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Des maisons BBC rendues  inhabitables par la faute de Primagaz. Encore des problèmes de facturation au  compteur ? Ou pire ?

 

C’est un mauvais film  qui se déroule apparemment dans plusieurs villages de France où sévit un même promoteur immobilier. En premier lieu à Forcé, à quelques  kilomètres de Laval dans le département de la Mayenne.  Ne disposant pour le moment  que de 3 articles de journaux locaux,    je me contente de compiler ci-dessous les premières  infos  pour  une première vue d’ensemble.

Quiconque a l’habitude de parcourir la presse locale anglo-saxonne  se rend compte, par une comparaison peu flatteuse pour les journalistes français,  du vide prodigieux de CONTENU réel de la presse locale en France. Dans cette histoire de factures de gaz délirantes,  on ne trouve  aucune ébauche d’enquête de la part des journalistes ayant couvert l’affaire. Aucune tentative d’en savoir plus auprès d’un expert  du gaz en citerne,   pour essayer de comprendre de quoi il en retourne. Aucune comparaison chiffrée permettant de mettre en perspective les montants de facture publiés.  Un des  trois articles en question est écrit par un journaliste dont le nom est connu des auditeurs de Radio France, Germain Treille.  Ce journaliste ne prend même pas la peine de citer dans son article le nom du propanier incriminé !

Petit rappel avant de découvrir de quoi il en retourne  :  la norme BBC  désormais obligatoire pour tous les logements neufs,  impose une consommation maximale de 50kWh/m² par an, incluant la ventilation, le chauffage, le rafraîchissement, l’éclairage et l’eau chaude. Une maison de 80 m2 chauffée au propane ne doit  donc pas dépenser pour son chauffage plus de 4000 kWH/ an. Moins 5 % (estimation serrée) pour l’éclairage et l’eau chaude (on  suppose l’absence de climatisation en Mayenne…)  soit 3800 kwH par an autorisés, soit 3800 / 13,8 = 275 kilogrammes de gaz dans l’année ( ou encore l’équivalent de 21 bouteilles de gaz ). En clair une maison neuve de 80 m2 chauffée au gaz en citerne ne doit pas avoir une consommation annuelle supérieure à 275 kg de propane.

Voici donc l’affaire relatée à travers les différents  articles de la presse locale,  reproduits dans leur ordre chronologique de parution.

Ouest France semble être le premier à révéler l’affaire le 25 Février 2017.  Comme toujours s’agissant de  presse locale, une  large place est accordée  aux états d’âme des personnes interviewées.  Le lecteur n’aura donc aucun moyen de se faire un début d’opinion sur l’origine du problème. Ou comment les journalistes, par la superficialité de leur travail, génèrent des tonnes d’angoisse qui ne trouvent aucun exutoire.  Se contenter  d’interroger , en guise de travail journalistique, les gens qui, par définition, ne peuvent pas connaître l’origine du problème (c’est à dire les consommateurs) et ceux qui, par définition, n’évoquent jamais les vrais problèmes devant la presse (c’est à dire les entrepreneurs),  finit par anesthésier le sens critique et entraver l’intelligence et la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

« Au domaine du Closeau, quatre propriétaires en devenir ont pris possession de leur maison le 8 décembre. Mais des factures de gaz élevées (…) les font déchanter.

Ils ont récupéré les clés le 8 décembre et manifestent déjà l’envie de partir. Ils sont pour le moment certains d’une chose, « on ne lèvera pas l’option d’achat. » Entrés dans leur maison en location-accession au domaine du Closeau il y a deux mois et demi, quatre locataires en accession pointent du doigt de nombreux problèmes. « Tout est parti d’un gros manque d’informations, regrettent-ils. Nos maisons sont censées être basse consommation. Mais nous remettons en cause ce label. Nous avons refait nos propres calculs. Aussi, nous avons été prévenus une semaine avant d’avoir les clés que ce serait du gaz citerne propane et non du gaz de ville. »

Francis et Pascale Pereira sont notamment inquiets du montant de leur facture de gaz après seulement deux mois. « Nous sommes déjà à 342,70 € pour décembre et janvier en chauffant entre 16 et 18C° une maison de 83 m². Dans notre ancienne maison de 2006, nous étions à 510 € sur l’année. Pour Primagaz, il faudrait prendre des douches de trois minutes ! Et nous sommes rendus à faire chauffer de l’eau pour laver le sol. »

