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Bécassine chez les Rockefellers. Histoire du débarquement du gaz de schiste américain en France

 

A entendre Ségolène Royal parler du gaz de schiste américain dont elle souhaite  interdire l’entrée sur le territoire français, on ne peut qu’hésiter entre  rigolitude et navritude.  On ne s’étendra pas sur l’impossibilité technique, largement commentée dans la presse,  d’assurer la traçabilité des  gaz non conventionnels durant leur transport  sur terre ou  sur mer. On rappellera juste que  des cargaisons entières  de GNL et de GPL sont communément transbordées en pleine mer à chaque extrémité du canal de Panama afin de permettre la traversée du canal par des bateaux de moindre tonnage. Dans pareil  cas la destination finale -ou le point de départ- de la cargaison est  officiellement indiquée comme  la zone de transfert de Panama*, ce qui permet toutes les manipulations possibles quand à la provenance réelle  du gaz. Si notre ministre avait la moindre expérience du monde des affaires, elle saurait que les traders ne sont JAMAIS à court de combines pour maquiller des transactions irrégulières.

Personne ne semble avoir  relevé en revanche,  au Ministère de l’écologie,   que le gaz de schiste américain, sous la forme de propane de schiste,  inonde DEJA le marché français et les marchés voisins depuis plusieurs années  !  Les citernes  du nord de l’Europe et au nord de la Loire,  approvisionnées depuis les ports belges et néerlandais,  regorgent toutes de propane de schiste américain.

Rappelons pour commencer que les Etats Unis n’ont jamais exporté de propane (sauf de manière anecdotique auprès de ses voisins canadiens et mexicains)  AVANT  de commencer à exploiter  le gaz de schiste. Ce qui signifie que  le GPL exporté depuis 2011 en quantité toujours plus importantes (les USA sont aujourd’hui le premier exportateur mondial de GPL devant l’Arabie Saoudite) provient exclusivement du gaz de schiste dont il constitue un sous-produit (le propane et le butane font partie de la famille des « liquides de gaz naturel » associés au gaz naturel dans les gisements de schiste ). Par comparaison le gaz naturel liquéfié objet des contrats Engie et EDF ne proviendrait qu’à 40 % de gaz de schiste.  Rappelons  aussi que la France est, en volume consommé, de loin le premier marché pour le  GPL en Europe du Nord. Et donc le premier marché  pour le GPL provenant du  gaz de schiste américain.  On en déduit  qu’une partie importante des arrivages américains de GPL en Europe du nord atterrit depuis longtemps dans les dépôts des grossistes et détaillants français. Il serait donc temps que notre ministre se réveille………

Au cas où certains journalistes aimeraient avoir des idées plus claires sur la question, voilà ce qu’on peut trouver dans la presse spécialisée sur les arrivages de GPL américain en Europe du nord ce mois-ci (mai 2016).  Le texte qui suit est extrait du site « Hellenic Shipping News»  en libre accès sur Internet  ( traduit de l’anglais) :

«  Un autre facteur poussant actuellement les prix du spot à la baisse est le nombre de cargos de propane qui doivent arriver en Europe en provenance des Etats Unis ce mois-ci. Selon des sources autorisées, les VLGCs ( ndlr : les plus gros parmi les cargos de gaz liquéfiés) en instance sont le BW Sakura , le Corsair, le BW Energy et le G Paragon »

( ndlr : à eux  4, ces cargos représentent environ  250 000 m3 de GPL issu du gaz de schiste américain,  rien que pour le joli mois de mai…….).

Toujours selon cette source «  Il y a un volume substantiel de propane qui arrive des Etats Unis en mai et cela couvrira les besoins du marché d’Europe du nord. A court terme  le marché est suffisamment approvisionné »

« Selon Platts cFlow, le logiciel de suivi des échanges, le BW Sakura est arrivé dans la province de Zélande des Pays Bas mercredi  4 mai 2016 en provenance de la Gulf Coast (Texas), alors que le Corsair a quitté Houston le 25 Avril et doit arriver vers Anvers autour du 9 mai.  La destination finale des deux autres vaisseaux n’a pas été dévoilée »

Toutes ces informations sont en libre accès. Si les journalistes avaient un tant soit peu consulté Internet avant de recopier bêtement les communiqués du Ministère, ils auraient découvert eux mêmes le pot aux roses.

