Association Défense des Consommateurs de Propane

Accueil » Citerne Maintenance

Category Archives: Citerne Maintenance

Publicités

Nouvelle tentative d’extorsion pour le déplacement de citernes non réglementaires : Primagaz récidive !

« .… ma parole prend du poids, notamment quand je vais rencontrer des gens. La bonne sœur rouge qu’on voit dans « Merci Patron », m’a expliqué que des gens à Amiens ont eu des problèmes avec SFR. Elle m’a dit : « j’ai contacté SFR et je leur ai dit que j’allais appeler François Ruffin », et le problème s’est réglé. Etre un épouvantail à multinationales, ça se prend. »   François Ruffin, Député et journaliste ( interview  du 07/12/2017 sur le site « Le jour se lève » )  

L’Adecopro a reçu le mail suivant il y a une semaine en provenance de la région lyonnaise :

 » Bonjour , nous venons d’acheter une maison il y a 3 mois, elle est équipée d’une citerne propane reliée à une chaudière pour le chauffage et l’eau chaude.
Nous l’avons fait remplir par Primagaz le mois dernier a environ 30% sans difficulté. Par la suite ils nous ont contacté pour une visite de contrôle qui a lieu visiblement tous les trois ans. Après la visite,  ils nous ont annoncé tranquillement qu’ils ne rempliraient plus la citerne car la cuve n’est pas installée dans les normes. Cette citerne nous est louée par Primagaz, elle a été installée par leurs soins il y a environ 10 ans et durant ces 10 années pas de problème pour la remplir et pas de problèmes de normes (dernier contrôle en 2015 était ok). Je me sens donc pris en otage. Ils m’ont annoncé qu’il fallait éloigner la citerne de 3 mètres d’un petit muret qui délimite notre jardin de celui des voisins. Cette option n’est  pas envisageable car la citerne aérienne se trouverait alors positionnée au milieu de notre jardin. L’autre solution serait de la faire enterrer. Bien sûr cela se ferait à nos frais.  Savez vous si les normes ont évolué ces 10 dernières années ? Savez vous si effectivement, les frais de modification seraient à  notre charge ? Pouvez-vous nous conseiller sur les démarches a suivre ?  Merci beaucoup pour votre aide. »

L’Adecopro a déjà traité une affaire identique il y a deux ans. Cela avait valu à Primagaz de recevoir un drôle de courrier de la part de son client, inspiré par l’ADECOPRO.  Après avoir reçu ledit  courrier, Primagaz avait  résolu son problème de citerne comme par enchantement, sans plus rien exiger de la part de son client. Un article  du site relate cet épisode peu glorieux pour le propanier néerlandais qui prétend avoir le sens de la relation client.

Nous avons donc  répété à ce lecteur la solution préconisée deux ans auparavant, à savoir  l’envoi d’un courrier recommandé très ferme,  mettant Primagaz devant ses propres responsabilités.

Fort de cette information, notre lecteur a préféré  téléphoner  à Primagaz pour leur  demander l’historique des comptes rendus de visite de la citerne sur les dix dernières années, afin de voir si le problème était connu de longue date.

Le surlendemain, nous recevions le mail suivant de notre lecteur lyonnais :

« Merci infiniment pour votre aide. Merci pour tout le travail d’information effectué sur votre site. Finalement la situation s’est débloquée suite à un appel téléphonique pendant lequel  je leur ai demandé de me livrer tous les documents officiels concernant les précédentes visites. Ils ont compris que mes demandes concernaient la constitution d’un dossier pour les attaquer, et que je ne me laisserai pas faire. Suite à cela, comme par hasard ma citerne est redevenue aux normes sans aucune contre-indication pour la remplir. C’est vraiment hallucinant le comportement de ces gens. Bref,  me voilà soulagé jusqu’au prochain événement. Vivement le raccordement de notre village au gaz de ville pour se débarrasser de cette mafia. Merci encore pour tous les conseils qui m’ont été très utile. »

Et voilà comment résoudre en trois mails et en 48 heures une affaire qui aurait peut-être pourri la vie d’une famille pendant plusieurs semaines.

