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La  citerne de gaz du Château de Versailles vandalisée pour la seconde fois

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La  citerne de gaz aérienne du château de Versailles  avait fait l’objet d’une commande spéciale auprès d’un ferrailleur indien nommé Anish Kapoor,  se prétendant artiste, et pratiquant  la vente  à la découpe  de vieux navires et  porte-conteneurs  rachetés  à des armateurs grecs (son  père était déjà dans la marine).    Kapoor avait  trouvé le bon filon en valorisant  des tonnes de ferraille  qui  lui coûtaient une misère,   sous forme d’œuvres d’art métalliques revendues à prix d’or à  de riches amateurs.  Agrémenter  les  greens  de golf  de  sculptures monumentales en acier rouillé : rien de tel pour transformer un homme d’affaires  inculte,  en mécène éclairé.

S’avisant  du fait que le fétichisme de la nouvelle aristocratie française pour l’art industriel seyait particulièrement à l’atmosphère du Château de Versailles, le Conservateur en chef  des lieux, en accord avec le ministère de la Cultuvitude, avait voulu surprendre  les très nombreux visiteurs du Château  en quête de photos originales à publier sur leur page Facebook. Commande avait donc été passée à Anish  Kapoor pour une  œuvre d’art à la mesure ou à la démesure de la demeure royale du Roi Soleil.

Aux yeux  des décideurs publics convertis aux bonnes pratiques du marketing culturel, il  importait avant tout  de capitaliser sur l’intérêt des visiteurs  pour le classicisme  versaillais,   afin de  les amener à jeter un regard neuf sur  les objets les plus insignifiants :  citernes de gaz, entrelacs de tuyaux de raffinerie, façades d’usines noircies par la saleté,  tous objets que le sens commun avait cantonné dans les zones  d’activité économiques et qu’il importait désormais de sortir des  ghettos de banlieue pour  POSITIVER  notre  perception du monde industriel.  En  choisissant d’implanter une gigantesque citerne de gaz  au milieu des jardins  du Château de Versailles, nos spécialistes de la culture  entendaient démontrer  que les  banlieues industrielles  ne sauraient conserver longtemps encore le monopole de l’obscénité paysagère. Celle-ci devait désormais  être  répartie sur l’ensemble du  territoire, à la manière dont on distribue  les centres commerciaux entre grandes agglomérations et villes moyennes.  Il  importait en outre  de ne pas oublier de parsemer de  disgrâce ces lieux  où l’on continuait encore de célébrer en grandes pompes l’architecture classique  inspirée par l’antique idée de  beauté.  La politique de la laideur, comme naguère celle de la Terreur,  devait  être volontariste : il ne saurait y avoir de véritable justice sociale sans un partage équitable des supplices visuels de la modernité.

On entrepris donc de réfléchir à améliorer l’esthétique des jardins et des perspectives versaillaises. La ligne  discrète et  épurée  des  petites   citernes de gaz  de couleur blanche qui  trônent dans   les cours et les  jardins de nos maisons de  campagne,  était trop banale, trop anonyme,  pour  égayer un lieu aussi prestigieux que les jardins de Versailles. La  citerne de gaz du Château de Louis XIV  se devait d’être gigantesque,  rouillée,  affaissée sur ses pieds, un nez enfoui dans la  terre,  afin de mieux  rappeler  l’impossible révolte devant un tel outrage.

La nouvelle oeuvre d’art  à peine  déposée sur  la pelouse des jardins  avait été dégradée  une première fois  par un tagueur inconnu. D’autres s’étaient chargés de la rebaptiser pour mieux en dénoncer l’aberration : un tintinophile avait proposé  « le cigare du fanfaron », tandis que « le pénis du roi » avait la préférence des plus virulents détracteurs. Les versaillais,  de concert avec l’ « Association des riverains des monuments historiques » interdits de velux par la corporation (d’ordinaire si tatillonne) des architectes des Bâtiments de France,  avaient décidé d’attaquer la décision du Conservateur devant le tribunal administratif, au motif de non-respect de  la réglementation SEVESO dans les jardins de Versailles.

Aux dernières nouvelles,  ce  mystérieux visiteur  est  revenu marquer un seconde fois son désaccord sur  l’immonde bonbonne métallique.  Cette fois-ci,  il a laissé un message  en anglais pour être compris de tous les amateurs de  jeux vidéos :   «Respect art as u trust god».  « Respecte l’art comme tu fais confiance en Dieu ».  Quelle ringardise  ! Croire que  l’art puisse revêtir  une dimension métaphysique ! Faut vraiment pas vivre avec son époque pour imaginer  une chose pareille.

