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Boostheat,  la chaudière gaz qui jette un froid            

 

Avez-vous entendu parler de la nouvelle chaudière BoostHeat ? Non ? C’est normal,  son industrialisation démarre à peine.  Vous ne pourrez l’acheter, si tout va bien, qu’au second semestre de cette année. Quelque part du côté de Lyon, dans les anciens locaux de Bosch  laissés vacants par la désindustrialisation galopante de la France, une nouvelle chaudière révolutionnaire est en train de naître qui sera parait-il deux fois plus économe que les meilleures chaudières à gaz actuellement présentes sur le marché.

Vu comme ça, ça a l’air particulièrement alléchant. Cette chaudière arrive à point nommé pour ceux qui souhaitent remplacer prochainement leur vieil appareil de chauffage. Le  rendement particulièrement élevé de la Boostheat permettra d’amortir les hausses de prix à venir du propane , depuis que Macron a décidé, sans consulter l’ADECOPRO,  de taxer le propane à la TICPE.

Renseignements pris sur le site internet du fabricant, cette chaudière n’est en réalité pas vraiment  une chaudière. C’est un croisement entre une chaudière gaz et une pompe à chaleur. La Boostheat est donc à la chaudière ce que le Bergamasco est au chien de berger  : seul un examen attentif permet de  s’assurer  qu’il s’agit toujours d’un chien….Les prototypes fonctionnent  au gaz de ville uniquement. Aucune indication n’est fournie quand à la mise à disposition d’un modèle fonctionnant au propane.

Bergamasco

Bergamasco essayant de booster son propriétaire. Nettoyer un Bergamasco ou entretenir une Boostheat, laquelle des tâches sera la plus facile ?

Cette formule « deux en un »  signifie concrètement  qu’il y aura non pas un appareil à installer mais deux, avec une liaison frigorifique (ou autre)  entre les deux.  Vous qui espériez un matériel bon marché à installer, c’est raté.   Vous venez de doubler  le coût d’installation de votre  future chaudière.

Premier mensonge :   les photos du site ne montrent que la chaudière elle-même  et son  esthétique extérieure et intérieur (chromé),  et évitent soigneusement de mettre en évidence   le groupe extérieur de la PAC, il est vrai  beaucoup moins sexy à reluquer sur le bord de la terrasse mais   tout aussi  nécessaire pour  faire fonctionner l’engin. Comme dans n’importe quelle PAC, ce sont les calories pompées dans l’air extérieur qui permettent de diminuer la quantité de gaz consommée.

Toute la question sera de savoir si cette chaudière avec PAC intégrée coûtera moins cher à l’achat, à l’ installation  et à la maintenance qu’une chaudière « normale » auquel on rajouterait une pompe à chaleur «  normale ». Car  n’importe quelle pompe à chaleur greffée  à une chaudière existante  peut diminuer par trois (en moyenne) votre consommation de gaz,  exactement comme la Boostheat est supposée le faire.  Si la Boostheat devait coûter au moment de son lancement le  prix d’une chaudière neuve auquel s’ajoute  le prix d’une PAC,   je vous conseille vivement de rester dans une configuration classique  dont la maintenance pourra être assurée par n’importe quel chauffagiste au coin de la rue, et d’éviter la Boostheat, au moins  jusqu’à plus ample informé….

Les ingénieurs français ont en effet la réputation d’être de bons inventeurs mais de piètres industriels : ce ne sont apparemment pas les mêmes qualités intellectuelles qui sont requises dans les deux cas. Or il se trouve que ce sont les inventeurs, titulaires des  brevets,  qui dirigent apparemment  l’entreprise.   On peut donc craindre le pire,  non pas tant côté fabrication ( le monde de la fabrication n’est pas si éloignée du bureau d’études), mais du côté « formation des installateurs » et qualité du « service après-vente ».

Les pas-si-anciens  se rappelleront  la  gamelle industrielle qu’a été la chaudière pulsatoire française  AUER  sensée apporter   la solution finale aux  problèmes de consommation de gaz de nos classiques chaudières à condensation.  Dans la réalité,  la pulsatoire est tellement sensible et tellement complexe à régler que AUER n’a jamais pu former d’installateurs compétents en nombre suffisant dans l’hexagone ( beaucoup de ces installateurs qui ont rêvé d’une rente avec AUER, ont d’ailleurs laissé tomber  la marque).   De nombreux consommateurs se sont retrouvés marris de devoir trouver un chauffagiste capable de régler une chaudière qui a  la sale habitude de se dérégler tous les quatre matins. Autant dire que ce n’était pas prévu comme ça dans le prospectus de vente du fabricant. Il va falloir que Boostheat prévoit un super programme de formation si la firme entend développer ses ventes en donnant les moyens aux chauffagistes de maîtriser la question du SAV sur une machine hybride « gaz-pac » . Ils sont nombreux les fabricants et les distributeurs de PAC en France a s’être cassés les dents sur le problème de la formation et de la compétence des installateurs, qu’ils soient électriciens ou plombiers-chauffagistes.

Ceux qui souhaitent  changer leur équipement de chauffage dans les prochains mois,  et qui prévoient éventuellement d’installer une PAC pour réduire leur  consommation,  feraient donc bien d’attendre les premiers retours d’info de leur chauffagiste avant de se lancer dans l’achat de ce nouveau  « Stimulateur de chaleur » (traduction littérale de Boostheat ). Quand à la possibilité d’installer l’engin dans un coin de la cuisine ( qui est un des gros avantages des chaudières gaz sur les chaudières fuel), on ne connait pas encore les dimensions de l’engin mais ça n’a pas l’air gagné d’avance…

Ceci dit, Boostheat a eu le privilège d’avoir un tas de bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau. Parmi les partenaires  de l’entreprise qui ont apporté du capital,  des prêts,  du fonds de roulement et autres dons en nature, on trouve la Commission Européenne, l’Agence Nationale de la Recherche, l’ADEME, GRDF, ENGIE, DALKIA, nos « amis » de Butagaz, TOTAL et un certain nombre d’universités et de collectivités, ainsi que la BPI France dans le rôle du Parrain.  Ce qui semble vouloir indiquer qu’un nombre respectable d’industriels et de chercheurs croit au succès commercial  du nouveau stimulateur de chaleur.

