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Pénurie de gaz et  mauvaise foi : un propanier américain doublement condamné

D’une manière générale,  les propaniers n’ont pas ce qu’ils méritent : il n’y a pas assez de procès intentés par des particuliers contre la caste des rentiers du GPL.  Ne boudons  pas notre plaisir lorsque les  consommateurs qui osent affronter les propaniers devant les tribunaux gagnent leurs procès. L’exemple qui suit nous vient de l’autre côté de l’Atlantique.

La Cour d’Appel de l’Indiana a confirmé la décision en première instance d’un tribunal de l’Etat d’obliger un propanier américain à payer à un couple d’américain  les honoraires d’avocats dans deux procédures successives  suite au non-respect d’un contrat d’approvisionnement prépayé.

En Juillet 2013, John et Leola Caffrey ont signé un contrat prépayé pour un volume de  300 gallons (0.6 tonne) avec  South Indiana Propane Gas, Inc  (SIPG) au prix de 1,28 $ le gallon. Le contrat prévoyait que les Caffrey prendraient à leur charge tous les coûts encourus par SIPG , y compris les éventuels honoraires d’avocat, au cas où le propanier devrait forcer ses clients à exécuter le contrat.  Par contre, le contrat ne prévoyait pas de réciprocité de prise en charge des frais d’avocat en cas de défaillance de SIPG.

En Janvier 2014, John Caffrey appela SIPG pour se faire livrer son gaz prépayé ( ndlr : l’avantage du gaz prépayé est que  le prix des livraisons hivernales est gelé sur la base des prix d’été, à une période où le propane est beaucoup moins cher. Cette modalité d’achat n’est pas proposée en France ).

L’agent de la compagnie de gaz lui répondit que du fait des problèmes d’approvisionnement  (ndlr :il s’agit du fameux hiver 2014), la société n’était pas sûre de  la manière dont elle allait donner suite à  ses contrats prépayés  : le prix d’achat du propane a triplé en l’espace de quelques semaines…. Son épouse Leola Caffrey confirma la commande quelques jours plus tard, mais le couple ne reçut plus de nouvelles du propanier.

L’histoire ne dit pas comment les Caffreys réglèrent leur problème d’approvisionnement en gaz durant cet hiver là. Mais une fois le printemps revenu, les Caffreys et plusieurs autres clients se plaignirent auprès du Bureau du Procureur Général de l’Indiana des pratiques douteuses de SIPG. Le Bureau  envoya à SIPG une demande d’explications ( « civil investigation demand »  pour les juristes)  . Le bureau du Procureur classa l’affaire quelques mois plus tard  en décembre 2014 sans donner suite.

Ne souhaitant pas renoncer , les Caffreys décidèrent de recruter un avocat et de déposer plainte devant le tribunal de proximité ( « small claims court » ). Ce qu’ils firent le 26 février 2015 au motif de rupture abusive de contrat. L’avocat de SIPG contacta alors l’avocat des Caffreys et fit savoir que les clients de SIPG qui n’avaient pas reçu cet hiver là le gaz prépayé pouvaient encore le faire sous les conditions initialement prévues au contrat, et ce jusqu’à la date du 31 mars 2016. C’était la première fois que les Caffreys apprenaient qu’ils pouvaient  placer une commande au même prix que celui payé en 2014.

Le tribunal de proximité décida en mai 2015 que SIPG avait rempli ses obligations aux termes du contrat (!) et ne trancha que sur la question des frais d’avocat. Le juge accorda aux époux la somme de $ 756, en convenant que SIPG avait rempli ses obligations en acceptant d’honorer le contrat dans ses conditions initiales.

Propane humour

               « Avec la pénurie et l’envolée des prix, on a changé de nom »

                     Sur le camion « Livraisons de Propane souffrances »

Le propanier fit appel de la décision (!!) au motif   que la Cour faisait fausse route en constatant que les arguments produits par SIPG pour sa défense étaient « déraisonnables, sans fondement ou de mauvaise foi ».  SIPG prétendit  que ses arguments en défense selon lesquels le propanier n’était pas obligé de payer les dépens aux termes du contrat,  étaient parfaitement fondés en droit. Le propanier affirma qu’il n’avait pas agi de manière obstinée, vindicative ou mensongère, puisqu’il avait livré le propane sous un délai de 30 jours après avoir découvert le problème (!!!).

