Association Défense des Consommateurs de Propane

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Consommation anormale de gaz propane : comment faire pour savoir si j’ai une fuite de gaz ?

Nous recevons ces jours-ci un mail d’une lectrice corrézienne qui s’inquiète à juste titre d’une consommation de gaz très élevée par rapport à ses besoins. Voici son mail .

« Nous n’utilisons pas le chauffage central au gaz, car nous avons un poêle à bois, et comme la maison est petite cela suffit largement. De plus, nous avons la chance d’avoir une forêt de 2 ha sur notre terrain, donc le bois est gratuit…
 
Ainsi, le gaz ne nous sert uniquement que pour l’eau chaude et la cuisson. En Octobre 2015 Antargaz a fait le plein. En décembre 2017 ils remettent 720 kg. Donc nos 360 kg de gaz consommés PAR AN ne sont que pour l’eau chaude et la cuisson, encore une fois nous sommes deux dans ce logement, et on fait quand même attention à notre consommation.
J’ai interrogé une amie qui a une installation au gaz similaire (eau chaude et cuisson seulement) sauf qu’elle utilise des bouteilles. Elle est seule, une bouteille de 13kg lui fait presque deux mois….
Nous avons un chauffe-eau tout à fait basique, est ce que ce système est reconnu pour consommer beaucoup plus que d’autres ?
Ensuite, notre consommation est stable depuis plusieurs années, ce qui n’empêche pas que la fuite elle aussi soit stable…
Bref, je pensais demander, dans ma lettre de réclamation à Antargaz de faire venir quelqu’un à leur frais pour vérifier l’installation. En ayant une confiance relative en eux, je me demande s’il n’est pas plus judicieux de faire venir quelqu’un d’indépendant… ?!
Est ce qu’il existe des organismes qui pourraient me renseigner sur la « normalité » de notre consommation, et voire même me proposer des amélioration ou changement dans cette installation (type Agence Locale de l’Energie) ? Infos que je pourrais transmettre à notre propriétaire…
S’il y a réelle suspicion concernant la normalité de notre consommation, il y a-t-il d’autres étapes à faire avant de menacer de résilier ?
Merci de vos réponse, et désolée de toutes ces questions. C’est bien la première fois que je suis confrontée à ce genre de problème et j’avoue être dépassée ! « 
Voici notre réponse
Détecteur de gaz

Détecteur de gaz

Chère Madame,
Le propane est une énergie qui n’intéresse pas grand monde. Même pas l’ADEME qui est l’organisme étatique supposé compiler les informations sur la consommation moyenne d’énergie des foyers français. Lorsque je les ai interrogé à ce sujet, ils m’ont répondu ne disposer d’aucun chiffre de consommation moyenne pour le propane, ni par région, ni par type d’habitation ou nombre d’équipements.  Le vide total. C’est lamentable mais c’est en partie le résultat d’une politique d’extrême discrétion des propaniers. Ils ne communiquent pas, sauf pour vanter les avantages du propane sur le fuel,  ne cherchent pas vraiment à développer  leur marché,  car ils savent que le propane a mauvaise réputation (et pour cause),  n’ont aucune relation avec l’ADEME ni avec la société civile dans son ensemble.  Les propaniers foutent la paix aux pouvoirs publics pour que personne ne viennent mettre son nez dans leurs affaires. La France est  un pays qui somnole.
Je vous confirme que votre consommation de gaz est très anormale. Au vu du tableau que vous dressez, votre consommation de gaz devrait évoluer dans la tranche 100/130 kg par an, un chiffre en rapport avec la consommation de votre amie. Si vous consommez  360 kg par an, il y a forcément une anomalie quelque part.
Un chauffe-eau bas de gamme va consommer 30 % de plus qu’une chaudière dernier cri  s’il est bien réglé, mais cela n’explique pas que vous consommiez trois fois plus que la normale. S’il est mal réglé (flamme jaune au lieu de flamme bleue) vous pouvez consommer encore 20 % de plus. Mais pas trois fois plus.
Voilà ce que vous devez faire pour en avoir le coeur net.
Sans aucune vérification préalable de la source de la fuite, l’annonce de votre surconsommation de gaz n’intéressera pas Antargaz. En tout cas pas pour le moment. 
Il faut donc commencer par le commencement. En cas de fuite,  Antargaz n’est responsable que jusqu’au limiteur situé à côté  ou au dessus de la citerne. Tout le reste de la tuyauterie jusque et y compris votre chauffe-eau , c’est le propriétaire de la maison que vous louez qui en est responsable.
Donc dans un premier temps vous devez envoyer une lettre recommandée à votre propriétaire pour lui expliquer la situation, lui dire que votre consommation est anormale,  et que vous allez enquêter pour comprendre pourquoi. Vous lui dites que vous souhaitez remédier à la situation pour des raisons d’économie et de sécurité , et  vous lui rappelez qu’il est responsable de toutes les dépenses que vous allez engager dans cette affaire, dépenses qui restent à la charge du propriétaire. 
 
