Association Défense des Consommateurs de Propane

Accueil » Prix

Archives de Catégorie: Prix

Ecarts de prix ahurissants sur le gaz en citerne : l’autre scandale qui justifie la colère des gilets jaunes

« Les imbéciles ne prêtent attention qu’à ce qui leur fait peur » Georges Bernanos

 » Le point commun entre les grands médias  et l’Etat, et à vrai dire,  la raison de leur entente cordiale, c’est qu’ils s’autorisent mutuellement à pratiquer  la dissonance cognitive. Ce qui leur permet le même jour de déplorer le danger  du réchauffement climatique et de se féliciter de la vente d’un millier d’Airbus. Cette sorte d’écologie schizophrénique  produit un effet dévastateur sur le comportement des consommateurs, en leur interdisant de prendre aujourd’hui les décisions qui s’imposeront demain avec d’autant plus de brutalité  »  ( Denis P.   Journal d’un transfugé )

 

Il faut que la révolte gronde  pour que la télévision française cesse d’être le pensum qu’elle est devenue, et nous invite à poser un regard neuf sur le prétendu désintérêt  de nos compatriotes pour la chose politique. A vrai dire , il aura fallu la révolte des gilets jaunes pour me rendre la fierté d’être français (*). Si vous avez raté les différentes émissions qui leur ont été consacrées,  et notamment celle où Xavier Mathieu, ex leader CGT de Continental devenu comédien et acteur de cinéma, se paye la tête de Ruth Elkrief et de Stanislas Guérini, en dénonçant leur « mépris de classe »,  je vous invite à  les regarder sur Internet dans leur version longue et intégrale. Si seulement  on  pouvait donner à chaque  ouvrier la possibilité, ou  la chance  de devenir acteur de sa propre vie,  mon camarade de promotion Geoffroy Roux de Bézieux, patron du MEDEF – et avec lui l’ensemble du patronat français ripoliné aux accents du nouveau monde – aurait un peu plus de mal à trouver le sommeil, le soir venu.  Et ce ne serait que justice : il faudra bien un jour que l’insomnie change de camp.

N’est-ce pas pour éviter que le peuple sorte de sa torpeur et ne soit contaminé à force d’écouter la colère des frondeurs, n’est-ce pas pour empêcher que les télévisions ne laissent  les « factieux » pointer du doigt l’autisme d’une bourgeoisie et d’un gouvernement aux abois, qu’il est désormais urgent que le gouvernement Philippe enclenche la marche arrière,  après avoir allègrement piétiné les droits des salariés ?  Pour le moment le gouvernement n’a pas encore reculé sur la TICPE du propane. Mais attendons de voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines. La démission probable du gouvernement Philippe va mettre un point final à la baraka de Macron. Il n’est pas exclu que la TICPE du propane se retrouve imputée prochainement sur les profits faramineux  des 4 firmes multinationales qui assurent 99 % de la distribution du gaz en citerne en France. Cela éviterait de laisser ces firmes répercuter  l’intégralité de ladite taxe sur le dos des populations rurales suffisamment ponctionnées par ailleurs.

J’ai ouï dire par la bande que certains professionnels du GPL se seraient d’ailleurs émus récemment  du montant de la TICPE désormais imposée aux consommateurs de gaz en citerne.  Trop gentil  ! Merci de penser à nous !  Ces âmes sensibles tenteraient  d’amadouer les pieds nickelés qui nous gouvernent,  afin de ramener cette taxe à des niveaux plus raisonnables.  Il faut dire qu’avec la perspective de payer  le propane 330 € de plus (HORS TVA) d’ici 5 ans, le gouvernement n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, ni même avec le dos de la louche.  Le seul niveau raisonnable pour une soi-disant taxe carbone, lorsque le fournisseur  peut allègrement, et sans craindre la concurrence,  multiplier par un facteur 3, 4 ou 5 son prix d’achat au moment de la revente, c’est ZERO taxe pour le consommateur : au fournisseur  de se débrouiller pour absorber le poids de la taxe dans sa marge brute.

Pendant ce temps,  le cours du propane sur le marché ARA a atteint son plus bas niveau depuis deux ans à 415 dollars la tonne. Enième retournement du prix du baril de Brent.  La baisse importante des exportations iraniennes de GPL  depuis le mois de  novembre, imputable aux récentes sanctions américaines, n’a pas modifié les fondamentaux du marché. Pour la troisième année consécutive le prix du propane a varié de manière contracyclique,  augmentant d’avril à octobre, avant d’effacer en quelques semaines d’un début d’hiver particulièrement doux,  les hausses progressives de ces deux dernières années.

Cette baisse du cours du propane ne s’est pas encore répercutée, loin s’en faut, sur les prix du propane à la consommation.  Inutile de revenir sur  les méthodes utilisés par les  gaziers et pétroliers pour profiter des périodes de baisse des cours. La moyenne des prix de vente du propane aux consommateurs,  relevés par les services du ministricule De Rugy ( fort justement rhabillé pour l’hiver par le susnommé Xavier Mathieu),  n’a jamais été aussi élevée depuis 2015. A la décharge des grands propaniers, les propaniers les mieux à même de répercuter rapidement  la baisse des coûts d’approvisionnement sur leurs prix de vente sont les petits propaniers indépendants : leurs contrats d’approvisionnement, s’ils en ont,  sont de courte durée.  D’autres, comme Gaz Liberté, se contentent d’acheter  au mois le mois sur le marché spot, assumant  le risque de se retrouver à sec en cas de difficultés d’approvisionnement dans les raffineries.

Ainsi un propanier qui achète  20 tonnes de vrac à 370 Euros la tonne (soit 415 $) plus coût du  transport depuis Anvers,  revend aujourd’hui ce même propane en moyenne 4 fois plus cher à une clientèle de consommateurs français totalement captifs. Aucune taxe ne vient gréver cette marge brute, contrairement aux carburants.  Ces prix de vente moyens cachent en réalité des écarts de prix et des injustices proprement scandaleuses. Injustices qui vont aller en s’empirant avec la mise en place de la nouvelle TICPE sur le propane  décidée par Macron sans vision d’ensemble du problème du prix du propane vrac en  France. Voyons les choses en détail.