Bien mal lui en a pris. La Cour d’Appel releva que la somme accordée aux Caffreys était fondée sur l’argument du propanier, qu’on pouvait estimer déraisonnable ou de mauvaise foi, selon lequel il n’était pas redevable au titre du contrat du fait de la pénurie nationale de propane , et non pas sur la base des arguments selon lesquels il n’était pas redevable des frais d’avocat au titre du contrat.

Les juges d’appel relevèrent en outre que SIPG avait sursis à ses obligations contractuelles  durant 14 mois, que la société n’avait jamais tenté de remédier à la situation, et qu’elle n’avait jamais informé les Caffreys qu’elle n’était pas capable d’éxecuter les termes du contrat signé. Tout  ceci a eu pour conséquence de perpétuer l’argument selon lequel SIPG était dispensé de remplir ses obligations du fait de la pénurie de propane.

Les juges n’ont pas été convaincus que ce délai, ainsi que l’argument  répété maintes fois par SIPG selon lequel le propanier était dispensé d’agir durant une période aussi longue, n’était pas « déraisonnable, sans fondement ou de mauvaise foi ».

Source : The Indiana Lawyer

 

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Un octogénaire client de Vitogaz depuis 35 ans payait la tonne de propane 3000 € TTC en 2015

Grâce aux multinationales du gaz, la société française s’humanise à grands pas. Plus besoin d’aller dans les maisons de retraite pour repérer des cas de maltraitance ou d’abus de faiblesse  : la  maltraitance à domicile par les multinationales,  voilà  le summum de la modernité.  Avant de vous raconter l’histoire de ce  monsieur de 82 ans, un petit conseil : si vous avez des parents âgés,  clients de Vitogaz ou d’autres propaniers, je vous invite à jeter un œil sur leur facture de propane afin de vérifier qu’ils ne payent pas leur chauffage à des prix astronomiques : certains membres du très respectable Comité Français du Butane Propane  se sont  fait une spécialité de  s’engraisser sur le dos de clients en situation de faiblesse.

Nous avons déjà fait état précédemment de personnes âgées clientes de  Vitogaz  qui payaient le GPL  3000 € la tonne. C’était AVANT  la chute vertigineuse du cours du propane survenue en Octobre 2014 dans la foulée de la chute des  prix du pétrole.  On aurait pu penser que des prix de vente aussi ridiculement élevés  ne pouvaient plus être atteints  APRES la chute des cours.  Mais c’était méconnaître  VITOGAZ, l’escroc numéro 1 du GPL français. Pour mémoire, Vitogaz est filiale du groupe pétrolier Rubis côté à la  Bourse de Paris (2,8 Milliards d’€ de CA 2014). Un   résident du  Territoire de Belfort,  client de Vitogaz depuis 1980, nous a fait parvenir  sa facture datant  de mars 2015 : elle affiche 2461 € HT la tonne de gaz (2953 € TTC) au moment où le cours du propane sur le marché d’Anvers plafonnait  à 400 € HT depuis plusieurs mois.  Soit un coefficient de marge brute de 6 (ou, si vous préférez 600 % de marge brute).  Excusez du peu.

                                Facture Vitogaz 3000 Euros la tonne

Bravo Vitogaz : la France a besoin de rentiers  qui  osent plumer les consommateurs  sans avoir peur du qu’en dira t’on ! Et bravo à l’Etat français qui autorise de tels abus  depuis des décennies   malgré  l’avis de l’Autorité de la Concurrence,  et une Loi Consommation censée avoir été votée pour empêcher de telles escroqueries !

Notez qu’on est très loin du coefficient de marge brute de «  2 »  affiché péremptoirement par la DGCCRF sur son  site Internet,  suite à son enquête de prix chez les propaniers.  Comment la DGCCRF peut-elle avancer une telle contre-vérité  alors que le prix d’achat spot du propane à Anvers s’établit actuellement à 250 -270 € HT  la tonne,  et que les consommateurs coincés avec une citerne qui ne leur appartient pas (96 % des clients des propaniers français ) se voient actuellement proposer la tonne de gaz entre 1400 et 1600 € TTC  ?