Procivis Ouest, le promoteur, a été interpellé sur la situation. Yannick Borde, le directeur général, veut tempérer. « On est sur des logements BBC, labellisés et contrôlés. Il n’y a pas de sujet là-dessus. Concernant les factures, on est d’accord qu’elles sont disproportionnées. Nous travaillons dessus. S’il y a une erreur quelque part, les surconsommations seront prises en charge, promet-il. À Forcé, il n’y a pas de gaz de ville. Le choix était donc entre le gaz citerne et l’électricité : c’est le premier le plus rentable. Puis, il faut voir sur un an par rapport au contexte. Ils sont rentrés en hiver, la maison est neuve, c’est normal que dans la mise en fonctionnement, la consommation est (sic)  un peu supérieure à la normale. 

Mais pour les quatre locataires qui ne demandent qu’à devenir propriétaires, ce n’est pas tout. Ils disent avoir posé de nombreuses réserves à leur entrée dans la maison et pointent là encore du doigt des fissures, des bruits anormaux de chaudière, de l’eau stagnante sur le toit de l’une des maisons… « J’ai 10 cm d’eau en permanence, c’est une vraie piscine », rage Teddy Dubois. « Des artisans viennent tous les jours pour lever les options que nous avons posées, nous n’avons plus de vie privée », poursuit le couple Pereira. Ils veulent alors quitter leur maison au plus vite mais ne pas payer les 2 % obligatoires du prix de la maison totale en location-accession, c’est-à-dire 3 320 €.

« Nous faisons 300 maisons par an et il y a toujours des réserves à la livraison. Il n’y a rien d’exceptionnel. Et dans ce contexte, ce sont nous qui prenons les risques. Pour le moment, nous sommes propriétaires (ndlr : des maisons)  Nous allons tout faire pour que ça rentre dans l’ordre », ajoute Yannick Borde. Les locataires ont quatre ans pour lever l’option d’achat. Pour l’instant, ça n’en prend pas le chemin. »

Fin du premier article.

Notez bien l’argument du directeur général de Procivis : la maison est neuve donc elle doit sécher,  ce qui augmente  la consommation de chauffage la première année.  Drôle d’argument. Ou drôle d’aveu.  En effet si la maison a été montée dans les règles de l’art,  les fondations en ciment sont sèches depuis un bout de temps lorsque le propriétaire rentre dans les lieux. Quant au plâtre et aux enduits  qui séchaient jadis sur les murs des maisons, ils arrivent désormais  en produit « sec » sous la forme de placoplâtre.  J’aimerais donc bien savoir qu’est ce qui a besoin de sécher aussi longtemps  dans une maison BBC supposée être construite sans béton à l’exception des fondations (le béton étant  le matériau le MOINS  isolant de tous,  après le granit), sans plâtre  autre que du placo, et avec un minimum d’enduit et de peinture ?  Evidemment si le toit plat de ces immondes  cubes BBC  se transforme en piscine, on comprend mieux que la maison ait un peu de mal à sécher….

 

Maisons forcé

Les cubes Procivis de Forcé.  Si c’est écolo, ce doit être sûrement beau !

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Maison BBC préhistorique. Cout d’acquisition : 1 €. Achat sans crédit  ni location accession.

 

Aiguillonné par ce premier article, le Courrier de la Mayenne, le journal du coin, envoie deux jours plus tard un de ses journalistes  pour prendre une photo sur le toit d’un de ces cubes transformé en piscine,  et rédiger  10 lignes supplémentaires sur cette affaire. Superbe effort !

« A Forcé, des locataires en accession à la propriété veulent quitter leur logement deux mois après leur installation. Ils dénoncent des factures de gaz exorbitantes et des malfaçons.

Dans la ligne de mire d’une demi-douzaine de résidents, cinq logements neufs livrés début décembre par le promoteur Procivis Ouest.  « Nous avons intégré ces logements par le biais du prêt social de location-accession. Nous sommes locataires et avons la possibilité d’acheter le logement au bout de quatre ans », explique Francis Pereira, emballé au départ par « le cadre naturel » et la norme BBC (bâtiment basse consommation) vendue par le programme baptisé “Les Cottages du Closeau”. Mais rapidement, le couple et d’autres locataires déchantent rapidement (sic). Ils dénoncent des factures de gaz exorbitantes et des malfaçons dans les travaux : apparition de fissures dans les murs, retouches de peinture grossières, bruits sourds de la chaudière… « Sur mon toit, l’eau n’arrive pas à s’évacuer car la pente n’est pas assez prononcée. C’est une véritable piscine », déplore Teddy Dubois, un autre locataire. Les locataires souhaitent désormais mettre les voiles, seulement deux mois après leur arrivée.

