Association Défense des Consommateurs de Propane

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Les sites de vente en ligne discriminent les français, traités comme des pigeons. L’UFC en apporte la preuve

Incroyable article déniché sur le site Internet de l’UFC Que Choisir daté du  28/1/2018 et  signé d’Erwan Seznec ( les infos sur Shell sont reprises d’un article du site internet  de BFM Business daté du 16/05/2017)

Quoi de plus pratique que les réservations en ligne ? Préparer ses vacances à la montagne est un jeu d’enfant. En quelques clics, il est possible de choisir un vol aller-retour Brest-Lyon, une voiture de location pour une semaine au départ de l’aéroport Saint-Exupéry et un hôtel à L’Alpe-d’Huez, du samedi 10 au samedi 17 février, par exemple.

Du moins, tant que l’on accepte les cookies, ces petits bouts de programme qui se logent dans nos ordinateurs ou nos tablettes et qui permettent de cerner les habitudes des consommateurs… Avec un navigateur paramétré pour refuser les cookies, il est intéressant de remarquer qu’il est impossible de réserver un vol sur Opodo ou une chambre sur Tripadvisor, de louer une voiture chez Avis, ou même des skis chez Intersport. Une simple consultation de Tripadvisor laisse par exemple 17 cookies sur un ordinateur (1) !

Ce souci permanent de mieux connaître les consommateurs vise-t-il à leur faire profiter de meilleurs prix ? Pour en avoir le cœur net, nous avons réalisé nos réservations avec un seul ordinateur, mais par deux canaux différents. D’un côté, un navigateur classique, Firefox Mozilla, configuré pour accepter les cookies. De l’autre, le logiciel de navigation plus confidentiel Tor Browser, avec autorisation limitée aux cookies des sites visités, et interdite aux sites tiers. Sans être totalement anonyme, Tor brouille les pistes en attribuant à un internaute une adresse IP aléatoire, pas forcément située en France.

Sur le vol Brest-Lyon, de 140 € l’aller-retour avec Firefox, on tombe à 134 € avec Tor, soit 6 € de moins. Impossible d’en conclure quoi que ce soit, les prix variant d’une heure à l’autre dans le transport aérien.

En ce qui concerne la location de voiture, en revanche, l’écart devient significatif. Avec Firefox et des cookies en pagaille, la semaine en Fiat 500 coûte 219 €. Avec Tor, 2 minutes plus tard, sans bouger de son fauteuil, la note est de 128 €, c’est 91 € de moins ! L’écart est presque aussi conséquent pour une Renault Clio (221 € et 153 € la semaine). Le navigateur nous avait attribué une adresse IP en Allemagne. Suite à une enquête de Que Choisir, la Commission européenne avait donné 1 mois aux loueurs pour cesser les tarifs différenciés en fonction de la nationalité. C’était en août 2014…

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91 € d’écart pour la location d’une Fiat 500 et 68 € pour une Renault Clio chez le même loueur, selon qu’on se connecte de façon anonymisée ou non.

 

Du côté des hôtels, les différences sont tout aussi impressionnantes. Nous avons cherché à réserver une semaine au 3 étoiles des Grandes Rousses, à l’Alpe d’Huez. Avec Firefox, le meilleur prix disponible sur Tripadvisor est de 2 920 € la semaine pour 2 personnes. Avec Tor, Tripadvisor nous propose un prix en dollars (407 $ la nuit) qui correspond, au cours actuel (1 € = 1,20 $), à 2 374 € la semaine, soit 546 € d’économie en quelques clics. En y ajoutant la voiture, le gain total est de 637 €, sans trop d’effort.

Si l’on poursuit la navigation, les surprises continuent. Tripadvisor ne propose aucune chambre aux Grandes Rousses du samedi 27 janvier au samedi 3 février, du moins quand on en fait la demande avec les cookies activés et une adresse IP française. Avec Tor (qui nous a attribué cette fois-ci une adresse IP aux Seychelles…), il y en a. Elles sont même très abordables pour un hôtel de ce standing : 1 307 € la semaine.

Le seul prestataire de vacances dont les prix restent immuables, pour le séjour choisi, est l’Intersport L’Alpe-d’Huez, avec un matériel de ski « Pack Rouge » à 121,80 € la semaine.

L’ALGORITHME AU POUVOIR

Que Choisir a déjà attiré l’attention du public sur l’optimisation des prix (pricing) au détriment du consommateur en 2015. Aux États-Unis, plusieurs enseignes ont dû admettre des pratiques contestables. La chaîne de fournitures de bureaux Staples, par exemple, a reconnu en 2012 qu’elle augmentait ses prix en ligne quand la géolocalisation montrait que l’acheteur potentiel n’avait pas de magasin concurrent dans son entourage. 

 

Un prix qui change constamment selon les tarifs pratiqués par la concurrence dans une même zone géographique? C’est ce qu’applique Shell pour fixer le prix de l’essence vendue dans des stations-service de Rotterdam aux Pays-Bas, explique le Wall Street Journal.

Le prix du carburant dans ces stations est fixé non par un être humain ni quotidiennement (comme c’est le cas en France) mais par un logiciel et ce plusieurs fois par jour, voire chaque heure. Un algorithme « intelligent » analyse en permanence la demande de carburant sur la zone, selon les prix pratiqués, l’historique de ces tarifs ou l’heure où le client effectue son plein.

Pour déterminer un prix « de marché », ce type de système doit d’abord digérer des montagnes de données historiques pour anticiper comment les clients et les concurrents réagiront à n’importe quel changement de prix et ce, selon différents scénarios. Programmés pour atteindre un objectif -comme augmenter les ventes ou la marge bénéficiaire- ces algorithmes empruntent à l’intelligence artificielle et aux techniques d’apprentissage automatique pour mettre constamment à jour les politiques tarifaires.

Un logiciel développé par une société danoise

En l’occurrence, les stations-service du pétrolier utilisent des logiciels mise au point par a2i Systems A/S. Cette société danoise a développé PriceCast Fuel, un logiciel optimisant le prix du carburant pour permettre au distributeur de dégager le plus de marge possible en fonction du contexte.

Il s’inspire du modèle dit du « yield management » auquel ont recours les compagnies aériennes ou les hôteliers qui augmentent leurs tarifs en fonction du taux de remplissage de leurs avions ou de leurs établissements et des actions promotionnelles de leurs concurrents.

Mais pour fixer les prix au litre de l’essence ou du gazole dans ses stations-service, Shell peut prendre des décisions contre-intuitives pour le consommateur et pourtant optimales pour lui. En l’occurrence dès que le logiciel relève une baisse de prix forte chez un concurrent susceptible de générer une forte affluence, il peut décider, non de s’aligner, mais au contraire de les augmenter un peu dans la station la plus proche. Le groupe pétrolier parie sur le fait que des clients pressés accepteront de payer des prix plus élevés pour éviter de faire la queue.