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Autre réalisation d’Anish Kapoor, cette fois ci pour les JO de Londres, cette tour orbitale a couté £16 millions à Arcelor Mittal (payée sur  les salaires des ouvriers français ?) et £3 millions aux contribuables anglais. On croyait les anglais moins portés sur l’esbroufe dès qu’il s’agit de payer….

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« Propane », chanson parodique pour consommateurs qui en ont ras la citerne

La réputation des propaniers en tant qu’escrocs dans le monde entier n’est plus à faire.  Un duo de chanteurs-compositeurs  de country célèbre aux USA , Pinkard & Bowden,  qui pratiquent avec un certain bonheur l’art de la parodie, a  détourné  la célèbre chanson de J.J. Cale, plus connue dans sa reprise d’Eric Clapton (1977)   « Cocaïne » pour la rebaptiser   « Propane »,  chanson qui fustige le prix élevé du combustible et l’attente interminable des camions de livraison quand on s’y est pris un peu tard pour commander. Propane en anglais  s’écrit comme en français, mais  se  prononce   « prop[ain] », comme  « coc[aine] »

Voici les paroles de la chanson traduites en français  (les rimes anglaises sont perdues dans la traduction qui apparaît  plus fade…) :

Si tu veux te chauffer, quand t’es loin dans ta ferme,
Propane.
Si tu vis  dans ta brousse,   du pognon plein les fouilles,
Propane.
C’est si cher , c’est si cher, c’est si cher,
Propane.

Quand ta grand-mère vieillit, faudrait  pas qu’elle ait froid,
Propane.
Quand  ta  cousine est chaude, et qu’ tes doigts sont tout froids,
Propane.
C’est si cher, c’est si cher, c’est si cher,
Propane

Quand ta citerne est vide, et que tu te gèles  le cul,
Propane.
Quand tu crois qu’ t’es coincé, v’là  le vieux camion qui se pointe,
Propane
C’est  si cher, c’est si cher, c’est si cher,
Propane
C’est si cher, c’est si cher, c’est si cher,
Propane!

Voici la vidéo trouvée sur Youtube :

Et la version originale en anglais pour les amateurs de karaoké !

If you wanna get warm, when you’re down on the farm,
Propane.
If you live in the sticks, and your income is fixed,
Propane.
It’s so high, it’s so high, it’s so high,
Propane.

When your Grandma gets old, you can’t let her get cold,
Propane.
When your cousin, she’s hot, but your fingers are not,
Propane.
It’s so high, it’s so high, it’s so high,
Propane

When your tank’s out of gas, and you’re freezing your ass,
Propane.
When you think that you’re stuck, here comes that old big truck,
Propane
It’s so high, it’s so high, it’s so high,
Propane
It’s so high, it’s so high, it’s so high,
Propane!

BONNE ANNEE 2014 ……….

Quand les voleurs de gaz prennent la fuite, on parle de vol à la soutire….

Pour commencer, quelques définitions lexicales concernant le vol . 

On connait  le vol à la tire, consistant à subtiliser un objet à l’insu de son propriétaire. Cette forme de vol est plus connue sous le terme anglais de  « pickpocket ». Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le vol à la tire n’a rien à voir avec le vol de voiture. Mais rien n’interdit de se faire tirer sa tire.

Le vol à l’arrachée consiste à arracher un bien accroché au bras ou aux  mains de son propriétaire.  Au Brésil, si le propriétaire refuse de donner au voleur le bien convoité, il arrive que ce dernier tranche à la machette  le doigt ou  la main retenant la bague ou le bracelet. En serrant votre main qu’il emmène avec lui, il arrive qu’il vous fasse un doigt d’honneur.  Plutôt que de « vol à l’arrachée », il  serait plus correct  dans ce cas  de parler de  « vol à la découpe ».

Le vol à la roulotte, expression qui fleure bon le temps jadis,  consiste  à voler l’intérieur ou le contenu  d’une voiture ou d’une roulotte.   Un vol à la roulotte est généralement commis en l’absence du propriétaire du véhicule mais il peut-être aussi  commis  en sa présence, notamment  lorsque ce dernier se trouve en état d’ébriété.  Lorsque le chauffeur avance  en voiture en  état d’ébriété,  on parle d’ ébriété avancée. Mais si la voiture se met à  reculer  tandis que  le chauffeur est  persuadé d’aller de l’avant,  on parle alors de sacré biture. 