Les propaniers ont vraiment de la chance que les pouvoirs publics  ( le Ministère du Développement Durable ) les autorise depuis des décennies à bafouer le principe de tierce partie dans le contrôle des réservoirs sous pression : c’est tellement facile d’être juge et partie dans le placement des citernes de gaz  : un coup la citerne est réglementaire;  le lendemain le même gugusse décide qu’elle ne l’est plus; le surlendemain la citerne redevient réglementaire.

Selon une jeune  ingénieure française fraîchement débarquée dans le monde des « réservoirs sous pression » (citernes de gaz et autres)  après avoir bossé quelques années dans le nucléaire,   cette situation d’auto-contrôle ne pourra pas durer éternellement, les distributeurs de gaz bénéficiant aujourd’hui d’un passe-droit inacceptable,  dont ils se servent pour contrôler le marché à leur guise,  et accessoirement pour améliorer leurs profits, la maintenance des citernes rapportant infiniment plus qu’elle ne leur coûte.

Pour le patron de Gaz Liberté, la situation en Allemagne est  très différente : les propaniers sont obligés de suivre la réglementation édictée par l’administration et par les fabricants de citerne. Les propaniers, en tant que distributeur de carburant n’ont pas leur mot à dire sur cette réglementation. BP et Avia ont-ils leur mot à dire sur les normes ou l’entretien des réservoirs d’essence des véhicules ?  Quant aux citernes domestiques allemandes, elles ne sont pas surveillées  comme en France par des PME familiales qui sont les obligées des propaniers (et bossent exclusivement pour eux ) mais par des grandes entreprises véritablement indépendantes des propaniers.

Comparée à l’Allemagne, la situation réglementaire de la France est semblable à la situation des pays africains où les revendeurs de carburants et de combustibles font la pluie et le beau temps avec la complicité plus ou moins passive des pouvoirs publics.

 

Publicités

Lancement d’un nouveau Groupement national de consommateurs de propane

20151225_041635Il serait vain d’imaginer la création d’un groupement de consommateurs aspirant à se doter  d’une image professionnelle sans concevoir un site de  qualité pour assurer sa communication sur Internet.  L’idée de ce groupement trottait dans ma tête depuis  deux ans  et la chute récente  du prix du propane sur le marché de gros fin 2014 n’a fait que renforcer mon sentiment qu’il fallait créer ce Groupement  maintenant,  et non dans 5 ans.   Seulement voilà,  je me faisais une montagne de la création de ce  site au motif  que  je déteste m’investir dans un travail dont le résultat risque d’être, au final,   inesthétique,  dévalorisant,  amateur, bancal….J’ai la manie de la perfection dans certaines choses,  incluant les oeuvres de l’esprit.    N’ayant aucune expérience d’infographie  ou  de quoi que ce soit d’apparenté à ce genre  de boulot,  mon inaptitude  à produire  autre chose  que du chiffre,  du traitement de texte, de la comptabilité,  et des recherches bibliographiques,  à partir d’un ordinateur,  me paraissait un obstacle insurmontable.

Heureusement  Wix était là pour m’aider (tiens,  je fais de la pub pour une entreprise cotée au Nasdaq. Il va falloir que je me soigne).  Je me suis finalement mis au travail à reculons,  travaillant sans relâche pendant quatre longues journées  pour créer  maquettes,  textes (ah !  les textes, que c’est dur d’être concis et précis à la fois !), développer des  graphismes  sans  la moindre idée de départ ou d’arrivée, créer des  illustrations, ajouter une touche design,  me couchant au petit matin pour travailler sans  être dérangé par le bruit de la maisonnée. L’avantage du chômage, c’est qu’on a plein de temps libre. Et on se couche à l’heure qu’on veut……