Sur la page du menu du site décrivant  l’entreprise,   on peut trouver les  photos en noir et blanc  des dirigeants et des salariés de l’entreprise. Quelques mois en arrière  on pouvait aussi y trouver les photos des 10 administrateurs de l’entreprise, 7 hommes et 3 femmes (histoire de  respecter la parité).  Étrangement les photos des administrateurs ont toutes disparu du site internet  après que  la direction de l’entreprise ait reçu un mail  d’un certain Denis Peyrat, leur faisant remarquer qu’il valait mieux pour le succès de leur start-up qu’elle cache  les noms des  3 femmes membres de son Conseil d’Administration. Le choix de ces personnalités  n’apparaissait en effet  ni comme un gage de succès, ni comme  un gage de valeur morale.  Jugez-en par vous-même :

  • Anne Lauvergeon , de sinistre mémoire nucléaire. Pour rappel, en mai 2016 , Lauvergeon a été mise en examen pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations. On lui impute la responsabilité de pertes abyssales estimées entre 10 et 15 milliards d’Euros (que le contribuable va devoir payer) dans l’affaire Uramin (acquisition à prix d’or de mines d’uranium sans valeur). Son mari est mis en examen dans la même affaire pour blanchiment et délit d’initié. Après passage au tribunal, Lauvergeon  ne devrait logiquement  plus avoir le droit de gérer la moindre entreprise privée ou publique. Elle  touche pourtant  des jetons de présence payés par Boostheat, jetons financés par des subventions publiques (vu que Boostheat n’a encore vendu aucune chaudière-PAC). Ca c’est la France telle qu’on la déteste.

 

  • Myriam Maestroni, ancienne DG de Primagaz jusqu’en 2011 ou 2012, et donc membre éminente du cartel français du gaz en citerne.  Son cas n’a rien à voir avec celui de Lauvergeon,  bien évidement. Selon les mauvaises langues, M&M aurait été gentiment poussée vers la sortie après s’être illustrée par son inaction. C’est d’ailleurs juste après le départ de Maestroni que Primagaz s’est finalement rendu à la raison et a accepté de vendre ses citernes de gaz aux consommateurs.  Pas rancunier, le groupe Primagaz a payé deux pages de publireportage  dans le cahier « Economie »  du Monde à la gloire de sa directrice générale  juste avant qu’elle ne quitte la tête de l’entreprise. Ca fait toujours bien sur un CV.

 

  • Pour compléter le tableau féminin, la troisième femme du CA est Angélique Gérard ( ex Berge) qui a fait la une de l’actualité en 2017 lorsqu’il est apparu qu’elle dirigeait avec une poigne et un vocabulaire très personnels  les centres d’appel téléphoniques de Free en France et à l’étranger.  Il faut dire que la description des méthodes de management appliquées avec férocité par Free sur ses salariés des call-centers est plutôt glaçante. On y apprend que la moindre faiblesse ou la moindre contestation syndicale est réglée à coups de licenciements pour faute grave, permettant à la société de ne pas verser d’indemnités. Je vous laisse découvrir son portrait élogieux sur Internet, notamment si vous avez raté l’émission Cash Investigation d’Elise Lucet en septembre  dernier, consacré à la gestion des RH chez Free.

 

Voilà donc des dirigeants de  start-up chers à Macron  qui savent s’entourer de femmes admirables à tout point de vue.  Faut pas leur jeter la pierre à ces dirigeants !  Ils auraient pu choisir Gina Haspel, la nouvelle directrice de la CIA, pour siéger à leur conseil d’administration. Elle n’aurait pas dépareillé avec  cette triplette puisqu’Haspel a dirigé des prisons américaines basées à l’étranger. Des prisons réputées pour pratiquer la torture. Un peu comme dans les call-centers de  Free,  sauf que chez Free,  les bourreaux connaissent les trucs et astuces qui évitent de laisser de traces visibles sur les corps.

Je ne vois que 3 explications à un choix aussi peu judicieux :

a)  les inventeurs de Boostheat  ont fait exprès de choisir ces trois-là pour être sûrs de faire parler de leur chaudière

b)  ils n’ont  trouvé aucune autre volontaire parmi les dirigeantes d’entreprises françaises s’intéressant aux chaudières à gaz à leurs heures perdues.

c) les « business angels » qui ont permis la création de l’entreprise et son lancement industriel étaient en réalité des « hells angels »  déguisés.

On souhaite tout de même beaucoup de succès aux inventeurs de la BoostHeat, dont on n’oubliera pas de vous reparler ici même à l’occasion de son lancement commercial.

 

PS  Vu que le prix d’une pulsatoire installation comprise  était de 11 k€ huit ans en arrière ( selon un membre de l’association qui est équipé de cette machine) , je dirais que ce truc ne sera pas proposé (installation comprise) à moins de 14 k€.  Je dis cela juste pour ne pas créer une attente excessive de la part de nos chers lecteurs qui cherchent à remplacer leur chaudière et hésitent pour des raisons de budget…

 

 

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Les sites de vente en ligne discriminent les français, traités comme des pigeons. L’UFC en apporte la preuve

Incroyable article déniché sur le site Internet de l’UFC Que Choisir daté du  28/1/2018 et  signé d’Erwan Seznec ( les infos sur Shell sont reprises d’un article du site internet  de BFM Business daté du 16/05/2017)

Quoi de plus pratique que les réservations en ligne ? Préparer ses vacances à la montagne est un jeu d’enfant. En quelques clics, il est possible de choisir un vol aller-retour Brest-Lyon, une voiture de location pour une semaine au départ de l’aéroport Saint-Exupéry et un hôtel à L’Alpe-d’Huez, du samedi 10 au samedi 17 février, par exemple.