« Le logiciel apprend à augmenter les prix payés par les clients et, quand ce n’est pas le cas, décide une baisse des prix lorsque les automobilistes sensibles aux prix sont susceptibles d’arriver à la station » explique dans le Wall Street Journal, le patron de la société danoise a2i Systems qui a développé l’algorithme de fixation de prix du carburant. Pas sûr que la machine soit la meilleure alliée du consommateur quand il s’agit de fixer un prix!

Il y a deux ou trois ans seulement, des humains étaient à la manœuvre ( sauf chez les propaniers : pas assez d’humains pour le nombre de clients, ce qui explique que certains clients voyaient leur prix bondir d’une commande à l’autre). Le responsable des fournitures scolaires des Drive Carrefour, par exemple, baissait ses prix quand ses concurrents le faisaient. Désormais, ce sont des robots qui opèrent. « Le recours aux algorithmes provoque des distorsions de concurrence », regrettait en octobre 2017 Margrethe Vestager, commissaire européen à la concurrence, précisant que « cette situation pose définitivement problème. C’est un phénomène nouveau que nous suivons de près » 

Comme le soulignaient des chercheurs de la Northeastern University de Boston dans une étude très détaillée publiée en 2014, les ajustements de prix ne sont pas tous illégaux et ne se font pas forcément au détriment des consommateurs. Des avions mieux remplis reviennent globalement à un prix moins cher par voyageur.

Le problème pointé par Margrethe Vestager est que ces mécanismes échappent largement à la compréhension ( comme l’évolution des tarifs d’Antargaz, Finagaz et Vitogaz,  les trois propaniers qui utilisent  ces algorithmes de manière individualisée). Consulter la carte de Lanzarote sur Google Maps et écrire sur Facebook « Vivement mes vacances en juillet ! » génère immédiatement des publicités ciblées sur les Canaries. Cela peut-il pousser automatiquement à la hausse les tarifs des locations si vous consultez par la suite un site de réservation pour l’île en question ? Techniquement, oui.

Dans le doute, quelques gestes simples sont à la portée de tous. Paramétrer son ordinateur pour qu’il accepte seulement les cookies des sites consultés, et non les cookies des sites tiers. Refuser la géolocalisation quand elle n’est pas indispensable. Vérifier les « autorisations » des applications téléchargées sur son smartphone. Certaines ont accès automatiquement au contenu des SMS, par exemple, sans raison valable.

(1) addthis.com, adnxs.com, adsrvr.org, adsymptotic.com, bing.com, bluekai.com, criteo.com, cwaddthis.com, doubleclick.net, mozilla.org, psmartertravel.com, scorecardresearch.com, tacdn.com, tamgrt.com, tapad.com, tripadvisor.fr, univide.com

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Une idée pour sauver la planète après sa mort : refuser la crémation au gaz

 

Dans la religion hindouiste, la crémation est considérée comme la troisième naissance du défunt, après sa naissance biologique et la seconde naissance constituée par le mariage. Le feu doit permettre de libérer l’âme du corps afin que celle-ci passe plus facilement dans l’autre monde. Le corps, sur un brancard en bambou, est immergé dans l’eau du fleuve, puis brûlé sur un bûcher. Ce sont des intouchables, situés au plus bas de l’échelle sociale, qui s’occupent du bûcher. Ils sont considérés comme impurs, et aucune personne de plus haute caste ne doit toucher un cadavre.

Les sadhus, des ermites qui ont choisi la voie de l’ascétisme, sont quant à eux simplement immergés dans le fleuve,  leur pureté les ayant  libérés de la nécessité de la crémation. De même les lépreux, les femmes enceintes et les enfants de moins de 10 ans sont purs et n’ont pas besoin du feu salvateur. Il y a des lieux de crémation au bord de toutes les rivières. Dans tout le sous-continent indien, le lieu le plus sacré reste la ville de Bénarès, où environ 200 corps brûlent chaque jour au bord du Gange. Bonjour la déforestation quand on sait qu’il faut  un petit arbre  pour réduire chaque corps à l’état de cendres.

Dans le district de Darbhanga [Etat du Bihar, dans le nord de l’Inde], des hommes  entassent dans un chaudron de terre cuite attaché à la proue d’un bateau,  des pains de bouse et de l’herbe sèche. Puis ils y introduisent un cadavre humain. Ils arrosent le tout de carburant et y mettent le feu. Une fumée monte dans le ciel. Ce chaudron est un bûcher funéraire. Le bois se faisant rare, c’est de cette façon que les personnes qui vivent sur des bateaux durant les crues de la rivière Bagmati procèdent à la crémation de leurs proches.

Depuis quelques années, l’incinération au moyen de déjections animales s’est répandue dans le district. Nombreux sont ceux qui préfèrent au bois ce combustible bon marché, disponible en quantité dans la plupart des foyers en milieu rural.

Le terrain crématoire [espace en plein air réservé à la crémation, dans la religion hindouiste] propose désormais des pains de bouse pour les bûchers funéraires. Chaque pain de forme cylindrique pèse 1,5 kilo. Il en faut environ 200 kilos pour brûler un corps. Dans une fosse circulaire, les cylindres sont disposés en couches, entre lesquelles repose le cadavre. On les tasse bien dans le trou, en y laissant une petite ouverture pour les derniers rites. “Quatre ou cinq crémations ont lieu chaque mois”, précise Dheeraj Tiwari, un officiant du crématorium de Kusheshwarnath.

C’est Vidyanath Jha, professeur de botanique et doyen du M.R.M. College, à Darbhanga, qui est à l’origine du succès de cette pratique. Alors qu’il enquêtait sur la disparition des vergers de manguiers dans cette zone, M. Jha s’est aperçu que de nombreux arbres étaient abattus pour les besoins de la crémation, leur bois étant censé porter chance. Cherchant une solution de substitution au bois, M. Jha a découvert une communauté de potiers qui recouraient aux chaudrons en terre et aux pains de bouse pour incinérer leurs morts.

Désormais, une opération de crémation sur quatre dans le district se fait avec des excréments animaux, indique le professeur Jha, qui, depuis cinq ans, n’a pas ménagé sa peine pour populariser la pratique. Ce sont les kumhars, nom de la caste des potiers, qui lui ont appris la technique. “Ils sont experts dans l’art d’arranger les pains de bouse de manière à produire le maximum de chaleur, indispensable à la crémation”, explique-t-il. “Cette pratique est transposable ailleurs dans le pays pour sauver des arbres”, plaide-t-il. Le Bihar possédant une couverture forestière éparse et aucun crématorium électrique, il faudrait également adopter cette méthode dans d’autres districts. Sur les trente-huit divisions administratives que compte cet Etat, sept n’ont pas de forêt, et dans le nord, celle-ci ne représente que 1,92 % du territoire.