Je limiterai mon propos au seul marché du  chauffage des bâtiments privés ou professionnels au gaz de citerne, lequel recouvre le petit et moyen vrac ( soit 1 tonne à 10 tonnes par an et par bâtiment ) :  l’échelle de prix constatée pour le propane à usage de chauffage de bâtiments (tous secteurs d’activité confondus) s’étend, à ma connaissance, de 630 € HTT à 2300 € HTT.  A ce stade on ne peut plus parler  d’une « échelle de prix »  mais d’un « escalier vers l’enfer ».

Au plus près des  portes de l’Enfer, on trouve  des dizaines de milliers de consommateurs ayant signé un contrat depuis plus de 10 ans et qui ne se sont jamais donnés la peine d’étudier l’opportunité de changer de  fournisseur. Cette catégorie est peuplée de personnes âgées, de laissés pour compte, de veuves, de consommateurs qui n’ont jamais été détrompés dans leur croyance que le gaz propane est régulé au même titre que le gaz de ville, de naïfs, et de gestionnaires peu regardants de leurs dépenses quotidiennes.  La plupart des consommateurs disposant d’un contrat d’approvisionnement plus récent se situent dans une fourchette de 1400-1800 € HTT.

A l’autre extrémité de l’échelle  (630 € à 750 € HTT)  on trouve une majorité  d’aviculteurs chauffant des entrepôts à volaille, des éleveurs de tous poils (cuniculteurs) et de toutes plumes (ostrichiculteurs) regroupés au sein des FDSEA, des établissements d’enseignement privés,  des établissements hôteliers  et même des propriétaires de gîtes qui connaissent les bonnes adresses.

La tranche au dessus (750 € à  900 €) regroupe essentiellement le logement social (offices privés ou publics de HLM)  pour ceux du moins qui n’ont pas encore été dégoûtés du gaz en citerne par les méthodes commerciales des propaniers. C’est  un cran au dessus, dans la tranche 950 -1100 € qu’on trouve les contrats signés avec les particuliers lorsqu’ils se décident à changer de propanier, tandis que la tranche immédiatement au dessus ( 1100-1200 €) est réservée au renouvellement des contrats avec ces mêmes particuliers pour autant qu’ils soient propriétaires de leur logement. S’ils n’en sont que locataires, le renouvellement du contrat se monnaiera avec la mafia du gaz dans les 1500-1600 €/tonne.

Il importe de comprendre que ces tranches de prix ne correspondent à aucun « prix de marché ». Elles sont purement et totalement arbitraires : personne ne sait du reste comment on en est arrivé un jour  à une telle stratification des prix. Ainsi, à condition de connaître les bonnes adresses, tel propriétaire d’hôtel  fortuné,  dont l’unique 4 étoiles  logé dans un château Renaissance aux plafonds accrochés  à 3 mètres de hauteur,  consomme « seulement » 4 tonnes de propane à l’année, paiera son propane 25 % moins cher que tel office HLM d’un département rural qui gère 800 citernes de gaz pour le compte de populations déshéritées,  et achète un millier de tonnes de propane à l’année à deux ou trois propaniers !  Bien entendu nous devons ce résultat stupéfiant  à l’absence totale de transparence des prix sur le marché du propane vrac, absence imputable aussi bien aux pratiques commerciales délétères du cartel du gaz en citerne, qu’à l’inefficacité « durable » de nos autorités de la concurrence, lesquelles ne sauraient prétendre ignorer le problème.

Pour revenir aux aviculteurs, profession  chouchoutée par les propaniers,   il n’existe pas de stricte corrélation entre le prix d’achat du propane et la surface des bâtiments exploités (et encore moins avec la qualité de leur isolation). Seuls entre en ligne de compte l’appartenance  syndicale ou sociale de l’agriculteur (son adhésion à un syndicat professionnel ou à un groupement d’achat) et sa capacité de négociation personnelle.  Encore faut-il préciser que l’écart de prix du gaz en citerne entre éleveurs de volaille ne dépasse guère, à ma connaissance,  100 € par tonne à travers l’hexagone. Tout se passe donc comme s’il existait un prix plancher et un prix plafond pour toute personne se réclamant de la profession avicole. Rien à voir avec des écarts  constatés de 1500 € par tonne entre les consommateurs les mieux traités  et les consommateurs les plus abusés  par le cartel.

evolution-prix-gaz-720x244

Evolution du prix moyen du propane payé par les aviculteurs français ( Source : Paysan Breton )

Pour des raisons historiques et de commodité d’usage, le propane est l’énergie de chauffage qui dispose d’un quasi-monopole pour le chauffage des fermes avicoles.  Un hangar à volaille mal isolé va consommer en moyenne 8 kg de propane par m2 chauffé et par an. Ce chiffre peut descendre à 4,5 kg de propane par m2 en cas d’isolation et d’étanchéité performante des 3 parois sol, murs, plafond. La taille moyenne d’un bâtiment d’élevage est de 1200 m2.  Que le bâtiment d’élevage soit une passoire thermique ( seuls 1/3 des élevages ont été remis aux normes d’isolation)  ou qu’il soit parfaitement isolé, n’a pas d’incidence sur le prix du propane acheté.

En raisonnant  hors taxes,  et au vu de la différence tarifaire entre aviculteurs et consommateurs, il en coûtera donc à peu près le même prix de chauffer confortablement un grand pavillon moyennement isolé de 350 m2 (consommation estimée 2,5 tonnes par an ) et un bâtiment avicole de 1000 m2 mal isolé (consommation estimée à 8 tonnes par an). On comprend dans ces conditions, que ne pas vouloir  toucher aux marges somptuaires des propaniers équivaut à faire subventionner par les SEULS foyers ruraux chauffés au propane,  les factures de propane des élevages avicoles afin de permettre à ces derniers de bénéficier de tarifs  moins onéreux.  

Puisque nos gouvernements refusent d’exiger de la part des distributeurs une transparence  des prix sur les différents segments de marché du propane vrac, et qu’ils refusent dans le même temps d’obérer la marge des propaniers, force est de constater qu’ils estiment donc  normal que  500 000 foyers français  subventionnent le  propane alloué à la  production de centaines de  millions d’œufs et de poulets consommés chaque année par 60 millions de français (plus ceux consommés par les millions d’étrangers qui achètent  nos poulets et nos poussins d’exportation).  C’est un élément d’explication sérieux de l’écart de prix faramineux constaté en France entre propane agricole et non agricole.