En résumé, si l’on comprend bien notre ministre, les membres du cartel français du propane  devraient immédiatement cesser d’acheter de propane sur le marché ARA, puisque celui-ci est inondé par le  gaz de schiste américain, au point que les derniers arrivages suffisent à approvisionner toute l’Europe du nord.

J’attends avec impatience de voir les directives du gouvernement français interdisant dès demain à Primagaz France (filiale du plus important acheteur sur le marché d’Europe du Nord), à  Butagaz,  à  Antargaz  ainsi qu’à Vitogaz d’acheter du propane issu du gaz de schiste américain débarqué en Europe du Nord !

A moins,  évidement, que tout ceci ne soit pas un nouvel épisode de Bécassine,  mais une pure opération de communication politique, sur l’air de  :

« Couvrez ce gaz que je ne saurais voir.

Remplissez-en  vos réservoirs.

Par de pareils objets les âmes sont blessées.

Et cela fait venir de coupables pensées. »

Dans un cas comme dans l’autre, que nous ayons affaire à Bécassine ou à  Tartuffe, la suite n’est guère rassurante pour les consommateurs français.

Ceci étant dit, et sur le fond, on ne peut  pas donner tort à Ségolène Royal de s’intéresser,   et de tenter d’intéresser les multinationales  et les consommateurs,  aux conditions de production des biens et denrées  importés et consommés chaque jour.  L’effondrement du Rana Plaza dans la capitale du Bengladesh,  nous  rappelle  que la transparence et l’information du consommateur est une condition essentielle de l’amélioration des conditions de production. Entre appel au boycott, diplomatie économique,  limitation et taxation des importations, le champ d’intervention possible des ONG et des  gouvernements est suffisamment large pour entraver ou tenter d’entraver  les nombreuses dérives de la mondialisation.  Encore faudrait-il que nos gouvernants arrêtent d’infantiliser les entreprises et  les citoyens en prônant brutalement  n’importe quelle interdiction  au nom d’un principe supérieur, fut-il écologiquement  justifié.

Cela s’appelle le pragmatisme et c’est ce qui fait le plus défaut dans notre pays, et pas uniquement chez nos gouvernants…. Le fait que le pragmatisme soit une idée anglo-saxonne et singulièrement américaine (**), ne doit pas nous interdire , là encore, d’en faire un usage modéré et à bon escient.

(*) Sur les opérations de transbordement du gaz liquéfié aux abords de Panama, lire l’article « Panama Canal lock size affects tracking of US propane export data ». Où il apparaît que même  les statisticiens de l’EIA  chargé de suivre et comptabiliser les exportations américaines de GPL, n’arrivent plus à suivre la  flotte américaine …Imaginez alors les personnes chargées de faire la même chose en France……

(**) Voir l’oeuvre des philosophes américains Charles Sanders Peirce, William James et  John Dewey

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Les exportations américaines de propane établissent un nouveau record en 2015

Le boom des exportations américaines de produits pétroliers est alimenté par les volumes considérables de propane. Les exportations de LGN ont atteint des sommets pour les relevés mensuels et annuels en Décembre 2015, selon les données de l’EIA.

Le propane utilisé principalement par la pétrochimie et le chauffage résidentiel,  a été exporté des USA au rythme de 751 000 barils par jour en Décembre , représentant 14% des exportations totales d’hydrocarbures, lesquelles ont aussi atteint le niveau record de 5.28 million en 2015 grâce à la production de gaz naturel et de pétrole tirée du gaz de schiste. Les exportations de pétrole brut, dont les restrictions ont été levées en Décembre ne comptent que pour 7,5 % du total. La capacité maximale d’exportation de propane des USA est récemment grimpée à 1 045 000 barils jour.

En moyenne annuelle le propane a été exporté à raison de 616 000 barils jour, soit 46 % de plus que le précédent record de 2014, et plus de 5 fois le niveau de 2010.

graphique exportation propane us

Les exportations ne sont pas prêtes de ralentir. L’opérateur de terminal et de gazoduc Enterprise Products Partners LP a agrandi son terminal export de Houston Ship Channel pour être capable de traiter 500 000 barils jour en Décembre. Les capacités d’export de propane vers l’Europe sont aussi en train d’augmenter à partir du Nord Est des Etats Unis avec le hub de Marcus Hook, Pa  appartenant à Sunoco Logistics Partners LP.

