Association Défense des Consommateurs de Propane

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Renégocier son tarif

Il y a deux sortes de propanier en matière de renégociation de prix : ceux qui (officiellement  du moins) ne négocient pas leurs prix qu’ils estiment plus faibles que la concurrence ( Butagaz , Primagaz, Repsol) et ceux qui acceptent de négocier à n’importe quel moment ( Antargaz, Totalgaz, Vitogaz), surtout si cette renégociation engage le client pour quelques années contractuelles supplémentaires.

Il n’y a pas de renégociation dont la réussite soit permanente ou définitive avec les propaniers. Une renégociation avec les propaniers  est  à recommencer à chaque commande. C’est ce qui fait le côté très pénible du gaz en citerne.

J’ai récupéré sur Internet  quelques  exemples de renégociation « réussie » et  d’autres de négociation  « foirée ».  Si la santé est un état précaire qui ne présage rien de bon,  une « négociation réussie » n’est pas forcément de bon augure pour la suite de votre relation.  Plus vous aurez négocié âprement votre remise tarifaire et plus le retour de manivelle risque d’être rapide.  En matière de tarification,  les pratiques  des propaniers sont identiques des deux côtés de l’Atlantique, à ceci près que les propaniers français matraquent leurs clients  beaucoup plus fortement  :  au niveau des locations de  citernes, des prix de vente des citernes (neuves ou occasion),  au niveau des pénalités de résiliation anticipée,  comme au niveau des frais de retrait de réservoirs  (je ferai un jour  un  comparatif France -USA : vous rirez jaune  ). Tant et si bien que la version francisée du business modèle américain du propane vrac peut être considérée comme une  version  carabinée voire caricaturale. En ce qui concerne les renégociations de prix du gaz , elles sont de même ampleur des deux cotés de l’Atlantique comme le montre les exemples ci-dessous.

Sur les forums de consommateurs américains, ceux qui, de leur propre aveu, ne supportent pas l’idée d’une  régulation des entreprises par l’Etat, en viennent à appeler à l’aide les autorités publiques américaines.   J’avoue ne pas me lasser de lire ces messages révoltés de consommateurs américains arborant  leur idéologie libérale-libertarienne  à la boutonnière. Voilà ce que ça donne :

 » J’ai beau détester les réglementations émanant du gouvernement , n’y a t’il pas une agence qui prend en charge les plaintes des consommateurs et qui surveille les abus de prix des propaniers ? On ne dirait vraiment pas que les propaniers du New Jersey opèrent dans une économie de marché concurrentielle. »

Laissons les thuriféraires du libéralisme à leur mythologie du marché auto-régulé,   et écoutons  le récit de cette personne qui a négocié son prix sans s’en rendre compte, en posant simplement les bonnes questions dans le bon ordre. On est dans le Nord Est des Etats Unis, là où le propane est le plus cher.

1er exemple : une négociation réussie.

«  J’ai reçu une livraison en Janvier 2009. Ils m’ont fait payer 1840 € la tonne. J’ ai appelé  Suburban Propane  (ndlr : un des leaders américains, dont le surnom dans les forums américains est « Sub-human Propane » )  et je leur ai demandé s’il y avait une erreur sur ma facture. Il ne semblait pas qu’elle ait été ajustée pour prendre en compte la baisse  récente du prix du brut. La dame au téléphone me confirme qu’il n’y a pas d’erreur, mais  me dit qu’elle peut peut être baisser mon prix  » un petit peu » . Elle me met en attente pendant presque une minute, et elle revient avec un prix remisé à  1523 € la tonne. Je lui dit que ca serait sympa mais que je voudrais quand même connaitre les procédures et les coûts relatifs au changement de fournisseur. Elle m’indique alors des coûts de retrait du réservoir et les coûts de repompage du gaz. Elle me demande alors si ça pourrait m’aider si elle baissait encore le prix de 80 € à la tonne. Je lui dit que oui, mais que je trouvais assez difficile de croire la différence de  prix  constatée entre les différents fournisseurs de la région. J’ai mentionné spécifiquement un propanier de la ville voisine, dont le prix le plus élevé était récemment de 1340 € la tonne. Elle me dit alors qu’elle allait essayer de ramener mon prix à ce niveau là. J’ai encore été mis en attente 2 minutes et okay, ils ajustent ma facture en conséquence. Ce prix était valable jusqu’en Avril, et il me fallait appeler à ce moment là pour connaitre le nouveau prix. Pathétique , n’est ce pas ? » » 

Si vous voulez mon avis, ce qui est pathétique, ce n’est pas que de grandes sociétés puissent écouler leur marchandise à la manière des marchands des souks. Ce qui est pathétique, c’est que notre société  ne puisse tout simplement pas interdire des  pratiques aussi minables.

2eme exemple : une négociation à recommencer en permanence . 

Un client d’un propanier français se plaint dans les colonnes de la revue « Que choisir » de Février 2013 que les effets de sa renégociation n’ont été que de très courte durée.