A l’inverse si le gouvernement acceptait de  ne plus fermer  les yeux sur la différence de niveau de prix entre propane agricole / avicole et propane résidentiel,  les crânes d’œufs qui nous dirigent s’éveilleraient probablement  à l’idée que  faire supporter les bas prix du propane agricole  non pas aux seuls familles et entrepreneurs ruraux,  mais à l’ensemble des consommateurs de volaille de France et de Navarre  citadins y compris, constituerait un premier pas vers le rétablissement de la justesse des prix sur le marché résidentiel du gaz en citerne. 

Je vous vois venir. Vous allez me dire qu’il n’y a pas tant d’éleveurs de volailles que cela en France et que l’impact de ce transfert indirect en faveur des aviculteurs  au détriment des ruraux non agricoles,  doit être relativement minime.

A cela je répondrai deux choses : d’une part je n’ai pris que l’exemple de l’aviculture pour limiter mon propos au seul  chauffage des bâtiments.  Les céréaliers consomment globalement des quantités de propane  bien plus importante que les aviculteurs pour le séchage des céréales,  et ils payent ce propane à des tarifs notablement inférieurs à ceux payés par les éleveurs de volaille. Segundo,  la différence entre les niveaux de prix du propane agricole et non agricole en France est tellement gigantesque, tellement artificielle ( pour des consommations de niveau comparable dans le cas des aviculteurs )  qu’elle doit nécessairement reposer sur une péréquation tarifaire favorisant  le monde agricole aux dépens des populations non agricoles.

Argumentation.

Vous ignorez très certainement combien la France dispose de mètres carrés de bâtiments d’élevage de volaille, toutes espèces de volatiles confondues (poule, canards, oies,  lapins volants….). Vous ne devinerez jamais.  26 000 000 de m2. J’ai trouvé ce chiffre sur un site de la profession. Il ne s’agit pas d’une estimation car la profession connaît  le détail de ce chiffre par département et même par canton. Vous avez donc bien lu :  26 millions de mètres carrés. Vous imaginez la quantité d’oeufs,  de poussins et de poulets qui s’ébattent joyeusement à l’échelle de la France !

Puisque selon l’INSEE une maison rurale  a une superficie moyenne de 120 m2, ces 26 millions de m2  représentent une surface équivalente à  215 000 maisons rurales de taille moyenne  dont les 2/3 sont de véritables passoires thermiques puisqu’elles n’ont fait l’objet d’aucune rénovation depuis leur construction ( l’âge d’or de la construction des volaillers industriels date des années 80). A raison de 2,25 personnes par ménage (moyenne de la province, chiffres Insee 2012), l’aviculture française nécessiterait  en permanence les même besoins de chauffage qu’une ville de 500 000 habitants, soit la taille de la ville de Lyon ( à supposer que la température ne soit pas plus élevée dans les volaillers que dans les habitations). 

Reprenons donc : dès lors que  le gouvernement ne touche pas à  la profitabilité globale des propaniers,   les 500 000 foyers français qui payent le propane à prix d’or subventionnent en réalité le chauffage de 215 000 habitations destinés à engraisser les   poulets  dont les 2/3 sont de véritables  passoires thermiques : sol en terre nue, murs en carton pâte, structure métallique à pont thermique garanti, toitures en amiante-ciment. Ce qui représente  une demi-maison en plus à chauffer pour chaque foyer rural chauffé au propane.

 

toiture-amiante-2

Les communes rurales rechignent à payer le désamiantage de milliers de bâtiments avicoles abandonnés construits du temps de l’âge d’or de l’amiante. Le Morbihan est un des départements les plus touchés par cette catastrophe agricole largement passée sous silence

Par quel miracle  les professionnels de la volaille  parviennent t’ils à obtenir en permanence des niveaux de prix HORS TOUTES TAXES inférieurs de  moitié au prix payé par les consommateurs,  dans un système qui maintient la plus parfaite opacité sur ces prix ? Un tel écart ne peut s’expliquer par les volumes de consommation. Mon hypothèse est que les pouvoirs publics incitent les propaniers à maintenir le gaz à bas prix au bénéfice des seuls agriculteurs  tout en autorisant librement  les propaniers à se refaire une marge sur le dos des ruraux n’exerçant pas de profession agricole.

Ce n’est qu’une hypothèse,  mais elle a l’avantage de rendre compte du fait que les gouvernements successifs n’ont jamais daigné améliorer véritablement  la concurrence et la transparence des prix dans le propane vrac, malgré de timides efforts accomplis ces dernières années en direction du marché résidentiel. Cette hypothèse expliquerait aussi pourquoi ces mêmes autorités n’ont  jamais questionné  l’écart de prix proprement ahurissant entre  propane domestique et  propane à usage agricole.

Rétablir une transparence des prix impliquerait (entre autres choses) de remettre en cause l’iniquité des écarts  tarifaires sur le marché du propane vrac. Il ne s’agit pas de discuter de la nécessité de garantir aux agriculteurs un prix suffisamment bas pour  favoriser la compétitivité de notre agriculture. Il s’agit juste de prendre acte du fait  que les ruraux chauffés au propane ne sont pas assez nombreux pour pouvoir, à eux seuls, supporter le coût de cette compétitivité. Il est à craindre, malheureusement,  que cette ponction sur le budget des familles rurales  continuera aussi longtemps que nos gouvernements refuseront de toucher aux marges mirifiques des propaniers.

Et s’il n’y avait que cela à redire…..

Au lieu de profiter de l’imposition du propane à la TICPE,  dont le principe n’est pas contestable,  pour tenter d’atténuer les écarts de prix gigantesques et mettre fin aux abus de prix sur le propane résidentiel, Macron a réussi le tour de force consistant à  accentuer  les inégalités de prix grâce à cette taxe carbone. Bref il a fait exactement  l’inverse de ce qu’une analyse objective des faits aurait dû le conduire à décider. Mais nous parlerons de cette nouvelle affaire dans un  prochain article sur le scandale de la TICPE du propane.