Du moins, tant que l’on accepte les cookies, ces petits bouts de programme qui se logent dans nos ordinateurs ou nos tablettes et qui permettent de cerner les habitudes des consommateurs… Avec un navigateur paramétré pour refuser les cookies, il est intéressant de remarquer qu’il est impossible de réserver un vol sur Opodo ou une chambre sur Tripadvisor, de louer une voiture chez Avis, ou même des skis chez Intersport. Une simple consultation de Tripadvisor laisse par exemple 17 cookies sur un ordinateur (1) !

Ce souci permanent de mieux connaître les consommateurs vise-t-il à leur faire profiter de meilleurs prix ? Pour en avoir le cœur net, nous avons réalisé nos réservations avec un seul ordinateur, mais par deux canaux différents. D’un côté, un navigateur classique, Firefox Mozilla, configuré pour accepter les cookies. De l’autre, le logiciel de navigation plus confidentiel Tor Browser, avec autorisation limitée aux cookies des sites visités, et interdite aux sites tiers. Sans être totalement anonyme, Tor brouille les pistes en attribuant à un internaute une adresse IP aléatoire, pas forcément située en France.

Sur le vol Brest-Lyon, de 140 € l’aller-retour avec Firefox, on tombe à 134 € avec Tor, soit 6 € de moins. Impossible d’en conclure quoi que ce soit, les prix variant d’une heure à l’autre dans le transport aérien.

En ce qui concerne la location de voiture, en revanche, l’écart devient significatif. Avec Firefox et des cookies en pagaille, la semaine en Fiat 500 coûte 219 €. Avec Tor, 2 minutes plus tard, sans bouger de son fauteuil, la note est de 128 €, c’est 91 € de moins ! L’écart est presque aussi conséquent pour une Renault Clio (221 € et 153 € la semaine). Le navigateur nous avait attribué une adresse IP en Allemagne. Suite à une enquête de Que Choisir, la Commission européenne avait donné 1 mois aux loueurs pour cesser les tarifs différenciés en fonction de la nationalité. C’était en août 2014…

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91 € d’écart pour la location d’une Fiat 500 et 68 € pour une Renault Clio chez le même loueur, selon qu’on se connecte de façon anonymisée ou non.

 

Du côté des hôtels, les différences sont tout aussi impressionnantes. Nous avons cherché à réserver une semaine au 3 étoiles des Grandes Rousses, à l’Alpe d’Huez. Avec Firefox, le meilleur prix disponible sur Tripadvisor est de 2 920 € la semaine pour 2 personnes. Avec Tor, Tripadvisor nous propose un prix en dollars (407 $ la nuit) qui correspond, au cours actuel (1 € = 1,20 $), à 2 374 € la semaine, soit 546 € d’économie en quelques clics. En y ajoutant la voiture, le gain total est de 637 €, sans trop d’effort.

Si l’on poursuit la navigation, les surprises continuent. Tripadvisor ne propose aucune chambre aux Grandes Rousses du samedi 27 janvier au samedi 3 février, du moins quand on en fait la demande avec les cookies activés et une adresse IP française. Avec Tor (qui nous a attribué cette fois-ci une adresse IP aux Seychelles…), il y en a. Elles sont même très abordables pour un hôtel de ce standing : 1 307 € la semaine.

Le seul prestataire de vacances dont les prix restent immuables, pour le séjour choisi, est l’Intersport L’Alpe-d’Huez, avec un matériel de ski « Pack Rouge » à 121,80 € la semaine.

L’ALGORITHME AU POUVOIR

Que Choisir a déjà attiré l’attention du public sur l’optimisation des prix (pricing) au détriment du consommateur en 2015. Aux États-Unis, plusieurs enseignes ont dû admettre des pratiques contestables. La chaîne de fournitures de bureaux Staples, par exemple, a reconnu en 2012 qu’elle augmentait ses prix en ligne quand la géolocalisation montrait que l’acheteur potentiel n’avait pas de magasin concurrent dans son entourage. 

 

Un prix qui change constamment selon les tarifs pratiqués par la concurrence dans une même zone géographique? C’est ce qu’applique Shell pour fixer le prix de l’essence vendue dans des stations-service de Rotterdam aux Pays-Bas, explique le Wall Street Journal.

Le prix du carburant dans ces stations est fixé non par un être humain ni quotidiennement (comme c’est le cas en France) mais par un logiciel et ce plusieurs fois par jour, voire chaque heure. Un algorithme « intelligent » analyse en permanence la demande de carburant sur la zone, selon les prix pratiqués, l’historique de ces tarifs ou l’heure où le client effectue son plein.

Pour déterminer un prix « de marché », ce type de système doit d’abord digérer des montagnes de données historiques pour anticiper comment les clients et les concurrents réagiront à n’importe quel changement de prix et ce, selon différents scénarios. Programmés pour atteindre un objectif -comme augmenter les ventes ou la marge bénéficiaire- ces algorithmes empruntent à l’intelligence artificielle et aux techniques d’apprentissage automatique pour mettre constamment à jour les politiques tarifaires.

Un logiciel développé par une société danoise

En l’occurrence, les stations-service du pétrolier utilisent des logiciels mise au point par a2i Systems A/S. Cette société danoise a développé PriceCast Fuel, un logiciel optimisant le prix du carburant pour permettre au distributeur de dégager le plus de marge possible en fonction du contexte.

Il s’inspire du modèle dit du « yield management » auquel ont recours les compagnies aériennes ou les hôteliers qui augmentent leurs tarifs en fonction du taux de remplissage de leurs avions ou de leurs établissements et des actions promotionnelles de leurs concurrents.

Mais pour fixer les prix au litre de l’essence ou du gazole dans ses stations-service, Shell peut prendre des décisions contre-intuitives pour le consommateur et pourtant optimales pour lui. En l’occurrence dès que le logiciel relève une baisse de prix forte chez un concurrent susceptible de générer une forte affluence, il peut décider, non de s’aligner, mais au contraire de les augmenter un peu dans la station la plus proche. Le groupe pétrolier parie sur le fait que des clients pressés accepteront de payer des prix plus élevés pour éviter de faire la queue.