Au début,  le professeur Jha redoutait la réaction des communautés hindoues où il allait porter la bonne parole. Il eut la surprise de ne se heurter à aucune résistance. La raison, a-t-il compris, tenait au fait que les excréments bovins sont également considérés comme des porte-bonheur. Depuis quelques mois, les catégories aisées et les citadins sont à leur tour conquis, rapporte Jha.

Cependant, des scientifiques ont critiqué l’utilisation de déjections animales dans les bûchers funéraires. A les en croire, la bouse devrait servir de fumier pour développer l’agriculture ou de combustible pour la production de biogaz.

Tout en acceptant ces reproches, le professeur  Jha rappelle à ses détracteurs l’ampleur de la pénurie d’énergie, le sous-développement de la région et le recul des zones forestières dans le Bihar. “Chaque opération d’incinération nécessite entre 240 et 280 kilos de bois, c’est-à-dire l’abattage d’un arbre adulte, souligne-t-il. Il est en train de rédiger un rapport sur la crémation par combustion de pains de bouse. Si celui-ci pouvait faire bouger les autorités, sa tâche en serait facilitée.

*                           *                              *

Retour en France. Plus précisément dans notre famille. Ma mère est bouddhiste. Ils sont parait-il  600 000 adeptes de Bouddha en France dont la plupart originaires des pays asiatiques. Ma mère est d’origine flamande (donc chrétienne) et non asiatique. C’est sa conversion au crudivorisme non-végétarien,  après des années de régime « biscottes et café »,  qui décida semble t’il  de son ralliement au bouddhisme. Lequel  prône pourtant le végétarisme comme hygiène de vie personnelle…. C’était la fin des années 80. Epoque où Mathieu Ricard devint  le « porte-parole » du dalaï-lama en France. Rappelez vous  « l’ offensive bouddhiste » des grands médias français,  qui précéda de quelques années la grande opération de réhabilitation médiatique du bio. Par la magie de la télé, ceux qui se disaient bouddhistes ou  qui mangeaient bio n’étaient soudain plus considérés en France par leurs voisins ou leurs collègues de travail comme de vulgaires « zadistes »,  mais comme des gens  « à la page »…..

Fraîche comme un gardon à 85 ans passés,  ma mère a émis récemment le vœu de se faire incinérer après sa mort. Comme elle a la taille et la corpulence d’un Gandhi sortant de 10 jours de jeûne, elle ne devrait pas coûter cher en gaz au crématorium ( j’ignore si le crématorium règle la minuterie du four sur le poids de la personne. Il faudra que je leur demande …. ).  Une mort  qu’elle envisage sereinement dans une trentaine d’années.  La crémation n’est pas une règle systématique chez les bouddhistes, mais c’est une pratique courante. Bon. Il me reste quelques décennies pour la convaincre de n’en rien faire. Je m’amuse à lui rappeler que le comble pour un crudivore, c’est quand même de se faire incinérer. Je lui parle de la métaphysique des ascètes hindous qui  n’ont pas besoin du feu salvateur pour libérer leur âme à leur décès.  Il est vrai que ma mère n’en est plus à une contradiction près.

Je suis contre la crémation et j’ai mes raisons.  Entre autres  : pas question que les gaziers se fassent du blé sur ma dépouille après ma mort. Rien à voir avec le fait que les crématoriums sont la première source de pollution aux vapeurs de mercure dans les villes  (un tiers des vapeurs de mercure en Suède, où la crémation est une pratique courante, s’explique par les amalgames dentaires brûlés dans les crématoriums). Les multiples  pollutions générées par les crématoriums explique que les municipalités les exilent  en périphérie des villes,  histoire de partager la pollution avec les ruraux… Même les américains commencent à penser que les crématoriums c’est pas sérieux au plan écologique, et proposent désormais la « dissolution » ou « liquéfaction »  des corps dans un bain chimique comme alternative à l’inhumation ou à la crémation.  Comme dans « Breaking Bad » ….

J’ai donc cherché à savoir combien il faut brûler de kilos de propane  pour réduire un corps de corpulence moyenne à un petit tas de cendres. J’ignore si l’argument de la soutenabilité écologique de l’incinération  est susceptible de dissuader ma mère d’abandonner son projet de se volatiliser dans un four chauffé à 850° C.  Je n’ai pas la moindre idée du chiffre en question.

Par chance, la municipalité  de Martigues (13) a rendu public les termes du marché  d’approvisionnement en gaz propane de son crématorium  : « Fourniture et pose de 2 citernes enterrées de 3 200 kg en location ».  Notez bien le  » EN LOCATION » .   Malgré une  consommation de propane gigantesque (voir ci-dessous), la municipalité de Martigues souhaite des citernes « en location » et non pas des citernes en pleine propriété. Faut les comprendre ces administrateurs super-avisés qui ne souhaitent pas s’encombrer de citernes propriété client : dès fois que le crématorium serait appelé à fermer ses portes du jour au lendemain faute de dépouilles… ! Rassurons le service des marchés publics de la ville de Martigues : vu le niveau de respect du corps humain enseigné et  pratiqué dans les facultés de médecine françaises (cf la récente affaire des bizutages) ces temples de la vulgarité athée n’ont pas fini de former des cohortes de médecins demeurés, expédiant nos aînés «ad patres»  avant qu’ils aient atteint l’âge canonique.

Je lis donc  les détails de l’appel d’offres de la mairie de Martigues «  Livraison de gaz propane pour la durée du présent marché. Le gaz propane est la source d’énergie dont le four de crémation de la marque ATI modèle CR 2000 a besoin pour fonctionner. Les estimations de consommation sont les suivantes: consommation minimale: 500 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 475 000 Kwh. Consommation maximale avec 1 200 crémations / an x 950 Kwh / crémation = 1 140 000 Kwh »

Il faut donc en moyenne 950 KWh pour réduire un corps en cendres,  soit l’équivalent de 2 bouteilles de propane de 35 kg (ou deux ans de cuisine au gaz pour une famille). Le crématorium municipal de la seule ville de Martigues consomme ainsi de 35 à 84 tonnes de propane par an pour brûler de 500 à 1200 dépouilles. En 1975 on comptait 2000 crémations par an dans toute la France. En 2011 ce chiffre a atteint 167 000 (31 % des obsèques). Si toutes les crémations étaient faites au propane ( ce qui est loin d’être le cas, la plupart des crématoriums fonctionnant au gaz naturel ) 167000 crémations par an représenteraient  l’équivalent de 11,7 millions de kilos de gaz propane par an  pour satisfaire la « mode » des crémations importée d’Asie et d’Europe du Nord.

11 700 tonnes  soit 25 000 m3 de propane,  c’est  30 % de la capacité des plus gros navires gaziers circulant actuellement sur les mers : les VLGC (photo ci- dessous).