Du côté de Procivis Ouest, on reconnaît le caractère exceptionnel de la situation. « C’est la première fois que ça nous arrive avec une telle ampleur », concède le directeur général Yannick Borde. Le dirigeant admet qu’il y a « un problème »  pour le chauffage. « Il y a sûrement une anomalie. Tout le monde travaille dessus. »

Fin du second article.

Ah ! Tiens ! Un commentaire est laissé par un internaute en bas de cet article : « Même situation à Montgiscard avec le lotissement O Village ! Nous avons fini par décider de partir…. »  Je tape illico «  Procivis » et « Montgiscard » sur Google. Bingo, Procivis Midi-Pyrénées a effectivement réalisé un programme immobilier dans ce village. Ma main à couper qu’ils sont aussi maqués là-bas avec Primagaz …. Bon on verra cette autre affaire plus tard ….

On se dit alors que, puisque « tout le monde » (dixit le patron de Procivis )  travaille sur l’énigme des incroyables factures de gaz du domaine du Closeau à Forcé, la vérité ne va pas tarder à sortir des nouveaux bunkers  labellisés BBC. Que nenni ! Trois mois plus tard, le 29 mai 2017, la situation s’est empirée pour les locataires , mais toujours aucune explication de Procivis.  Le journaliste de France Bleu,  Germain Treille,  en rajoute donc  une couche sur le site Internet de la radio, tout  en omettant soigneusement de prononcer le mot  Primagaz ( le journaliste en profite pour rajouter un deuxième « R » à Mr Perreira ). Cet oubli s’explique probablement par le fait que France Bleu est le réseau des radios locales PUBLIQUES et qu’il n’est pas de bon ton dans les médias étatiques de brocarder une multinationale….

« A Forcé, des locataires en ont marre de leurs maisons basse consommation.

Paradoxalement, ces maisons consomment beaucoup trop d’énergie. Les factures de chauffage brûlent les doigts de leurs habitants.  Des factures de plusieurs centaines d’euros. Pour 2 ou 3 ou 4 mois de chauffage. Incroyable surtout quand on emménage dans logements censés être moins énergivores que les autres. Francis Perreira est arrivé à Forcé en novembre : « Depuis notre entrée dans les lieux, nous avons une consommation d’énergie très élevée par rapport au label BBC (basse consommation) pour ces maisons. Nous en sommes à plus de 700 euros pour 4 mois de chauffage. Nos voisins en ont pour près de 1.000 euros ».

Si la note est salée, c’est à cause du gaz propane selon lui. Et ça le bailleur, Procivis, ne lui a jamais dit assure ce locataire : « nous avons été avertis au dernier moment que c’était chauffé au propane. Et à aucun moment, lors des visites de chantier, on nous a mentionné que c’était du propane. On nous a laissé entendre que c’était du gaz de ville ».

Francis Perreira et son épouse ont décidé de quitter les lieux, un autre couple est déjà parti, un autre encore fera de même prochainement. Contacté, le promoteur-bailleur Procivis estime que tout a été fait dans les règles de l’art, aucun manque d’information et aucune malfaçon estime -t-il. Cette drôle d’histoire pourrait se terminer au tribunal. »

Fin du troisième article.  Passionnante la lecture de la presse locale ! Quel courage !  Qu’est ce qu’on est bien renseigné !  On ne peut qu’admirer la curiosité d’esprit des 3 journalistes qui ont relaté l’affaire.

Faisons le point . A supposer que  sa maison respecte vraiment les normes BBC, et que  cet habitant ne garde pas les fenêtres  ouvertes en hiver, il n’avait besoin en théorie ( voir plus haut)  que de l’équivalent de  21 bouteilles de gaz. En intégrant son budget de chauffage annoncé à la presse de 700 € , Mr Fereira ou Ferreira a payé ses 21 bouteilles au prix ahurissant de 33,3 € pièce.  Ou si l’on préfère convertir le propane acheté par Mr Fereira ou Ferreira  en prix à la tonne, il aurait payé 2500 € la tonne de gaz,  soit le double du prix payé si cet accédant à la propriété avait disposé d’une citerne individuelle mise à disposition par Primagaz.