——————————————————————————————-

Mise à jour du 10/12/2018 : Les moments de grâce se multiplient en ce moment à la télévision : voyez cette vidéo où un journaliste aux ordres accuse un manifestant d’être un faux gilet jaune traduisant la crispation de la caste des nantis qui n’imagine toujours pas  perdre demain  le bénéfice de la liquidation du patrimoine français promise par Macron et sa bande.

( *) Après avoir écrit ces lignes, je découvre que ces mêmes mots ont été employés par Emmanuel Todd, lui-même repris par Etienne Chouard.

PS 1 : je n’utilise ni Tweeter ni Facedebouc mais si vous voyez un intérêt à faire circuler cet article sur les réseaux sociaux, ne vous gênez surtout pas.

PS 2 : Depuis l’écriture de cet article, j’ai pris le temps de rattraper mon retard.  Ce qui me bluffe le plus dans le mouvement des gilets jaunes, c’est l’apparition d’un OVNI politique DEJA CONSTITUE dans le ciel de France, OVNI ayant jusqu’à présent échappé à la vigilance des radars de la caste et opérant  dans le maquis des réseaux sociaux.

Du chauffage au fuel comme signe extérieur de pauvreté, à la question du prix du propane comme énergie de substitution

 

 

« Le diesel est devenu un signe extérieur de pauvreté. » En pleine mobilisation de « gilets jaunes », le magazine  automobile Argus a comparé, pour chaque département, le pourcentage de véhicules roulant au gazole dans le parc de véhicules particuliers, avec le taux de ménages non imposables.

Il en ressort deux cartes de France très semblables : les départements où habitent le plus de ménages non imposés sont généralement aussi ceux où circulent le plus de véhicules diesel. Il s’agit de départements urbanisés mais marqués par la désindustrialisation (Nord, Pas-de-Calais, Moselle) ou de territoires ruraux et excentrés. En revanche, les zones urbaines dynamiques (Ile-de-France, Lyonnais, Nantes, Bordeaux, Toulouse, etc.) présentent la physionomie inverse. C’est aussi le cas de territoires ruraux plus prospères (Côte d’Or, Loiret…).

« En raisonnant à l’échelle de l’unité départementale, preuve est faite que les plus fragiles seront les plus impactés par les mesures anti-diesel »,conclut l’éditorialiste  de la revue.

Il faut toujours se méfier des tentatives des classes aisées d’instrumentaliser les études concernant les classes moyennes ou défavorisées, dans le but d’obtenir ou de préserver leurs « privilèges ». En l’occurrence les classes aisées faisant beaucoup moins de kilomètres en voiture pour se rendre au travail,  du fait  qu’elles ont les moyens d’habiter près de leur lieu de travail ( tout en faisant beaucoup plus de kilomètres pour leurs loisirs : week-ends à Deauville et vacances de ski compris),  on ne voit pas trop comment cette étude pourrait être instrumentalisée à des fins politiques par les riches lecteurs de l’Argus.

On considérera donc que les résultats obtenus par cette étude reflètent l’amère réalité de l’utilisation du diesel en France. Du reste ces  résultats rejoignent le bon sens : qui a eu la possibilité de changer son véhicule,  et donc de changer de carburant durant ces 12 derniers mois, depuis l’annonce du changement de politique concernant le diesel,  sinon ceux qui changent d’ordinaire le plus facilement  de véhicule  (ainsi que ceux qui, comme moi, changent de véhicule très rarement,  mais ont eu un grave accident de voiture qui tombait à pic …) ?

photo ruralité

Les ruraux en France ne sont pas des agriculteurs (8% seulement) mais essentiellement des employés et des ouvriers….

Par tant, il est légitime de se poser la même question à propos du fioul : le fioul est-il l’énergie préférentielle des pauvres en milieu rural ? Etant donné  le prix moyen  du propane d’une part, le prix de l’électricité  et le prix d’achat d’une pompe à chaleur d’autre part, il est évident que le fuel EST l’énergie  privilégiée des mal logés en milieu rural. Si tel n’était  pas le cas, la proportion entre ruraux chauffés au propane, et ruraux chauffée au fuel ne serait pas de 1 contre 7.

Pour avoir tenté de convaincre de la pertinence de  rester au  propane des dizaines de pères de famille prêts à passer au fuel, après qu’ils aient découvert sur ce site (et ailleurs) les détails de  l’arnaque au propane  à l’occasion de l’achat de leur première maison équipée au gaz, je me doute bien que des dizaines de milliers de personnes en France se chauffent aujourd’hui au fioul uniquement pour ne pas avoir à se coltiner les mensonges des commerciaux appointés par le cartel du gaz en citerne.

C’est notamment le cas de TOUS  les petits  artisans plombiers que je connais, qui, bien placés pour connaitre les limites des offres commerciales des propaniers, ont tous viré leur citerne de gaz  au moment de prendre possession de leur nouvelle demeure à la campagne. Contrairement à la grosse entreprise de plomberie dont le patron accepte (ou acceptait) volontiers de toucher des commissions sur les parrainages de clients, la plupart des petits artisans sont trop proches de leurs clients pour avoir la moindre patience vis a vis de ce genre de magouilles.

Dans ces conditions il serait pour le moins indélicat que le gouvernement force ces milliers de réfractaires au propane, souvent désargentés, à retourner dans les mains du cartel du gaz en citerne SANS CHANGER au préalable LES PRATIQUES ABUSIVES du cartel, laissées intactes par la loi Hamon. Pour ceux qui sont situés trop loin du réseau de gaz de ville, le propane reste l’énergie de substitution au fioul la plus pratique et la plus abordable (car la plus facile à mettre en œuvre) dès lors qu’on n’a pas les moyens d’investir dans une PAC.

On peut donc se poser la question de la pertinence économique  de la décision du gouvernement d’imposer à ces mal logés le changement de leur système de chauffage sans leur donner les moyens de financer NON SEULEMENT le changement de leur système de chauffage, ce que l’aide gouvernementale promise de  3000 ou 3500 € est « censée » couvrir  (sauf qu’acheter et installer  sa citerne de propane n’a malheureusement rien à voir avec acheter et installer sa citerne de fuel ), MAIS AUSSI l’augmentation de leur  budget annuel de chauffage. Or cette augmentation du budget de chauffage est garantie dans TOUS LES CAS  où le consommateur ne pourra pas s’offrir une pompe à chaleur et n’aura pas non plus la possibilité de se chauffer  majoritairement au bois.