« Le logiciel apprend à augmenter les prix payés par les clients et, quand ce n’est pas le cas, décide une baisse des prix lorsque les automobilistes sensibles aux prix sont susceptibles d’arriver à la station » explique dans le Wall Street Journal, le patron de la société danoise a2i Systems qui a développé l’algorithme de fixation de prix du carburant. Pas sûr que la machine soit la meilleure alliée du consommateur quand il s’agit de fixer un prix!

Il y a deux ou trois ans seulement, des humains étaient à la manœuvre ( sauf chez les propaniers : pas assez d’humains pour le nombre de clients, ce qui explique que certains clients voyaient leur prix bondir d’une commande à l’autre). Le responsable des fournitures scolaires des Drive Carrefour, par exemple, baissait ses prix quand ses concurrents le faisaient. Désormais, ce sont des robots qui opèrent. « Le recours aux algorithmes provoque des distorsions de concurrence », regrettait en octobre 2017 Margrethe Vestager, commissaire européen à la concurrence, précisant que « cette situation pose définitivement problème. C’est un phénomène nouveau que nous suivons de près » 

Comme le soulignaient des chercheurs de la Northeastern University de Boston dans une étude très détaillée publiée en 2014, les ajustements de prix ne sont pas tous illégaux et ne se font pas forcément au détriment des consommateurs. Des avions mieux remplis reviennent globalement à un prix moins cher par voyageur.

Le problème pointé par Margrethe Vestager est que ces mécanismes échappent largement à la compréhension ( comme l’évolution des tarifs d’Antargaz, Finagaz et Vitogaz,  les trois propaniers qui utilisent  ces algorithmes de manière individualisée). Consulter la carte de Lanzarote sur Google Maps et écrire sur Facebook « Vivement mes vacances en juillet ! » génère immédiatement des publicités ciblées sur les Canaries. Cela peut-il pousser automatiquement à la hausse les tarifs des locations si vous consultez par la suite un site de réservation pour l’île en question ? Techniquement, oui.

Dans le doute, quelques gestes simples sont à la portée de tous. Paramétrer son ordinateur pour qu’il accepte seulement les cookies des sites consultés, et non les cookies des sites tiers. Refuser la géolocalisation quand elle n’est pas indispensable. Vérifier les « autorisations » des applications téléchargées sur son smartphone. Certaines ont accès automatiquement au contenu des SMS, par exemple, sans raison valable.

(1) addthis.com, adnxs.com, adsrvr.org, adsymptotic.com, bing.com, bluekai.com, criteo.com, cwaddthis.com, doubleclick.net, mozilla.org, psmartertravel.com, scorecardresearch.com, tacdn.com, tamgrt.com, tapad.com, tripadvisor.fr, univide.com

Une idée pour sauver la planète après sa mort : refuser la crémation au gaz

 

Dans la religion hindouiste, la crémation est considérée comme la troisième naissance du défunt, après sa naissance biologique et la seconde naissance constituée par le mariage. Le feu doit permettre de libérer l’âme du corps afin que celle-ci passe plus facilement dans l’autre monde. Le corps du défunt allongé sur un brancard en bambou, est d’abord immergé dans l’eau du fleuve, puis brûlé sur un bûcher. Ce sont des intouchables, situés au plus bas de l’échelle sociale, qui s’occupent du bûcher. Ils sont considérés comme impurs, et aucune personne de plus haute caste ne doit toucher un cadavre.

Les sadhus, des ermites qui ont choisi la voie de l’ascétisme, sont quant à eux simplement immergés dans le fleuve,  leur pureté les ayant  libérés de la nécessité de la crémation. De même les lépreux, les femmes enceintes et les enfants de moins de 10 ans sont purs et n’ont pas besoin du feu salvateur. Il y a des lieux de crémation au bord de toutes les rivières. Dans tout le sous-continent indien, le lieu le plus sacré reste la ville de Bénarès, où environ 200 corps brûlent chaque jour au bord du Gange. Bonjour la déforestation quand on sait qu’il faut  un petit arbre  pour réduire chaque corps à l’état de cendres.

Dans le district de Darbhanga [Etat du Bihar, dans le nord de l’Inde], des hommes  entassent dans un chaudron de terre cuite attaché à la proue d’un bateau,  des pains de bouse et de l’herbe sèche. Puis ils y introduisent un cadavre humain. Ils arrosent le tout de carburant et y mettent le feu. Une fumée monte dans le ciel. Ce chaudron est un bûcher funéraire. Le bois se faisant rare, c’est de cette façon que les personnes qui vivent sur des bateaux durant les crues de la rivière Bagmati procèdent à la crémation de leurs proches.

Depuis quelques années, l’incinération au moyen de déjections animales s’est répandue dans le district. Nombreux sont ceux qui préfèrent au bois ce combustible bon marché, disponible en quantité et à bas prix.

Le terrain crématoire [espace en plein air réservé à la crémation  dans la religion hindouiste] propose désormais des pains de bouse pour les bûchers funéraires. Chaque pain de forme cylindrique pèse 1,5 kilo. Il en faut environ 200 kilos pour brûler un corps. Dans une fosse circulaire, les cylindres sont disposés en couches, entre lesquelles repose le cadavre. On les tasse bien dans le trou, en y laissant une petite ouverture pour les derniers rites. “Quatre ou cinq crémations ont lieu chaque mois”, précise Dheeraj Tiwari, un officiant du crématorium de Kusheshwarnath.

C’est Vidyanath Jha, professeur de botanique et doyen du M.R.M. College, à Darbhanga, qui est à l’origine du succès de cette pratique. Alors qu’il enquêtait sur la disparition des vergers de manguiers dans cette zone, M. Jha s’est aperçu que de nombreux arbres étaient abattus pour les besoins de la crémation, leur bois étant censé porter chance. Cherchant une solution de substitution au bois, M. Jha a découvert une communauté de potiers qui recouraient aux chaudrons en terre et aux pains de bouse pour incinérer leurs morts.