Voir le voleur se tirer avec votre tire dont il vous aura préalablement   tiré en dehors,  n’est bizarrement pas un vol à la tire. C’est un « vol à la portière »  ou « car-jacking » chez nos amis anglais. Il est pourtant  rare de voir un voleur de voiture se contenter de voler une simple portière.   On lit ça et là dans la presse qu’il s’agirait d’une nouvelle technique de vol. C’est faux : j’ai déjà vu dans les westerns des indiens voler  des diligences  en  sautant sur le banc de conduite à la place du cocher, non sans avoir fait basculer le pauvre malheureux dans le vide. Ce qui prouve que le « coach jacking » a existé bien avant le « car jacking ». Pour des raisons de rapidité d’exécution, le voleur choisit généralement des véhicules avec  peu d’occupants à l’intérieur  afin de ne pas perdre de temps à  en extraire les occupants  un à un. C’est pourquoi on n’a pas encore vu de vol d’autocar  « à la portière ». Il arrive toutefois qu’en croyant monter dans un véhicule vidé de tous ses occupants , le voleur  tombe nez à nez avec un doberman caché dans le coffre arrière.  La sagesse commande alors d’emmener le  doberman faire un petit tour  avec la voiture volée et non d’essayer de l’extraire du véhicule.

Le vol à la sauvette, quand à lui, désigne une technique mise au point lors des Jeux Olympiques d’Athènes il y a fort longtemps,  consistant  à prendre la poudre d’escampette  aussitôt après avoir  commis un  vol  à la tire, un  vol à la roulotte  ou un vol à l’arrachée.  L’avantage du vol  à la portière est qu’il n’y a  pas besoin de savoir courir. Il suffit en effet de démarrer et de partir à point. C’est d’ailleurs ce qui se passe la plupart du temps. Sauf évidement  si, en prenant la place du conducteur qu’il vient d’extirper hors du véhicule, le voleur se retrouve nez à nez avec le doberman sur le siège passager. Dans ce cas, il vaut mieux que notre voleur se rappelle l’art  et la manière  de  prendre les jambes à son cou.   

« Mais je ne vois pas du tout le rapport avec le titre de l’article  ?  » me direz-vous. 

Bon,  le vol à la soutire, donc…de quoi s’agit-il ?

Le vol à la soutire consiste à ouvrir une vanne de gazoduc ou à percer un trou dans un oléoduc, et à se raccorder dessus pour soutirer  le contenu du pipeline. La police ukrainienne fait parait-il la traque à ces tirages intempestifs sur les pipelines de GAZPROM qui traversent l’Ukraine de long en large. Mais les voleurs de pétrole arrivent toujours à trouver une section de pipeline qui est moins bien gardée. La technique est la suivante (je suis sûr qu’il existe une vidéo sur Youtube qui explique comment on fait, mais comme je ne parle pas ukrainien, vous allez devoir la chercher vous même) :   on perce un trou à la perceuse sur presque toute l’épaisseur, sans traverser, afin d’éviter que les vapeurs de pétrole  entrent en contact avec le moteur  électrique de la perceuse.  Puis on prend un maillet en caoutchouc pour finir le trou sans faire d’étincelle. On insert une valve dans le trou et on relie la valve  à un camion citerne par un tuyau. Le tout prend, parait-il,  20 minutes montre en main. 

Aux USA les voleurs de pipelines sont très rares car la plupart des équipements de ce type sont enterrés à deux mètres de profondeur. Les opérations de maintenance et d’inspection sont alors faits avec des robots qu’on appelle « pigs » qui se déplacent tous seuls dans les canalisations.  Dans les années 1980, une bande de voleurs dotés de moyens sophistiqués avait réussi à puiser dans un pipeline enterré en Californie. Ils louèrent des camions citernes et branchèrent  leurs propres équipements sur les canalisations existantes. En trois ans, ils réussirent à faire disparaître 10 millions de gallons de pétrole brut au nez et à la barbe de l’exploitant, jusqu’à ce que ce dernier finisse par  déceler des baisses de pression régulières et répétées dans les canalisations ( les capteurs de pipelines détectent mal les petites baisses ou les irrégularités dans le flux de pétrole).