Si « tout a été fait dans les règles de l’art » comme l’affirme Procivis, alors nos trois journalistes auraient pu écrire sans forcer la note que quelqu’un se fout de la gueule de ces locataires-accédants. Et ce quelqu’un ne peut être que Procivis ou  Primagaz ou (plus vraisemblablement) les deux ensemble.

En passant, aucun des articles n’a mentionné  l’information la plus importante  : je n’ai aucune information en ce sens mais il est fort probable que  toutes ces maisons sont reliées à un réseau de conduites de gaz privé appartenant à Primagaz, réseau alimenté par une citerne collective appartenant à Primagaz,  sur laquelle sont branchés des compteurs de gaz individuels appartenant aussi à Primagaz.  Les projets d’ilôts propane (c’est le nom de ces citernes collectives avec réseau privé de gaz ) sont normalement vantés par les propaniers comme permettant de  faire baisser notablement  le prix du propane par rapport à une citerne individuelle.  Si tel est le cas, il y a dû y avoir un couac à Forcé. Car ce serait alors plus du double du prix « normal » du gaz propane sur citerne collective que cet habitant a dû régler cet hiver à Primagaz. On attend les explications avec inquiétude et délectation ( j’imagine que quelqu’un s’est déjà  demandé, par exemple,  s’il n’y a pas une  fuitounette sur le réseau collectif ? Ou si les compteurs sont correctement paramétrés de manière à ne pas produire des factures aberrantes comme on le voit ici ou là, avec certains compteurs Primagaz ?)

J’ai  hâte de lire la suite (judiciaire ou non) de cette histoire,  car elle me rappelle beaucoup d’autres affaires de surfacturation ou  surconsommation sur compteurs Primagaz.  Pourquoi donc l’enquête annoncée par Procivis n’a-t-elle pas débouché sur une explication simple et cohérente ? Procivis n’aurait toujours pas trouvé la raison de cette énigme malgré trois mois d’enquête et un partenariat à toute épreuve avec Primagaz  ?  Les dirigeants de Procivis perçoivent-ils des commissions  sur les (très juteux)  contrats de gaz Primagaz, comme le font d’ordinaire  les promoteurs signant des accords de « monopoles locaux » dans les lotissements privés, au détriment des consommateurs  ( le lecteur non informé lira à ce sujet la série d’articles publiés sur ce site) ?  Procivis a-t-il découvert  une anomalie dans les facturations au kWH de Primagaz, anomalie qu’il ne peut dénoncer,  du fait de ses accords avec Primagaz ? Si le prix de la molécule de gaz était la seule raison de ces factures abusives, Procivis n’aurait pas de raison de cacher cette information aux habitants de la résidence,  ne serait-ce que pour faire pression sur Primagaz pour obtenir des prix plus intéressants.  Si donc Procivis ne joue pas franc-jeu dans cette affaire, c’est que le promoteur cherche à se protéger tout en protégeant  Primagaz. Quelle est la raison de ce silence ?

Petit rappel  : les méthodes commerciales utilisées pour vendre le propane en France  sont  pompées  sur le modèle américain de distribution du gaz en citerne. Pour comprendre ce qui se passe en France, il faut donc aller s’enquérir de ce qui se passe aux Etats-Unis, où les journalistes ne se reposent pas sur la justice de leur pays pour informer les consommateurs. Les journalistes américains de la chaîne locale d’informations KXAN ont ainsi pu se procurer une copie (par nature ultra confidentielle) du contrat signé entre un promoteur immobilier texan et un propanier approvisionnant des résidences de centaines de pavillons raccordés à une citerne collective (appartenant comme il se doit au propanier).  Ce type de contrat a, aux USA,  une durée de 30 ans et il est automatiquement renouvelable. Il impose aux habitants de la résidence d’utiliser le propane comme source d’énergie, et il leur dicte auprès de qui tous les habitants doivent s’approvisionner sans possibilité de changer de fournisseur pendant 30 ans y compris s’ils souhaitaient disposer de leur propre citerne individuelle. Voilà le genre de contrat que les maires des villages ruraux et les promoteurs immobiliers signent à tout va en France, sans que cela hérisse le poil de quiconque à l’heure de la libéralisation de l’économie. Cherchez l’erreur !  Imaginez la tête que vous feriez si, après avoir acheté votre maison dans une résidence monopolisée par un fournisseur unique, quelqu’un venait vous dire que vous ne pourrez pas changer de fournisseur d’énergie pendant 30 ans ! Notre pays , la France, nage dans le délire par la couardise des prétendues élites devant le mur de l’argent.