Je ne vois qu’une seule explication possible : ce site de la DGCCRF  conçu  comme un «module pédagogique pour mieux informer les consommateurs» (c’est une blague ?) serait en réalité un modèle de désinformation : le consommateur serait poussé à croire que le coefficient de marge  de 2  (coût d’achat = 50 % du prix de vente) est une moyenne pour l’ensemble des consommateurs, alors que ce chiffre s’appliquerait  en réalité à l’ensemble des clients des propaniers, agriculteurs et industriels compris. Il représenterait donc  le coefficient  moyen sur le vrac,   toutes clientèles confondues. On ne trouve en effet sur le site de la DGCCRF nulle précision quant à la méthodologie retenue dans cette enquête de prix. A l’inverse  le ciblage graphique à l’intention des consommateurs,  et la répétition du mot «consommateur»  sur chacun des pages du site,   laisse accroire que les chiffres présentés ne concernent que cette catégorie de clients.  La DGCCRF voudrait noyer le poisson et le consommateur qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

Or il  nous revient à l’oreille, de source bien informée,  que les multinationales de l’agro-alimentaire  traitées avec égard  par les propaniers français, achètent actuellement leur  propane en France  à un prix  bien inférieur à  350 € HT la tonne.  Avec une marge aussi faible,  il faut bien que certains clients se sacrifient  pour «reconstituer» les bénéfices mirobolants exigés par les actionnaires des grands gaziers. Comme personne n’a envie de demander aux agriculteurs de faire un effort pour aider les propaniers « malmenés » par les industriels de l’agro-alimentaire, ce sont donc les consommateurs français qui sont naturellement appelés à se saigner aux quatre veines.

Mais revenons au cas de notre Terrifortain, nom «officiel» des habitants de ce minuscule  département qui,   après l’annexion de l’Alsace par les Allemands en 1871, s’était appelé dans un premier temps  «arrondissement subsistant du Haut Rhin»,  avant de trouver sa dénomination actuelle de Territoire de Belfort. «Arrondissement subsistant » signifiait à l’époque « subsistant après que l’Allemagne se soit emparée de l’Alsace ». Je ne sais pourquoi il  me vient à l’esprit que nous  habiterons  un jour dans un  pays qui ne s’appellera plus « LA FRANCE »  , mais  « ARRONDISSEMENT SUBSISTANT DE LA FRANCE ».  Patience.  Il  suffit d’attendre encore quelques décennies que l’Europe ait achevé son grand œuvre.

Quand ils découvrirent l’ampleur de l’arnaque dont leurs parents avaient été victimes, les enfants du notre Terrifortain n’en crurent pas leurs yeux.  Ils informèrent leur paternel qui décida de résilier immédiatement son contrat pour changer de fournisseur.  Loin de faire amende honorable, Vitogaz essaya une ultime manœuvre. Dans un courrier bâclé montrant à quel point ce propanier tient ses anciens clients en haute estime (voir ici), Vitogaz expédia un contrat pré-rempli  imposant d’emblée un prix du gaz et la durée  contractuelle maximale prévue par la loi  (voir lien). 5 ans de plus après 35 ans de fidélité  !   Vitogaz c’est  l’Hotel California de la chanson des Eagles : sur le contrat, vous pouvez résilier quand vous voulez.  Mais dans la réalité,  vous ne pouvez jamais partir …. 

On rappellera que le Code de la Consommation impose que les termes des contrats passés entre un fournisseur et un consommateur soient librement négociés et non dictés par le professionnel.  Ainsi un contrat de consommation dont les termes n’ont pu être librement négociés n’a pas de valeur juridique, même signé par les deux parties.  Il faut cependant que le consommateur soit en mesure de prouver que cette négociation n’a pu avoir lieu. Pour ce faire, le moyen de preuve le plus évident est de produire  une photocopie  du  contrat initialement remis par le propanier avec son enveloppe cachetée. Le contrat sera annulé par le juge sans coup férir.