Les exportations de propane continueront d’être importantes en 2016 et au-delà du fait qu’Enterprise signe des contrats d’achat à long terme sur une base « take or pay ».

« Notre terminal est engagé à 90 % jusqu’en 2019, et nous avons des contrats jusque dans les années 2020 » a révélé Jim Teague, CEO d’Enterprise. Dans les interstices des opérations de  chargement maritime relatives à  ses contrats de long terme, Enterprise vend sur le marché spot.

Les exportations américaines de GPL couvrent la totalité du globe. Le Mexique était le premier client en Décembre (21 % des cargaisons exportées), tandis que la Chine et le Japon combinés représentent 25 %.  Certains pays asiatiques qui dépendaient autrefois du Golfe Persique, se mettent à acheter du propane américain pour diversifier leur approvisionnement.

Source : Bloomberg 29/02/2016

Un pétrolier canadien rappelle 200 millions de tonnes de propane non odorisé    

Encore un mini-scandale industriel lié à l’exploitation des  gaz de schiste. C’est une procédure peu banale que vient de lancer la Commission pour la Sécurité des Produits de Consommation  des Etats-Unis  (CPSC ou Consumer Product  Safety Commission) : il s’agit de rappeler pas moins de 200 millions de tonnes de propane ( 118 millions de gallons ) disséminés au Canada et dans  les états  du nord et du centre des Etats-Unis. Selon le responsable de cette  méga bourde industrielle,  le groupe pétrolier canadien Crescent  Point Energy Corp (Alberta, Canada),  ce GPL  insuffisamment odorisé  aurait été distribué dans 11 états américains entre Avril 2009 et  Octobre 2015,  dans des citernes,   des bouteilles ou petits containers destinés aux marchés résidentiel et professionnel. Le fait que le gaz ne soit pas odorisé rend le produit potentiellement dangereux en cas de fuite de gaz.

 

carte shale gas

A défaut d’avoir de l’odorant, la procédure lancée par le groupe pétrolier canadien, (premier foreur et premier propriétaire foncier de l’état du Saskatchewan avec 8500 sites de forages potentiels) ne manque pas de sel. La CPSC indique ainsi dans son communiqué de presse que les consommateurs ne doivent pas essayer de tester par eux-mêmes l’absence d’odeur du propane. Ca ne va pas simplifier les recherches !  Comment repérer qu’un gaz est insuffisamment odorisé sinon avec son propre nez   ou avec  un chien spécialement dressé « à rebours »  pour repérer  l’absence d’odeur de gaz (les canadiens  utilisent des labradors et des malinois belges pour détecter les fuites sur les  canalisations de gaz notamment lorsque  des canalisations  neuves échouent aux tests de mise en pression). La recommandation de la CPSC aux consommateurs suspicieux est de contacter son fournisseur, son détaillant ou encore le groupe pétrolier canadien qui a mis en place une hotline et une adresse mail spéciale. On ne trouve dans le communiqué de la CPSC aucune mention de marque de distributeurs ou de chaînes de détaillants potentiellement  impliqués dans la diffusion du propane désodorisé :  suivre un  gaz  inodore  à la trace parait bien compliqué.  Le  fermier de Williamsburg, Kentucky,  qui aurait  un doute sérieux sur la qualité de son gaz, et dont l’histoire n’intéresserait  pas son  distributeur local,  est donc prié d’en référer au siège de Crescent  Point, Alberta,   à 3600 km de chez lui pour faire expertiser sa bouteille de 10 kg qu’il utilise pour son barbecue…..

L’ordre de rappel prévoit que si le fabricant du propane incriminé détecte un défaut d’odorisation, il doit y remédier en remettant de l’odorant ou en remplaçant le récipient de gaz. La procédure de rappel protège l’industriel contre les recours en cas d’accidents : en effet les lois fédérales américaines interdisent aux distributeurs et détaillants de revendre les produits ayant fait l’objet d’un rappel volontaire annoncé publiquement (ou d’un rappel ordonné par la Commission). C’est donc désormais sur les épaules de milliers de distributeurs locaux américains ou canadiens touchés par cette bévue industrielle, que repose   l’élimination du propane défectueux….Heureusement que le propane américain importé en Europe ne vient pas du Saskatchewan….