Je savais exactement ce que  le Groupement devait proposer mais je n’avais jamais réfléchi à la manière de construire le  site pour servir les quelques  idées  que j’avais en tête. Et pourtant… j’ai tout imaginé, écrit et réalisé en 4 jours. Le site est là devant mes yeux. A peine croyable.  Dire que j’étais prêt, avant la catastrophe,  à claquer 5000 € dans une agence Web pour obtenir  le  même résultat !  Sacré Wix ! Il ne manque  plus que  le   questionnaire qui permettra  aux consommateurs de laisser toutes leurs coordonnées ainsi que  les informations sur leurs citernes. Et deux ou trois bricoles à faire comme un  nom de domaine à acheter,  puis le site à transférer sur le serveur définitif. Pour le référencement, on commencera tout petit via les forums et le site de l’ADECOPRO. De toute manière le budget de fabrication est de 0 €,  et le budget promotionnel sera de 0 € . Vous n’en entendrez pas parler sur TF1. Ne pas avoir d’argent à dépenser oblige à réfléchir. Cela force  aussi à être plus solidaire et, de manière paradoxale, un peu plus opportuniste.

Voici donc en avant-première la photo du haut de la page d’accueil du futur site du futur Groupement. LE site Internet qui  va faire trembler le landernau parisien du GPL  et faire bouillir de rage les cols blancs de Puteaux jusqu’à King of Prussia, Pa, siège de la maison mère d’Antargaz-Finagaz (en voilà un drôle de nom de ville « Roi de Prusse » !  « King of Propane » aurait été plus adapté et plus parlant… )

J’entends déjà les patrons du GPL français pester dans leur tour d’ivoire « Non … putain… il va pas nous remettre  ça….Il va pas encore livrer  nos citernes aux belges et aux allemands … il faut arrêter ce type ….. »

Et bien, mes frères,   je vous le dis en vérité, en cette période de Noël, période de festivités dans  le monde chrétien,   la seule chose qui puisse arrêter ma main  au moment de cliquer sur le bouton  « PUBLISH« ,  je dis bien la seule chose, c’est un coup de fil  de la directrice de la communication de Vitogaz m’expliquant qu’ils sont parfaitement conscients de voler des milliers de  pauvres gens en  pratiquant  des prix abusifs et en abusant de leur  confiance, qu’ils savent pertinemment que  leur système de calcul et de réévaluation tarifaire n’est qu’une   escroquerie basée sur une algèbre infernale, que tout leur système  ne vaut pas mieux qu’une pyramide de Ponzi, et que  c’est pour cette raison qu’ils ont estimé devoir solliciter l’indulgence plénière de Mgr l’évêque de Paris   en finançant les bonnes oeuvres de l’Eglise   à travers des sommes  versées  par Vitogaz et sa maison-mère, le groupe Rubis,  pour la rénovation du Collège des Bernardins (Paris, 5eme),  afin que  la splendeur de la philosophie chrétienne, et singulièrement celle  de Nicolas  Malebranche dont on fête cette année le tricentenaire de la mort, puisse à nouveau rayonner sur  la capitale des Gaules.

J’attends donc de la direction de Vitogaz un repentir inconditionnel et des explications cohérentes  sinon je mets ma menace à exécution et mon nouveau  site sera mis en ligne dans les tous prochains jours.   Ce sponsoring   des Bernardins (très belle rénovation,  soit dit en passant)  est d’autant plus énigmatique  que  Vitogaz  est le seul des propaniers du CFBP a avoir le privilège de voir son nom inscrit sur une plaque dans la magnifique nef du Collège. Or Vitogaz  ne chauffe quasiment aucun bâtiment religieux ou  monastère en France. Le marché du propane  des   bâtiments conventuels,  très nombreux  en milieu rural,   est trusté par  Butagaz et  Totalgaz  depuis des lustres (ne me demandez pas comment je le sais, j’ai développé des pouvoirs spéciaux à force d’étudier la métaphysique catholique dans les vieux bouquins). Alors je pose la question  : que diable Vitogaz, dont le nom est  inconnu de tous les économes  tonsurés de France et de Navarre, est-il venu chercher aux Bernardins ? La confirmation par les autorités ecclésiastiques que la concurrence en matière économique est une idée libéralement diabolique ? Et que Dieu bénit tous les oligopoles cartellisés,  notamment lorsqu’ils sont généreux avec notre sainte Mère l’Eglise  ?  Faut il y voir la confirmation d’une  nouvelle alliance de la citerne et du goupillon  ?  Ou bien les ingénieurs de Vitogaz travaillent-ils en secret sur un modèle de nouvelle « sous-pape » (de sécurité) ? Si tel est le cas, il va falloir que j’entre dare dare en repentance.