KIKYO

VLGC KIKYO ( Helios LPG ) Capacité  82 521 m3

En Europe du Nord, 70 % des funérailles se terminent par une crémation.  La consommation de gaz naturel et de gaz propane des crématoriums est monstrueuse. Si les gaziers se frottent les mains, c’est parce que  la France et les pays de tradition catholiques d’Europe du sud  alignent  progressivement leurs rites  funéraires sur les pratiques des pays d’Europe du Nord, lesquels ne font que copier les rites asiatiques….

Alors on arrête quand ce délire crématoire digne de la Géhenne  ?

Renouvellement au sommet du manège de l’Etat ( minima philosophia )

 » Ce n’est pas aux patients ni à la Sécurité Sociale de payer pour les bénéfices extravagants des entreprises pharmaceutiques »  (*) Une député belge du Parti des Travailleurs (PTB) (2017)

« Ici le socialisme s’endort, là il s’égare ou se pervertit sous l’appareil administratif . Le besoin est d’autant plus pressant d’un socialisme rénové. C’est cette invention qui est demandée à l’Europe « 

Emmanuel  Mounier (1947) 

La France a voté. Un Enarque chasse l’autre.  Ainsi va la cinquième république, qui  place ses Enarques à la tête du pouvoir  avec la régularité d’un parisien allant chercher sa baguette.   Avant la Révolution,  c’était aux  Bourbons, et à eux seuls,  que revenait le privilège de remplacer un autre Bourbon.  Ce privilège a été capté par les Enarques. La différence principale entre  Bourbons et  Enarques, entre Ancien Régime et République, c’est la manière de se singulariser : les Enarques n’arborent plus de « mouches » sur les joues comme les aristocrates du temps jadis.  Ils jouent désormais  aux femmes savantes.  Ainsi  en est-il du dernier président élu  qui affiche sur son CV  un  DEA de philosophie.  Est-ce à cause de cette coquetterie que  le candidat  estimait, sans rire, ne pas faire partie du  «système » ?  L’obtention d’un DEA de philosophie présuppose  en effet que l’apprenti philosophe  a essayé de réfléchir un tant soit peu par lui-même, et pas seulement à travers les modes de pensée dominants.  Je veux bien admettre que l’exercice  n’est pas  commode.  En examinant l’itinéraire philosophique de notre nouveau président , on  apprend  qu’il  a écrit un mémoire sur Machiavel  pendant ses années à  Nanterre.  Au vu de sa fulgurante carrière politique, on est en droit de juger qu’il en a tiré le plus grand profit personnel.  Outre Machiavel ,  Macron a une prédilection pour « Kant,  Aristote et Descartes », des penseurs au fort relent de naphtaline.  D’un très jeune président de 39 ans, on pourrait attendre  des références philosophiques un peu plus  » rock’n roll ». Ou un peu plus modernes.  Car s’il y a bien des philosophes qui ont conduit la pensée occidentale dans les impasses d’où elle peine à se sortir,  c’est bien la triplette dont  Macron se réclame  :  Aristote en premier lieu, avec sa métaphysique  individualiste et sa logique enfantine (toutes qualités forts appréciées  de nos puérils libéraux) ;  Descartes ensuite, confondant  nos  sensations avec leur interprétation erronée dictée par un entendement défectueux ( peut-on commettre erreur plus grave en voulant  fonder une  philosophie sur la seule raison ?); Kant enfin, incapable de  comprendre que la sensation n’est pas uniquement une propriété de l’objet  mais dépend aussi du sujet observant, ce qui restreint singulièrement la portée de sa morale bourgeoise,  libérale et prétendument universelle.  Avec de telles références philosophiques,  le rationalisme  le plus hermétique à toute pensée  vivante, le jacobinisme le plus fermé à la pensée complexe   risque de faire un retour tonitruant  au sommet de l’Etat.  Pas étonnant que Macron, le philosophe minimaliste, n’ait rien  à dire d’intéressant sur l’écologie, si ce n’est  nommer un gentil naïf à la tête du ministère de l’écologie (en charge de la sécurité des citernes de gaz). Pour parachever l’entreprise de dilution de l’écologie politique dans la pensée unique ? Macron et sa figure de gendre idéal ou d’«androgyne à la mode » ( dixit Sarkozy) sera donc  parfait dans le rôle de bonimenteur que le Capital entend lui confier, après avoir testé son habileté  à se mettre dans la poche les propriétaires d’empires économiques et autres milliardaires avides d’une seconde  jeunesse.  «Emmanuel a du génie pour suborner les vieillards, il a toujours fait ça, que ce soit avec son mentor Henry  Hermand, Pierre Bergé ou le philosophe Paul Ricoeur, et il a superbement joué le coup avec Bébéar ( ndlr : ancien PDG d’AXA). Il s’y entend comme personne pour faire croire à tous ces vieux-là qui ne demandent qu’à exister…qu’ils sont uniques, qu’il a tout à apprendre d’eux, et qu’il vit en leur compagnie des moments extraordinaires » (Le Canard Enchainé,  citant un « haut fonctionnaire de Bercy »  26 Avril 2017).

Au moment où j’écris ces lignes,  Veolia, spécialiste des eaux turbides et des marécages  politiques,  annonce la privatisation de la plage de La Baule  et la mise en concession de ses  échoppes et commerces  du bord de mer.  La grande braderie de la France tourne à plein régime  même en période électorale.  On reconnait les Etats déliquescents au fait que tout y est  à vendre comme dans la Russie post soviétique.  Les habitants ont raison d’être en colère : ils sont tombés sur la tête chez  Véolia. Tenter une  expérience de ce genre en Loire-Atlantique , à 50 km à peine du projet d’aéroport  « Vinci » de Notre Dame des Landes,  c’est tout bonnement une provocation.   A moins que ce ne soit un signal pour indiquer  que leur « créature » Macron  est enfin arrivée à l’Elysée,  et qu’ils n’ont désormais plus besoin  de se cacher pour afficher leurs prétentions en plein jour.