«  En 2011, voyant mes factures s’envoler , j’ai  comparé les tarifs proposés par différents fournisseurs, ils étaient inférieurs. J’ai aussitôt envoyé une lettre recommandée à mon fournisseur en menaçant de cesser de m’approvisionner. Mon prix a aussitôt chuté de -33,76 %. Estimant alors avoir été abusé pendant plusieurs années j’ai insisté et obtenu une réduction avec effet rétroactif. Mais quand j’ai fait remplir ma cuve en Novembre 2012, le prix à la tonne avait de nouveau flambé : +37,76 % par rapport à la facture de Juin 2011. Mon fournisseur est incapable de me donner des explications plausibles, il me consent juste un avoir de 13,65 % » . 

Entre nous soit dit, si vous cherchez une raison d’aider l’ADECOPRO à créer une alternative crédible à ces pratiques insupportables sur l’ensemble du territoire,   je viens de vous la donner.

3eme exemple : Remise conjoncturelle : un marché de dupes. 

Un des mes voisins à La Boissière Ecole, client d’Antargaz, se fait livrer peu avant l’hiver  en Octobre 2009  et constate qu’Antargaz  lui  facture   un prix unitaire démentiel (pour  l’époque !) :  1300 € HT. Il paye sa facture en maugréant ( mieux vaut la contester que de la payer en maugréant ) et  demande dans la foulée une renégociation tarifaire. Antargaz le fait lambiner puis accepte de renégocier : il  obtient une diminution du prix de son gaz de 500 € pour les  livraisons à venir dont 200 € de remise conjoncturelle ( la remise conjoncturelle, pour ceux qui n’ont pas la « chance » d’être client Antargaz, c’est une remise qui saute à la première baisse de tarif, c’est à dire qui saute systématiquement à chaque printemps) .  Mon voisin recommande donc du gaz 6 mois plus tard en Avril 2010, s’attendant à bénéficier pour la première fois de sa super remise. Pas de chance  sa remise conjoncturelle n’existe déjà plus car une baisse de tarif a eu lieu juste avant : il n’a même pas  la possibilité de faire une seule commande au prix discuté lors de la renégociation précédente ……..

Pathétique , dites vous ?

Les renégociations de contrat s’établissent actuellement à 1090 € HT la tonne. C’est le prix que vous êtes en droit d’exiger. Voir l’article consacré aux renégociations de contrat dans les archives de Mai 2013

A SUIVRE


6 commentaires

  1. Salvador dit :

    Bonjour
    Client Butagaz voici ce que je vais écrire à Butagaz :
    le 24 février 2015
    Bonjour
    Vous dites sur la page tarif de votre site : »Malgré un contexte énergétique difficile et une augmentation du prix des énergies, les prix du gaz que nous vous proposons restent parmi les plus bas du marché. »

    Rien de plus faux. Le baril de brut WTI est passé de $102,50 en février 2014 à $50,04 aujourd’hui.
    L’euro dans le même temps est passé de $1,38 à $1,13

    En Euros, le brut est donc passé de €74 le baril à €44,24, soit une baisse de plus de 40% en un an.
    Et vous dites que le prix de l’énergie augmente! vous vous moquez du monde.
    Et ce n’est pas 50€/tonne de « cadeau » jusqu’en avril qui fait le compte.

    Je vous demande une baisse réelle de 40% par rapport au tarif de l’année dernière.
    D’ailleurs le 21/9/ 2009 le tarif basse saison était à 949€ttc la tonne pour un pétrole brut à $73 et aujourd’hui le même tarif est à 1739€ttc la tonne pour un pétrole brut à $50.
    Bilan : le prix du propane citerne Butagaz a augmenté de 83% depuis 2009 pendant que le pétrole lui baissait de 31%.
    On dirait bien que vous vous moquez du monde non ?
    Merci de votre réponse.

    PS le propane est bien un gaz de pétrole n’est-ce pas ?

    • anthraxgaz dit :

      Vous avez tout à fait raison. Les tarifs auraient dû baisser beaucoup plus. La comparaison avec 2009 reste pertinente. En période de baisse, il faut s’empresser de changer de propanier pour profiter de la baisse (encore faut il pouvoir sortir de son contrat). Malheur à ceux qui restent avec le même propanier ! Dans cette industrie, la prime est clairement à l’infidélité. Le propane est à la fois un GPL (extrait du pétrole lors du raffinage) et un GNL (extrait du gaz naturel après séparation) mais cela n’invalide pas votre raisonnement : l’irruption récente sur le marché du propane tiré des gaz de schiste a contribué à fait chuter les prix déjà ébranlés par la chute du prix du pétrole. Cordialement

  2. Caroline dit :

    Bonsoir,

    J’ai signé chez REPSOL un contrat en 2001. Repsol a été racheté par SOGASUD, les tarifs flambent : 1950€/ht la tonne aujourd’hui. J’ai donc demandé à négocier le tarif. Miracle, on me propose une réduction « permanente » de 700€ ou « à vie ». C’est un peu louche ? Je dois signer l’annexe sur laquelle il y a bien écrit la date de mon contrat initial en 2001 mais surtout je dois signer cette annexe – NON SIGNEE par SOGASUD. (Qui sera signée après… jamais vu un devis où le client signe avant le fournisseur) Je dois aussi signer les CGV qui ne sont pas les mêmes que mon contrat initial. Sogasud me jure que cela ne changera rien et que c’est le 1er contrat qui court de REPSOL. Alors pourquoi signer de nouveau les CGV ? Lisant tout vos articles, j’ai vraiment peur de signer ce contrat et je me sens bien petit. Auriez vous un conseil ? Bien cordialement

