Association Défense des Consommateurs de Propane

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Une fois tous les cinq ans. Du bon usage par l’oligarchie de la démocratie et de la concurrence par intermittence

« Le peuple ne demande que le nécessaire, il ne veut que justice et tranquillité, les riches prétendent à tout, ils veulent tout envahir et tout dominer »  Robespierre ( Avril 1791 )

Le journaliste :  » Vous êtes pour une 6eme République ? »  Etienne Chouard « Non, je suis pour une première Démocratie » (Sud Radio,  30/12/2018)

« Quand les entreprises s’en foutent plein les poches et écrasent les gens pour avoir plus, il y a quelque chose qui ne va pas. » Muriel Robin ( Midi Libre 02/01/2019)

 » L’ouvrier et le paysan ont à peine le temps de penser de loin en loin à l’exercice intermittent de leur souveraineté. C’est miracle s’ils arrivent à pouvoir faire passer une ou deux petites réformes tous les vingt ans. Et c’est de ce peuple désarmé, qui lutte si péniblement contre la force de résistance qui l’accable, contre les efforts de la réaction qui le menacent, que vous osez dire : il ne faut pas le déchaîner, il ne faut pas lui mettre entre les mains un instrument de spoliation (comme le RIC…). Et pendant qu’on ne lui permet pas de spolier les autres en idée, on le spolie, lui, par des impôts de consommation, on lui retranche sur ses salaires ce que le capital lui a laissé » Jean Jaures

 

On aurait pu croire qu’avec la crise des gilets jaunes, les journalistes allaient abandonner  mocassins et escarpins, et chausser bottes et sabots de jardin pour aller enquêter sur les divers sujets de mécontentement qui fâchent  ce peuple qui habite la campagne sans vivre de la terre. Pour une fois qu’une jacquerie ne se termine pas par des  défilés de gros tracteurs en  centre-ville, ou en épandage de fumier devant les grilles des préfectures. Car voilà un scandale 100% gilets jaunes, celui du prix du gaz de chauffage en citerne, qui ne concerne que les populations non-agricoles des territoires ruraux. Un scandale 100% français qui pue le gaz et l’injustice à plein nez, une belle arnaque montée de toutes pièces par les multinationales du GPL (dont ENGIE vient de rejoindre le syndicat professionnel et s’apprête à imiter les méthodes de vente en anticipation de la fin annoncée des tarifs réglementés du gaz). Bref un sujet parfaitement dans l’air du temps qui devrait en toute logique, donner l’occasion à quelques journalistes même modérément curieux, de s’interroger sur la raison d’être des inégalités individuelles ou territoriales en matière de prix du chauffage domestique.

Résultat : pas une seule ligne dans les journaux sur l’absence de volonté de l’administration pour imposer un contrôle ou, a minima, la transparence des prix du propane, alors même que le gouvernement vient d’annoncer coup sur coup la taxation du propane à la TICPE (il en était exempté jusqu’en 2018) et la fin des chaudières fuel durant la prochaine décennie. Cette dernière mesure forcera des centaines de milliers de foyers ruraux ne pouvant s’offrir  le coût prohibitif d’un raccordement au gaz de ville, à devoir convertir  leur installation de chauffage au gaz de citerne ou à engager des investissements très importants dans une pompe à chaleur. Si le gouvernement entendait conduire les moutons dans la gueule du loup, il ne s’y prendrait pas autrement.

Pas une ligne non plus dans la presse sur les pratiques commerciales des revendeurs de gaz en citerne dont la  tarification ultra inégalitaire cible les plus faibles – les moins informés – et ceux qui n’ont pas la possibilité de changer  de fournisseur (ie les locataires en milieu rural), en leur faisant payer leur gaz de chauffage à des prix variant de 1000 € à 2500 € la tonne dans le même village et pour un même fournisseur,.

N’ayons pas peur des mots. Les consommateurs français de propane (500 000 familles rurales) connaissent la pire situation en Europe du point de vue des pratiques commerciales des propaniers. . Et personne,  dans les hautes sphères parisiennes et bruxelloises,  n’a jamais daigné s’insurger contre le sort qui leur est fait par l’oligopole français du propane : inégalité tarifaire faramineuse, opacité des prix, absence de contrôle des pratiques tarifaires par l’Etat, impossibilité de faire jouer la concurrence… Nous sommes les laissés pour compte des règlements européens sensés favoriser la transparence et la concurrence des acteurs économiques. Nos compatriotes  n’ont le choix qu’entre 4 distributeurs nationaux. Ils ne bénéficient ni d’un régime de prix contrôlé ou encadré par les pouvoirs publics comme en Belgique ou au Luxembourg, en Espagne et en Italie, ni d’une concurrence assainie par les autorités publiques compétentes comme au Royaume Uni, en Autriche  et en Allemagne, ni de la vivacité de la concurrence entre distributeurs locaux en Pologne. Les prix du gaz en citerne en France sont les plus élevés d’Europe et nous sommes démunis  devant le lobby du GPL, sans système d’encadrement des variations de prix et sans moyens de faire jouer la concurrence,  sinon à la fin des contrats……. c’est à dire une fois tous les 5 ans.

Une fois tous les cinq ans, dites-vous ? Ca ne vous rappelle rien ? Ne voyez-vous pas quelque parallèle entre une aliénation politique résultant  d’institutions démocratiques défaillantes,  et notre aliénation  économique organisée par le lobby du GPL ? Un parallèle entre une pseudo  « démocratie » par intermittence où le peuple ne peut révoquer mauvais menteurs et bonimenteurs qu’à la fin du quinquennat, et ce pseudo marché du gaz de chauffage en citerne où le consommateur n’est autorisé à tirer les conséquences de l’escroquerie dont il a été victime qu’une fois tous les 5 ans,  sauf à devoir s’acquitter de frais de retrait de la citerne délirants ?  Comme si c’était au consommateur de dédommager son fournisseur des frais de l’arnaque qu’il a monté à ses dépens ! Comme si c’était au consommateur de payer le  prix de l’inaction de ses élites ! Comme si ce même consommateur avait les moyens d’anticiper , au moment de signer son contrat, le comportement  des algorithmes qui amplifient les variations des cours à la hausse et minorent les variations à la baisse dans les tarifs de vente des propaniers ! Foutaises et foutages de gueule.