Pour le moment,  le client  s’est bien gardé de retourner la proposition de  contrat. L’offre de prix  Vitogaz (1260 € TTC la tonne) est légèrement supérieure aux offres qu’on peut trouver actuellement auprès de la concurrence (1200 € TTC). Au premier coup d’œil, le client aurait donc tort de signer cette proposition. Encore faut-il que les frais de retrait de citerne figurant dans son contrat actuel ne le dissuadent pas de changer de fournisseur… C’est là que les choses se corsent, et que le piège se referme sur le pauvre client Vitogaz : en proposant le propane 60 € à la tonne de plus que ses principaux concurrents, Vitogaz impose au consommateur qui déciderait de ne pas passer à la concurrence, et donc de rempiler avec ces escrocs pour 5 années supplémentaires, un surcoût  de 300 €  sur la durée du contrat (à raison d’une tonne de propane consommée par an). Soit à peu de choses près, le même montant que ce consommateur devra payer à Vitogaz  en frais de retrait pour sa citerne AERIENNE s’il fait le choix opposé,  consistant à changer de fournisseur…

En stratégie marketing  comme en marketing  politique,  on appelle cela imposer un  «FAUX CHOIX» à l’électeur ou au consommateur  ( à  ne pas confondre avec le « faux dilemme » consistant à passer sous silence l’existence de possibles alternatives )  : dans un faux choix,  que vous vous décidiez à voter en faveur de A ou B, ou que vous  choisissiez  tel  fournisseur plutôt que tel autre,  vous êtes condamné à finir perdant dans tous les cas de figure. Une des manières de sortir des « faux choix » imposés par les structures de pouvoir économiques ou politiques,  consiste à traquer les faux dilemmes  cachés  derrière les faux choix. Pour reprendre notre exemple : le  faux choix   consistant à se demander s’il vaut mieux quitter Vitogaz ou renouveler son contrat avec ce propanier, cache en réalité un faux dilemme. Ce faux dilemme nous impose de choisir entre un propanier du cartel  et  un autre propanier du même  cartel. Dans le faux dilemme, l’existence et la possibilité de solutions alternatives (coopérative de consommateurs, groupements d’achat, propaniers indépendants…)  est systématiquement omise ou récusée par les organisations ou les pouvoirs en place au nom du « réalisme »…

On notera pour terminer,  que la nouvelle proposition de contrat Vitogaz présente une particularité intéressante : il n’y a plus aucune mention relative aux «frais de retrait» de la citerne à la fin du futur contrat.  Même la rubrique correspondante a disparu des Conditions Particulières.  Est-ce une conséquence de la décision récente du tribunal de proximité de Vienne statuant sur le caractère abusif de cette clause du contrat Vitogaz  ? Affaire à suivre….

 

 

Augmentation du prix du propane : dans certains cas, le consommateur peut désormais résilier son contrat par anticipation sans pénalités

L’entrée en vigueur de la loi Hamon n’a pas eu pour seule conséquence, du point de vue des consommateurs de propane, de réduire la durée maximale des contrats à 5 ans. De manière plus discrète,   elle a aussi contribué à rendre plus  périlleuse pour les propaniers  toute augmentation de leurs  tarifs publics.

C’est ce qu’il ressort d’un échange de courrier récent entre l’ADECOPRO et la DGCCRF, courrier dans lequel l’Association interrogeait la Répression des Fraudes sur l’interprétation conforme d’une clause un peu abstruse de la loi Hamon.

Cette clause, intégrée au Code de la Consommation comme  Article L. 121—110,  dispose en effet que :  « Tout projet  de modification des conditions contractuelles à l’initiative du professionnel est communiqué par écrit par ce professionnel au consommateur au moins un mois avant son entrée en vigueur, assorti de l’information énoncée de manière claire, précise et visible, selon laquelle ce dernier peut,  tant qu’il n’a pas expressément accepté les nouvelles conditions, résilier le contrat, sans pénalité de résiliation et sans droit à dédommagement, jusque dans un délai de 3 mois après l’entrée en vigueur de la modification ».

La question posée à la DGCCRF par notre association était en apparence très  simple : « Une  augmentation du prix  du propane  doit -elle  être considérée  comme une «modification des conditions contractuelles » au sens de l’article L121-110 ? ». Ce qui aurait pour effet de permettre au consommateur de résilier immédiatement son contrat, dès la première hausse tarifaire non acceptée,  sans que ce dernier ait  à payer la moindre indemnité de résiliation anticipée.   Une petite révolution dans le rapport de force actuel entre consommateurs et propaniers.