En Chine, de  pauvres fermiers  volent du gaz naturel qu’ils soutirent directement  aux vannes des gazoducs à l’aide d’immenses baudruches en plastique.  Remplir une de ces baudruches  leur prend une heure et assure la quantité de gaz nécessaire  pour le chauffage et la cuisson de toute la famille pendant une semaine. Dès qu’un paysan  a terminé de remplir sa baudruche , un  autre  prend sa place sur la vanne du gazoduc. La deuxième photo  en bas de cette page a été publiée sur le site du  National Geographic avec la légende  suivants  : « S’échappant en vélo de la scène du crime,   un garçon chinois tracte un sac en plastique rempli de gaz naturel volé. Faisant fi de l’interdiction du gouvernement, les agriculteurs autour de la ville  chinoise de Pucheng chipent du gaz  du champ de pétrole local ».

Le comble pour un voleur de gaz  consiste bel et bien à prendre la « fuite »….

Vous pouvez voir d’autres photos de ces scènes totalement surréalistes  regroupées  par l’agence SINOPIX sur une page de leur site à cette adresse: http://sinopix.photoshelter.com/gallery/Energy-Theft-in-China/G0000UTfKl19aEIE/

vol de gaz 1

vol de gaz 4

JOYEUX NOEL A TOUS !

Petroplus : « Pas de place pour un 5ème opérateur de raffinerie à Petit Couronne » selon le PDG de TOTAL

Les interviews (presque)  imaginaires  de l’Adecopro

Adecopro : Bonjour Mr Christophe-Gabriel-Jean-Marie Jacquin de Margerie,  vous êtes PDG du conglomérat   TOTOYOTAL-SPANGHERO  depuis la fusion de Total avec Toyota et Spanghero . Les marchés se demandent quel est  votre axe stratégique depuis l’annonce de ces  opérations étranges de diversification   ?

De Margerie : De quel marché voulez vous parler ? Du marché de Mareuil sur Lay Dissais, charmante bourgade vendéenne  où je naquis  et où  tous les gu….  villageois reçoivent  une citerne TOTALGAZ en cadeau de  mariage ?  De quoi se plaignent-ils ceux là  ?

Adecopro : Non, je parle des marchés financiers. Quand  les marchés financiers déclarent  «  s’interroger », c’est une  manière polie de faire comprendre qu’ils exigent des explications ou des  changements .

De Margerie : Chez Totoyotal, notre comité stratégique divergeait dans son appréciation de la manière dont les véhicules seront mus dans les prochaines décennies

Adecopro : Comment ils seront mus ?

De Margerie : Oui , c’est une idée de mon ami Séguéla :  il s’agit d’établir une relation dans l’esprit des gens entre l’idée  de mobilité, se mouvoir, être mu,  et la notion d’émotion, émouvoir, être ému. Les deux idées  ont une  étymologie commune. Nous voulons transcender le concept de mobilité et le concept d’émotion pour donner naissance à un nouveau concept « hybride », celui de l’  « e-motion ». Nous transmutons ainsi  la voiture en un objet de  désir qui taraude  les consciences en imprimant l’idée que celui qui n’utilise  pas sa  voiture pour se  déplacer est un être ringard et insensible aux émotions. Bref notre comité stratégique s’est penché sur le carburant du futur. En fusionnant TOTAL  avec  TOYOTA et SPANGHERO, nous sommes sûrs d’être gagnants à tous les coups : quand il  y aura moins  d’essence  à  mettre dans les réservoirs, nous vendrons  des véhicules hybrides; et quand il n’y aura plus du tout d’essence ,  nous commercialiserons  des bœufs de labour élevés  dans les haras du groupe Spanghero,  le numéro 1 de la viande et du déguisement animalier. Ainsi nos  limousines hybrides à air conditionné pourront continuer de circuler,   attelées à des bœufs  carrossés en  mustangs.

Adecopro :   Selon vous,  la reprise de  Petroplus  semble vouée à l’échec du fait des capacités de raffinage excédentaires en Europe. Orange,  Bouygues et SFR n’ont- ils pas usé de l’argument de la saturation pour tenter  d’empêcher  Free d’entrer sur le marché de la téléphonie mobile en 2009  ? La saturation de la demande, c’est avant tout  une question de prix de vente.    N’est-ce pas plutôt pour conserver  vos marges  de raffineur  que vous plaidez dans les couloirs de l’Etat  pour la fermeture de Petit Couronne ?