Ensuite vous allez dans le  magasin de bricolage le plus proche et vous achetez ceci : 
 
 
Notez qu’il s’agit d’un détecteur de FUITES de gaz et non pas d’un détecteur de gaz ( ça existe aussi mais c’est beaucoup plus cher – voir ci-après)
Un détecteur de fuite vaut 8 € et vous pourrez en demander le remboursement à votre proprio. Un seul spray suffit pour tester une centaine de raccords, inutile d’en acheter deux.
Avec ce spray vous allez pulvériser chaque raccord visible de votre tuyauterie  depuis la citerne jusqu’au chauffe eau. Attention il faut bien prendre soin de pulvériser le produit tout autour de chaque « discontinuité » du  tuyau (que ce soit des écrous laiton ou des brasures servant à abouter les tuyaux entre eux)  et pas seulement sur la partie visible.  Très peu de produit suffit. C’est un produit qui n’attaque ni  le cuivre ni le laiton et vous n’avez pas  besoin d’essuyer après emploi. 
C’est comme lorsque, enfant, vous plongiez la chambre à air dans l’eau savonneuse de la bassine pour savoir où se trouvait le clou qui avait crevé votre pneu de vélo. C’est le même principe. Il vous suffit de regarder où le produit fait des bulles. Les bulles apparaissent immédiatement en cas de brasure (soudure) ou de raccord défectueux.  Si ça fait des bulles, c’est qu’il y a une fuite. S’il y a une fuite sur le tuyau, il faudra appeler le plombier pour qu’il répare la fuite, quel que soit l’endroit où elle se situe.
 