Même s’il n’y a pas le moindre signe à l’horizon d’une remontée  prochaine des  cours  du pétrole ou du propane,  il n’y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir que les  prix du propane remonteront un jour. Il n’est donc pas inutile de se préparer aux futures hausses tarifaires  et d’essayer de comprendre dès maintenant ce qui se cache derrière ce nouvel article du Code de la Consommation  (article qui, soit dit en passant,  apporte une avance définitive aux consommateurs par rapport aux professionnels  en matière de protection  contre les hausses  tarifaires).

La DGCCRF, suivant en cela l’opinion d’un avocat que nous avions  consulté durant le laps de temps nécessaire à l’obtention de sa réponse,  nous a confirmé  que le prix étant un élément essentiel du contrat,  une augmentation du prix du propane tombe effectivement sous le coup de l’article L121-110,   « sans préjudice de l’appréciation souveraine des tribunaux » (voir leur courrier en réponse ici).  Ce qui est une manière de dire  « oui,  mais si les tribunaux disent  le contraire,  vous ne pourrez pas nous en tenir rigueur…. »

En clair : si le consommateur, qu’il ait été ou non averti par son propanier, refuse une hausse du prix du propane dans les délais prescrits par la loi (attention : les délais courent à compter de l’entrée en vigueur du nouveau tarif,  et non de la réception par le client de sa facture émise selon le nouveau barème), il peut résilier son contrat par anticipation sans avoir à payer de pénalité de résiliation anticipée.  En cas de résiliation,  le consommateur  devra toutefois  s’acquitter des frais de retrait de citerne et autres frais de repompage s’il décide de changer de propanier  (à moins qu’il ne saisisse le tribunal pour les faire déclarer abusifs – voir nos derniers articles sur Vitogaz dans les archives de ce mois).

Oublions le codicille de la réponse de la DGCCRF,  pour nous focaliser sur leur réponse  un peu trop succincte à mon goût.  Je précise que je n’ai  nullement cherché  à « piéger » la Répression des Fraudes avec une  question volontairement  simpliste : craignant de ne pouvoir obtenir de réponse de cette administration (il a fallu quand même plusieurs mails et plusieurs courriers…),   j’avais  volontairement laissé de côté   la complexité de la question, complexité inhérente à la nécessaire distinction entre « prix » du propane et « tarif » du propane (le « prix » facturé étant la résultante du « tarif » et de quelques autres facteurs).

Je m’explique.

Chez les vendeurs de parpaings ou de placoplatre, lorsque le prix unitaire augmente, il augmente en général pour tous les clients particuliers ou professionnels. Car une fois négociée votre remise tarifaire, il est rare que cette  remise individuelle soit remise en question par la suite : la  réduction accordée par votre fournisseur sur le tarif public  vous accompagnera  tout au long de votre relation avec ce fournisseur. Si le vendeur a oublié par mégarde de vous en faire bénéficier un jour, c’est probablement qu’il n’aura  pas saisi ce jour-là  le bon « code client » au moment de votre passage en caisse.

Ce système de remise  commerciale sur quantité,  qui a l’avantage de la simplicité,  est  beaucoup trop trivial pour les esprits malades des dirigeants des grandes firmes gazières. Dans leur effort permanent  pour rendre toujours plus compliqué et incompréhensible pour le  néophyte   leurs pratiques de brigands, les propaniers  ont inventé un système de remise tarifaire  qui diminue à mesure que le temps passe.   Mécanisme  d’autant plus pervers que,  dans le même temps,  les propaniers vous lient à eux par un contrat exclusif de longue durée.

Dans ces conditions, l’augmentation des tarifs publics  de votre propanier n’est pas toujours LA  cause de l’augmentation du prix unitaire de VOTRE tonne de propane.  En réalité, et sans prétendre à l’exhaustivité,  j’ai dénombré au moins trois facteurs distincts d’augmentation du prix  de votre  tonne de  propane ( ces facteurs varient selon les fournisseurs) :