Ainsi nous errons dans un  monde où  politiciens et haut fonctionnaires se rengorgent en permanence de songes creux, de mots vidés de leur sens par des pratiques contraires aux principes qui les ont établies  : liberté, démocratie, concurrence….  Un monde où la pensée critique sérieuse a depuis longtemps déserté  les médias dominants (**). Un seul exemple : quel média d’importance s’est jamais fait le moindre écho du scandale que nous dénonçons depuis 6 ans sur notre site ? Pas un seul.

Si donc le consommateur-électeur ne dispose pas d’informations pertinentes pour distinguer le vrai du faux, la baudruche du véritable homme d’Etat, le propanier escroc du propanier réglo, aux rares moments où il est appelé à exercer sa faculté de choisir, comment les choses pourraient-elles un jour s’améliorer dans le cadre convenu d’une économie de marché  ? Car c’est l’électeur-consommateur qui  supporte  in fine les conséquences sonnantes et trébuchantes de choix politiques et économiques abusivement détournés de la recherche du bien commun.

Nous sommes donc titulaire de droits, mais seulement par intermittence. Voilà une des caractéristiques du système que ces élites qui prétendent diriger nos vies,  à défaut de pourvoir entraver nos consciences,  entendent mettre en œuvre : un système où nous ne  sommes autorisés à leur demander des comptes qu’une fois de temps en temps, lorsque le mal a déjà été fait. Au hasard : lorsque  les autoroutes et les aéroports ont été  privatisés à vil prix ou lorsque  les factures astronomiques  de propane ont été encaissées. Et qu’il est très compliqué voire impossible de revenir sur le passé.

Oui, nous sommes  dans LEUR système de merde, mais nous n’y sommes plongés à notre corps défendant,  que dans une temporalité de  court terme, celle d’un capitalisme aveugle incapable de se donner à lui-même ses propres limites.  Nous sommes dans la merde où les propaniers nous ont mis, et d’où nos hauts fonctionnaires n’ont aucune envie de nous extirper par peur de se salir les mains et d’hypothéquer leur carrière. Nous sommes dans la merde  et nos factures de propane,  dont le prix unitaire varie au gré des circonstances,  sont estampillées du sceau de la honte :  le sceau d’une variété crapuleuse de capitalisme anglo-saxon allié, pour l’occasion, à l’inertie d’un  corporatisme d’Etat sclérosant. Nous sommes dans la merde mais nous portons des habits aux couleurs de lumière. Nous sommes les gilets jaunes d’hier et d’aujourd’hui.  Et nous serons les gilets jaunes de  demain, bottant les fesses des multinationales et de tous ceux qui, dans les strates du pouvoir, collaborent de manière active ou passive à leur sale entreprise de domination.

Alors que notre pays compte les premiers blessés et pleure les premiers morts d’une  insurrection qui n’en finit pas de venir (morts, je le rappelle,  d’avoir osé dénoncer le simulacre de démocratie qu’est devenue notre République),  il me vient à l’esprit  que le tout premier gilet jaune de l’histoire n’a pas eu l’honneur de pouvoir se revendiquer comme tel.  Et pour cause : l’expression « gilet jaune » n’existait pas encore (*). Comme de  nombreux autres gilets jaunes officiellement déclarés depuis, ce jeune pionnier de la « jaunitude »  bretonnante est originaire des Côtes d’Armor. C’est en giflant le Premier Ministre Manuel Valls lors d’un déplacement en Bretagne  en janvier 2017, que ce jeunot de 18 ans se rendit célèbre en France et à l’étranger. Le lendemain de la gifle, un auditeur tint les propos suivants au Premier Ministre  invité  à se faire consoler en direct  sur les ondes de  France Inter :

« C’était pour te dire Manu… Je sais pas si tu trouves ça normal ou pas mais la claque on est juste 66 millions à vouloir te la mettre, c’était juste trop bon ! Sans déconner quoi, il a été parfait le bonhomme ! »

Immédiatement interrompu par le maître des ondes  Patrick Cohen : « Alors cet appel à la violence sur l’antenne de France inter, c’est non ! »

Avec le recul et malgré les récriminations du pauvre Cohen, il semblerait bien que l’appel de cet auditeur à corriger le Manu en question ait été entendu par la foule du public de France Inter,  et même largement au-delà du cercle habituel de cette radio d’Etat. Sauf que ce n’était plus le même Manu :   Manu la barbichette, le Manu de l’ancien monde  étant parti soigner sa joue sous le soleil de la Catalogne, Amazon nous a livré en échange  un Manu du nouveau monde, un Manu frétillant, sans poil et sans reproche, Manu le glabre, Manu numéro deux.

De sorte que suite à la crise des gilets jaunes, certains commentateurs politiques soucieux  de sauver le soldat Manu n°2 (faute d’un troisième disponible dans les allées du pouvoir) se posent aujourd’hui  la question de savoir si les dizaines de millions de français qui se sont  réveillés le 17 novembre dernier,  ne se sont pas au fond  trompés de tête de turc : les gilets jaunes n’ont-ils pas voulu  gifler Manu I,  sa fameuse  loi Travail et son 49.3,  en appelant à la démission de Manu II ? Il y a quelques raisons de le penser en effet. Mais cette question importe t’elle vraiment au regard de l’histoire ? Peu nous chaut que le pouvoir ait entre temps changé de mains en France,  puisque  le véritable pouvoir est à Bruxelles, comme chacun sait. On peut donc gifler nos menus politiciens les uns après les autres, et même  nos Manus politiciens, sans crainte de trop se tromper.

Allez,  je vous quitte avant que la gendarmerie de Rambouillet ne vienne me chercher pour incitation à la commission d’un délit sur la personne du  président  ou autre chargée d’une mission de service public. Pour un ex fonctionnaire, ça la foutrait mal.  Bah. Ca ne fera jamais que ma deuxième garde à vue. La première, j’avais le même âge que Nolan, le gifleur de Valls. On a le sang chaud à cet âge là.

Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de fin d’année  et une année 2019 sous les auspices d’une démocratie  régénérée par le seul bon sens commun qui vaille : celui du peuple qui déteste qu’on se moque de lui.

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(*) La première association à porter le nom  » Les Gilets Jaunes » est  une association de parents d’élèves de l’Essonne  manifestant contre les rythmes scolaires en 2014. Les photos de la presse de l’époque ( voir lien ci-dessus)  prouvent que les parents portaient déjà  la fameuse tunique jaune….

(**) Mon analyse du rôle des journalistes dans le marasme intellectuel ambiant est beaucoup plus nuancée que celle de certains gilets jaunes dont les gestes déplacés ou les invectives vis à vis des représentants des  médias sur le terrain nous sont rapportées au jour le jour. Je trouve l’attitude de ceux-là inutilement  agressive vis a vis des journalistes de base, et totalement contre-productive. Je mets cette agressivité sur le compte d’une compréhension insuffisante de la variété des stratégies de dissimulation mises en oeuvre par les  salariés de niveau intermédiaire (les « cadres ») au sein des organisations. Les cadres ou les journalistes de base  ne partagent pas nécessairement l’idéologie des organisations dans lesquels ils investissent toute leur énergie. Cela peut certes sembler paradoxal mais c’est une des grandes leçons de la sociologie des organisations. Les gilets jaunes devraient lire un peu plus Michel Crozier ou  les romans du  XIXeme siècle comme Le Rouge et le Noir de Stendhal (  comment Julien SOREL cache ses ambitions personnelles en reprenant les discours des corps constitués). Cela leur permettrait de  prendre un peu de recul par rapport aux discours anti-presse de certains hommes et femmes politiques qui soutiennent les GJ. Ces quelques remarques ne disent rien, bien évidement, du (re-)traitement médiatique de l’information par ceux-là  qui, au chaud dans les rédactions,  ont le pouvoir de décider des images et des discours  qui seront diffusés et qui en profitent pour manipuler honteusement l’opinion.

Dieu Merci

Boostheat,  la chaudière gaz qui jette un froid            

 

Avez-vous entendu parler de la nouvelle chaudière BoostHeat ? Non ? C’est normal,  son industrialisation démarre à peine.  Vous ne pourrez l’acheter, si tout va bien, qu’au second semestre de cette année. Quelque part du côté de Lyon, dans les anciens locaux de Bosch  laissés vacants par la désindustrialisation galopante de la France, une nouvelle chaudière révolutionnaire est en train de naître qui sera parait-il deux fois plus économe que les meilleures chaudières à gaz actuellement présentes sur le marché.

Vu comme ça, ça a l’air particulièrement alléchant. Cette chaudière arrive à point nommé pour ceux qui souhaitent remplacer prochainement leur vieil appareil de chauffage. Le  rendement particulièrement élevé de la Boostheat permettra d’amortir les hausses de prix à venir du propane , depuis que Macron a décidé, sans consulter l’ADECOPRO,  de taxer le propane à la TICPE.

Renseignements pris sur le site internet du fabricant, cette chaudière n’est en réalité pas vraiment  une chaudière. C’est un croisement entre une chaudière gaz et une pompe à chaleur. La Boostheat est donc à la chaudière ce que le Bergamasco est au chien de berger  : seul un examen attentif permet de  s’assurer  qu’il s’agit toujours d’un chien….Les prototypes fonctionnent  au gaz de ville uniquement. Aucune indication n’est fournie quand à la mise à disposition d’un modèle fonctionnant au propane.

Bergamasco

Bergamasco essayant de booster son propriétaire. Nettoyer un Bergamasco ou entretenir une Boostheat, laquelle des tâches sera la plus facile ?

Cette formule « deux en un »  signifie concrètement  qu’il y aura non pas un appareil à installer mais deux, avec une liaison frigorifique (ou autre)  entre les deux.  Vous qui espériez un matériel bon marché à installer, c’est raté.   Vous venez de doubler  le coût d’installation de votre  future chaudière.

Premier mensonge :   les photos du site ne montrent que la chaudière elle-même  et son  esthétique extérieure et intérieur (chromé),  et évitent soigneusement de mettre en évidence   le groupe extérieur de la PAC, il est vrai  beaucoup moins sexy à reluquer sur le bord de la terrasse mais   tout aussi  nécessaire pour  faire fonctionner l’engin. Comme dans n’importe quelle PAC, ce sont les calories pompées dans l’air extérieur qui permettent de diminuer la quantité de gaz consommée.

Toute la question sera de savoir si cette chaudière avec PAC intégrée coûtera moins cher à l’achat, à l’ installation  et à la maintenance qu’une chaudière « normale » auquel on rajouterait une pompe à chaleur «  normale ». Car  n’importe quelle pompe à chaleur greffée  à une chaudière existante  peut diminuer par trois (en moyenne) votre consommation de gaz,  exactement comme la Boostheat est supposée le faire.  Si la Boostheat devait coûter au moment de son lancement le  prix d’une chaudière neuve auquel s’ajoute  le prix d’une PAC,   je vous conseille vivement de rester dans une configuration classique  dont la maintenance pourra être assurée par n’importe quel chauffagiste au coin de la rue, et d’éviter la Boostheat, au moins  jusqu’à plus ample informé….

Les ingénieurs français ont en effet la réputation d’être de bons inventeurs mais de piètres industriels : ce ne sont  pas les mêmes qualités intellectuelles qui sont requises dans les deux cas. Or il se trouve que ce sont les inventeurs, titulaires des  brevets,  qui dirigent apparemment  l’entreprise.   On peut donc craindre le pire,  non pas tant côté fabrication ( le monde de la fabrication n’est pas si éloignée du bureau d’études), que du côté « service »  entendu au sens large, c’est à dire « formation des installateurs » et  » service après-vente ».