A l’évidence cette vérification visuelle  ne peut se faire que sur les parties apparentes et non enterrées (ou non traversantes) du tuyau de gaz. En règle générale, on évite d’enterrer les raccords de gaz dans le sol ou dans les murs. Donc vous devriez tous pouvoir les tester un à un avec votre détecteur de fuite. 
Si cette méthode ne permet pas de localiser la fuite, ce n’est pas forcément parce qu’il n’y a pas de fuite. Trois possibilités : les bulles peuvent être minuscules ( et vous n’avez pas une vue perçante…)  ou bien elles sont situées sur une partie non visible  ( il est important d’utiliser un miroir de poche ou un miroir de douche * pour observer l’envers des raccords) ou bien  vous n’avez pas pulvérisé le produit au bon endroit.
A ce moment là il faudra appeler votre plombier pour qu’il fasse un test d’étanchéité avec un appareil servant à tester les canalisations de gaz. Il devra couper l’alimentation en gaz du chauffe eau pendant le test qui dure 10 minutes. Toutes les explications figurent sur cette page. Il y a différent types d’appareils et ils n’ont pas tous la même sensibilité. Les appareils électroniques peuvent détecter des fuites à dilution homéopathique !  
Si fuite il y a, le plombier la détectera forcément et sera capable de la localiser dans tous les cas de figure. Car la solution de votre problème est forcément dans :
1- une fuite au niveau du corps de  la citerne (citerne poreuse,  c’est possible  quand elles sont vieilles, bien que ce soit rare )
2- une fuite au niveau de l’appareillage de la citerne  (détendeur et limiteur….. )
3- un fuite du tuyau de gaz entre la citerne et le chauffe-eau
Il est inutile de parler de résiliation de contrat tant que vous n’avez pas l’assurance raisonnable que c’est la citerne est défectueuse. En effet si c’est le détendeur ou le limiteur, Antargaz le changera immédiatement sans que vous ayez besoin de les menacer. Vous devez cependant commencer par  vérifier les points 2 et 3 par vous même comme indiqué plus haut. Après tout il en va de votre sécurité. 
Si le problème est dans le point  3, c’est au propriétaire de résoudre le problème avec son plombier. 
Si le problème est dans le point 2 :  si c’est le  raccord  qui pose problème,  prévenir le plombier du propriétaire.  Si c’est l’appareillage qui fuit, voir directement avec Antargaz. 
Si le problème est dans le point 1,  l’affaire est plus délicate. Vous ne pourrez  vous en assurer que si votre plombier promène  un détecteur électronique de gaz (prix : 200 €) autour de la citerne. Si c’est une citerne aérienne, la chose est beaucoup plus facile. Vous pourrez avoir une idée de la porosité en demandant simplement à une personne non fumeuse,  non enrhumée et réputée pour avoir du nez, de détecter une odeur de gaz  autour de la citerne  par temps sec et sans vent.  Il parait qu’une citerne aérienne poreuse sent le gaz.  Il faudra alors engager des discussions avec Antargaz en vous aidant du témoignage de cette tierce personne.  
Cordialement
ADECOPRO
Les spécialistes de la question sont invités à contribuer à ce post en partageant leur propre expérience.
 
* les miroirs de douche ont l’avantage d’être flexibles et incassables,  car ils ne sont pas en verre mais en plastique revêtu d’un revêtement métallisé réfléchissant. Celui-ci sur Amazon est vendu 15 € mais j’ai acheté le même chez Noz (un destockeur présent un peu partout en France) pour 2,99 €. Le miroir possède deux surfaces réfléchissantes ( deux rectos sans verso). Vous pouvez sacrifier l’un  des deux miroirs  en le sortant facilement  du cadre en caoutchouc et le redécouper à la taille voulue. Notamment si le miroir serait trop grand pour se glisser entre le tuyau et le mur afin d’observer la partie non visible des raccords….
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L’absence d’odeur de gaz ne signifie pas absence de danger. Un tragique accident va changer l’issue des procès intentés  par les victimes d’explosion

 

Il s’appelait Eliot Stellar. C’était un des grands psycho-physiologistes américains du XXeme siècle. Ses lettres de crédit ( « credentials » comme disent les anglais) sur Wikipedia  témoignent de la hauteur de vue du chercheur. Pas le genre  à mélanger ses poches avec celle des industriels de l’agro-alimentaire, ni à tremper dans les conflits d’intérêts.  Je ne me rappelle plus comment j’étais entré en contact avec lui,  au tout  début des années 90, juste avant qu’il ne décède brutalement. Il était déjà âgé et j’avais  à peine  30 ans.  Je crois me souvenir que la prestigieuse encyclopédie Britannica lui avait confié la rédaction de l’article « Physiological Psychology ». C’est probablement après avoir lu cet article  où il mentionnait la question de l’instinct alimentaire de l’enfant  que je m’étais décidé à lui écrire. Peu de chercheurs américains ont, à cette époque,  accueilli mes recherches sur la question de l’instinct alimentaire dans l’histoire de la médecine occidentale avec autant d’intérêt qu’Eliot Stellar.

