ses machines de guerre au GPL. Un char Abrams de l’armée américaine consomme  en effet beaucoup plus qu’un tondeuse Toro : 400 litres aux 100 km ( à ce niveau, le fabricant n’a pas besoin de préciser  si le relevé de consommation a été fait en ville,  ou sur autoroute). Un bombardier B52 (bombardier stratégique à long rayon d’action) brûle 12000 litres de kérosène à l’heure, contre 7000 litres pour un chasseur F15. En 2006, l’US Air Force a consommé à elle seule 2,6 milliards de gallons de kérosène, soit autant que pendant toute la seconde guerre mondiale sur tous les terrains extérieurs.   Voilà donc une  riche idée pour éviter aux américains de devoir torcher le propane faute de pouvoir accroître les volumes de stockage à hauteur de l’excédent de production.  L’armée américaine s’intéresse d’ailleurs au propane  puisque des essais ont été réalisés pour remplacer l’énergie  portée dans le paquetage de l’infanterie  (nécessaire notamment  pour les transmissions) sous forme de propane, plutôt que sous la forme de (très lourdes) batteries électriques ( voir ici : http://gizmodo.com/darpas-crazy-but-genius-plan-to-replace-batteries-with-1695354917).

Pour le moment,  les américains arrivent encore à stocker le propane en reconvertissant d’anciennes cavernes. Ainsi une partie du propane que l’Europe recevra cet hiver en provenance des Etats Unis  aura séjourné dans les immenses  cavernes de Marcus Hook, une petite ville industrielle de  la banlieue sud de Philadelphie, bordée par l’estuaire du fleuve Delaware.  C’est de cette ville de la côte Nord Est des Etats Unis, beaucoup plus proche de l’Europe du Nord que les ports du Texas, que partiront bientôt  l’essentiel des cargaisons de  GPL à destination de l’Europe.

A quelques dizaines de mètres sous la surface de l’ancienne raffinerie de pétrole SUNOCO  de Marcus Hook , se trouvent 5 cavernes creusées dans le granit,  excavées par des mineurs dans les années 50.  La première de ces gigantesques cavernes souterraines est un reliquat de la guerre froide : elle a été construite pour assurer l’approvisionnement en carburant en cas d’attaque nucléaire sur le territoire américain.  La dernière caverne a été construite après le choc pétrolier de 1973. Conçues initialement pour protéger les importations américaines de pétrole, elles servent désormais à mieux valoriser les exportations américaines de gaz suite au retournement historique des Etats Unis, devenu en quelques années  un des principaux exportateurs  d’hydrocarbures.  Ces cavernes, qui contiennent 2 millions de barils de gaz, sont les plus grandes de toute la côte Est.

La société Sunoco Logistics Partners LP qui a repris la raffinerie après sa fermeture en 2011, est en train de reconvertir le site pour en faire un hub d’exportation pour les liquides de gaz naturels du bassin de Marcellus (voir archives du site 19 Juillet 2015).  Ces  cavernes sont idéales pour stocker le propane et le butane.  Le propane, le butane et l’éthane sont extraits du gaz naturel pompé dans les schistes. Ils sont ensuite transportés jusqu’à  Marcus Hook grâce au gazoduc Mariner East dont la construction aura coûté  la bagatelle de 3 milliards de dollars.

Les cavernes ne figurent dans aucun guide touristique et la plupart des habitants des alentours ignorent leur existence.  Chez Sunoco,  par contre,  elles sont  un objet de curiosité permanente.  Car plus personne n’est entré dans les cavernes depuis leur inauguration qui  donna lieu à un drôle de  banquet souterrain.  En cas de panne, les pompes et matériels divers sont hissés  à la surface pour réparation sans qu’il soit besoin d’intervenir  dans les entrailles de la roche.  Car pour  pouvoir faire descendre des ouvriers , il faudrait préalablement vider les cavernes et les  décontaminer. C’est théoriquement possible mais cela couterait très cher.

Les visiteurs de l’ancienne raffinerie veulent tous voir les cavernes mais repartent invariablement déçus car ils ne peuvent en voir que les têtes de puits, au milieu de l’entrelac de  tuyaux, de pompes et de réservoirs de l’immense raffinerie. La construction de la première caverne en 1957 n’est pas passée inaperçue. D’énormes cylindres de granit extraits du sous-sol furent entassés pendant des mois le long de la route, en attendant qu’on s’en débarrasse.  Sur la Gulf Coast ( Texas) les stockages souterrains d’hydrocarbures sont  généralement construits dans des « domes » (mines)  de sel. Les stockages dans la roche sont  plus rares, parce que plus chers à construire.

Durant la phase de construction à  Marcus Hook, il était possible d’ accéder aux cavernes grâce à un puit de 1,5 mètre de large, qui servait à descendre et remonter les   mineurs et les gravats de démolition. Le gros matériel  nécessaire pour attaquer la roche était  démonté  avant d’être  descendu dans le puit. Une fois au fond du trou, il était réassemblé sur place par les techniciens et les ingénieurs.