  • L’augmentation du tarif public de votre propanier (en principe une à deux fois  par an) qui  ne devrait refléter  que les variations du cours du propane sur le marché de gros,  ce qui n’est nullement le cas dans la réalité.
  • La diminution de la remise  (ou du taux de remise)  individuelle   consentie par votre propanier au moment de la signature de votre contrat (diminution qui peut intervenir une fois par an ou une fois par contrat, selon les propaniers).
  • Le changement de catégorie tarifaire survenant à la suite d’une diminution notable de votre consommation de propane (installation d’une PAC, d’un chauffage bois, passage de résidence principale en résidence secondaire, interruption des livraisons …)

La question en apparence anodine posée à la DGCCRF mérite donc d’être posée en réalité dans  chacun des  3 cas énumérés ci-dessus.  Or  la DGCCRF dans sa réponse,  ne s’est   placée que dans le premier cas,  celui qui tombe le plus naturellement sous le sens.

Dans le second cas,  à partir du moment où  la diminution de la remise individuelle  est actée dès la signature du contrat  dans les Conditions Particulières, on voit très difficilement comment elle pourrait être considérée comme une «modification des conditions contractuelles»  toutes choses égales par ailleurs, bien entendu. Dans ce cas, le consommateur ne pourra pas faire jouer l’article de la loi Hamon qui lui permet de résilier son contrat par anticipation « sans pénalités », et ce en dépit du fait que la perte de la remise individuelle  constitue bien souvent l’augmentation tarifaire la plus conséquente de toutes  pendant la durée du contrat.  Tel est le cas notamment  des contrats Antargaz et Vitogaz.  Il y a donc là, à mon sens, une lacune importante dans la rédaction de l’article de loi en question, dont je ne serais pas surpris d’apprendre que les propaniers, malins comme des singes,  en sont à l’origine.  

Si dans certains cas,  la dégressivité de la remise figure bel et bien dans le contrat, ajoutée de la main même du commercial au chapitre des Conditions Particulières, les choses sont beaucoup moins claires dans le cas des contrats  Vitogaz : les prix facturés aux clients Vitogaz, une fois la remise initiale périmée, ont tendance au fil des années à rattraper le tarif « plein pot », selon un mécanisme de  remise dégressive dont on aimerait bien que la DGCCRF (qui a fait une enquête poussée sur le prix du GPL en France) nous explique le mécanisme. Dès lors que les hausses de prix du propane n’ont pas été prévues dans les Conditions Particulières,   l’article L121-110 pourrait être utilisé pour résilier les contrats Vitogaz  par anticipation. En ce qui concerne Finagaz, autre spécialiste des tarifs-publics-délirants-corrigés-par-d’imposantes-remises-individuelles, j’avoue ne pas m’être penché sur la dynamique des prix de leurs contrats.

Dans le troisième cas de figure, les choses apparaissent  plus floues, mais  semblent néanmoins en faveur du consommateur. Je vois mal en effet un juge refuser au consommateur le bénéfice de l’article L121-110  au motif que celui-ci utiliserait beaucoup moins de propane pour se chauffer,  et que le prix de sa tonne de  propane  augmenterait de 300 €  suite au changement de catégorie tarifaire induit par la baisse de sa consommation .  On rappellera ici que dans le cas du fuel domestique l’écart de prix entre une petite commande de 500 litres et une commande normale de 1000 litres n’est que de 30 € sur la facture finale, et non de 300 € comme pour le propane !   Ce cas n’est pas théorique  : nous sommes interpellés par des consommateurs qui ont vécu cette situation sans être en mesure de pouvoir l’anticiper. Ces réajustements  tarifaires peuvent être d’autant plus cuisants pour le consommateur   que  les propaniers qui offrent  les tarifs non remisés les plus bas  (Butagaz et Primagaz pour ne pas les nommer) affichent  la plus forte progressivité tarifaire à mesure que les quantités consommées diminuent. Pas de bol pour les clients de ces deux propaniers qui s’efforcent de consommer de moins en moins de gaz.

Bref,  le débat soulevé par ma question  en apparence anodine à la DGCCRF est loin d’être clos.  On verra bien dans quelques mois, lorsque le propane recommencera à grimper,  comment les juges s’arrangeront  des  approximations rédactionnelles de la loi Hamon. Il eut été infiniment plus simple d’écrire  que le consommateur pouvait résilier son contrat par anticipation à l’occasion de toute augmentation du prix du propane, sans faire allusion  aux « conditions contractuelles » initiales. Mais c’eût été probablement trop demander à des législateurs français qui adorent compliquer les choses…….