Dans ces conditions j’avoue que ce serait une intense jubilation d’apprendre,  au détour d’une enquête sérieuse,  que  le label BBC et la location-accession-sociale servent de nos jours,  à masquer des arrangements beaucoup moins nobles  entre  promoteurs immobiliers et propaniers.

Mais pour faire sortir la vérité dans ce genre d’histoires, encore faut-il avoir envie de se donner un peu de peine,  et ne pas hésiter à froisser quelques susceptibilités….

 

 

 

 

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Arnaque aux compteurs de gaz : Primagaz tente de colmater la fuite      

 

 

La réponse de Primagaz à la brève  du Canard Enchainé contant l’histoire de Gérard  n’aura pas tardé : trois semaines après la publication  du journal satirique (10 mai) , 11 jours après la mise en ligne de l’article de l’ADECOPRO (21 mai) ,  Primagaz fait savoir à son ancien client un peu trop turbulent , que finalement, cette histoire de frais de fermeture et d’ouverture de compteur, c’était juste une blague.  Comme on dit chez Obelix,  « acta est fabula ». La comédie est terminée.

La direction de Primagaz qui n’a pas souhaité se mouiller en signant elle-même sa réponse ( moi qui croyais que les émoluments étaient en proportion du courage… ), a réussi à trouver un  obscur  «Coordinateur Energie» pour répondre qu’elle considère avoir assez soupé de cette affaire. Elle renonce par conséquent à percevoir les frais administratifs pour cette fausse fermeture de compteur.

Ci-dessous la réponse de Primagaz.

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Toutes les personnes qui ont accepté de plus ou moins bonne grâce de payer cette somme sous la menace d’un contentieux sont prévenues : Primagaz n’ayant fait valoir dans sa réponse  aucun argument pour justifier cette remise « exceptionnelle »,  chacun a désormais la possibilité d’exiger le remboursement des 85 € que Primagaz lui a ponctionné. Soit par la voie amiable en écrivant à Primagaz (sans oublier de mettre l’ADECOPRO en copie de votre lettre pour lui donner plus de poids) , soit  par la voie judiciaire dans le cas où Primagaz refuserait de vous accorder la même remise.

Le principe est le suivant : si  vous n’êtes plus client de Primagaz, vous ne pouvez plus  agir en justice à titre personnel  mais  vous pouvez encore agir à titre collectif via une association de consommateurs.  A l’inverse, tant que  vous êtes client de Primagaz, vous avez  le choix entre agir en justice  à titre individuel  ou agir à titre collectif.

L’ADECOPRO va écrire au Médiateur de l’Energie et aux principales associations de consommateurs prochainement  afin de les sensibiliser à cette arnaque.

« A cane non magno saepe tenetur aper »  : souvent le sanglier est arrêté par le petit chien…. (Ovide, in « Remèdes à l’amour »)

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Incendie de Lomme. Primagaz échoue à faire condamner pour vol et recel le récupérateur de bouteilles de gaz

Le juge chargé du dossier des explosions qui, le 28 décembre 2013, avaient transformé la petite rue Gallieni, à Lomme, en un gigantesque brasier, a rendu une ordonnance de non-lieu en janvier dernier. Personne ne sera donc poursuivi pénalement. Ni le propriétaire de la camionnette dans laquelle les bouteilles de gaz étaient entreposées. Ni celui ou ceux qui ont sans doute mis le feu volontairement au véhicule. Retour sur un drame qui, bien que n’ayant fait miraculeusement ni morts ni blessés, a marqué les esprits à jamais.

Ce samedi-là, à 6 h 44, résonne la première détonation. Dans les secondes et les minutes qui suivent, d’autres déflagrations secoueront violemment la petite rue Gallieni.  Plusieurs maisons sont totalement anéanties et rendues inhabitables, plusieurs autres voient leurs fenêtres, portes et volets soufflés. Des voitures sont détruites par le feu ou par les explosions.