Bon, en attendant mon excommunication, joyeux Noël à tous !

Les gros mensonges d’Antargaz pour dissuader de racheter les citernes en place

Si l’on en croit la presse anglo-saxonne,  de la Nouvelle Zélande aux  territoires inuits  du Canada,   les bouteilles  de propane et autres recharges de gaz  en vente libre sont  les  nouveaux  inhalants à la mode chez les ados desoeuvrés à la recherche de drogues bon marché et  en vente libre.  Danger d’intoxication mortel : chaque jour des enfants meurent d’ignorer le danger en  jouant à se faire peur. Dans plusieurs pays anglo-saxons, les autorités sanitaires prennent désormais le problème très au sérieux. Pas de risque que cela nous arrive en France : au prix de la recharge de gaz,    nos enfants resteront épargnés encore quelques années ! Payer le butane et le propane à prix d’or peut avoir quelques (très) bons cotés.

Cependant,  la pratique consistant à sniffer du gaz intoxiquant sur le lieu de travail  semble actuellement très en vogue chez  les cadres d’Antargaz,   sans que l’on sache si cela résulte du désœuvrement habituel chez les propaniers en période estivale,  ou s’il s’agit, de la part des personnels concernés, d’une recherche inconsciente de nouvelles sensations dans un univers professionnel réputé pour son immobilisme austère.

En atteste la lettre extravagante  reçue en juin dernier par un client Antargaz en réponse à sa demande de rachat de citerne. La lettre est signée  du responsable local  du Service Clients à Marignane.  Le responsable en question avait  t’il dépassé la dose de propane autorisée ? Avait-il abusé du pastis ? Ou bien a t’il juste cherché à inventer une nouvelle galéjade ? Les propaniers français n’ont certes jamais manqué d’imagination, et même d’audace,  pour dissuader oralement les consommateurs de devenir propriétaire de leur citerne. Mais  il est quand même assez rare de les surprendre en train d’écrire n’importe quoi sur un sujet qu’ils sont censés connaitre sur le bout des doigts. On commencera par prendre connaissance de la lettre  reçue par ce consommateur en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://adecopro.files.wordpress.com/2015/07/scan-lettre-antargaz.pdf

Je profite de l’occasion  pour rappeler à nos fidèles lecteurs,  clients Antargaz  souhaitant devenir propriétaire de leur citerne, de se dépêcher de se manifester auprès de leur fournisseur habituel.  Il est plus que  probable qu’Antargaz ne proposera pas indéfiniment à ses clients la possibilité de racheter les citernes. La concurrence n’a jamais fait partie de l’ADN de cette société.

Voici donc mes remarques et commentaires au sujet des mensonges contenus dans la lettre Antargaz (les paragraphes sont numérotés comme sur la lettre) :

Paragraphe 3 : depuis qu’Antargaz autorise régulièrement ses clients à racheter  ses citernes ( fin  2014),   le propanier en a profité pour augmenter  de 50 % le prix de vente de ses citernes d’occasion !  A supposer qu’Antargaz se soit fait tordre le bras par l’Autorité de la Concurrence  pour proposer la vente de ses citernes d’occasion  en contrepartie du rachat de Totalgaz, on peut penser que cette augmentation récente du prix des réservoirs d’occasion fait partie de l’arsenal de mesures prises par les  dirigeants d’Antargaz pour limiter l’effet d’aubaine pour les consommateurs intéressés par le rachat de leur citerne. La lettre que nous allons décortiquer à la suite  fait bien évidement partie  de la même tactique dissuasive.