Désormais, une opération de crémation sur quatre dans le district se fait avec des excréments animaux, indique le professeur Jha, qui, depuis cinq ans, n’a pas ménagé sa peine pour populariser la pratique. Ce sont les kumhars, nom de la caste des potiers, qui lui ont appris la technique. “Ils sont experts dans l’art d’arranger les pains de bouse de manière à produire le maximum de chaleur, indispensable à la crémation”, explique-t-il. “Cette pratique est transposable ailleurs dans le pays pour sauver des arbres”, plaide-t-il. Le Bihar possédant une couverture forestière éparse et aucun crématorium électrique, il faudrait également adopter cette méthode dans d’autres districts. Sur les trente-huit divisions administratives que compte cet Etat, sept n’ont pas de forêt, et dans le nord, celle-ci ne représente que 1,92 % du territoire.

Au début,  le professeur Jha redoutait la réaction des communautés hindoues où il allait porter la bonne parole. Il eut la surprise de ne se heurter à aucune résistance. La raison, a-t-il compris, tenait au fait que les excréments bovins sont également considérés comme des porte-bonheur. Depuis quelques mois, les catégories aisées et les citadins sont à leur tour conquis.

Cependant, des scientifiques ont critiqué l’utilisation de déjections animales dans les bûchers funéraires. A les en croire, la bouse devrait servir de fumier pour développer l’agriculture ou de combustible pour la production de biogaz.

Tout en acceptant ces reproches, le professeur  Jha rappelle à ses détracteurs l’ampleur de la pénurie d’énergie, le sous-développement de la région et le recul des zones forestières dans le Bihar. “Chaque opération d’incinération nécessite entre 240 et 280 kilos de bois, c’est-à-dire l’abattage d’un arbre adulte, souligne-t-il. Il est en train de rédiger un rapport sur la crémation par combustion de pains de bouse. Si celui-ci pouvait faire bouger les autorités, sa tâche en serait facilitée.

*                           *                              *

Retour en France. Plus précisément dans notre famille. Ma mère est bouddhiste. Ils sont parait-il  600 000 adeptes de Bouddha en France dont la plupart originaires des pays asiatiques. Ma mère est d’origine flamande (donc chrétienne) et non asiatique. C’est sa conversion au crudivorisme non-végétarien,  après des années de régime « biscottes et café »,  qui décida semble t’il  de son ralliement au bouddhisme. Lequel  prône pourtant le végétarisme comme hygiène de vie personnelle…. C’était la fin des années 80. Epoque où Mathieu Ricard devint  le « porte-parole » du dalaï-lama en France. Rappelez vous  « l’ offensive bouddhiste » des grands médias français,  qui précéda de quelques années la grande opération de réhabilitation médiatique du bio. Par la magie de la télé, ceux qui se disaient bouddhistes ou  qui mangeaient bio n’étaient soudain plus considérés en France par leurs voisins ou leurs collègues de travail comme de vulgaires « zadistes »,  mais comme des gens  « à la page »…..

Fraîche comme un gardon à 85 ans passés,  ma mère a émis récemment le vœu de se faire incinérer après sa mort. Comme elle a la taille et la corpulence d’un Gandhi sortant de 10 jours de jeûne, elle ne devrait pas coûter cher en gaz au crématorium ( j’ignore si le crématorium règle la minuterie du four sur le poids de la personne. Il faudra que je leur demande …. ).  Une mort  qu’elle envisage sereinement dans une trentaine d’années.  La crémation n’est pas une règle systématique chez les bouddhistes, mais c’est une pratique courante. Bon. Il me reste quelques décennies pour la convaincre de n’en rien faire. Je m’amuse à lui rappeler que le comble pour un ou une  crudivore, c’est quand même de se faire incinérer. Je lui parle de la métaphysique des ascètes hindous qui  n’ont pas besoin du feu salvateur pour libérer leur âme à leur décès.  Il est vrai que ma mère n’en est plus à une contradiction près.

 

Crematorium

 

Je suis contre la crémation et j’ai mes raisons.  Entre autres  : pas question que les gaziers se fassent du blé sur ma dépouille après ma mort. Rien à voir avec le fait que les crématoriums sont la première source de pollution aux vapeurs de mercure dans les villes  (un tiers des vapeurs de mercure en Suède, où la crémation est une pratique courante, s’explique par les amalgames dentaires brûlés dans les crématoriums). Les multiples  pollutions générées par les crématoriums explique que les municipalités les exilent  en périphérie des villes,  histoire de partager la pollution avec les ruraux… Même les américains commencent à penser que les crématoriums c’est pas sérieux au plan écologique, et proposent désormais la « dissolution » ou « liquéfaction »  des corps dans un bain chimique comme alternative à l’inhumation ou à la crémation.  Comme dans « Breaking Bad » ….

J’ai donc cherché à savoir combien il faut brûler de kilos de propane  pour réduire un corps de corpulence moyenne à un petit tas de cendres. J’ignore si l’argument de la soutenabilité écologique de l’incinération  est susceptible de dissuader ma mère d’abandonner son projet de se volatiliser dans un four chauffé à 850° C.  Je n’ai pas la moindre idée du chiffre en question.

Par chance, la municipalité  de Martigues (13) a rendu public les termes du marché  d’approvisionnement en gaz propane de son crématorium  : « Fourniture et pose de 2 citernes enterrées de 3 200 kg en location ».  Notez bien le  » EN LOCATION » .   Malgré une  consommation de propane gigantesque (voir ci-dessous), la municipalité de Martigues souhaite des citernes « en location » et non pas des citernes en pleine propriété. Faut les comprendre ces administrateurs super-avisés qui ne souhaitent pas s’encombrer de citernes propriété client : dès fois que le crématorium serait appelé à fermer ses portes du jour au lendemain faute de dépouilles… ! Rassurons le service des marchés publics de la ville de Martigues : vu le niveau de respect du corps humain enseigné et  pratiqué dans les facultés de médecine françaises (cf la récente affaire des bizutages) ces temples de la vulgarité athée que sont devenues les facultés de médecine depuis la Révolution n’ont pas fini de former des cohortes de médecins demeurés, expédiant nos aînés «ad patres»  avant qu’ils aient atteint l’âge canonique.