Miraculeusement, au milieu de ce chaos, les 75 pompiers et les équipes médicales venues secourir les habitants n’ont à déplorer aucun mort ni aucun blessé grave. Les habitants, traumatisés par ce qu’ils viennent de vivre, sont évacués, pour beaucoup par l’arrière de leur maison, les pompiers ayant posé des échelles pour franchir les murs d’enceinte de leurs jardins. Devant, dans la rue Gallieni qui sera totalement coupée pendant plusieurs heures, le danger est extrême : des flammes dévorent les façades des maisons jusqu’aux toitures, une torchère s’élève dans le ciel depuis un compteur de gaz de ville et les bouteilles de butane et propane menacent toujours d’exploser et de transformer en projectiles tout ce qui se trouve autour.

À l’origine de ce drame : vingt-trois bouteilles de gaz entreposées dans la camionnette d’un riverain, Mohamed G., un tunisien employé au MIN de Lomme. Deux jours après, ce dernier est mis en examen, laissé en liberté mais placé sous contrôle judiciaire. Les enquêteurs mettront au jour des éléments qui laisseraient penser que le camion aurait pu être incendié par un ou des inconnus ayant agi par vengeance à l’encontre d’un fils de Mohamed G.  Ce dernier n’avait jamais fait parler de lui et était apprécié de ses voisins de la rue Gallieni. Mais il était le propriétaire de la camionnette chargée de bouteilles de gaz, garée cette nuit-là, comme souvent, devant le 40 de la rue.

L’information judiciaire est ouverte, après les faits, sur la qualification de «  mise en danger d’autrui par la violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence  » et de «  dégradation du bien d’autrui par moyen dangereux  ».

L’expert judiciaire a dénombré 23 bouteilles de gaz dans le camion ; il a mis en évidence qu’un acte volontaire avait été nécessaire pour initier l’incendie des palettes de bois qui se trouvaient également à l’intérieur du véhicule. L’enquête a montré également que Mohamed G., ou un de ses fils, « pouvaient avoir des ennemis puisque d’autres véhicules lui appartenant avaient été précédemment incendiés  ». Un SMS de menace retrouvé dans le portable de Mohamed G. confirmera cette thèse.

De son côté, Mohamed G. a d’abord contesté le nombre de bouteilles de gaz et allégué que seules trois étaient pleines, ce qui est plausible. Il a aussi reconnu que, pour arrondir ses fins de mois, il récupérait et revendait palettes de bois et bouteilles de gaz. C’est au motif que les bouteilles non officiellement réformées étaient toujours sa propriété que la société Primagaz, un an plus tard, avait rejoint la trentaine d’autres parties civiles et porté plainte pour vol et recel.

incendie lomme

La juge d’instruction a décidé un non-lieu pour chacun des griefs. D’abord parce que «  l’enquête n’a pas permis d’identifier l’auteur de la mise à feu  », que cette mise à feu « n’est vraisemblablement pas le fait de Mohamed G.  ». Les faits de destructions ne peuvent donc, selon la juge, lui être reprochés. Pour ce qui est de la mise en danger d’autrui, la juge constate que «  les dispositions réglementaires en matière de transport de gaz ne s’appliquaient pas à M. G., la masse nette de gaz stockée dans la camionnette étant inférieure à 333 kg  » (poids prévu mentionné dans l’arrêté du 29 mai 2009). «  Les bouteilles de gaz n’étant pas susceptibles de s’enflammer spontanément, précise l’ordonnance, on ne peut considérer que le simple stockage des bouteilles dans une camionnette exposait les personnes directement à un risque de mort.  »

Pour ce qui est des faits exposés par Primagaz, la juge estime que la présence répandue de telles bouteilles en déchetterie ou sur des braderies atteste qu’il n’est pas impossible que des bouteilles aient pu échapper au circuit de distribution que Primagaz prétend étanche. Non-lieu aussi de ce côté-là.