Dans la langue du peuple Cree, les indiens de cette région des grandes plaines du Canada, Saskatchewan signifie « rivière qui coule rapidement » .  Il semblerait que ce soit aussi le cas du propane dans cette région que les pétroliers locaux écoulent un peu trop rapidement sans s’assurer au préalable du respect des normes industrielles.

Sésame, ne t’ouvre pas…ces cavernes où le butin des gaziers reste à l’abri des regards

Les municipalités américaines et canadiennes ont beau convertir à tour de bras  leurs flottes de bus  et d’engins pour espaces verts afin de les faire carburer au propane, les stocks de GPL augmentent  inexorablement en Amérique du Nord.  Selon le site d’information économique Argus, les stocks de propane américain seraient actuellement 34 % supérieurs à leur niveau de l’année dernière.   Pour absorber l’excédent de propane annuel, il faudrait que l’armée américaine lance un gigantesque plan de conversion de  ses machines de guerre au GPL. Un char Abrams de l’armée américaine consomme  en effet beaucoup plus qu’un tondeuse Toro : 400 litres aux 100 km ( à ce niveau, le fabricant n’a pas besoin de préciser  si le relevé de consommation a été fait en ville,  ou sur autoroute). Un bombardier B52 (bombardier stratégique à long rayon d’action) brûle 12000 litres de kérosène à l’heure, contre 7000 litres pour un chasseur F15. En 2006, l’US Air Force a consommé à elle seule 2,6 milliards de gallons de kérosène, soit autant que pendant toute la seconde guerre mondiale sur tous les terrains extérieurs.   Voilà donc une  riche idée pour éviter aux américains de devoir torcher le propane faute de pouvoir accroître les volumes de stockage à hauteur de l’excédent de production.  L’armée américaine s’intéresse d’ailleurs au propane  puisque des essais ont été réalisés pour remplacer l’énergie  portée dans le paquetage de l’infanterie  (nécessaire notamment  pour les transmissions) sous forme de propane, plutôt que sous la forme de (très lourdes) batteries électriques ( voir ici : http://gizmodo.com/darpas-crazy-but-genius-plan-to-replace-batteries-with-1695354917).

Pour le moment,  les américains arrivent encore à stocker le propane en reconvertissant d’anciennes cavernes. Ainsi une partie du propane que l’Europe recevra cet hiver en provenance des Etats Unis  aura séjourné dans les immenses  cavernes de Marcus Hook, une petite ville industrielle de  la banlieue sud de Philadelphie, bordée par l’estuaire du fleuve Delaware.  C’est de cette ville de la côte Nord Est des Etats Unis, beaucoup plus proche de l’Europe du Nord que les ports du Texas, que partiront bientôt  l’essentiel des cargaisons de  GPL à destination de l’Europe.

A quelques dizaines de mètres sous la surface de l’ancienne raffinerie de pétrole SUNOCO  de Marcus Hook , se trouvent 5 cavernes creusées dans le granit,  excavées par des mineurs dans les années 50.  La première de ces gigantesques cavernes souterraines est un reliquat de la guerre froide : elle a été construite pour assurer l’approvisionnement en carburant en cas d’attaque nucléaire sur le territoire américain.  La dernière caverne a été construite après le choc pétrolier de 1973. Conçues initialement pour protéger les importations américaines de pétrole, elles servent désormais à mieux valoriser les exportations américaines de gaz suite au retournement historique des Etats Unis, devenu en quelques années  un des principaux exportateurs  d’hydrocarbures.  Ces cavernes, qui contiennent 2 millions de barils de gaz, sont les plus grandes de toute la côte Est.

La société Sunoco Logistics Partners LP qui a repris la raffinerie après sa fermeture en 2011, est en train de reconvertir le site pour en faire un hub d’exportation pour les liquides de gaz naturels du bassin de Marcellus (voir archives du site 19 Juillet 2015).  Ces  cavernes sont idéales pour stocker le propane et le butane.  Le propane, le butane et l’éthane sont extraits du gaz naturel pompé dans les schistes. Ils sont ensuite transportés jusqu’à  Marcus Hook grâce au gazoduc Mariner East dont la construction aura coûté  la bagatelle de 3 milliards de dollars.