Je lis donc  les détails de l’appel d’offres de la mairie de Martigues «  Livraison de gaz propane pour la durée du présent marché. Le gaz propane est la source d’énergie dont le four de crémation de la marque ATI modèle CR 2000 a besoin pour fonctionner. Les estimations de consommation sont les suivantes: consommation minimale: 500 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 475 000 Kwh. Consommation maximale avec 1 200 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 1 140 000 Kwh »

Il faut donc en moyenne 950 KWh pour réduire un corps en cendres,  soit l’équivalent de 2 bouteilles de propane de 35 kg (ou deux ans de cuisine au gaz pour une famille). Le crématorium municipal de la seule ville de Martigues consomme ainsi de 35 à 84 tonnes de propane par an pour brûler de 500 à 1200 dépouilles selon les années. En 1975 on comptait 2000 crémations par an dans toute la France. En 2011 ce chiffre a atteint 167 000 (31 % des obsèques). Si toutes les crémations étaient faites au propane ( ce qui est loin d’être le cas, la plupart des crématoriums fonctionnant au gaz naturel, et peut être pour une poignée à l’électricité) 167000 crémations par an représenteraient  l’équivalent de 11,7 millions de kilos de gaz propane par an  pour satisfaire la « mode » des crémations importée d’Asie et d’Europe du Nord.

11 700 tonnes  soit 25 000 m3 de propane,  représente 30 % de la capacité des plus gros navires gaziers circulant actuellement sur les mers : les VLGC (photo ci- dessous).

KIKYO

VLGC KIKYO ( Helios LPG ) Capacité  82 521 m3

En Europe du Nord, 70 % des funérailles se terminent par une crémation.  La consommation de gaz naturel et de gaz propane des crématoriums est monstrueuse. Si les gaziers se frottent les mains, c’est parce que  la France et les pays de tradition catholiques d’Europe du sud  alignent  progressivement leurs rites  funéraires sur les pratiques des pays d’Europe du Nord, lesquels ne font que copier les rites asiatiques.

Alors on arrête quand ce délire crématoire digne de la Géhenne  ?

 

 

Nouveaux compteurs EDF : en marche vers le scandale du Linky-thyrox

J’ai appris dans la presse  une nouvelle ahurissante : il parait que 3 millions de français, soit un français sur 20, a des problèmes de thyroïde et prend du Levothyrox régulièrement pour se soigner. Un français sur 20, rendez vous compte, a un grave problème de thyroïde ( j’apprends le même jour que 3 millions de français souffrent de psoriasis, soit un taux 2 fois plus élevé qu’aux USA .. ! )  Moi qui croyait, puisqu’on n’arrête pas de nous le rappeler à chaque occasion,  que la France était un pays où les gens sont  en  bonne santé « grâce à une médecine de haut niveau et une sécurité sociale que tout le monde nous envie ».  Ceux qui naguère dans les années 1980-2000 nous bassinaient quotidiennement avec le problème du déficit de la sécurité sociale (rappelez vous, c’était juste avant qu’on commence à nous bassiner avec le problème de la dette publique…..) auraient donc omis à l’époque,  de nous communiquer les chiffres alarmants de l’état de santé REEL de la population ? Avec une telle réussite imputable à  nos élites médicales, on comprend mieux effectivement l’ampleur des  déficits auxquels se trouvent confrontés les gestionnaires de la Sécu.

A ce sujet, le dernier numéro du journal FAKIR, à déguster lentement sous ce radieux soleil d’octobre,  nous apprend  qu’on ne risque pas d’entendre beaucoup parler du déficit de la Sécu dans les 5 années à venir. Si on en croit l’enquête effectuée par la bande à Ruffin,  les grands  labos pharmaceutiques auraient généreusement contribué au hold- up médiatique de la dernière présidentielle, arrivant à propulser sur le devant de la scène  deux marionnettes appelées à distraire les français pendant les prochaines années   :  Macron,  alias Mr Ravi de la Crèche (*) et Buzyn, l’hydre aux 11 bras-seringues.

On en déduit que le déficit de la Sécu sera « hors de tout contrôle » chaque fois que le gouvernement souhaitera juguler les honoraires des  médecins et les profits des labos;  et qu’il sera  considéré comme « acceptable » ou « résorbable  » chaque fois que  médecins et les  labos tiendront le gouvernement français dans leurs griffes. Pour les 5 années à venir, Buzyn vient de nous prévenir que l’hôpital public va devoir se serrer la ceinture, histoire de permettre à Macron de remercier les labos pharmaceutiques.  A quoi tient la politique de santé en France !

Il est grand temps que les français exigent une transparence  des données de santé publique afin que les données de remboursement  de la sécurité sociale puissent passer dans le domaine public pour être analysées par des experts indépendants.  On risque alors de découvrir de belles rentes de situation. Et les raisons pour lesquelles les multinationales du médicament adorent notre pays  ET plus encore notre Sécu !  Pour revenir au Levothyrox, comment nos pouvoirs publics peuvent-ils remettre la vie de 3 millions de français entre les mains d’un laboratoire pharmaceutique américain, Merck,  disposant d’un monopole de fait sur ce médicament, laboratoire  qui s’est auparavant couvert de boue dans le scandale du Vioxx ( voir ici la vidéo d’une charmante américaine, ex-cadre sup chez Merck,  qui a retourné sa veste après avoir vu de près la mascarade de cette médecine pseudo « scientifique » ).

Croyez moi si vous voulez, les histoires de  propane,  c’est de la roupie de sansonnet en comparaison des mensonges et de la fraude scientifique organisées à échelle planétaire par le lobby médico-pharmaceutique.

Changement de formule  de médicament, changement de technologie de compteur électrique. Même mépris des consommateurs, même imprévoyance, même gabegie, même incapacité des autorités à regarder les choses en face.