On peut voir dans cette irruption concomitante du moins-disant philosophique au sommet de l’Etat  et du moins- disant environnemental sur le littoral atlantique, comme une  valeur de symbole.  Avec Macron,  les loups  et autres squales de la finance qui rodent  depuis des lustres à proximité de la bergerie  vont enfin pouvoir donner libre cours à leur instinct meurtrier.  Car Macron, à n’en pas douter,  a reçu sa feuille de route du grand patronat. Une feuille de route qu’il s’est empressé d’accepter  si l’on en croit l’écho médiatique considérable dont a bénéficié sa campagne électorale.  Que n’a-t-on pas entendu dans les médias sur la verdeur  et le dynamisme  du nouveau monarque aux dents étincelantes ?  Pour l’originalité de la pensée, en revanche, on attend toujours. ( « Macron n’a pas gagné sur un programme, il l’a emporté parce qu’il a fait de la politique » dixit Valls le 14 mai 2017 )

La feuille de route de Macron consiste à en finir avec les rentes et les « blocages » de la société française. En finir avec TOUTES les rentes ? Non, bien entendu : s’il s’agissait de s’attaquer aux  rentes DEJA  détenues par le Grand Capital,   les médias n’auraient pas oublié de fustiger la « révolution » Macron.  Alors quoi ? La rente des autoroutes ?   la rente des banques ?   de  la téléphonie mobile ?  la rente des groupes pharmaceutiques (*) ?  des semences agricoles ? la rente du GPL ?  des centres commerciaux ?  Non, pas ces rentes-là.  Elles jouent un rôle  considérable dans l’ « écosystème de la corruption »  : elles  servent de passerelle ou de renvoi d’ascenseur au plus haut niveau de l’Etat, entre hommes d’affaires, membres des cabinets ministériels et hommes politiques.  Elles sont  l’instrument de la   « fluidification du dialogue » entre l’Etat et le Grand Capital … Il s’agit en réalité pour Macron  de mettre fin aux mini rentes  locales, celles qui ne sont pas ENCORE  tombées dans l’escarcelle du capital anonymisé et globalisé, ou qui échappent à son  contrôle  :  professions libérales indépendantes (cabinets de notaires, avocats) ,  espaces publics non encore  commercialisés (les trottoirs sont envahis, il reste encore  les caniveaux à décorer ), plage publique,  fonction publique,  cimetières publics,  ponts , viaducs, tunnels ….  Le Capital veut pouvoir tout gérer et tout décider sans demander notre avis.  Une  plage sans échoppes  et sans vendeurs ambulants  est, à ses  yeux,  un espace public trop morne,  pas assez « merchandisé ».  La camelote et la publicité  doivent saturer en permanence notre espace visuel,   pour mieux nous transformer en consommateurs zombies.

Je suis prêt à parier que la moralisation de la vie politique française promise par Macron pour les prochaines  semaines,  tiendra lieu, ou justifiera l’absence de tout effort pour moraliser la vie économique pendant les 5 prochaines années.    Et pourtant …. Moraliser la vie économique c’est réformer la fiscalité des entreprises, réformer la fiscalité patrimoniale des entrepreneurs, réformer les tribunaux de commerce,  s’assurer que les crimes des cols blancs seront punis avec une sévérité exemplaire.  Mais c’est aussi pour la vie de millions de salariés, la promesse  d’une ambiance de travail sereine et apaisée.

J’ai travaillé 30 ans en France et à l’étranger comme cadre salarié.   Appliquer les recettes   de l’économie anglo-saxonne  au  salariat français  pour le faire marcher au même pas cadencé,  me parait être une excellente recette pour une catastrophe sociale ( ne vous trompez pas, je n’ai rien contre les anglo-saxons. Leur médecine générale, reposant sur des idées traditionnelles, est mille plus intelligente que notre médecine  « pasteurisée »  où les campagnes de vaccinations infantilisantes tiennent lieu de politique de prévention).   Avant d’augmenter l’exigence de flexibilité des salariés français, on pourrait d’abord  commencer  par exiger des dirigeants d’entreprise qu’ils répondent de leurs infractions devant les tribunaux, non  ?

Nos  soi-disant libéraux rêvent de dépouiller  les salariés français des avantages et protections dont ils bénéficient en comparaison des salariés des pays voisins ?  Parlez-moi plutôt du racisme institutionnel des recruteurs français (privés et publics) (lire ici par exemple la partie émergée de l’iceberg du racisme des employeurs français ) ;  parlez -moi de cette société française sclérosée par l’esprit de caste et les préjugés de classe qui condamne les salariés à s’agglutiner en une masse de résistance passive;   parlez-moi, messieurs les dirigeants du CAC40,  du burn-out et du harcèlement dans les entreprises;  de l’absence d’ascenseur social  et des conditions de travail qui ne permettent pas de se former; parlez moi de la manière dont on écarte les manants de tous les postes où s’éduque naturellement l’autorité;  de l’immobilisme imposé par les règlements;   de l’incompétence de dirigeants parachutés par la grâce de leur diplôme ou de leurs relations.  Parlez moi des transformations récentes du capitalisme financier. Parlez moi de l’énorme potentiel d’oppression et du monopole d’initiative qui s’accumule dans un nombre de mains toujours plus réduit,  en comparaison duquel la prépotence du patron sur l’ouvrier isolé des débuts du capitalisme paraît rétrospectivement idyllique. Parlez moi du silence assourdissant des médias aux ordres, à propos des luttes pour la reconnaissance dans les entreprises. Bref vous qui avez hâte de mettre les salariés au pas, parlez moi du mépris des  travailleurs, et de tout ces petits riens  qui trahissent le  syndrome de « conservatisme managérial » dont souffre les élites et les cadres dirigeants français. Un conservatisme qui dépasse les clivages politiques et n’est pas peu responsable du mal être au travail des salariés….

Ah ! j’oubliais !  Pourquoi ne pas parler aussi, puisqu’il s’agit de symptômes d’une même pathologie,  de cet esprit français rempli de préjugés insensés,  plus enclin à sauver les apparences qu’à rechercher la vérité,  à enterrer les problèmes qu’à les résoudre autour d’une table ?  Car l’incidence de cette incurie retentit sur le  travail quotidien  des salariés et se trouve être la cause de nombreux suicides.  La  société française étouffe sous le poids de son conservatisme et de ses pesanteurs (là je sens que mon discours intéresse vos amis macroniens). Que dire alors de ces entreprises où les conditions de travail sont aggravées par des dirigeants sans envergure et sans  empathie ?  On connait le mot de Taylor « on ne vous demande pas de penser, il y a d’autres gens qui sont payés pour cela ». Le système capitaliste repose toujours sur un mépris, conscient ou implicite, de l’exécutant.   Cela est malheureusement  plus vrai en France qu’ailleurs,  car  les français ignorent en général le sens de l’expression « travail collectif » qui est une des  formes du respect dû aux subordonnés.  Je ne serais pas surpris d’apprendre un jour, au détour d’une étude sociologique,  que  l’absence de « joie au travail » est le lot commun du  salarié français comparé  à ses voisins européens.  Il ne faudra pas aller chercher très loin la raison de cet état de fait.

Lorsqu’aux demandes toujours plus pressantes de dirigeants coupés de la base, s’ajoutent  le ressentiment social, la perte des repères idéologiques, et l’amertume du déclassement,  la situation sociale peut rapidement tourner au vinaigre.  Si j’étais le jeune Macron,  je me garderais bien de croire que les salariés français vont se laisser dépouiller de leur exigence de justice sociale  par une ploutocratie qui  n’en finit pas de trahir l’esprit et la lettre de la démocratie. Une exigence de justice sociale élevée progressivement au rang  d’idéologie nationale,  à mesure que disparaissaient, au XIXeme siècle,  le vieil impératif chrétien de la charité  et le vieux rêve révolutionnaire d’une  société des égaux.  La schizophrénie  qui guette aujourd’hui notre pays, tiraillé entre une mentalité rétrograde, des habitudes de pensée conservatrices,  et un libéralisme économique étranger à notre culture, devrait inquiéter les apologistes du capitalisme et toute la clique de mystificateurs qui,  pour avoir trop longtemps méconnu les besoins humains fondamentaux, risque de s’en prendre un jour plein les gencives.