 

Les contribuables vont raquer 4 millions d’Euros pour aider Primagaz à financer le déménagement de stockages de propane

 

Vous pensiez que l’Etat français était trop pauvre pour se permettre d’aider des entreprises multinationales qui roulent sur l’or ?  Vous n’avez rien compris au système de siphonnage tous azimuts de l’argent public par les grandes  entreprises.   Tant que les rênes de l’Etat et de l’Assemblée seront tenus par des professionnels de la politique,   les multinationales vont tranquillement continuer à se servir du système pour  se remplir les  poches,  en se servant  dans les vôtres.

Quinze ans après l’explosion d’AZF,  la loi Bachelot renforçant les contraintes sur les sites Seveso entraîne une série d’investissements chez Primagaz, dont le montant total est estimé à 25 millions d’euros. La filiale française du hollandais SHV, qui réalise 460 millions d’euros de chiffre d’affaires ( vous pouvez parier sur une marge bénéficiaire avant impôt de 10 % sur le CA ), va déménager ses principales installations d’embouteillage de gaz liquide à Saint-Pierre-des-Corps, à proximité de Tours, d’ici à 2020.

Ce site historique, qui a débuté la production en 1937, n’a jamais connu d’incident. Il était devenu le socle du dispositif industriel de Primagaz, racheté en deux temps par le conglomérat SHV en 1980 puis en 1998.

L’activité de mise en citerne sera transférée sur un nouveau site de 10 hectares, à Druye, toujours dans l’agglomération de Tours, dans un secteur entouré de champs. Et les capacités de stockage de GPL  seront divisées par dix. « Comme le prévoit la loi » ( mais la loi est faite pour ces gens là, il n’y a qu’à voir les maigres avancées de la loi Hamon sur les contrats de GPL  …) , Primagaz a obtenu une «participation de l’Etat et des collectivités». Primagaz ne réglera qu’un tiers des 6 millions d’euros requis pour ce transfert. Ce qui signifie que vous et moi, et plus particulièrement les habitants de l’Indre et Loir,  vont casquer autour de 4 millions d’Euros pour subventionner  une entreprise qui dégage plus fois de bénéfice chaque année.  Elle est pas belle la vie pour les multinationales en France ?

La révision des plans particuliers de risques technologiques, dont les critères ont été renforcés après AZF, implique une extension des périmètres de sécurité. « Soit nous indemnisions une centaine de riverains et deux entreprises artisanales pour qu’ils déménagent ou renforcent leurs locaux, soit nous aidions Primagaz à trouver une solution ailleurs « , résume Marie-France Beaufils, sénatrice-maire communiste de Saint-Pierre-des-Corps. Estimation : 22 millions d’euros, comprenant une trentaine d’expropriations. Les financeurs ont choisi la solution du transfert. « C’est une décision collective « , souligne Thierry Guillien, directeur industriel de Primagaz, qui conserve sur le site historique environ 180 salariés des services administratifs et commerciaux, ainsi que sa filiale Liotard de fabrication de bouteilles et citernes.

 L’embouteillage individuel, qui occupe 20 emplois, partira à Ambès (Gironde) et Dainville (Pas-de-Calais), qui deviendra à l’horizon 2020 le premier site de production de Primagaz. Les dix sites classés de Primagaz sont tous concernés par des aménagements, sur le Port autonome de Brest, à Saint-Florentin (Yonne), ou encore à Feyzin (Rhône), par exemple. Le site de Carros dans les Alpes-Maritimes doit lui aussi être déménagé. Près de Nice, le terrain proposé par l’Etat et les collectivités, à Malaussène, déclenche l’hostilité des riverains. « Dans le sud de la France, c’est devenu impossible de trouver un terrain qui évite les contraintes d’un PPRT [plan de prévention des risques] à cause de la densification urbaine et du relief », déplore le même Thierry Guillien.

Le montage financier prévoit que l’Etat prendra 40% des travaux à sa charge ( la loi exige qu’il en prenne au moins  33%), l’agglomération de Tours à hauteur de 600 000€, le département et la région se partageront les 27% restants.

Ainsi, non content d’avoir volé les consommateurs pendant des années avec des ouvertures et fermetures de compteur abusives, Primagaz se fait offrir en cadeau à titre de subvention  le prix de  47 000 ouvertures et fermetures de compteur à 85 € l’unité.

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Le nouveau mot d’ordre dans les manifs à Druye, là où vont s’installer les nouveaux stockages de Primagaz

 

Source : Article des Echos du 26/09/2016 et article d’Infos Tours du 13/12/2016

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