De Margerie : Vous remarquerez que j’ai réussi à convaincre François Hollande. Entre nous ce n’est pas difficile, il semble n’avoir aucune opinion personnelle. Avec lui, c’est le dernier qui parle qui a raison. C’est pourquoi, sur les sujets sensibles comme celui-ci, nous  lui proposons notre  assistance intellectuelle, qui  fonctionne à la manière d’une  assistance respiratoire. Ca lui permet de prendre les  bonnes  décisions,  même lorsque son  cerveau ne dispose pas de l’autonomie suffisante. Ainsi  le président s’est exprimé  lors d’une réunion  à l’Elysée  avec les députés de la majorité. En présence du  ministre du Carapatage Productif,  François Hollande  a  fait part  de son septicisme  sur  l’opportunité économique  de la  reprise de Petroplus par un repreneur  lybien.

Adecopro :  Le repreneur lybien  Mabrouck Elie Getty,   PDG de Murzuk Oil,  a révélé  la semaine dernière  à la presse les détails de son plan de reprise de la raffinerie,  incluant une injection massive de 400 Millions d’€ pour remettre en état l’ensemble de la tuyauterie de Petit Couronne, en s’alliant au géant coréen Hyundai. Une partie de la somme est  gagée sur les immenses champs de pétrole détenus par Murzuk Oil au sud de la Lybie.  Que pensez-vous de sa proposition ? Est-elle réellement sérieuse ?

 De Margerie : C’est au tribunal de commerce d’en décider.  Nous n’interférons  pas dans le processus de décision des tribunaux car, comme vous le savez,  cela est contraire au code éthique de  l’industrie pétrolière.  Code auquel nous avons souscrit dans les heures qui ont suivi le naufrage de  l’Erika. Il est bien dommage que les champs de pétrole du Sud Lybie aient  échappé  à notre  convoit…..contrôle  à la faveur de la récente révolution lybienne malgré l’aide considérable et désintéressée  apportée par la France aux révolutionnaires.  Avant la révolution lybienne, nos camarades de BOUYGUES  avaient même prévu de bâtir une réplique exacte de la ville nouvelle de Val de Reuil  avec son centre pénitentiaire, en plein milieu du désert. Kadhafi avait prévu d’y enfermer cet ancien activiste  devenu PDG de Murzuq Oil, histoire de lui apprendre à ne pas voler dans les plumes des puissants.  Le petit frisé n’a visiblement pas retenu la leçon.

Adecopro :  Après avoir  écouté les propos du Président de la République devant les députés de la majorité, et s’étant avisé  que le Président lâchait discrètement  Petit Couronne,  le ministre du Laminage  productif  s’est fendu d’un communiqué à la presse  selon lequel «  L’essence et le diesel  « made in France » ne sont pas forcément les  meilleurs  ».  Cette phrase fait écho à la fameuse phrase  de Sarkozy à propos de la téléphonie mobile  « le prix le plus bas n’est pas forcément le meilleur »  lorsque le président de l’époque  hésitait encore à attribuer une nouvelle fréquence  à un  4ème opérateur de téléphonie mobile.  Ce faisant Mr Montebourg entend –il  préparer les esprits à l’inaction qui va désormais lui tenir lieu de ligne de conduite sur le dossier Petroplus ?

De Margerie :  Arrêtez de me casser les burnes  avec la reprise de  Pétroplus. Il n’y a plus de reprise possible de la raffinerie de Petroplus.  Comme l’a parfaitement dit mon ami Martin Bouygues, on ne peut accepter d’avoir en France « des concurrents qui viennent pisser dans nos châteaux ». Les seuls bons concurrents sont  des concurrents morts. Vive les cartels !

Adecopro : Vous devriez lire « Ishmaël » de Daniel Quinn. Une jolie  fable écologique. On y trouve cette réflexion  :  «n’importe quelle espèce qui arrive à s’exonérer des règles de la compétition finit par détruire sa communauté pour soutenir sa propre expansion».  Le peu d’appétence du grand patronat français pour la concurrence en fait une espèce potentiellement dangereuse pour le reste de la société…. Le nombre invraisemblable de condamnations prononcées dans divers pays contre votre groupe pour entraves à la concurrence   plaide certainement en faveur d’une réforme du droit de la concurrence à l’échelle   européenne : élargissement  de la notion de récidive à l’ensemble des pays de l’Union, condamnations au pénal des  dirigeants de groupes récidivistes …etc, toutes choses que la France tarde à introduire dans son droit commercial.

 De Margerie : Ne mélangez pas  la morale et les affaires. Vous gagnerez beaucoup en  tranquillité d’esprit.