Les réflexions qui précèdent m’amènent à la conclusion que, dans le cadre du Fuxit ( Fuel-Exit),  le gouvernement devrait se poser deux questions qui me paraissent revêtir une certaine importance :

  1. la modulation du  montant de  l’aide au Fuxit selon le niveau de revenus du foyer du fait du très grand écart de revenus entre consommateurs de fuel.
  2. la résorption des entraves à la concurrence sur le propane,  comme énergie de substitution au fuel, pour en abaisser durablement le prix en France.

La solution  réglementaire (c’est à dire extra-judiciaire) préconisée par l’ADECOPRO  pour rétablir une  concurrence mise à mal par le cartel :

a)  interdire aux propaniers de faire payer les frais de retrait de citerne : pour ceux qui ne souhaitent pas acheter la citerne, le choix des propaniers devrait se limiter à acquitter ces frais en début du contrat,  ou amortir ces frais d’installation et de retrait à travers le prix du propane pendant la durée du contrat initial.

ou bien

b) caper les frais de retrait de citerne au montant réellement payés par les propaniers auprès de leurs prestataires ( 130 / 150 € ) de sorte que les consommateurs non propriétaires de leur réservoir n’aient à payer que des sommes minimales  pour pouvoir changer de fournisseur.

 

 

 

 

Prix du propane au plus haut, cours du propane au plus bas : les propaniers trinquent et nous on déguste !   

 

Interview sur France Info le 15 novembre 2018. France Info, la radio dont la mission est de vous faire aimer Macron et ses sponsors….

Question : Soutenez-vous la mobilisation des « gilets jaunes » ?

Réponse d’Alain Bazot (président de la plus grande association de consommateurs). Non, on ne soutient pas parce dans ceux qui se mobilisent il y a ceux qui disent il faut arrêter les taxes, il ne faut pas de taxes. Ce n’est pas ce qu’on dit. On dit qu’il faut des mesures de compensation efficaces pour ceux qui sont dans la captivité sinon on est dans la taxation punitive.

———————————————————————————————————-

Le patron de l’UFC ne soutient pas les gilets jaunes ! Il m’arrive le plus souvent de partager l’avis d’Alain Bazot,  mais pas cette fois-ci. Visiblement sommé par France Info de sortir de son silence pour venir à l’aide du gouvernement, le grand manitou des consomm-acteurs de France  explique qu’il ne peut pas appeler à manifester demain  avec ceux qui réclament moins de taxes sur les produits pétroliers et entendent  paralyser le pays pour mieux se faire entendre du gouvernement.  S’il  s’agissait uniquement  de demander la  suppression de la taxe carbone, je pourrais être d’accord avec  Bazot : seuls les libéraux les plus dangereusement endoctrinés peuvent encore s’indigner du verdissement de la fiscalité, quand on connait  l’efficacité des mesures  fiscales pour « orienter »  le comportement des consommateurs.

Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit,  dans le cas particulier du propane,  de savoir si l’Etat macronien se donne aujourd’hui TOUS  les  moyens, en échange d’une fiscalité alourdie, de redonner des couleurs à la concurrence afin d’éviter les  rentes de situation qui contribuent à comprimer toujours plus le pouvoir d’achat des ruraux. Et il s’agit en même temps de savoir si la nouvelle TICPE sur le propane va réellement servir à aider les consommateurs à sortir des énergies carbone. Sur l’électricité ou le gaz naturel la concurrence existe; sur le fuel et le bois de chauffage,  la concurrence est vive. Sur le propane, la concurrence n’existe que dans l’imagination des fonctionnaires de Bercy. Si l’on fait le bilan de l’évolution de la concurrence sur le marché du propane vrac ces dix dernières années en France, la situation n’a réellement évolué dans un sens favorable aux consommateurs que dans la seule zone où le Groupement Propane Libre est présent et solidement installé.

Pourquoi ? Parce que les gouvernements qui se suivent et se ressemblent n’ont jamais voulu imposer aux propaniers les conditions d’une véritable concurrence, en mettant fin aux simagrées des propaniers sur les citernes.  Le résultat est que nous avons le prix du gaz en citerne le plus élevé d’Europe auquel se rajoute à présent la fameuse taxe carbone.  Aucune des évolutions imposées par la loi Hamon depuis 2014 ( contrat de 5 ans et possibilité de résiliation en cas de hausse tarifaire) n’ont hélas contribué à ramener le propane à un prix décent. La concurrence reste annihilée, entre autres raisons, par l’obligation faite au consommateur de s’acquitter de frais de retrait de citerne exorbitants  en cas de changement de fournisseur. Des frais  tellement élevés qu’il faut être aussi aveugle qu’un inspecteur de la DGCCRF coincé dans une citerne de gaz, pour refuser de sanctionner ces pratiques comme autant d’entraves délibérées à la libre concurrence. Dans ces conditions,  taxer le propane à la TICPE à hauteur de 330 € par tonne à l’horizon 2022,  comme vient de le décider  le gouvernement,   équivaut à un coup de poignard supplémentaire dans le dos des familles rurales.

A  propos de « familles rurales », on a guère entendu dans les médias dernièrement  l’association de consommateurs éponyme. La Fédération des Familles Rurales reste aux abonnés absents tant sur la question de la nouvelle TICPE du propane, que sur la question du prix des carburants. Aucune mention non plus de la manifestation du 17 novembre sur la page « Actualités » de la Fédération Nationale, laquelle  revendique pourtant 180 000 familles en France, soit mille fois plus que l’ADECOPRO.  Seule la Fédération de Corrèze des Familles Rurales sonne le tocsin en  lançant sa propre pétition sur Change.org.  Faut-il y voir la manifestation de ce que ce département compte le plus grand nombre de familles portant le patronyme « Peyrat » en France ?