Avis sur Antargaz, Butagaz, Primagaz, Finagaz et Vitogaz. Tableau comparatif pour bien choisir son propanier.

Ne pas se tromper au moment de choisir  son propanier est crucial pour le repos de l’esprit et la paix des familles. A fortiori si vous souhaitez une citerne enterrée.

Etre hors d’atteinte des (rares) propaniers indépendants ne rend pas ce choix facile pour celui qui aborde le sujet d’un oeil neuf. Cet article vous donne donc quelques éléments pour  ne pas vous tromper. Il  dresse un  tableau comparatif des quelques  critères qui me paraissent le plus essentiel pour faire un choix éclairé : prix du gaz, qualité du service, et ouverture à la concurrence.

Il s’agit d’une synthèse « personnelle » :  l’association n’a pas procédé à un sondage auprès d’un échantillon de clients des propaniers du CFBP pour remplir ce tableau. D’autre part je n’ai considéré  que la formule « consignation  » de la citerne par le propanier : je n’ai donc pas comparé les différentes  formules de  « location de  citerne », toutes  désavantageuses pour le consommateur.

Voici la liste des critères qui m’ont permis d’établir un classement, avec quelques explications :

  • le prix instantané : on pourrait  comparer séparément les tarifs « nouveaux clients »  et « anciens clients ». Il m’ a paru plus parlant de baser la  comparaison sur le prix en « régime de croisière », c’est à dire pour les anciens clients. Les grilles tarifaires peuvent être très compliquées chez certains propaniers. Aussi notre comparaison ne reflète que des prix moyens constatés auprès des personnes qui  contactent l’Association.
  • l’évolution des prix dans le temps : pour bien comprendre mes commentaires dans le tableau, il faut avoir en tête que le calcul du prix payé par le consommateur dépend d’une part de son barème de référence (lequel évolue selon sa propre « dynamique ») et d’autre part de la remise qui lui a été personnellement consentie , laquelle se réduit automatiquement  à mesure que l’échéance du renouvellement du contrat se rapproche ( sauf dans les rares cas où le prix du gaz est fixe pendant toute la durée  du contrat). Les deux effets peuvent s’additionner ou se soustraire : lorsque le cours du propane augmente, le barème de référence augmente et  les deux effets se cumulent.  Lorsque le cours baisse, il arrive que le barème baisse et  les deux effets,  de sens opposé, peuvent  se soustraire.
  • Courtoisie du service client : c’est le critère le plus subjectif. J’ai compilé  vos récriminations dans ma mémoire ….
  • Frais d’entretien des réservoirs : ils sont encore trop souvent à la tête du client
  • Ponctualité des livraisons
  • Possibilité d’achat  de citernes neuves
  • Possibilité de rachat de la  citerne,  une fois installée chez vous
  • Frais de retrait de la citerne et, le cas échéant du compteur, en fin de contrat

Voici le résultat sous forme de tableur Google Sheet :

 

Les notes figurant  dans chaque colonne doivent être entendues  relativement  aux autres propaniers. Ainsi en donnant  4 étoiles au tarif du gaz de Butagaz, nous ne voulons pas signifier que nous sommes satisfaits de leurs tarifs.  Nous faisons le constat que sur la durée, et compte NON tenu des offres promotionnelles,  les tarifs Butagaz sont les meilleurs que l’on puisse obtenir auprès des grands propaniers sans aucune négociation.

Pour visualiser le même tableau sur une  pleine page d’écran, cliquez sur le lien ci-dessous  ( impression du tableau possible sur une page au format Paysage) :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1NXpccnsHbKicIL9Hs6S7drqmBpGv4hVnP5sMZaV5ITw/pubhtml

Vos commentaires et réactions à ce tableau comparatif sont les bienvenus, que vous soyez content ou mécontent du traitement réservé à votre propanier. Dans le cas où votre avis divergerait trop nettement du mien, je vérifierai, avant de mettre votre commentaire en ligne, que vous n’êtes ni un alien ni une de leurs créatures…

Ces évaluations n’ont évidement  rien de définitif. Force est de constater cependant que mes notes globales, et le classement qui en résulte,  n’ont  pas changé depuis la création de l’Association en 2012.

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