Bonbonnes suspendues

 

(*) Cette rente vaut  aussi en Belgique. Un groupe  de 400 consommateurs belges munis de leur ordonnance a affrété récemment un car de tourisme grâce au Parti des Travailleurs pour se rendre aux Pays Bas acheter ses médicaments ( les traitements sont beaucoup moins chers qu’en Belgique). Une initiative qui n’est pas sans rappeler les débuts du Groupement Propane Libre.

 

Deux dirigeants de Rubis – Vitogaz  se versent 23 millions d’Euros de salaire. Les petits actionnaires s’indignent sur Boursorama.

 

Quelques années en arrière,  avant qu’ Obama ne soit élu pour son premier mandat,  un éditorial de « Fortune » , le news magazine des businessman américains,  faisait état de la baisse de l’espérance de vie des noirs américains et d’une hausse concomitante de l’espérance de vie des blancs.  Le journaliste de Fortune voyait dans l’écart grandissant entre  l’espérance de vie des deux principales ethnies nord-américaines (*) une bonne raison d’élire enfin un président noir : il prendrait un soin particulier à améliorer l’état de santé des noirs américains. Un écart  de plus en plus important entre l’espérance de vie des blancs et des noirs  n’aurait pas manqué d’exacerber les tensions sociales,  toujours préjudiciables au bon climat des affaires.  Quinze années ans plus tard (**), l’écart ne s’agrandit plus  mais il reste toujours aussi béant. Cet écart est suivi  par les statisticiens du très officiel  Center for Disease Control,  et analysé par sexe et par niveau d’éducation.  C’est entre les mâles noirs n’ayant pas terminé le collège,  et les mâles blancs ayant terminé le lycée,  que cet écart est le plus important  : l’espérance de vie des premiers est inférieure de 14 ans à celle des seconds.   Sur ces 14 années d’écart, le  taux d’homicide (largement supérieur chez les noirs) ne permet d’expliquer qu’une seule année.  Les 13 autres années   sont la conséquence  d’un système économique basé sur l’exclusion des plus défavorisés et sa cohorte de plaies sociales (alcool, drogues, prison, problèmes de périnatalité….).

cdc-lifeexpectancy

L’évolution de l’espérance de vie par ethnie est un sujet d’embarras permanent aux USA

La vieille Europe emboîtant le pas des Etats Unis avec une quinzaine d’années de retard, j’attendais  que l’Insee nous annonce  un jour une baisse de l’espérance de vie des français, prévue  de longue date par les critiques de la médecine allopathique.  C’est chose faite depuis l’année dernière.   Les précautions oratoires des statisticiens  et les « mises- en-garde-contre-les interprétations-hâtives » de la  ministre de la santé ne me feront pas avaler qu’une  épidémie de grippe chez les personnes âgées puisse  justifier, à elle seule, la baisse de l’espérance de vie de 65 millions de français.  Selon les médias nationaux, « l’espérance de vie ne fait qu’augmenter sur le long terme. Ce qui s’est passé en 2015 n’est qu’une anicroche ».  Les médias américains ont eux aussi beaucoup  brodé en 2016 sur une  petite anomalie transitoire   ( en anglais, on dit « a blip »). Car l’espérance de vie des américains, toutes ethnies confondues,  a  baissé en 2015 comme en France,   pour la première fois depuis 1993. L’explication avancée  de l’autre côté de l’Atlantique est  toutefois  un peu  plus convaincante  : hausse de la mortalité  chez les jeunes américains  par surconsommation de drogues et d’alcool ou par suicide (ce qu’on appelle aux USA  « les maladies du  désespoir »), et chez les adultes augmentation des  infarctus, du diabète… (« les maladies de civilisation »).  Moyennant quoi,  les USA ont connu 6  blips,  ou baisse passagère de l’espérance de vie,  au cours des  50 dernières années,  contre seulement  deux pour la France ( 1969 et 2015).

Vous voulez connaitre  la  vraie cause de la baisse de l’espérance de vie en France ?  Elle a pour nom  PAU-PE-RI-SA-TION des chômeurs et des travailleurs. Je vous recommande  de vous promener  à pied dans les ghettos noirs américains.  Au milieu des bâtisses délabrées et des trottoirs défoncés,  vous pourrez méditer sur  la similitude de destin entre les laissés pour compte du libéralisme économique des deux côtés de l’Atlantique.  Bien sûr, nos dirigeants politiques sont payés pour faire en sorte que  le processus  de destitution progressive des  populations  rétives à l’embrigadement capitaliste (noirs américains,  français chômeurs ou indociles, grecs désœuvrés,  insoumis de tous bords …. ) soit suffisamment graduel pour passer inaperçu, ou pour rester socialement supportable.

C’est là en vérité,  toute l’habilité de nos hommes politiques. Doublement prisonniers d’un système qui les dépasse  et de logiques  partisanes qui assurent leur ré-election  en les dispensant de devoir penser par eux-mêmes, ils  n’ont aucun  moyen  d’enrayer  le processus d’accumulation qui permet  aux  gagnants de la loterie capitaliste de devenir chaque jour un peu plus riches, tandis qu’il assure aux perdants de se voir dépouillés chaque jour un peu plus de leur santé et de leur humanité.  Et puisque reconnaître publiquement son  impuissance est  inenvisageable pour un professionnel de la politique,  sous peine de perdre tout crédit aux yeux de ses électeurs, nous assistons en permanence , en guise de spectacle politique, au grand bal des hypocrites.

Quant aux élites économiques, elles  dirigent leurs affaires  en France comme en Allemagne , en Grande Bretagne comme  aux Etats Unis,   avec la même rationalité aveugle ou cynique   selon les cas.  Les dirigeants de multinationales exigent comme récompense  de leur soi-disant supériorité intellectuelle ou de leur ego boursouflé, l’extension indéfinie de  leur patrimoine personnel :  distribution de stock-options,  participation gratuite aux augmentations de capital,   part réservée des dividendes..  rien n’est trop beau, rien n’est trop nouveau pour étendre les frontières de  leur empire personnel.

Bien sûr, on peut  s’esclaffer avec  Guy Bedos : « La bourse je m’en fous, j’ai choisi la vie». Mais les capitalistes sont tout sauf des gens dont on peut se permettre d’ignorer l’opinion. Pour deviner ce qu’ils pensent, il faut commencer par  lire ce qu’ils lisent, quitte à faire mentir Mark Twain :    « Si vous ne lisez pas le journal, vous êtes mal informés. Si vous lisez le journal, vous êtes mal informés  ».   Il peut aussi être utile de parcourir  les forums où ces messieurs cultivent l’entre soi libéral  avec  une constance qui force l’admiration.