 

Yellow propane tank

Les nouveaux  gilets jaunes de l’ADECOPRO

Quant  au Parti Socialiste,  il a perçu  dans cette affaire de gilets jaune un moyen de se redonner des couleurs. Alors que le gouvernement met en ligne un simulateur de GAIN  de pouvoir d’achat  pour tenir compte  de la baisse annoncée de la taxe d’habitation pour les foyers les plus modestes, le PS  contre attaque avec un simulateur de BAISSE du pouvoir d’achat imputable aux hausses successives des taxes sur les  carburants et les combustibles,  oubliant au passage de prendre en compte la problématique du propane :  l’option  « chauffage au gaz » apparaît dans le simulateur  comme s’il n’existait qu’un seul type de  gaz pour se chauffer  !  Ce n’est pas en traitant de manière aussi désinvolte les consommateurs de propane durement frappés par les nouvelles taxes,  que la palanquée de bourgeois qui préside aux destinées du PS depuis des lustres  ( bourgeois signifiant littéralement « habitants des bourgs »  pour qui le  « gaz » ne saurait exister, donc, que sous la forme de « gaz de ville ») va parvenir à reconquérir les campagnes. Mais, bon, à l’inverse, me direz vous : qui se soucie encore du PS dans nos campagnes ?

La question de la mobilité dans les territoires ruraux semble traitée par les gouvernements successifs avec la même absence de vision ou de réflexion que la question du gaz en citerne. On continue de construire des rond-points et des chicanes un peu partout à des prix exorbitants, comme si le seul objectif des politiques publiques  de déplacements devait être de fluidifier le trafic automobile. Pendant ce temps,   je n’ai jamais vu pousser la moindre aire de co-voiturage dans le sud des Yvelines.  Pas plus que je n’ai vu  la moindre campagne d’information pour inciter ceux qui veulent se passer de la voiture,  à se regrouper à hauteur des arrêts de bus pour faire de l’auto-stop. Et serait-ce trop compliqué de disposer d’enseignes lumineuses  au niveau de ces arrêts de bus  afin de signaler aux automobilistes de passage  que la personne qui attend à l’arrêt est preneuse  d’une voiture qui voudrait bien l’amener dans le village dont le nom serait affiché sur le panneau ? Quand on pense à tous les panneaux publicitaires qui saccagent les paysages à l’entrée des villes, disposer d’informations aidant les ruraux  à se déplacer à moindre frais ne devrait pas être trop compliqué. Pour multiplier les « arrêts mobilité »  en bordure des départementales, au niveau des villages, hameaux  et carrefours, et y installer une signalétique décente visible par les automobilistes de jour comme de nuit, je propose d’instaurer un impôt nouveau  sur tout affichage commercial dont les dimensions seraient supérieures  à la taille d’un radar routier,  ou d’un panneau de limitation de vitesse. On ne pourra pas entreprendre de choses intelligentes sans taxer demain ceux qui nous entendent nous maintenir dans leur médiocrité intellectuelle, que dis-je leur bassesse.

Vous voulez une autre idée pour décarboner l’atmosphère ? Adaptez  le prix des cartes grises et le tarif du malus écologique en proportion inverse du nombre de places dont dispose le véhicule à moteur.   Vous avez une moto ou une Ferrari qui ne peut emmener qu’un seul auto-stoppeur en plus du chauffeur ? Carte grise à 5 000 €  ou 10 000 € . Vous pouvez emmener 8 auto-stoppeurs dans votre van ?  Pas de malus et carte grise remboursée intégralement,  à condition que vous acceptiez de coller un grand autocollant en haut de votre pare-brise pour signaler aux piétons (et à ceux qui attendent le bus)   que vous êtes disposé à faire profiter la cantonade des  sièges vacants dans votre véhicule. Les idées sont légion. Il faut juste engager les gens à réfléchir différemment.  Un changement de mentalité qui sera sans nul doute extrêmement profitable pour recréer du lien social dans les campagnes.

Plus on aménagera les bas-côtés des routes pour que les voitures puissent s’arrêter en toute sécurité le temps de charger un piéton ou même un vélo, plus on adaptera le format des voitures au transport collectif,  moins les gens se sentiront obligés de prendre leur voiture.  Il est temps que les industriels et les élus envisagent la mobilité du quotidien sous l’angle du partage :  la possession d’une voiture ne doit plus constituer la norme indépassable de la mobilité.  Le travail des élus notamment, doit consister à mettre en place les équipements et les aménagements favorisant le partage systématique des capacités de transport. Le pétrole bon marché nous a rendu très bête. Il est plus que temps de redevenir intelligent.

Pour finir imposons  le kérosène des avions à la taxe carbone pour restreindre l’usage intempestif de ce dernier. La France ne peut prendre cette décision seule sur les vols internationaux du fait des conventions internationales, mais elle peut  montrer l’exemple en taxant le kérosène sur les vols intérieurs. Une décision à laquelle la girouette De Rugy était favorable quand il paradait jadis chez les Verts, mais qu’il trouve désormais inappropriée. Il n’y a pas que le pétrole bon marché qui rend con. La fréquentation des lobbies au quotidien aussi.

Au final , la politique de gribouille du gouvernement actuel  et son indifférence aux réformes susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat des populations rurales se traduit très logiquement dans le cas du propane par les deux aberrations de prix suivantes :

  • Alors que le propane vrac de chauffage est vendu en moyenne (novembre 2018)  sur le marché allemand à 45 centimes d’Euro le litre ( sur le marché libre des acheteurs   propriétaires de leur citerne) soit un peu moins de  900 € la tonne hors taxe, le prix moyen hors taxe en France tourne autour de 1515 €/t (source : base Pégase pour septembre 2018 ) soit plus de 50 % de différence en traversant le Rhin. Et on peut trouver beaucoup plus cher en France, notamment parmi les personnes âgées dont les retraites s’étiolent au fil des ans. Notez bien que cet écart de prix hors TVA est appelé à doubler dans les années à venir du fait de l’augmentation de la TICPE de ce côté-ci du Rhin.
  • Alors que le cours du propane sur le marché de gros d’Anvers (Belgique) s’est littéralement écroulé depuis le  début du mois d’octobre dernier, perdant un tiers de sa valeur en 6 semaines, passant de 650 à 450 $/tonne,  le propane n’a jamais été vendu aussi cher en France depuis 3 ans. Le  graphique ci-dessous retrace l’évolution du cours du propane CIF ARA (Europe du Nord) sur les 24 derniers mois. La comparaison entre ces cours,  et les prix de vente  indiqués sur vos factures est à la mesure de l’arnaque française du gaz en citerne….