Les cavernes ne figurent dans aucun guide touristique et la plupart des habitants des alentours ignorent leur existence.  Chez Sunoco,  par contre,  elles sont  un objet de curiosité permanente.  Car plus personne n’est entré dans les cavernes depuis leur inauguration qui  donna lieu à un drôle de  banquet souterrain.  En cas de panne, les pompes et matériels divers sont hissés  à la surface pour réparation sans qu’il soit besoin d’intervenir  dans les entrailles de la roche.  Car pour  pouvoir faire descendre des ouvriers , il faudrait préalablement vider les cavernes et les  décontaminer. C’est théoriquement possible mais cela couterait très cher.

Les visiteurs de l’ancienne raffinerie veulent tous voir les cavernes mais repartent invariablement déçus car ils ne peuvent en voir que les têtes de puits, au milieu de l’entrelac de  tuyaux, de pompes et de réservoirs de l’immense raffinerie. La construction de la première caverne en 1957 n’est pas passée inaperçue. D’énormes cylindres de granit extraits du sous-sol furent entassés pendant des mois le long de la route, en attendant qu’on s’en débarrasse.  Sur la Gulf Coast ( Texas) les stockages souterrains d’hydrocarbures sont  généralement construits dans des « domes » (mines)  de sel. Les stockages dans la roche sont  plus rares, parce que plus chers à construire.

Durant la phase de construction à  Marcus Hook, il était possible d’ accéder aux cavernes grâce à un puit de 1,5 mètre de large, qui servait à descendre et remonter les   mineurs et les gravats de démolition. Le gros matériel  nécessaire pour attaquer la roche était  démonté  avant d’être  descendu dans le puit. Une fois au fond du trou, il était réassemblé sur place par les techniciens et les ingénieurs.

Marcus-Hook-caverns

Les cavernes occupent une surface souterraine de 40 000 m2 sous la raffinerie et sont disposées en dents de  peigne, chaque dent étant  séparée de la suivante  par des parois latérales de 12 mètres de granite pour maintenir la stabilité de l’ensemble. Le plancher des cavernes se situe entre 90 mètres et 150 mètres sous la surface.   La voute des cavernes fait au minimum  50 mètres d’épaisseur.

Un ingénieur expliquait à la presse américaine en 1958 qu’« une bombe à hydrogène (ndlr : bombe thermonucléaire) pouvait tomber à 20 mètres de la caverne sans produire aucun effet collatéral.  Alors que la même bombe tombant à 30 km d’un stockage aérien renverserait  ce  réservoir avec le souffle de l’explosion»

La dernière des 5 cavernes fut construite pour 16 millions de dollars en 1974 afin de stocker du propane importé, destiné à remplacer une  production américaine de GPL alors sur le déclin.

L’avantage des cavernes du point de vue du stockage du gaz est que la pression ambiante y est naturellement supérieure à la pression atmosphérique, ce qui permet de maintenir plus facilement le gaz et le propane à l’état liquide.

En 1978, suite à une erreur de surveillance, une quantité trop importante de butane a été introduite dans la caverne n° 3, et du gaz est remonté  dans les sous-sols des maisons mitoyennes proches de la raffinerie.  Cinq  maisons ont pris feu. Et 30 familles ont dû être relogées pendant deux mois. Le maire de Marcus Hook à l’époque  demanda  la fermeture des cavernes.

Le propriétaire de la raffinerie a  modifié ses procédures et tout est rentré dans l’ordre. Les résidents sont revenus dans les maisons provisoirement abandonnées. Et la mémoire de cet incident industriel  s’est estompée progressivement dans les esprits, sauf chez les résidents de longue date comme Carmen Dickerson, âgée de 80 ans. Elle se rappelle qu’il a fallu du temps à sa mère pour oublier cette histoire : « Ma mère a dormi dans le sofa avec les clés de la maison dans la poche pendant deux ans après l’incendie, au cas où il aurait fallu évacuer de nouveau en vitesse… »

Quand le second pipeline Mariner East sera terminé en 2016, Sunoco Logistics pourra traiter à Marcus Hook 345 000 barils de liquides de gaz naturel par jour. Les autorités portuaires estiment que 100 vaisseaux  viendront chaque année  s’approvisionner en gaz  à destination des marchés export.

(sur l’histoire de Marcus Hook, voir le site d’info locale Philly.com )

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