La formule « Un état dans l’état » était en vogue dans les milieux écolos pour parler d’EDF au temps du nucléaire triomphant. Aujourd’hui, elle conviendrait à merveille à sa filiale Enedis (ex-ERDF). En charge du programme Linky, le gestionnaire du réseau électrique avance en effet à marche forcée sans aucun respect pour les usagers et quasiment sans jamais reconnaître ses responsabilités. Un peu comme notre désormais célèbre Agence nationale de sécurité du médicament.  En situation de monopole, à défaut de concurrence qui pourrait lui inculquer le sens du client, Enedis déploie son compteur Linky sans se soucier le moins du monde des particuliers. Tout semble permis au nom de sa mission de service public, les problèmes récurrents et persistants recensés par l’association de consommateurs UFC Que choisir semblent le  prouver.

L’appel à témoignages lancé dans le numéro de Que Choisir de mai dernier a fait remonter une  centaine de vrais dysfonctionnements apparus juste après la pose d’un compteur Linky, ce qui n’est déjà pas rien.   Mi-mai, un  questionnaire de l’UFC destiné aux seuls ménages équipés d’un compteur Linky  est revenu complété en moins de 48 heures à plus de 2 000 exemplaires. Avec un taux de mécontentement élevé et argumenté.

Alors, même si Enedis continue à affirmer avec obstination que « des cas problématiques, on en a peu », la réalité du terrain devient bien plus alarmante que ne le dit le gestionnaire de réseau. Il n’y a ni fantasmes ni peurs irraisonnées dans les réponses des usagers équipés, seulement des ennuis bien réels. Si 74 % d’entre eux n’ont noté aucun problème consécutif à la pose du compteur Linky, 26 % des ménages, soit 1 sur 4, subissent de vrais dysfonctionnements, ce qui est énorme. Par ailleurs, 69 % des participants estiment que leur compteur Linky est inutile. Un taux d’insatisfaction jugé anormalement élevé par les experts en statistiques de l’UFC-Que Choisir.

Au palmarès des méfaits de ce nouveau compteur communicant, on trouve d’abord les lampes. « Le soir même de l’installation, nos deux lampes de chevet tactiles sont devenues folles », nous écrit un abonné. « Elles fonctionnent de façon anarchique, s’allument toutes seules inopinément, parfois au beau milieu de la nuit », ajoutent de nombreux internautes. On nous parle aussi d’ampoules qui vacillent, de volets roulants qui ne remontent plus, de boîtiers télé qui peinent, de fours qui se mettent en marche tout seuls, de sons parasites à la radio. Autres soucis, les coupures de connexion qui se multiplient sur des box Internet (imposant des relances plusieurs fois par jour et causant des problèmes de réception TV), des appareils qui n’ont jamais redémarré après la pose du compteur ; des congélateurs dont on perd tout le contenu parce que le compteur a été changé en l’absence des occupants. Ou encore des ballons d’eau chaude électriques qui ne fonctionnent plus du tout ou passent en marche forcée, donc en heures pleines au lieu de chauffer l’eau en heures creuses.

D’autres dénoncent des coupures intempestives d’électricité pour un oui pour un non, alors que leurs habitudes n’ont pas été modifiées ( explication : les algorithmes qui gèrent les dépassements de puissance autorisés, qui se produisent lors du démarrage d’appareils électriques,  ne sont plus les mêmes que sur les vieux anciens compteurs). Et puis dans les appartements équipés de compteurs électroniques, on trouve des coffrages dont la porte ne ferme plus une fois le compteur changé. « Le compteur ne rentrait pas dans le boîtier mais l’installateur a refusé de reposer l’ancien, qui fonctionnait très bien. La porte reste ouverte, on va finir par l’enlever pour éviter de se fracasser le crâne dessus. C’est inadmissible, l’entrée va ressembler à un chantier », témoigne un abonné exaspéré. D’autres pointent leur contrat heures pleines/heures creuses qui s’est transformé « en heures pleines/heures pleines ».

Quel que soit le problème, Enedis, en digne représentant de la technocratie française triomphante,    refuse le plus souvent de l’assumer. Lorsqu’il y a panne d’appareils ou des pièces à changer, il s’estime, d’après notre sondage, non responsable 9 fois sur 10. Quand le cumulus électrique ne fonctionne plus normalement, le problème finit par être résolu seulement une fois sur deux, et c’est la même chose pour les compteurs qui sautent à tout bout de champ. Dans 71 % des cas, les problèmes de box persistent, y compris quand l’installation du Linky date de 2016. Pour ce qui est des contenus de congélateurs perdus quand les changements de compteur se font en l’absence des occupants, ils ne sont jamais indemnisés. « Il n’y a pas eu de panne de secteur »,s’entendent répondre les victimes ! De plus, malgré la forte accélération du programme de pose des compteurs depuis le début de l’année, les problèmes qui apparaissaient en 2016 restent d’une ampleur comparable. À l’exception de celui des lampes tactiles, enfin admis depuis peu, Enedis n’a rien appris de ses premiers errements. Le chauffe-eau électrique qui ne redémarre pas ou qui fonctionne en heures pleines demeure d’actualité, les problèmes de box Internet perdurent, les portes de coffres continuent à ne plus fermer, les moteurs et les cartes électroniques à griller, etc.

better call saul

Problème de compteur électrique ? N’appelez surtout  pas ENEDIS…

 

Ces nombreux dégâts tiennent en partie à la précipitation du déploiement. Les poseurs qui sont recrutés ne connaissent pas grand-chose à l’électricité. La tâche est trop mal rémunérée pour que des électriciens de métier s’y intéressent. Les installateurs sont formés à la va-vite, envoyés chez les usagers au bout d’un mois, d’abord en binôme puis seuls. « On apprend énormément en un mois, mais c’est de la théorie, témoigne l’un d’eux. On apprend surtout sur le terrain. On nous demande de passer une demi-heure par compteur, il nous faudrait plus de temps pour le triphasé, car c’est plus complexe. Il y a davantage de câbles à serrer, il faut repérer les phases et les équilibrer. Si on met le neutre sur une phase, on provoque des dysfonctionnements. Le délestage des ballons d’eau chaude peut poser problème, surtout en triphasé. Les options Tempo et EJP sont difficiles à programmer quand on débute : il faut toucher aux relais de délestage. Il arrive même qu’on se trompe de compteur dans les colonnes en immeuble tellement on doit aller vite. Il faut savoir qu’on est payés au smic, ou à peine plus, et qu’on ne touche pas de primes si on fait moins de 10 installations par jour. »