Propane CIF ARA 24 mois

Cherchez l’erreur: soit elle se cache sur ce graphique, soit elle se cache sur votre dernière facture de gaz !

Voilà pourquoi nous devons aller manifester demain au risque de polluer un peu plus l’air de nos villes et de nos campagnes : nos gouvernements doivent arrêter de nous faire prendre leurs vessies pour des lanternes et se mettre au travail pour implémenter de  VRAIES solutions. On reconnaîtra à coup sûr  ces VRAIES  solutions au  fait qu’elles feront  nécessairement grincer les dents les lobbies en tout genre,  quand ceux-ci n’ont de cesse de briser les ailes de l’imagination pour l’empêcher de prendre le pouvoir.

PS  Le taux de soutien aux gilets jaunes est de 85% chez les catégories populaires et 81% chez les habitants des communes rurales et petites agglomérations. Mr Alain Bazot habite probablement en ville…

PS 2 Une autre grande figure de la gauche intellectuelle qui ne soutient pas les gilets jaunes : Roger Martelli, historien du PCF. Le même qui déplorait dans une vidéo récente  que le PC était passé à côté de mai 68,   écrit pourtant  le 12 novembre dans sa revue « Regards »  ( dans un long article où il questionne la stratégie de la France Insoumise) :  « Ce n’est pas parce qu’un grand nombre de personnes de revenus modestes sont pénalisées par la hausse des prix du carburant qu’il faut manifester avec l’extrême droite et… créer les conditions d’une extension de l’usage des transports individuels ».  En voilà un qui a sacrément le sens de l’histoire ! Après avoir avoué s’être gouré en 68, il se goure à nouveau en 2018 !   Les œillères de Mr Martelli semblent partagées  par le journaliste Pierre Thiesset qui dans le journal La Décroissance ( Décembre 2018) ose se moquer des gilets jaunes  obligés de prendre la voiture pour aller travailler en écrivant. Selon lui   » C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché ». Comme si tous les utilisateurs de voiture avaient choisi d’en devenir dépendants !  

Et pendant que les gilets jaunes manifestent nuit et jour à la lueur des braseros, EELV ne trouve rien de mieux à dénoncer que les patinoires extérieures installées pour les fêtes, confirmant leur vision d’une nature confinée aux centre-villes.

Ayatollahs et autres pisse-froids de la vieille gauche du PCF et de la  nouvelle gauche écolo, bonjour !

 

 

Les sites de vente en ligne discriminent les français, traités comme des pigeons. L’UFC en apporte la preuve

Incroyable article déniché sur le site Internet de l’UFC Que Choisir daté du  28/1/2018 et  signé d’Erwan Seznec ( les infos sur Shell sont reprises d’un article du site internet  de BFM Business daté du 16/05/2017)

Quoi de plus pratique que les réservations en ligne ? Préparer ses vacances à la montagne est un jeu d’enfant. En quelques clics, il est possible de choisir un vol aller-retour Brest-Lyon, une voiture de location pour une semaine au départ de l’aéroport Saint-Exupéry et un hôtel à L’Alpe-d’Huez, du samedi 10 au samedi 17 février, par exemple.

Du moins, tant que l’on accepte les cookies, ces petits bouts de programme qui se logent dans nos ordinateurs ou nos tablettes et qui permettent de cerner les habitudes des consommateurs… Avec un navigateur paramétré pour refuser les cookies, il est intéressant de remarquer qu’il est impossible de réserver un vol sur Opodo ou une chambre sur Tripadvisor, de louer une voiture chez Avis, ou même des skis chez Intersport. Une simple consultation de Tripadvisor laisse par exemple 17 cookies sur un ordinateur (1) !

Ce souci permanent de mieux connaître les consommateurs vise-t-il à leur faire profiter de meilleurs prix ? Pour en avoir le cœur net, nous avons réalisé nos réservations avec un seul ordinateur, mais par deux canaux différents. D’un côté, un navigateur classique, Firefox Mozilla, configuré pour accepter les cookies. De l’autre, le logiciel de navigation plus confidentiel Tor Browser, avec autorisation limitée aux cookies des sites visités, et interdite aux sites tiers. Sans être totalement anonyme, Tor brouille les pistes en attribuant à un internaute une adresse IP aléatoire, pas forcément située en France.

Sur le vol Brest-Lyon, de 140 € l’aller-retour avec Firefox, on tombe à 134 € avec Tor, soit 6 € de moins. Impossible d’en conclure quoi que ce soit, les prix variant d’une heure à l’autre dans le transport aérien.

En ce qui concerne la location de voiture, en revanche, l’écart devient significatif. Avec Firefox et des cookies en pagaille, la semaine en Fiat 500 coûte 219 €. Avec Tor, 2 minutes plus tard, sans bouger de son fauteuil, la note est de 128 €, c’est 91 € de moins ! L’écart est presque aussi conséquent pour une Renault Clio (221 € et 153 € la semaine). Le navigateur nous avait attribué une adresse IP en Allemagne. Suite à une enquête de Que Choisir, la Commission européenne avait donné 1 mois aux loueurs pour cesser les tarifs différenciés en fonction de la nationalité. C’était en août 2014…

visu-achats-en-ligne-prix-dynamiques
91 € d’écart pour la location d’une Fiat 500 et 68 € pour une Renault Clio chez le même loueur, selon qu’on se connecte de façon anonymisée ou non.

 

Du côté des hôtels, les différences sont tout aussi impressionnantes. Nous avons cherché à réserver une semaine au 3 étoiles des Grandes Rousses, à l’Alpe d’Huez. Avec Firefox, le meilleur prix disponible sur Tripadvisor est de 2 920 € la semaine pour 2 personnes. Avec Tor, Tripadvisor nous propose un prix en dollars (407 $ la nuit) qui correspond, au cours actuel (1 € = 1,20 $), à 2 374 € la semaine, soit 546 € d’économie en quelques clics. En y ajoutant la voiture, le gain total est de 637 €, sans trop d’effort.