Les pas-si-anciens  se rappelleront  la  gamelle industrielle qu’a été la chaudière pulsatoire française  AUER  sensée apporter   la solution finale aux  problèmes de consommation de gaz de nos classiques chaudières à condensation.  Dans la réalité,  la pulsatoire est tellement sensible et tellement complexe à régler que AUER n’a jamais pu former d’installateurs compétents en nombre suffisant dans l’hexagone ( beaucoup de ces installateurs qui ont rêvé d’une rente avec AUER, ont d’ailleurs laissé tomber  la marque depuis).   De nombreux consommateurs se sont retrouvés marris de devoir trouver un chauffagiste capable de régler une chaudière qui a  la sale habitude de se dérégler tous les quatre matins. Autant dire que ce n’était pas prévu comme ça dans le prospectus de vente du fabricant.

Il va donc falloir que Boostheat prévoit un super programme de formation si la firme entend développer ses ventes en donnant les moyens aux chauffagistes de maîtriser la question du SAV sur une machine hybride « gaz-pac ». Ils sont nombreux les fabricants et les distributeurs de PAC en France, à s’être cassés les dents sur le problème de la formation et de la compétence des installateurs, que ces derniers  soient électriciens ou plombiers-chauffagistes.

Ceux qui souhaitent  changer leur équipement de chauffage dans les prochains mois,  et qui prévoient éventuellement d’installer une PAC pour réduire leur  consommation,  feraient donc bien d’attendre les premiers retours d’info de leur chauffagiste avant de se lancer dans l’achat de ce nouveau  « Stimulateur de chaleur » (traduction littérale de Boostheat ). Quand à la possibilité d’installer l’engin dans un coin de la cuisine ( qui est un des gros avantages des chaudières gaz sur les chaudières fuel), on ne connait pas encore ses dimensions,  mais ça n’a pas l’air gagné d’avance…

Ceci dit, Boostheat a eu le privilège d’avoir un tas de bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau. Parmi les partenaires  de l’entreprise qui ont apporté du capital,  des prêts,  du fonds de roulement et autres dons en nature, on trouve la Commission Européenne, l’Agence Nationale de la Recherche, l’ADEME, GRDF, ENGIE, DALKIA, nos « amis » de Butagaz, TOTAL et un certain nombre d’universités et de collectivités, ainsi que la BPI France dans le rôle du Parrain.  Ce qui semble vouloir indiquer qu’un nombre respectable d’industriels et de chercheurs croit au succès commercial  du nouveau stimulateur de chaleur.

Sur la page du menu du site décrivant  l’entreprise,   on peut trouver les  photos en noir et blanc  des dirigeants et des salariés de l’entreprise. Quelques mois en arrière  on pouvait aussi y trouver les photos des 10 administrateurs de l’entreprise, 7 hommes et 3 femmes (histoire de  respecter la parité).  Étrangement les photos des administrateurs ont toutes disparu du site internet  après que  la direction de l’entreprise ait reçu un mail  d’un certain Denis Peyrat, leur faisant remarquer qu’il valait mieux pour le succès de leur start-up qu’elle cache  les noms des 3 femmes membres de son Conseil d’Administration. Le choix de ces personnalités  n’apparaissait en effet  ni comme un gage de succès, ni comme  un gage de valeur morale.  Jugez-en par vous-même :

  • Anne Lauvergeon , de sinistre mémoire nucléaire. Pour rappel, en mai 2016, Lauvergeon a été mise en examen pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations. On lui impute la responsabilité de pertes abyssales estimées entre 10 et 15 milliards d’Euros (que le contribuable va devoir payer) dans l’affaire Uramin (acquisition à prix d’or de mines d’uranium sans valeur). Son mari est mis en examen dans la même affaire pour blanchiment et délit d’initié. Après passage au tribunal, Lauvergeon  ne devrait logiquement  plus avoir le droit de gérer la moindre entreprise privée ou publique. Elle  touche pourtant  des jetons de présence payés par Boostheat, jetons financés par des subventions publiques (vu que Boostheat n’a encore vendu aucune chaudière-PAC). Ca c’est la France telle qu’on la déteste.

 

  • Myriam Maestroni, ancienne DG de Primagaz jusqu’en 2011 ou 2012, et donc membre éminente du cartel français du gaz en citerne.  Son cas n’a rien à voir avec celui de Lauvergeon,  bien évidement. Selon les mauvaises langues, M&M aurait été gentiment poussée vers la sortie après s’être illustrée par son inaction. C’est d’ailleurs juste après le départ de Maestroni que Primagaz s’est finalement rendu à la raison (ou à la DGCCRF ? ou les deux à la fois ?) et a accepté  de céder ses citernes de gaz aux consommateurs qui lui en faisaient la demande  ( à l’ADECOPRO, on a la prétention de croire qu’on y est un peu pour quelque chose aussi).  Pas rancunier, le groupe Primagaz a payé deux pages de publireportage  dans le cahier « Economie »  du Monde à la gloire de sa future ex-directrice générale quelques semaines  avant de la pousser vers la sortie. Ca fait toujours bien sur un CV. C’est pas tous les chômeurs qui ont droit à de tels égards de leur part de leur patron !

 

  • Pour compléter le tableau féminin, la troisième femme du CA de Boostheat est Angélique Gérard ( ex Berge) qui a fait la une de l’actualité en 2017 lorsqu’il est apparu qu’elle dirigeait avec une poigne et un vocabulaire très peu châtié,   les centres d’appel téléphoniques de Free en France et à l’étranger.  Il faut dire que la description des méthodes de management appliquées avec férocité par Free sur ses salariés des call-centers est plutôt glaçante. On y apprend que la moindre faiblesse ou la moindre contestation syndicale est réglée à coups de licenciements pour faute grave, permettant à la société de ne pas verser d’indemnités. Je vous laisse découvrir son portrait élogieux sur Internet, notamment si vous avez raté l’émission Cash Investigation d’Elise Lucet en septembre 2017, consacrée à la gestion militaire des RH chez Free.

 

Voilà donc des dirigeants de start-ups chères à Macron,  qui ont le bon goût de s’entourer de femmes admirables à tout point de vue.  Faut pas leur jeter la pierre à ces dirigeants !  Au lieu de Lauvergeon, ils auraient pu choisir Gina Haspel, la nouvelle directrice de la CIA, pour siéger à leur conseil d’administration. Elle n’aurait pas dépareillé puisqu’ Haspel a dirigé les  fameuses prisons américaines basées à l’étranger. Des prisons réputées pour pratiquer la torture. Un peu comme dans les call-centers de  Free,  sauf que chez Free,  les bourreaux connaissent les trucs pour éviter de laisser des traces visibles sur les corps. Les traces dans les âmes, c’est beaucoup moins visible que les coups sur la peau.