Conscient de l’insuffisance de la formation de ces personnels qu’il missionne chez ses 35 millions d’usagers, le gestionnaire de réseau envoie régulièrement des techniciens contrôler le travail en cours chez les clients. Une démarche en forme d’aveu, mais qui ne suffit pas à régler les nombreux problèmes. « Il devait y avoir 30 à 40 entreprises de pose il y a quatre mois, on doit être autour de 70 aujourd’hui »,  confiait un installateur en avril dernier à l’UFC. Le rythme de pose s’accélérant, il faut embaucher de plus en plus, les recrutés ne sont pas aguerris aux difficultés du métier ni à la diversité des configurations qu’ils rencontrent.

Et puis, il y a des mots d’ordre contradictoires et des pratiques inexplicables. D’après l’enquête de l’UFC, 52 % des installateurs conseillent d’éteindre les appareils qui fonctionnent ou qui sont en veille, d’arrêter le lave-linge ou le lave-vaisselle s’ils sont en marche, l’ordinateur ou la télé s’ils sont allumés, mais 48 % ne donnent aucune de ces consignes. Quand les compteurs sont dans les parties communes d’un immeuble, sur les paliers, il arrive même que les poseurs oublient de sonner aux portes des appartements tant ils ont intérêt à faire vite pour toucher leurs primes. Résultat, les résidents se retrouvent soudainement privés de courant. Tout électricien digne de ce nom sait pourtant qu’une mise hors tension « sauvage » peut griller le moteur d’un matériel un peu ancien, les cartes électroniques sensibles, déprogrammer des équipements. « On conseille d’arrêter tout ce qui peut l’être avant la coupure générale, nous ont d’ailleurs confirmé les responsables techniques du programme Linky d’Enedis. Après une mise hors tension abrupte, il peut y avoir des matériels qui ne se réinitialisent pas bien ou qui flanchent. La remise sous tension peut entraîner une défaillance des équipements qui datent ou qui ont des composants électroniques sensibles. Les box et les routeurs de Wi-Fi nécessitent une coupure propre, sinon la synchronisation ne se fait plus correctement. »

La doctrine semble donc claire. Mais quand il s’agit de poser ses compteurs à tour de bras, Enedis ne s’embarrasse pas de ces précautions minimales. Les consignes données aux installateurs sont même en parfaite contradiction avec les recommandations de ses propres experts. Ils sont sommés de les remplacer dès lors qu’ils sont accessibles, y compris en cas d’absence des usagers. « Il n’y a pas de prise de rendez-vous quand les compteurs sont accessibles », répond d’ailleurs le service clients d’Enedis aux consommateurs mécontents, et le courrier type d’Enedis annonçant le remplacement précise qu’il « ne nécessite pas votre présence quand le compteur est à l’extérieur ». Les mises hors tension abruptes sont donc exigées par Enedis, qui en connaît pourtant tous les risques ! Plus grave, le gestionnaire de réseau refuse d’en assumer les conséquences.

L’UFC-Que Choisir n’a pas attendu le démarrage de la pose des compteurs pour s’opposer au programme Linky. Dès 2010, l’association a dénoncé« ce compteur pensé par et pour le gestionnaire de réseau, et pas du tout dans l’intérêt des consommateurs ». En outre, depuis que le gouvernement a annoncé le programme de déploiement généralisé de ce nouveau compteur communicant l’année suivante, elle n’a cessé de s’engager pour défendre l’intérêt des consommateurs. Études, actions en justice, tout a été tenté pour empêcher son déploiement. Un recours a été déposé devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation de l’arrêté de généralisation du compteur. Malheureusement, cette procédure n’a pas été couronnée de succès. Son exigence d’un afficheur déporté qui serait placé à l’intérieur du logement, pour que ses occupants puissent suivre leur consommation d’électricité en temps réel, n’a pas abouti non plus. Dommage, c’était là le seul moyen de faire participer le compteur Linky à la maîtrise de la consommation d’énergie des ménages. Mais les gouvernements successifs ont préféré défendre les intérêts du gestionnaire de réseau plutôt que ceux des particuliers. Ce qui n’empêche pas l’UFC-Que Choisir de continuer à se battre, notamment pour la protection des données personnelles des usagers.

Source : Lettre d’information de l’UFC Que choisir du 19/10/2017 .

(*) Pour avoir une idée de la naïveté du premier personnage de la République, il suffit de relire son philosophe fétiche, un certain  Paul Ricoeur  » ….mon problème n’est pas de proposer ici une philosophie politique digne de celle de Cornelius Castoriadis ou de Claude Lefort. Il est seulement de savoir si la pratique politique fait appel aux ressources d’une moralité concrète qui ne trouvent leur essence que dans le cadre d’un savoir de soi que l’Etat en tant que tel détiendrait » (dans l’ouvrage le plus connu de Ricoeur « Soi-même comme un autre »).  Qu’un philosophe hégélien écrive cela dans la première moitié du XIXeme siècle, on le comprendrait.  Mais il faut être gravement naïf pour imaginer 150 ans après la publication des « Principes de la philosophie du droit », que l’Etat français ait jamais détenu,  détiendrait ou même chercherait à détenir,  un quelconque « savoir de soi » concret qui  permettrait aux citoyens français de lutter aujourd’hui et demain  contre les nouveaux obscurantistes que sont non plus les religieux, mais les détenteurs de l’hyper pouvoir économique. Une telle naïveté est confondante. Malheureusement c’est le genre de naïveté dont se bercent aujourd’hui nos élites politiques.

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