  3. anthraxgaz dit :

    Bonsoir
    Les CGV evoluent forcément puisqu’elles doivent prendre en compte les lois et décisions de justice qui sont intervenues entretemps. Donc d’un côté elles s’améliorent. Mais comme elles s’améliorent forcément d’un côté , les propaniers font en sorte qu’elles se détériorent par d’autres aspects. Donc mon conseil est de tout lire avant de signer sinon vous allez avoir des surprises. Et gardez bien à l’esprit qu’entre ce qu’ils disent qu’ils vont faire et ce qu’ils font réellement il y a une marge. Si vous avez peur de signer en premier, c’est très simple, vous gardez une copie de ce que vous signez avant de retourner le contrat. Mais avant de vous réengager il est de votre devoir de consommateur avisé de réclamer des devis à d’autres fournisseurs. Cordialement

  4. VEDRENNE dit :

    Bonjour,
    Bravo pour votre travail salutaire de démystification du marché français du propane… affligeant.

    Merci de me préciser:

    – les possibilités d’achat groupé pour du gaz GPL citerne dont le marché est verrouillé par les installateurs-distributeurs propriétaires des citernes en zone rurale non desservies par le gaz de ville ! Je suis à 330m de l’extrémité du réseau tubaire de distribution=35.000,00€ de frais de raccordement !!! ..le conseil de négocier individuellement son barème GPL semble bien illusoire, alors que je suis harcelé par le locataire dans ce sens.

    – la véritable portée juridique et pécuniaire de l’article L224-22 alinéa 1 du Code de la Consommation mentionné par obligation légale par le distributeur ANTARGAZ dans son courrier du 15/07/18 annonçant 120€/tonne d’augmentation « sans pénalité de résiliation »si refus,
    ….mais quid des frais de retrait de la citerne+pompage du gaz résiduel totalisant à priori plus de 1000€ selon vos infos (mais le contrat (très difficilement lisible !) date de 2005 prorogé sans modification, et l’art.6 prévoit »Au cas ou le contrat ne serait pas renouvelé à son expiration, le client devra restituer à ANTARGAZ le stockage et les matériels complémentaires éventuels mis à disposition, en bon état. ANTARGAZ reprendra alors à son initiative et à ses frais, le matériel de stockage dont il est propriétaire »)… il doit rester 18% dans la cuve. pas assez pour tenir le délai moyen de changement de fournisseur, la moindre rupture étant inenvisageable avec des locataires procéduriers, et ma femme propriétaire ne voulant pas prendre la responsabilité de devenir propriétaire de la cuve (tracas et entraves des fournisseurs refusant de remplir une cuve dont ils n’ont pas la maîtrise technique–prétexte mais juridiquement incontournable)…les pouvoirs publics n’ont semble-t-il pas favorisé l’existence d’organismes recertificateurs des citernes indépendants des propaniers prédateurs ??
    Comment se sortir de ce guêpier ???Les nouveaux contrats contraignent à un engagement de 5 ans, sans prix garanti au delà de 1 an!!! alors que notre chaudière de 2005 a nécessité des réparations coûteuses…une durée de vie compromise, et aucun engagement que le locataire reste 3 ans surtout si les ennuis liés au gaz s’accumulent ( la peur instillée suite à une suspicion de fuite heureusement non avérée est incontrôlable !).
    Merci de vos lumières.
    Bien cordialement
    VEDRENNE

    NB: à votre disposition pour vous adresser le contrat 2005 et le courrier 2018

    • anthraxgaz dit :

      Bonjour Merci pour votre long message. Je suis intéressé par recevoir une copie de votre devis de branchement ! Votre locataire a raison de vous harceler pour que vous négociez le tarif car il n’est malheureusement pas en mesure de le faire lui-même. Et je vous informe que la capacité de renégocier le prix n’est pas du tout illusoire pour le propriétaire. Il suffit de savoir négocier.
      Pour pouvoir répondre à votre première question, il me faudrait connaitre votre situation géographique.
      En ce qui concerne votre seconde question, vous avez raison : la résiliation de votre contrat du fait de l’augmentation tarifaire laisse à votre charge les frais de retrait et de repompage. Votre épouse se trompe. Devenir propriétaire ne vous posera aucun souci. Lisez la page du site consacrée à la question. Les propaniers ne peuvent pas prétexter que vous êtes propriétaire pour ne pas remplir votre citerne car les citernes propriété client continuent d’être vérifiées par l’un ou l’autre des membres du cartel : ils ont normalisé la procédure de suivi réglementaire des citernes au niveau du CFBP de manière à accepter de prendre en charge les citernes qui changent de propriétaire. Si vous souhaitez une assistance plus personnelle, il vous suffit d’adhérer à l’Association .Cordialement

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