Adecopro :  Merci  pour  vos conseils.  Depuis que le repreneur lybien parait en position de  satisfaire les  exigences  posées au printemps dernier par Montebourg  comme   préalable  à  une reprise de la raffinerie de  Petit Couronne,  on dirait que notre Saint Bernard des Usines  est comme englué  dans un baril de pétrole lourd. On ne l’entend plus sur le sujet, coincé  entre son  devoir de   ministre  du Rétrecissement productif,  consistant à  favoriser coûte que coûte la reprise de Petroplus,  et  le devoir de se taire pour se conformer à la  volonté du Président.  Pensez vous que cette affaire puisse  déboucher sur un scénario « à la LIP », les ouvriers  opposant  leur détermination à reprendre l’activité de raffinage,    à la volonté  du gouvernement de  tourner définitivement la page ?

De Margerie : Dans le cas de LIP,  le propriétaire de l’entreprise,  un groupe privé suisse qui avait racheté l’horloger français , s’y était pris comme un manche. Il avait cristallisé l’amertume des salariés,  les poussant  à s’engager dans une voie sans issue. Cette expérience d’autogestion  ne pouvait que se terminer en eau de boudin. Rien de tel ne se passera avec Pétroplus :  l’Etat français  mettra ce qu’il faut sur la table pour calmer tout le monde avant que les esprits ne s’échauffent.  C’est pour cela que des consignes strictes ont été données à la presse nationale pour ne plus  donner d’écho positif  à la tentative de reprise de Petit Couronne par  cet effronté : cela pourrait contribuer à faire monter les enchères.

Adecopro : Mr Montebourg  a écrit naguère  dans son livre-programme  publié lors des primaires socialistes, qu’il ne faut rien céder au « capitalisme de la rente ». Vous conviendrez qu’il  n’existe guère en France de   rente  plus mirifique  que la rente pétrolière. Laquelle inclut d’ailleurs, dans le cas de Total, les  rentes  des carburants,  lubrifiants,  GPL, des  bitumes,  etc.  Le refus du ministre du Rempaillage productif de croiser le fer avec le plus grand rentier français  n’est-il pas  une  preuve supplémentaire de la  mollesse congénitale des héritiers  de Guy Mollet ?

De Margerie : Je vous laisse juge de vos propos, mais vous avez raison de dire que le pétrole est une rente.  Nous payons les journalistes  pour répéter  inlassablement que  les  rentiers sont,  au choix,    chômeurs,  fonctionnaires,  élus  ou  chauffeur de taxi. La presse ne parle de rente que dans le contexte  de  personnes « physiques ». Elle passe ainsi sous silence  l’énormité  des rentes perçues  par les personnes morales. Pour mieux donner le change, nous avons construit le mythe de la « concurrence », qui existe certes  à l’échelle internationale pour les grandes entreprises, ou pour les PME et les artisans à l’échelle nationale. Mais chaque fois que nous le pouvons, notamment au niveau national, nous parlons partage des marchés et des profits avec nos concurrents.  Ainsi   les consommateurs  ignorent tout de la manière dont les grandes entreprises cultivent la rente à leurs dépens. Le cas du propane est un exemple particulièrement réussi  d’enfumage de consommateurs pendant plusieurs décennies sans que l’Etat français n’y trouve rien  à redire.

Adecopro :  Je ne vous le fais pas dire. L’ancien activiste lybien des droits de l’homme semble se donner beaucoup de mal pour paraître crédible aux yeux de l’establishment français. N’est- il pas désespérant de voir qu’on ne peut essayer de sauver une raffinerie en France sans passer pour un épouvantail aux yeux du plus gros Rentier de France  ? Comme naguère Xavier Niel – le patron de Free- évoquant les difficultés à obtenir une quatrième licence pour son projet de  téléphonie mobile, Mr Getty n’hésite plus à évoquer une cabale menée en souterrain  contre son projet de reprise.

De Margerie :  Je vois . Vous aussi vous voulez moraliser la vie économique ? Un conseil : ne prenez pas vos vessies pour des lanternes et restez en dehors de ces affaires de pétrole. Vous n’avez pas la moindre idée de là où vous mettez les pieds.

Adecopro :  La transparence, ça évoque quoi pour vous ?

De Margerie :   Une mer tropicale ourlée d’une plage de sable blanc  avant l’arrivée d’une nappe de pétrole .

(*) Les 5 raffineurs opérant en  France étaient jusqu’à il y a peu, Total , ExxonMobil, Ineos, LyondellBasell  et Petroplus.

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