Je ne vois que 3 explications à un choix aussi peu judicieux :

a)  les inventeurs de Boostheat  ont fait exprès de choisir ces trois femmes pour être sûrs de faire le buzz et  faire parler de leur chaudière ( après tout cela peut être une stratégie marketing payante par les temps qui courent)

b)  ils n’ont  trouvé aucune autre volontaire parmi les dirigeantes d’entreprises françaises intéressées par le chauffage domestique ou les chaudières à gaz.

c) les « business angels » qui ont permis la création de l’entreprise Boostheat et son lancement industriel,  étaient en réalité des « hells angels » travestis sous l’apparence flatteuse de jolies femmes.

On souhaite tout de même beaucoup de succès aux inventeurs de la BoostHeat, dont on n’oubliera pas de vous reparler ici même à l’occasion de son lancement commercial.

 

PS  Vu que le prix d’une pulsatoire installation comprise  était de 11 k€ huit ans en arrière ( selon un membre de l’ADECOPRO qui est équipé de cette machine) , je dirais que ce truc ne sera pas proposé (installation comprise) à moins de 14 k€.  Je dis cela juste pour ne pas créer une attente excessive de la part de nos chers lecteurs qui cherchent à remplacer leur chaudière et hésitent pour des raisons de budget…

PS 2  (12/12/2018)  Cet article étant, à ma grande surprise  le plus lu des archives de notre site sur les deux derniers mois, je me permets une petite mise à jour.  J’ai lu que Boostheat offre sa chaudière uniquement en location pour le moment. Attention les amis ! Louer un appareil de production de chaleur équivaut à acheter une prestation de chauffage. Vous allez dépendre d’un seul prestataire. Quid en cas de défaillance de l’entreprise ? De plus vous devez protéger vos droits en vérifiant la teneur exacte de l’obligation de résultat de Boostheat. Et vu la manière dont « certains » industriels français se plaisent  à arnaquer  leurs concitoyens dans ce pays où ils jouissent d’une « quasi-impunité de fait » au plan du droit de la consommation, vous avez intérêt à lire toutes les lignes de votre contrat de location-maintenance de chaudière. Conseil de juriste : la PREMIERE  chose qu’il faut aller chercher dans ce contrat, c’est le montant des  pénalités à payer par Boostheat dans le cas où votre chaudière cesserait de fonctionner et que vous vous retrouvez sans aucun chauffage ( ou bien dans l’obligation de vous chauffer plus cher à l’électricité), comme dans les contrats de chauffage urbain ou les contrats de prestation multi-technique. Si vous ne connaissez rien à ce type de  contrats, un bon conseil : ne les signez pas avant d’en avoir parlé avec des professionnels du bâtiment (  des chauffagistes habitués à signer ce type de contrats, ou des responsables techniques ayant l’habitude de négocier des contrats de fourniture de CHALEUR ). Au besoin envoyez moi une copie de leur contrat : comme j’ai acquis quelques compétences dans le domaine des achats publics,  je vous dirai si leur contrat est abusif.

Les sites de vente en ligne discriminent les français, traités comme des pigeons. L’UFC en apporte la preuve

Incroyable article déniché sur le site Internet de l’UFC Que Choisir daté du  28/1/2018 et  signé d’Erwan Seznec ( les infos sur Shell sont reprises d’un article du site internet  de BFM Business daté du 16/05/2017)

Quoi de plus pratique que les réservations en ligne ? Préparer ses vacances à la montagne est un jeu d’enfant. En quelques clics, il est possible de choisir un vol aller-retour Brest-Lyon, une voiture de location pour une semaine au départ de l’aéroport Saint-Exupéry et un hôtel à L’Alpe-d’Huez, du samedi 10 au samedi 17 février, par exemple.

Du moins, tant que l’on accepte les cookies, ces petits bouts de programme qui se logent dans nos ordinateurs ou nos tablettes et qui permettent de cerner les habitudes des consommateurs… Avec un navigateur paramétré pour refuser les cookies, il est intéressant de remarquer qu’il est impossible de réserver un vol sur Opodo ou une chambre sur Tripadvisor, de louer une voiture chez Avis, ou même des skis chez Intersport. Une simple consultation de Tripadvisor laisse par exemple 17 cookies sur un ordinateur (1) !

Ce souci permanent de mieux connaître les consommateurs vise-t-il à leur faire profiter de meilleurs prix ? Pour en avoir le cœur net, nous avons réalisé nos réservations avec un seul ordinateur, mais par deux canaux différents. D’un côté, un navigateur classique, Firefox Mozilla, configuré pour accepter les cookies. De l’autre, le logiciel de navigation plus confidentiel Tor Browser, avec autorisation limitée aux cookies des sites visités, et interdite aux sites tiers. Sans être totalement anonyme, Tor brouille les pistes en attribuant à un internaute une adresse IP aléatoire, pas forcément située en France.

Sur le vol Brest-Lyon, de 140 € l’aller-retour avec Firefox, on tombe à 134 € avec Tor, soit 6 € de moins. Impossible d’en conclure quoi que ce soit, les prix variant d’une heure à l’autre dans le transport aérien.

En ce qui concerne la location de voiture, en revanche, l’écart devient significatif. Avec Firefox et des cookies en pagaille, la semaine en Fiat 500 coûte 219 €. Avec Tor, 2 minutes plus tard, sans bouger de son fauteuil, la note est de 128 €, c’est 91 € de moins ! L’écart est presque aussi conséquent pour une Renault Clio (221 € et 153 € la semaine). Le navigateur nous avait attribué une adresse IP en Allemagne. Suite à une enquête de Que Choisir, la Commission européenne avait donné 1 mois aux loueurs pour cesser les tarifs différenciés en fonction de la nationalité. C’était en août 2014…

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91 € d’écart pour la location d’une Fiat 500 et 68 € pour une Renault Clio chez le même loueur, selon qu’on se connecte de façon anonymisée ou non.