Paragraphe 6 :  une phrase de  ce paragraphe mérite de figurer dans les annales du GPL français «  En tant que propriétaire du réservoir, vos différentes obligations en tant qu’exploitant d’appareil à pression ….. ».  Laissons de côté la maladresse de l’expression écrite qui vise à cacher le loup.  Quel rapport y a-t-il entre un « propriétaire de réservoir » et un « exploitant d’appareil à pression » ? D’un point de vue réglementaire, cela n’a strictement rien à voir.  Telle que formulée ici, la phrase n’a donc strictement aucun sens.  En entremêlant ces deux notions clés de la réglementation des réservoirs sous pression dans une même phrase,  Antargaz sous-entend  que le consommateur qui rachète sa citerne en devient « de facto »  l’exploitant, et qu’il y aurait une espèce d’équivalence entre le statut de propriétaire et celui d’exploitant. C’est évidement  totalement faux. Mais  peu importe la vérité aux yeux d’Antargaz,  puisque  le seul but est de faire peur  au consommateur et le dissuader de racheter sa citerne.  Propriétaire d’une citerne, chacun sait ce que cela  signifie (à défaut de savoir ce que cela implique concrètement)……. mais « exploitant de citerne » ?

En vérité, parmi la centaine de particuliers propriétaires de citerne au sein du Groupement Propane Libre, seuls un ou deux ont fait le choix  plus ou moins assumé, d’exploiter eux-mêmes leur citerne.  Dans les conditions de fonctionnement du marché actuel du propane vrac, et étant donné l’absence d’appui des pouvoirs publics en faveur d’une vraie libéralisation du marché, les consommateurs  n’ont pas grand intérêt à devenir exploitant de  leur citerne  ( c’est à dire  à  assumer la responsabilité du  maintien en condition opérationnelle du réservoir)  à partir du moment où ils peuvent compter sur un propanier capable de les décharger de cette responsabilité  à des conditions économiques décentes. A l’inverse ils ont tout intérêt à devenir propriétaire de leur citerne ce qui leur permet de  changer de fournisseur  tous les ans…

Voilà ce qui a pu se passer dans la tête du rédacteur  au moment d’écrire cette phrase qui n’a aucun sens : on rappellera  que  pendant des décennies les propaniers ont menti de manière éhontée aux consommateurs (et ils  continuent bien entendu de le faire)  sur l’air de « Ne cherchez pas à acheter une citerne de gaz car lorsque vous en serez propriétaire,   vous aurez des tas d’obligations à respecter et  les soucis de sécurité seront pour votre pomme». Ce discours  mensonger a été propagé en France depuis toujours par les propaniers.  Ce mensonge consiste  à cacher la différence au plan réglementaire entre le statut de « propriétaire de citerne de gaz  » et le statut d' »exploitant de citerne de gaz »  : le propriétaire de citerne n’a aucun tracas réglementaire.   Les ennuis éventuels, s’il doit y en avoir  (réparation de clapet… etc)  ne seront jamais à gérer par le propriétaire,  mais bien par l’exploitant de la citerne. C’est là  la principale raison d’être du statut d’exploitant dans la réglementation des « réservoirs sous pression ».

Celui qui a rédigé ce courrier a donc  commencé par déballer le mensonge habituel des propaniers « En tant que propriétaire du réservoir, vos différentes obligations …. » Puis,  à cet instant précis, un sursaut d’honnêteté l’a obligé à corriger ce qu’il venait d’écrire et à  préciser  que les « différentes obligations » en question ne résultent pas de  sa qualité  de « propriétaire », mais uniquement de son choix de devenir en sus « exploitant » de sa propre citerne. Un choix dont le rédacteur se garde bien de préciser qu’il n’intéresse aucun consommateur.  Ce dernier, s’il  s’en tient strictement au statut de propriétaire,  n’aura donc  aucune obligation  réglementaire…. sinon celle de désigner librement le futur exploitant de sa propre citerne !

Ce lapsus révèle en réalité au grand jour le stratagème utilisé depuis des décennies par les propaniers du cartel  du gaz en citerne pour dissuader  les consommateurs d’acheter les citernes : en introduisant  la confusion entre les  obligations du propriétaire et celles  de l’exploitant, ces menteurs patentés inventent de toutes pièces des obligations et des responsabilités  pour les  propriétaires de citernes de gaz.  Ils parviennent ainsi sans effort à dissuader les consommateurs de devenir propriétaire de leur citerne. En se réservant la propriété des réservoirs, ils rendent très difficile l’irruption de concurrents indésirables sur ce marché.