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Les cavernes occupent une surface souterraine de 40 000 m2 sous la raffinerie et sont disposées en dents de  peigne, chaque dent étant  séparée de la suivante  par des parois latérales de 12 mètres de granite pour maintenir la stabilité de l’ensemble. Le plancher des cavernes se situe entre 90 mètres et 150 mètres sous la surface.   La voute des cavernes fait au minimum  50 mètres d’épaisseur.

Un ingénieur expliquait à la presse américaine en 1958 qu’« une bombe à hydrogène (ndlr : bombe thermonucléaire) pouvait tomber à 20 mètres de la caverne sans produire aucun effet collatéral.  Alors que la même bombe tombant à 30 km d’un stockage aérien renverserait  ce  réservoir avec le souffle de l’explosion»

La dernière des 5 cavernes fut construite pour 16 millions de dollars en 1974 afin de stocker du propane importé, destiné à remplacer une  production américaine de GPL alors sur le déclin.

L’avantage des cavernes du point de vue du stockage du gaz est que la pression ambiante y est naturellement supérieure à la pression atmosphérique, ce qui permet de maintenir plus facilement le gaz et le propane à l’état liquide.

En 1978, suite à une erreur de surveillance, une quantité trop importante de butane a été introduite dans la caverne n° 3, et du gaz est remonté  dans les sous-sols des maisons mitoyennes proches de la raffinerie.  Cinq  maisons ont pris feu. Et 30 familles ont dû être relogées pendant deux mois. Le maire de Marcus Hook à l’époque  demanda  la fermeture des cavernes.

Le propriétaire de la raffinerie a  modifié ses procédures et tout est rentré dans l’ordre. Les résidents sont revenus dans les maisons provisoirement abandonnées. Et la mémoire de cet incident industriel  s’est estompée progressivement dans les esprits, sauf chez les résidents de longue date comme Carmen Dickerson, âgée de 80 ans. Elle se rappelle qu’il a fallu du temps à sa mère pour oublier cette histoire : « Ma mère a dormi dans le sofa avec les clés de la maison dans la poche pendant deux ans après l’incendie, au cas où il aurait fallu évacuer de nouveau en vitesse… »

Quand le second pipeline Mariner East sera terminé en 2016, Sunoco Logistics pourra traiter à Marcus Hook 345 000 barils de liquides de gaz naturel par jour. Les autorités portuaires estiment que 100 vaisseaux  viendront chaque année  s’approvisionner en gaz  à destination des marchés export.

(sur l’histoire de Marcus Hook, voir le site d’info locale Philly.com )

Le propane de Butagaz (Shell) va payer les indemnités de licenciement des salariés de Petroplus à Petit Couronne.

Les 450 salariés de Petroplus de la raffinerie de Petit Couronne encore en poste vont être licenciés dans les prochains jours suite à la décision du tribunal de commerce de procéder à la liquidation de la raffinerie.  Les salariés  du raffineur  partiront dans des conditions financières plus favorables que la plupart des salariés laissés sur le carreau par la crise de l’industrie française. En  effet il  y a un an, à la faveur des élections présidentielles,  les salariés avaient obtenu qu’une partie des stocks de la raffinerie en faillite échappe aux créanciers et soit mise de côté pour financer un éventuel plan social.  Cet accord spécial avait donné  lieu au vote d’une loi spécifique dite loi Pétroplus. Cette loi autorise les tribunaux de commerce à saisir des actifs d’une entreprise défaillante. Les syndicalistes estiment que cette loi peut s’appliquer à la compagnie anglo-néerlandaise Shell, qui fut propriétaire du site jusqu’en 2008. Selon l’accord négocié à l’époque avec le gouvernement Fillon, un « trésor de guerre » représentant 83 millions d’euros devait ainsi être placé dans une fiducie, une sorte de coffre-fort juridique.

Pour garantir le respect de cette loi,  l’intersyndicale avait décidé le 13  décembre 2012 de bloquer certains  stocks de la raffinerie. A l’unanimité des salariés présents, une grève avait  été décrétée, stoppant immédiatement l’approvisionnement en GPL de l’usine de remplissage de bouteilles Butagaz (propriété de Shell),  dont la gestion était assurée par la raffinerie Petroplus. Des cavernes remplies de propane,   situées dans le périmètre  de la raffinerie, et dont la maintenance est assurée par les salariés de Petroplus, sont reliées directement au site de Butagaz, situé quelques centaines de mètres plus bas sur les quais de Seine, par des gazoducs.

Pour justifier son geste, l »intersyndicale estimait  que la compagnie anglo-néerlandaise, ancienne propriétaire des lieux, avait  laissé « une dette sociale et environnementale » de 500 millions d’euros en vendant en 2007 la raffinerie au groupe suisse Petroplus, qui s’est depuis déclaré en faillite.  Elle appelait  l’Etat à saisir ces stocks « au titre du recouvrement de la (future) dette sociale et environnementale ».

Les conditions définitives du plan social n’ont pas encore été arrêtées et constitueront l’enjeu des discussions des prochains jours. Une cinquantaine de personnes va rester temporairement sur place, afin de mettre en sécurité les installations. Le propane saisi par les salariés à titre préventif, plusieurs mois avant  l’échec des différents projets de reprise, devrait permettre  le financement d’un  plan social (PSE) « du meilleur niveau ».

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