 

Du côté des hôtels, les différences sont tout aussi impressionnantes. Nous avons cherché à réserver une semaine au 3 étoiles des Grandes Rousses, à l’Alpe d’Huez. Avec Firefox, le meilleur prix disponible sur Tripadvisor est de 2 920 € la semaine pour 2 personnes. Avec Tor, Tripadvisor nous propose un prix en dollars (407 $ la nuit) qui correspond, au cours actuel (1 € = 1,20 $), à 2 374 € la semaine, soit 546 € d’économie en quelques clics. En y ajoutant la voiture, le gain total est de 637 €, sans trop d’effort.

Si l’on poursuit la navigation, les surprises continuent. Tripadvisor ne propose aucune chambre aux Grandes Rousses du samedi 27 janvier au samedi 3 février, du moins quand on en fait la demande avec les cookies activés et une adresse IP française. Avec Tor (qui nous a attribué cette fois-ci une adresse IP aux Seychelles…), il y en a. Elles sont même très abordables pour un hôtel de ce standing : 1 307 € la semaine.

Le seul prestataire de vacances dont les prix restent immuables, pour le séjour choisi, est l’Intersport L’Alpe-d’Huez, avec un matériel de ski « Pack Rouge » à 121,80 € la semaine.

L’ALGORITHME AU POUVOIR

Que Choisir a déjà attiré l’attention du public sur l’optimisation des prix (pricing) au détriment du consommateur en 2015. Aux États-Unis, plusieurs enseignes ont dû admettre des pratiques contestables. La chaîne de fournitures de bureaux Staples, par exemple, a reconnu en 2012 qu’elle augmentait ses prix en ligne quand la géolocalisation montrait que l’acheteur potentiel n’avait pas de magasin concurrent dans son entourage. 

 

Un prix qui change constamment selon les tarifs pratiqués par la concurrence dans une même zone géographique? C’est ce qu’applique Shell pour fixer le prix de l’essence vendue dans des stations-service de Rotterdam aux Pays-Bas, explique le Wall Street Journal.

Le prix du carburant dans ces stations est fixé non par un être humain ni quotidiennement (comme c’est le cas en France) mais par un logiciel et ce plusieurs fois par jour, voire chaque heure. Un algorithme « intelligent » analyse en permanence la demande de carburant sur la zone, selon les prix pratiqués, l’historique de ces tarifs ou l’heure où le client effectue son plein.

Pour déterminer un prix « de marché », ce type de système doit d’abord digérer des montagnes de données historiques pour anticiper comment les clients et les concurrents réagiront à n’importe quel changement de prix et ce, selon différents scénarios. Programmés pour atteindre un objectif -comme augmenter les ventes ou la marge bénéficiaire- ces algorithmes empruntent à l’intelligence artificielle et aux techniques d’apprentissage automatique pour mettre constamment à jour les politiques tarifaires.

Un logiciel développé par une société danoise

En l’occurrence, les stations-service du pétrolier utilisent des logiciels mise au point par a2i Systems A/S. Cette société danoise a développé PriceCast Fuel, un logiciel optimisant le prix du carburant pour permettre au distributeur de dégager le plus de marge possible en fonction du contexte.

Il s’inspire du modèle dit du « yield management » auquel ont recours les compagnies aériennes ou les hôteliers qui augmentent leurs tarifs en fonction du taux de remplissage de leurs avions ou de leurs établissements et des actions promotionnelles de leurs concurrents.

Mais pour fixer les prix au litre de l’essence ou du gazole dans ses stations-service, Shell peut prendre des décisions contre-intuitives pour le consommateur et pourtant optimales pour lui. En l’occurrence dès que le logiciel relève une baisse de prix forte chez un concurrent susceptible de générer une forte affluence, il peut décider, non de s’aligner, mais au contraire de les augmenter un peu dans la station la plus proche. Le groupe pétrolier parie sur le fait que des clients pressés accepteront de payer des prix plus élevés pour éviter de faire la queue.

« Le logiciel apprend à augmenter les prix payés par les clients et, quand ce n’est pas le cas, décide une baisse des prix lorsque les automobilistes sensibles aux prix sont susceptibles d’arriver à la station » explique dans le Wall Street Journal, le patron de la société danoise a2i Systems qui a développé l’algorithme de fixation de prix du carburant. Pas sûr que la machine soit la meilleure alliée du consommateur quand il s’agit de fixer un prix!

Il y a deux ou trois ans seulement, des humains étaient à la manœuvre ( sauf chez les propaniers : pas assez d’humains pour le nombre de clients, ce qui explique que certains clients voyaient leur prix bondir d’une commande à l’autre). Le responsable des fournitures scolaires des Drive Carrefour, par exemple, baissait ses prix quand ses concurrents le faisaient. Désormais, ce sont des robots qui opèrent. « Le recours aux algorithmes provoque des distorsions de concurrence », regrettait en octobre 2017 Margrethe Vestager, commissaire européen à la concurrence, précisant que « cette situation pose définitivement problème. C’est un phénomène nouveau que nous suivons de près » 

Comme le soulignaient des chercheurs de la Northeastern University de Boston dans une étude très détaillée publiée en 2014, les ajustements de prix ne sont pas tous illégaux et ne se font pas forcément au détriment des consommateurs. Des avions mieux remplis reviennent globalement à un prix moins cher par voyageur.

Le problème pointé par Margrethe Vestager est que ces mécanismes échappent largement à la compréhension ( comme l’évolution des tarifs d’Antargaz, Finagaz et Vitogaz,  les trois propaniers qui utilisent  ces algorithmes de manière individualisée). Consulter la carte de Lanzarote sur Google Maps et écrire sur Facebook « Vivement mes vacances en juillet ! » génère immédiatement des publicités ciblées sur les Canaries. Cela peut-il pousser automatiquement à la hausse les tarifs des locations si vous consultez par la suite un site de réservation pour l’île en question ? Techniquement, oui.