Paragraphe 7 :   s’agissant du cas peu courant  du propriétaire exploitant  lui-même sa citerne, mis en avant par Antargaz au paragraphe précédent,  il n’y a, à mon sens,  aucune obligation de « choisir un prestataire » extérieur pour les inspections périodiques triennales. Il n’y a par ailleurs  aucune formation  professionnelle  officielle pour acquérir les compétences de  vérificateur de citernes de gaz  (hormis en interne chez les propaniers). Sauf erreur de ma part, tout propriétaire exploitant de  citerne de gaz  peut,  s’il s’estime qualifié pour le faire,  réaliser lui-même  les 2 inspections périodiques triennales intercalées entre chaque révision décennale. En effet ces inspections périodiques consistent en de simples  « examens visuels approfondis »,  la seule chose requise du vérificateur est d’avoir  une bonne vue, un peu de bon sens et quelques souvenirs des cours de chimie au  lycée sur  l’oxydation des métaux,  pour être en mesure d’évaluer l’état de la citerne et de ses accessoires !  L’obligation de choisir un prestataire extérieur ne s’imposerait donc au propriétaire exploitant que pour la requalification décennale .

Paragraphe 9 : L’inspection d’un réservoir enterré nécessiterait  de le  déterrer tous les 40 mois ! On nage  ici en plein délire, ou (plus grave) dans la désinformation outrancière. Dans  toute l’histoire des citernes de gaz, jamais une seule citerne n’a été déterrée dans le but de pour pouvoir procéder à une inspection périodique.

Paragraphe 14 :  La requalification du réservoir enterré nécessiterait de déterrer le réservoir ! Toujours la même  désinformation. Disons le tout net : il n’y a aucune obligation réglementaire de procéder au déterrement du réservoir pour sa  requalification. En Allemagne aucun réservoir n’est  déterré en vue de sa  requalification. En  France, il est vrai que le faible nombre de réservoirs réellement requalifiés  (du fait de la procédure de sélection  par échantillonnage),  permet aux propaniers de s’offrir le luxe de déterrer tous les  réservoirs désignés par le sort,  pour les emmener en usine aux fins de requalification.   Mais en ce qui concerne  le particulier ou l’industriel propriétaire d’un ou de plusieurs réservoirs enterrés, la requalification du réservoir  se fait quasiment toujours « in situ »,  sans déterrer le réservoir,  grâce à un procédé  d’« émission acoustique » capable de détecter les anomalies d’épaisseur dans l’acier de la citerne. Nul besoin de déterrer les  réservoirs enterrés pour les requalifier ! Encore un gros mensonge.

Conclusion :  voilà une lettre qui dénonce involontairement les  mensonges habituels dont sont abreuvés les consommateurs et  les entrepreneurs  français pour les dissuader d’acheter les citernes.  Ce florilège d’âneries et  de  mauvaise foi  nous  permet de comprendre  pourquoi  les propriétaires de citernes ne représentent  en France que 3 % du parc installé.  Une situation qui, à n’en pas douter,  convient parfaitement aux professionnels du gaz propane.

En instrumentalisant la réglementation des citernes de GPL avec la complicité des pouvoirs publics, les propaniers se rendent incontournables et organisent le cartel selon le « théorème de Cahuzac »

Nous continuons avec cet article la dénonciation des différentes manières dont l’Etat français se dérobe à ses responsabilités sur la question du gaz en citerne, ce qui vaut aux consommateurs d’être englués depuis des décennies  dans les malversations et les pratiques trompeuses et frauduleuses de propaniers particulièrement retors.

La réglementation et les modalités techniques de contrôle des citernes de GPL en France  s’élaborent au sein d’un Groupement d’Intérêt Economique, un GIE* appelé  GTC pour les intimes ou  « Groupement Technique Citerne ». Emanation du Comité Français du Butane Propane (CFBP), il fonctionne à la manière d’une  commission technique du CFBP.

Il y a plusieurs manières de considérer les activités du GTC.