A ce propos, le forum du site Boursorama nous en apprend une bien bonne sur les dirigeants du  groupe Rubis, lequel a repris les activités de Vitogaz  (ex Société Havraise des Pétroles) en 1994. Les gratifications que ses dirigeants se sont arrogées en 2016  à titre de salaire, eut égard à leur génie,  ont fait pousser quelques hurlements parmi les petits actionnaires du groupe. Si ces témoignages méritent d’être repris sur le  site de l’ADECOPRO, c’est qu’ils émanent d’individus en principe  vaccinés  pour accepter  les pires excès  en matière de rémunérations de dirigeants.

(les citations en italique reprennent les messages  les plus compréhensibles par les non-initiés. Pour lire la totalité des messages du fil de discussion intitulé « Pillage des actionnaires de Rubis » sur le site de Boursorama, vous pouvez cliquer ici.)

Un certain Ravigot attaque bille en tête «  Vous avez vu le rapport Proxinvest ? Un scandale que la rémunération des dirigeants de Rubis : 23 millions d’Euros à deux (voir rapport annuel) . Il y a comme un défaut. C’est 30 fois plus qu’Hermes relativement à la taille boursière ! Ils nous répondent que c’est les statuts ! Mais des statuts comme ça, ça se change : rendez-vous à la prochaine assemblée !! Il faut que ça saute. J’y vois pour ma part un vrai pillage des actionnaires que nous sommes. Ils ne sont même pas exposés : la commandite est une sarl avec pas un sous dedans

Tandis que l’ADECOPRO y verrait plutôt un vrai pillage des clients par Vitogaz, chacun voyant midi à sa porte ….

Ce à quoi il lui est répondu «  C’est une commandite, donc les actionnaires n’ont rien à dire sur rien. C’est le principe. Si vous n’en voulez pas, n’achetez pas une action d’une société en commandite »

Ravigot toujours  : «  En 2016 le dividende commandité ( ndlr : versé aux gérants de la commandite) a représenté 20 % du dividende total versé aux actionnaires. Ce ne serait pas un léger abus, non ? Un petit calcul : en 2016, Robin (ndlr il s’agit de Gilles Gobin,  un des créateurs de Rubis ) a prélevé 16 % du total des dividendes de Rubis soit 20 M€ sur les 123 M€ distribués. En mettant en rapport ces 16 % de captation avec la capitalisation boursière de Rubis soit 3500 M€, c’est comme s’il possédait l’équivalent de 560 M€ ou 16% du capital ! C’est là que le bât blesse. Sans avoir mis un rond dans la société, ses droits de commandite lui transfèrent une part de la richesse produite disproportionnée par rapport au risque engagé et à sa mise de fonds,… alors que le patrimoine net de la société appartient juridiquement aux actionnaires commanditaires que nous sommes.  Ce calcul révèle le caractère de hold-up permanent que constitue la commandite par actions…. »

Un autre actionnaire essaye de surenchérir «  Je n’ai rien contre les rémunérations des dirigeants qui réussissent. Mais j’aime bien la notion britannique de « decency »…. »

Celui là devrait retourner à l’école.  La notion de « decency » n’est pas une notion britannique ni même anglo-saxonne,  mais bien une notion latine  (du latin « decere » qui signifie « avoir de la retenue dans la conduite et le maintien » ). Le mot est ensuite passé dans la langue française, la  «décence » étant synonyme de conformité aux usages et aux règles de bonne conduite. Selon les linguistes, ce mot  n’arrive dans la langue anglaise qu’au XVIeme siècle, c’est à dire durant la première période d’expansion du capitalisme financier. Ce n’est probablement pas un  hasard si les anglais eurent besoin d’importer  le mot et l’idée à ce moment particulier de leur histoire !

 Ce qui est british, par contre, c’est la notion de « common decency». Littéralement « décence commune », qu’on peut aussi  traduire par  «modestie commune » ou, par extension, par «morale populaire». Là où la décence peut être définie par la conformité aux règles établies par les classes dominantes (aristocratie ou bourgeoisie) , la décence commune s’identifie  à une morale implicite des gens de peu. Celui qui a popularisé cette expression au XXème siècle est le célèbre écrivain socialiste anglais George Orwell (de son vrai nom Eric Arthur Blair).  Le penseur qui a repris l’expression d’Orwell pour la populariser dans la langue française est Jean Claude Michéa, admirateur de l’œuvre d’Orwell. Les écrits politiques d’Orwell sont  bien moins connus  en France que ses célèbres ouvrages de fiction : « 1984 », « La ferme des animaux ». On pardonnera donc à ce boursicoteur en mal d’éthique de céder au snobisme en vogue en France,   consistant à croire que ce qui est intelligent  ne peut que provenir du centre de la galaxie capitaliste.

Reprenant à son compte, et à son corps défendant,  une thématique socialiste, l’actionnaire en question  poursuit sur sa lancée « Malgré mon estime pour la qualité de la gestion du Rubis (sic) , j’ai du mal à trouver décente la rémunération de la commandite… Il existe tant d’autres sociétés prometteuses dont les dirigeants font preuve de plus de décence….je vais avoir du mal à me renforcer dans Rubis ( ndlr : racheter des actions Rubis,  dans le jargon des boursicoteurs) après cette information. »

Pauvre chou ! Encore un boursicoteur qui s’imagine qu’en lisant la presse économique, il est au courant des moindres malversations des dirigeants des entreprises dont il acquiert une poignée d’actions. La Bourse est vraiment un jeu pour adolescents attardés.

Un autre actionnaire se demande perplexe : « Qu’est-ce qu’on fait avec 23 Millions d’Euros par an ??? »  En voilà une question stupide  ! Je propose à Mr Gobin, fondateur de Rubis- Vitogaz,   d’acheter 10 000 paires  de chaussures pour  sa garde-robe,  afin de  relancer  la production de la ville sinistrée de Romans sur Isère, ancienne capitale française de la chaussure.  Voilà en effet un projet citoyen qui justifierait  pleinement de tels émoluments. Et si cela ne suffit pas, je lui propose d’acheter 20 000 soutiens-gorge pour son épouse afin de soutenir la bonne ville de Troyes, et son maire  François Baroin qui fait peine à voir ces derniers jours,  depuis le départ forcé d’Europe 1 de son mentor en politique Jean-Pierre Elkabbach, et la gamelle aux primaires  de son ami Sarkozy.