Dans le doute, quelques gestes simples sont à la portée de tous. Paramétrer son ordinateur pour qu’il accepte seulement les cookies des sites consultés, et non les cookies des sites tiers. Refuser la géolocalisation quand elle n’est pas indispensable. Vérifier les « autorisations » des applications téléchargées sur son smartphone. Certaines ont accès automatiquement au contenu des SMS, par exemple, sans raison valable.

(1) addthis.com, adnxs.com, adsrvr.org, adsymptotic.com, bing.com, bluekai.com, criteo.com, cwaddthis.com, doubleclick.net, mozilla.org, psmartertravel.com, scorecardresearch.com, tacdn.com, tamgrt.com, tapad.com, tripadvisor.fr, univide.com

Une idée pour sauver la planète après sa mort : refuser la crémation au gaz

 

Dans la religion hindouiste, la crémation est considérée comme la troisième naissance du défunt, après sa naissance biologique et la seconde naissance constituée par le mariage. Le feu doit permettre de libérer l’âme du corps afin que celle-ci passe plus facilement dans l’autre monde. Le corps du défunt allongé sur un brancard en bambou, est d’abord immergé dans l’eau du fleuve, puis brûlé sur un bûcher. Ce sont des intouchables, situés au plus bas de l’échelle sociale, qui s’occupent du bûcher. Ils sont considérés comme impurs, et aucune personne de plus haute caste ne doit toucher un cadavre.

Les sadhus, des ermites qui ont choisi la voie de l’ascétisme, sont quant à eux simplement immergés dans le fleuve,  leur pureté les ayant  libérés de la nécessité de la crémation. De même les lépreux, les femmes enceintes et les enfants de moins de 10 ans sont purs et n’ont pas besoin du feu salvateur. Il y a des lieux de crémation au bord de toutes les rivières. Dans tout le sous-continent indien, le lieu le plus sacré reste la ville de Bénarès, où environ 200 corps brûlent chaque jour au bord du Gange. Bonjour la déforestation quand on sait qu’il faut  un petit arbre  pour réduire chaque corps à l’état de cendres.

Dans le district de Darbhanga [Etat du Bihar, dans le nord de l’Inde], des hommes  entassent dans un chaudron de terre cuite attaché à la proue d’un bateau,  des pains de bouse et de l’herbe sèche. Puis ils y introduisent un cadavre humain. Ils arrosent le tout de carburant et y mettent le feu. Une fumée monte dans le ciel. Ce chaudron est un bûcher funéraire. Le bois se faisant rare, c’est de cette façon que les personnes qui vivent sur des bateaux durant les crues de la rivière Bagmati procèdent à la crémation de leurs proches.

Depuis quelques années, l’incinération au moyen de déjections animales s’est répandue dans le district. Nombreux sont ceux qui préfèrent au bois ce combustible bon marché, disponible en quantité et à bas prix.

Le terrain crématoire [espace en plein air réservé à la crémation  dans la religion hindouiste] propose désormais des pains de bouse pour les bûchers funéraires. Chaque pain de forme cylindrique pèse 1,5 kilo. Il en faut environ 200 kilos pour brûler un corps. Dans une fosse circulaire, les cylindres sont disposés en couches, entre lesquelles repose le cadavre. On les tasse bien dans le trou, en y laissant une petite ouverture pour les derniers rites. “Quatre ou cinq crémations ont lieu chaque mois”, précise Dheeraj Tiwari, un officiant du crématorium de Kusheshwarnath.

C’est Vidyanath Jha, professeur de botanique et doyen du M.R.M. College, à Darbhanga, qui est à l’origine du succès de cette pratique. Alors qu’il enquêtait sur la disparition des vergers de manguiers dans cette zone, M. Jha s’est aperçu que de nombreux arbres étaient abattus pour les besoins de la crémation, leur bois étant censé porter chance. Cherchant une solution de substitution au bois, M. Jha a découvert une communauté de potiers qui recouraient aux chaudrons en terre et aux pains de bouse pour incinérer leurs morts.

Désormais, une opération de crémation sur quatre dans le district se fait avec des excréments animaux, indique le professeur Jha, qui, depuis cinq ans, n’a pas ménagé sa peine pour populariser la pratique. Ce sont les kumhars, nom de la caste des potiers, qui lui ont appris la technique. “Ils sont experts dans l’art d’arranger les pains de bouse de manière à produire le maximum de chaleur, indispensable à la crémation”, explique-t-il. “Cette pratique est transposable ailleurs dans le pays pour sauver des arbres”, plaide-t-il. Le Bihar possédant une couverture forestière éparse et aucun crématorium électrique, il faudrait également adopter cette méthode dans d’autres districts. Sur les trente-huit divisions administratives que compte cet Etat, sept n’ont pas de forêt, et dans le nord, celle-ci ne représente que 1,92 % du territoire.

Au début,  le professeur Jha redoutait la réaction des communautés hindoues où il allait porter la bonne parole. Il eut la surprise de ne se heurter à aucune résistance. La raison, a-t-il compris, tenait au fait que les excréments bovins sont également considérés comme des porte-bonheur. Depuis quelques mois, les catégories aisées et les citadins sont à leur tour conquis.

Cependant, des scientifiques ont critiqué l’utilisation de déjections animales dans les bûchers funéraires. A les en croire, la bouse devrait servir de fumier pour développer l’agriculture ou de combustible pour la production de biogaz.

Tout en acceptant ces reproches, le professeur  Jha rappelle à ses détracteurs l’ampleur de la pénurie d’énergie, le sous-développement de la région et le recul des zones forestières dans le Bihar. “Chaque opération d’incinération nécessite entre 240 et 280 kilos de bois, c’est-à-dire l’abattage d’un arbre adulte, souligne-t-il. Il est en train de rédiger un rapport sur la crémation par combustion de pains de bouse. Si celui-ci pouvait faire bouger les autorités, sa tâche en serait facilitée.