Si l’on poursuit la navigation, les surprises continuent. Tripadvisor ne propose aucune chambre aux Grandes Rousses du samedi 27 janvier au samedi 3 février, du moins quand on en fait la demande avec les cookies activés et une adresse IP française. Avec Tor (qui nous a attribué cette fois-ci une adresse IP aux Seychelles…), il y en a. Elles sont même très abordables pour un hôtel de ce standing : 1 307 € la semaine.

Le seul prestataire de vacances dont les prix restent immuables, pour le séjour choisi, est l’Intersport L’Alpe-d’Huez, avec un matériel de ski « Pack Rouge » à 121,80 € la semaine.

L’ALGORITHME AU POUVOIR

Que Choisir a déjà attiré l’attention du public sur l’optimisation des prix (pricing) au détriment du consommateur en 2015. Aux États-Unis, plusieurs enseignes ont dû admettre des pratiques contestables. La chaîne de fournitures de bureaux Staples, par exemple, a reconnu en 2012 qu’elle augmentait ses prix en ligne quand la géolocalisation montrait que l’acheteur potentiel n’avait pas de magasin concurrent dans son entourage. 

 

Un prix qui change constamment selon les tarifs pratiqués par la concurrence dans une même zone géographique? C’est ce qu’applique Shell pour fixer le prix de l’essence vendue dans des stations-service de Rotterdam aux Pays-Bas, explique le Wall Street Journal.

Le prix du carburant dans ces stations est fixé non par un être humain ni quotidiennement (comme c’est le cas en France) mais par un logiciel et ce plusieurs fois par jour, voire chaque heure. Un algorithme « intelligent » analyse en permanence la demande de carburant sur la zone, selon les prix pratiqués, l’historique de ces tarifs ou l’heure où le client effectue son plein.

Pour déterminer un prix « de marché », ce type de système doit d’abord digérer des montagnes de données historiques pour anticiper comment les clients et les concurrents réagiront à n’importe quel changement de prix et ce, selon différents scénarios. Programmés pour atteindre un objectif -comme augmenter les ventes ou la marge bénéficiaire- ces algorithmes empruntent à l’intelligence artificielle et aux techniques d’apprentissage automatique pour mettre constamment à jour les politiques tarifaires.

Un logiciel développé par une société danoise

En l’occurrence, les stations-service du pétrolier utilisent des logiciels mise au point par a2i Systems A/S. Cette société danoise a développé PriceCast Fuel, un logiciel optimisant le prix du carburant pour permettre au distributeur de dégager le plus de marge possible en fonction du contexte.

Il s’inspire du modèle dit du « yield management » auquel ont recours les compagnies aériennes ou les hôteliers qui augmentent leurs tarifs en fonction du taux de remplissage de leurs avions ou de leurs établissements et des actions promotionnelles de leurs concurrents.

Mais pour fixer les prix au litre de l’essence ou du gazole dans ses stations-service, Shell peut prendre des décisions contre-intuitives pour le consommateur et pourtant optimales pour lui. En l’occurrence dès que le logiciel relève une baisse de prix forte chez un concurrent susceptible de générer une forte affluence, il peut décider, non de s’aligner, mais au contraire de les augmenter un peu dans la station la plus proche. Le groupe pétrolier parie sur le fait que des clients pressés accepteront de payer des prix plus élevés pour éviter de faire la queue.

« Le logiciel apprend à augmenter les prix payés par les clients et, quand ce n’est pas le cas, décide une baisse des prix lorsque les automobilistes sensibles aux prix sont susceptibles d’arriver à la station » explique dans le Wall Street Journal, le patron de la société danoise a2i Systems qui a développé l’algorithme de fixation de prix du carburant. Pas sûr que la machine soit la meilleure alliée du consommateur quand il s’agit de fixer un prix!

Il y a deux ou trois ans seulement, des humains étaient à la manœuvre ( sauf chez les propaniers : pas assez d’humains pour le nombre de clients, ce qui explique que certains clients voyaient leur prix bondir d’une commande à l’autre). Le responsable des fournitures scolaires des Drive Carrefour, par exemple, baissait ses prix quand ses concurrents le faisaient. Désormais, ce sont des robots qui opèrent. « Le recours aux algorithmes provoque des distorsions de concurrence », regrettait en octobre 2017 Margrethe Vestager, commissaire européen à la concurrence, précisant que « cette situation pose définitivement problème. C’est un phénomène nouveau que nous suivons de près » 

Comme le soulignaient des chercheurs de la Northeastern University de Boston dans une étude très détaillée publiée en 2014, les ajustements de prix ne sont pas tous illégaux et ne se font pas forcément au détriment des consommateurs. Des avions mieux remplis reviennent globalement à un prix moins cher par voyageur.

Le problème pointé par Margrethe Vestager est que ces mécanismes échappent largement à la compréhension ( comme l’évolution des tarifs d’Antargaz, Finagaz et Vitogaz,  les trois propaniers qui utilisent  ces algorithmes de manière individualisée). Consulter la carte de Lanzarote sur Google Maps et écrire sur Facebook « Vivement mes vacances en juillet ! » génère immédiatement des publicités ciblées sur les Canaries. Cela peut-il pousser automatiquement à la hausse les tarifs des locations si vous consultez par la suite un site de réservation pour l’île en question ? Techniquement, oui.

Dans le doute, quelques gestes simples sont à la portée de tous. Paramétrer son ordinateur pour qu’il accepte seulement les cookies des sites consultés, et non les cookies des sites tiers. Refuser la géolocalisation quand elle n’est pas indispensable. Vérifier les « autorisations » des applications téléchargées sur son smartphone. Certaines ont accès automatiquement au contenu des SMS, par exemple, sans raison valable.

(1) addthis.com, adnxs.com, adsrvr.org, adsymptotic.com, bing.com, bluekai.com, criteo.com, cwaddthis.com, doubleclick.net, mozilla.org, psmartertravel.com, scorecardresearch.com, tacdn.com, tamgrt.com, tapad.com, tripadvisor.fr, univide.com

%d blogueurs aiment cette page :