Un autre boursicoteur fait chauffer ses méninges  « 23 Millions d’Euros par an à deux, ça fait 11,5 chacun, soit 1 M€ par mois, soit 250 000 € par semaine, soit 35 000 €  par jour, 7 jours sur 7. Alors en effet , récolter les fruits des résultats est tout à fait normal, mais c’est tout simplement indécent. Je serai ravi qu’ils divisent leur salaire en 2 et qu’ils le redistribuent à leurs employés. »  Mazette  ! Si même Boursorama commence par être noyauté par les trotskistes, tout est foutu pour les capitalistes…

Plus loin,  un contradicteur apparaît enfin pour défendre Gilles de Gobineau.  Pardon,  Gilles Gobin.  Gobineau, c’est l’écrivain diplomate de l’ « Essai sur l’inégalité des races humaines ». Alors que  Gilles Gobin, le patron de Rubis,  serait, lui, plutôt en train d’écrire un  «Essai sur l’inégalité salariale entre les races de dirigeants et les races d’employés subalternes ».  Le défenseur des nobles dirigeants de Rubis  écrit ceci : «Les deux fondateurs ont monté Rubis à partir de rien …. »  STOOP !  Arnaque intellectuelle en vue !! Voilà le retour de la bonne vieille mythologie américaine du self-made-man ! Je lis en effet  dans Wikipedia : « Rubis Investment & Cie est créée en 1990 par Gilles Gobin. En 1991, la société fait l’acquisition de la Compagnie de Penhoët, une société holding de la galaxie Suez, pour 1,3 milliard de francs, et devient Rubis & Cie »

Oui, vous avez bien lu.   Gilles Gobin a créé Rubis Investment & Cie en 1990 ; et un an plus tard il rachète une holding de Suez d’une valeur de  1,3 milliard de francs.  En partant de rien ?  S’il est vraiment parti de rien, il  va falloir que j’explique dare dare à mon plombier,  qui a créé sa société de dépannage l’année dernière, comment il va pouvoir racheter Engie dès cette année, sans l’aide de son banquier ….

Les autres actionnaires se répandent en louanges sur le flair légendaire des dirigeants de Rubis. Les clients de Vitogaz abusés pendant de longues années par des prix prohibitifs auxquels ils ne pouvaient échapper,  apprécieront. Florilège :

« …  superbe société qui dépasse les espérances de la Bourse …. Si toutes mes actions s’étaient comportées avec de tels résultats , j’habiterai dans une villa sur les hauteurs de Nice plutôt qu’un appartement dans le vieux Nice… » « je n’ai eu qu’à me louer de la compétence et de la sagesse des dirigeants … » «…avec une telle gestion et de tels résultats, on ne peut que leur laisser les clés du camion et la rémunération qui va avec…. »

Je laisse le mot de la fin de à deux actionnaires particulièrement  remontés contre les dirigeants de Rubis, pour finir sur une note optimiste et montrer que tout n’est pas perdu dans ce bas monde   :

«  23 M€ de salaire pour une boite comme Rubis, c’est énorme. Et cela pose d’évident problème éthique mais pas seulement. Cela pose aussi de réels problèmes sociaux par le délitement de nos sociétés.  A quoi bon travailler quand le fruit de ce travail est accaparé par une infime minorité ? Est –on réellement respecté en tant que travailleur dans ce genre de cas quand on a du mal à vivre malgré son travail, ce qui doit être le cas chez un nombre non négligeable d’employés en Afrique  et en France ? On s’étonne du vote populiste mais il est clairement nourri par ce genre de pratique…. »

Mais non, voyons, où allez vous chercher cela ? Faut pas croire tout ce qui se dit dans les journaux…….

«  Rassurez-vous , je ne suis pas anticapitaliste ni mélenchonien ( ndlr : on a eu très peur), mais quand je lis le rapport sur les rémunérations (ndlr : des dirigeants de Rubis), on a le droit d’avoir le vertige. Vous me traitez de « jaloux, d’envieux, de râleur, de grincheux » ! J’ai l’impression que l’odeur de l’argent vous excite comme des vautours. Vous m’inquiétez. VOUS VIVEZ DANS L’IVRESSE DE l’ARGENT SANS LIMITE  ( ndlr : Ciel !  un curé  infiltré chez les actionnaires de Vitogaz…..Des « limites »  ? Non mais quoi encore ? On croirait lire Eugénie Bastié dans le Figaro .. ) . Attention ! Ce genre d’histoire se termine toujours très mal.  Relisez vos classiques « .

Le montant de 23 Millions d’Euros de salaire est astronomique, ahurissant pour une société Midcap ( ndlr : capitalisation de taille moyenne) quelle que soit la qualité, l’intelligence, la compétence des managers et la rentabilité de la société. Sans jouer les Cassandre, le risque que nous, actionnaires, prenons est de laisser les bénéficiaires perdre le sens de la réalité et nous faire chavirer avec eux. … Accepter de rémunérer la commandite à hauteur de 10 % des profits est sidérant ! Ca pose un problème éthique et de gouvernance. Pourquoi Michelin et Hermès , des sociétés aussi louables et qui n’ont pas démérité ont elle limité à seulement 0,67 % des profits la rémunération de la commandite ? Ca devrait vous faire réfléchir ou bien vous avez perdu la raison !! »

Bon espérons que cela fera aussi réfléchir les clients de Vitogaz ….. Nous profitons de cet article pour donner nous aussi nos conseils financiers,  et rappeler que notre préconisons à l’attention des consommateurs soucieux de leurs économies,  de se délester au plus vite de ce fournisseur (indépendamment de la rémunération indécente de ses dirigeants).  Les raisons en sont amplement expliquées dans  les différents articles du  site (il suffit de taper « Vitogaz » dans le moteur du site pour trouver la quinzaine d’articles où nous tirons à boulets rouges sur cette entreprise de voleurs).

Par chance, suite à la condamnation de Vitogaz en 2016 par le  Tribunal de proximité de Vienne (Isère),  à laquelle nous sommes particulièrement fiers d’avoir contribué,  le retrait de toutes les citernes Vitogaz est actuellement gratuit ! Même s’il est écrit  dans votre contrat que vous devez payer 1400 € à Vitogaz  pour faire enlever  votre citerne en cours ou en fin de contrat, sachez que  Vitogaz ne peut désormais plus exiger aucune  somme à ce type suite à sa condamnation. Et ceci tant que la Cour de Cassation ne se sera pas à nouveau  prononcée sur la décision du TP.  Profitez-en pour virer votre citerne Vitogaz ! Contactez nous !

(*) Comme le montre le graphique ci-dessus,  l’écart s’est accru de manière importante de 1985 à 1995, durant la phase d’apparition et de développement  très rapide du SIDA.

(**) Etrangement je n’ai pas pu trouver sur Internet de statistiques ethniques sur l’espérance de vie  des américains après  l’année 2009 . La crise de 2008 aurait elle aggravé la situation ?

 (***) sur le sujet  on pourra aussi  lire avec profit le philosophe et écrivain Bruce Bégout De la décence ordinaire. Court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell,  Allia, Paris 2008

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