Vu de l’administration française, le GTC, officiellement domicilié 64 quai de Dion-Bouton à Puteaux , est détenu par un groupe de sociétés privées comprenant tous les grands propaniers ainsi que les trois citerniers français. Alors qu’ils devraient être en théorie les seuls acteurs  siégeant dans cet organisme face aux pouvoirs publics,  les fabricants de citerne et leurs sous-traitants  y sont  minoritaires.  La mission du CFBP est de retranscrire dans le domaine des citernes de GPL, les réglementations et normes internationales édictées par le Bureau de Normalisation du Pétrole ( BNPe), de manière à permettre au  BSEI,  le Bureau de la Sécurité des Equipements Industriels ( un service du Ministère du Développement Durable) d’entériner cette réglementation au niveau national  sur la base d’un  cahier des charges volumineux,  prescrivant la nature des contrôles pour chaque modèle  et/ ou  type  de citerne.  Si  les fabricants de citerne allemands ont été contraints par les pouvoirs publics de standardiser leurs modèles de citernes au maximum, de manière à permettre à l’administration de réglementer plus facilement la profession, les fabricants de citernes français, poussés  par nos chers propaniers, ont créé des types et des modèles de citernes à n’en plus finir. Résultat : les fonctionnaires français ont  laissé les propaniers gérer leurs affaires eux-mêmes, ce qui leur évite  d’avoir à mettre de l’ordre dans un fouillis inextricable de centaines de modèles différents. Un maquis d’autant plus inextricable que la durée de vie officielle des citernes de gaz  étant de 40 ans, le cahier des charges doit garder la trace des caractéristiques techniques de très vieux  modèles   toujours en service.    

Vu du  GTC lui-même, l’objet et la mission du GIE est  de faire en sorte que  «chacun des membres du GTC bénéficie du droit de procéder à la requalification de ses réservoirs par échantillonnage, dérogeant ainsi aux dispositions de l’arrêté du 15 mars 2000. Ce droit a été accordé personnellement à chacun d’entre eux par l’administration (ndlr : par les anciennes DRIRE). Le GTC a été créé pour  gérer les conséquences de cet aménagement » et les membres du GTC «sont également tous membres du CFBP». Cette définition du GTC  sous la plume de son coordonnateur  permet de mieux comprendre les avantages financiers  que les propaniers tirent de leur participation à ce groupement, sous couvert de définir  la réglementation des citernes de GPL en lieu et place des pouvoirs publics. Les propaniers du GTC sont des distributeurs  de gaz   à qui les pouvoirs publics accordent des dérogations   consistant à ne pas avoir à requalifier une à une  leurs  citernes  tous les dix ans, contrairement à ce qui se pratique en Allemagne. Aux termes de ce  régime dérogatoire, une seule citerne requalifiée  permet en effet  de requalifier l’ensemble du lot de fabrication auquel appartient  la citerne.  L’économie sur les frais de requalification ainsi réalisée chaque année par les grands  propaniers  représente des sommes phénoménales.  A notre connaissance ce système dérogatoire est unique en Europe.  Mais ce n’est pas tout :  afin de créer un avantage concurrentiel supplémentaire en faveur des gros distributeurs, les dérogations accordées « personnellement » par les DRIRE sont d’autant plus avantageuses que les lots de citernes sont numériquement plus importants. Une sorte de prime accordée aux  grands propaniers français, les petits  propaniers indépendants  n’ayant pas la capacité financière d’acheter les citernes par centaines !  

Vu par la lorgnette des  propaniers allemands  le GTC n’a  aucun équivalent de l’autre côté du Rhin. Ce qui n’empêche pas l’Allemagne de bénéficier d’un niveau de sécurité de ses installations GPL comparable à celui de la France. En Allemagne, les procédures de requalification de citernes sont en effet directement négociées entre les fabricants de citerne et les pouvoirs publics sans que les gaziers aient leur mot à direImagine t’on Total,  Shell, BP ou Esso se mêler de définir le cahier des charges des organismes de  Contrôle  Technique automobile  au motif que ces groupes pétroliers  fournissent le carburant nécessaire  au fonctionnement des  moteurs à explosion ? On penserait à juste titre    » De quoi se mêlent -ils ceux là ? Ils n’ont qu’à s’occuper de fabriquer et de distribuer un carburant de qualité  selon les normes imposées par les  motoristes. Le reste ne les concerne en rien » .