*                           *                              *

Retour en France. Plus précisément dans notre famille. Ma mère est bouddhiste. Ils sont parait-il  600 000 adeptes de Bouddha en France dont la plupart originaires des pays asiatiques. Ma mère est d’origine flamande (donc chrétienne) et non asiatique. C’est sa conversion au crudivorisme non-végétarien,  après des années de régime « biscottes et café »,  qui décida semble t’il  de son ralliement au bouddhisme. Lequel  prône pourtant le végétarisme comme hygiène de vie personnelle…. C’était la fin des années 80. Epoque où Mathieu Ricard devint  le « porte-parole » du dalaï-lama en France. Rappelez vous  « l’ offensive bouddhiste » des grands médias français,  qui précéda de quelques années la grande opération de réhabilitation médiatique du bio. Par la magie de la télé, ceux qui se disaient bouddhistes ou  qui mangeaient bio n’étaient soudain plus considérés en France par leurs voisins ou leurs collègues de travail comme de vulgaires « zadistes »,  mais comme des gens  « à la page »…..

Fraîche comme un gardon à 85 ans passés,  ma mère a émis récemment le vœu de se faire incinérer après sa mort. Comme elle a la taille et la corpulence d’un Gandhi sortant de 10 jours de jeûne, elle ne devrait pas coûter cher en gaz au crématorium ( j’ignore si le crématorium règle la minuterie du four sur le poids de la personne. Il faudra que je leur demande …. ).  Une mort  qu’elle envisage sereinement dans une trentaine d’années.  La crémation n’est pas une règle systématique chez les bouddhistes, mais c’est une pratique courante. Bon. Il me reste quelques décennies pour la convaincre de n’en rien faire. Je m’amuse à lui rappeler que le comble pour un ou une  crudivore, c’est quand même de se faire incinérer. Je lui parle de la métaphysique des ascètes hindous qui  n’ont pas besoin du feu salvateur pour libérer leur âme à leur décès.  Il est vrai que ma mère n’en est plus à une contradiction près.

 

Crematorium

 

Je suis contre la crémation et j’ai mes raisons.  Entre autres  : pas question que les gaziers se fassent du blé sur ma dépouille après ma mort. Rien à voir avec le fait que les crématoriums sont la première source de pollution aux vapeurs de mercure dans les villes  (un tiers des vapeurs de mercure en Suède, où la crémation est une pratique courante, s’explique par les amalgames dentaires brûlés dans les crématoriums). Les multiples  pollutions générées par les crématoriums explique que les municipalités les exilent  en périphérie des villes,  histoire de partager la pollution avec les ruraux… Même les américains commencent à penser que les crématoriums c’est pas sérieux au plan écologique, et proposent désormais la « dissolution » ou « liquéfaction »  des corps dans un bain chimique comme alternative à l’inhumation ou à la crémation.  Comme dans « Breaking Bad » ….

J’ai donc cherché à savoir combien il faut brûler de kilos de propane  pour réduire un corps de corpulence moyenne à un petit tas de cendres. J’ignore si l’argument de la soutenabilité écologique de l’incinération  est susceptible de dissuader ma mère d’abandonner son projet de se volatiliser dans un four chauffé à 850° C.  Je n’ai pas la moindre idée du chiffre en question.

Par chance, la municipalité  de Martigues (13) a rendu public les termes du marché  d’approvisionnement en gaz propane de son crématorium  : « Fourniture et pose de 2 citernes enterrées de 3 200 kg en location ».  Notez bien le  » EN LOCATION » .   Malgré une  consommation de propane gigantesque (voir ci-dessous), la municipalité de Martigues souhaite des citernes « en location » et non pas des citernes en pleine propriété. Faut les comprendre ces administrateurs super-avisés qui ne souhaitent pas s’encombrer de citernes propriété client : dès fois que le crématorium serait appelé à fermer ses portes du jour au lendemain faute de dépouilles… ! Rassurons le service des marchés publics de la ville de Martigues : vu le niveau de respect du corps humain enseigné et  pratiqué dans les facultés de médecine françaises (cf la récente affaire des bizutages) ces temples de la vulgarité athée que sont devenues les facultés de médecine depuis la Révolution n’ont pas fini de former des cohortes de médecins demeurés, expédiant nos aînés «ad patres»  avant qu’ils aient atteint l’âge canonique.

Je lis donc  les détails de l’appel d’offres de la mairie de Martigues «  Livraison de gaz propane pour la durée du présent marché. Le gaz propane est la source d’énergie dont le four de crémation de la marque ATI modèle CR 2000 a besoin pour fonctionner. Les estimations de consommation sont les suivantes: consommation minimale: 500 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 475 000 Kwh. Consommation maximale avec 1 200 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 1 140 000 Kwh »

Il faut donc en moyenne 950 KWh pour réduire un corps en cendres,  soit l’équivalent de 2 bouteilles de propane de 35 kg (ou deux ans de cuisine au gaz pour une famille). Le crématorium municipal de la seule ville de Martigues consomme ainsi de 35 à 84 tonnes de propane par an pour brûler de 500 à 1200 dépouilles selon les années. En 1975 on comptait 2000 crémations par an dans toute la France. En 2011 ce chiffre a atteint 167 000 (31 % des obsèques). Si toutes les crémations étaient faites au propane ( ce qui est loin d’être le cas, la plupart des crématoriums fonctionnant au gaz naturel, et peut être pour une poignée à l’électricité) 167000 crémations par an représenteraient  l’équivalent de 11,7 millions de kilos de gaz propane par an  pour satisfaire la « mode » des crémations importée d’Asie et d’Europe du Nord.

11 700 tonnes  soit 25 000 m3 de propane,  représente 30 % de la capacité des plus gros navires gaziers circulant actuellement sur les mers : les VLGC (photo ci- dessous).

KIKYO

VLGC KIKYO ( Helios LPG ) Capacité  82 521 m3

En Europe du Nord, 70 % des funérailles se terminent par une crémation.  La consommation de gaz naturel et de gaz propane des crématoriums est monstrueuse. Si les gaziers se frottent les mains, c’est parce que  la France et les pays de tradition catholiques d’Europe du sud  alignent  progressivement leurs rites  funéraires sur les pratiques des pays d’Europe du Nord, lesquels ne font que copier les rites asiatiques.

Alors on arrête quand ce délire crématoire digne de la Géhenne  ?

 

 

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