Certes,  les propaniers du CFBP peuvent prétendre détenir à eux seuls 96 % du parc des citernes installées en France. Mais ils ne  détiennent une  proportion aussi importante de ce parc qu’au seul motif qu’ils ont toujours refusé de les proposer à la vente aux particuliers. S’ils sont donc  intéressés au premier chef par le suivi réglementaire des réservoirs de propane,  cette raison n’est en rien suffisante  pour justifier leur mainmise sur les modalités d’application de la réglementation  : pour reprendre le  parallèle avec les voitures, imagine t’on  l’Automobile Association de Nouvelle Zélande (AANZ), un club de propriétaires privés d’engins (beaucoup plus dangereux que les citernes de gaz), définir les modalités  des contrôles techniques des véhicules immatriculés en Nouvelle Zélande   au motif que ce club regroupe  à lui seul 70 %  des  propriétaires de voitures de ce pays ?  Imagine t’on les adhérents de l’AANZ se targuer de leur  représentativité nationale  pour obtenir des pouvoirs publics néo-zélandais des  passe-droits  en terme de fréquence des  contrôles techniques automobiles ?  C’est bien pourtant  comme cela que fonctionne le régime dérogatoire accordé aux membres du GTC. 

 Ceux qui prétendent purger la France des innombrables  conflits d’intérêts  entre les grandes  entreprises  et  les différents corps administratifs    vont  décidément avoir du  pain sur la planche dans les années à venir. Il n’y a pas que dans le domaine médical,  pharmaceutique et vétérinaire, où nos élites, à l’image du célèbre Docteur Cahuzac, franchissent  quotidiennement  la ligne de partage censée séparer de manière étanche les eaux boueuses de  la trésorerie des multinationales,   des eaux  vives qui irriguent le budget de l’Etat.  Beaucoup de secteurs  économiques réglementés sont régis par des pratiques de concertation opaques entre  technocrates  publics et lobbyistes  privés, une opacité bien utile pour dissimuler d’innombrables conflits d’intérêts.   

J’appelle donc  « théorème du Dr  Cahuzac » le principe selon lequel toute entreprise ou groupe d’entreprises privées  exerçant dans un secteur d’activité réglementé (médicaments, vaccins, énergie, GPL…) est  conduit à  s’assurer la maîtrise  de son environnement réglementaire en multipliant les conflits d’intérêts, afin de consolider ses parts de marché et/ou supprimer toute  concurrence indésirable,  sous prétexte  de vouloir protéger les « intérêts  des consommateurs ». 

Tout bien considéré, ces trois manières d’envisager l’action du Groupement Technique Citerne  sont toutes exactes :  le GTC est tout à la fois  un organisme incontournable pour assurer la veille sécuritaire des citernes en France, une pièce du cartel permettant d’obtenir des passe-droits auprès de l’administration, et la clé de voûte d’un système réglementaire construit de manière à écarter   toute velléité de concurrence réelle.   

On comprend dès lors la réaction d’un responsable de la filiale de  Carrefour spécialisée dans la distribution de carburants,   à qui je demandais naïvement en 2009 (peu avant de me résoudre à créer le Groupement Propane  Libre) pourquoi Carrefour ne souhaitait pas investir le marché du propane en citerne : 

« La réglementation  » me dit-il d’une voie lasse « Trop compliqué, trop de contraintes réglementaires…. »

Au fond, c’est ça la plus grande victoire des propaniers : avoir réussi à persuader tout le monde que le propane c’est tellement compliqué, qu’il vaut mieux laisser la place à ceux qui l’occupent depuis toujours.

L’Adecopro a fait le pari inverse depuis le départ : prouver  que la complexité réglementaire du propane ne sert que d’écran de fumée afin de masquer des pratiques indésirables.     

* GIE = Groupement d’intérêt économique, disposant de la personnalité morale, stade  intermédiaire entre une société et une association.

%d blogueurs aiment cette page :