La psychologie physiologique s’intéresse entre autres sujets, à la singularité de la perception des odeurs et des saveurs chez l’homme et  chez l’animal. C’est une discipline fascinante, au carrefour des  sciences humaines, de la physiologie et de l’écologie.   Adolescent,  je dévorais les ouvrages d’éthologie animale : Konrad Lorenz bien sûr, et d’autres moins connus du grand public  comme Buytendijk .  Buytendijk,  c’est ce physiologiste néerlandais qui   expliquait qu’il y avait plus de vérité dans   « la Cité de Dieu » de  Saint Augustin que dans n’importe quel ouvrage moderne de psychologie. Il faut dire que je suis passé directement de la lecture du « Club des 5 » d’Enid Blyton à celle des traités de psychologie animale.  Quand vos parents continuent de vous gifler  à l’adolescence  parce que vous refusez encore et  toujours de finir votre assiette,  vous n’avez pas le cœur à lire ce que lisent d’ordinaire les enfants de votre âge.  Vous avez besoin de quelque chose de beaucoup plus sérieux à vous mettre sous la dent.  Remarquez,  ce genre d’expérience a un bon côté : il vous  fait gagner un temps considérable.  A 21 ans, j’avais fini mes études supérieures, pressé de mettre le plus de kilomètres possibles entre mes parents et moi.

Si j’ai consacré une page entière du menu principal du site de l’ADECOPRO  à la question, fondamentale à mes yeux,  de la très grande variabilité  du seuil de perception du mercaptan en fonction des individus, de leur âge, et de l’environnement olfactif, ce n’est  pas par simple lubie ou  pour ennuyer nos amis  les propaniers.  Je me suis coltiné la traduction  des principaux  résultats des études entreprises par les physiologistes américains  dans les années d’après- guerre  parce que j’ai une réelle curiosité  pour ces questions. Certains des savants cités sur cette page ont des noms familiers à mes oreilles depuis l’époque où je correspondais avec Eliot  Stellar.

Stellar avait publié un papier dans une revue scientifique dans les années 60 ou 70  sur le cas d’un enfant qui n’arrêtait pas de manger du sel à table  en quantité faramineuse,  au point d’inquiéter ses parents. Ces derniers avaient  pris rendez-vous  chez un médecin dans leur petite ville du Middle West pour demander conseil.  Le médecin avait dit aux parents « Il faut absolument que vous empêchiez cet enfant de manger du sel. Il va se rendre gravement  malade». Les parents, qui avaient probablement lu le célébrissime ouvrage du Dr Spock ( non ! Pas le Spock de Star Treck ! Celui de « Baby and Child Care », ouvrage de vulgarisation pédiatrique vendu à des millions d’exemplaires dans les années 50),  ont longuement hésité, rendant le dénouement final de cette histoire particulièrement tragique.  Au fond d’eux-mêmes, ils n’étaient pas sûr de vouloir obéïr  au  médecin en contrariant l’instinct de l’enfant.  Finalement par ignorance et sous la pression de l’autorité médicale, ils ont fini par se ranger à l’avis du médecin et interdire la consommation de sel à leur enfant. Erreur fatale.  Dans ses lettres, Stellar me racontait  comment l’enfant est décédé quelques jours après.  Résultat de l’autopsie : l’enfant avait une déficience hormonale grave  ( de type maladie d’Addison ou autre) qui l’obligeait à manger du sel  sous peine de mort rapide. C’était l’instinct de l’enfant qui le maintenait en vie. Et c’est la médecine qui en refusant de reconnaître la pertinence de l’instinct,   l’a tué.  Héritier de la physiologie morale anglo-saxonne,  Stellar s’intéressait à ce qui pouvait prouver la justesse de l’instinct alimentaire de l’enfant, y compris à titre thérapeutique. Eliot Stellar, un chercheur stellaire d’une rare probité intellectuelle.

En matière d’exposition au danger d’explosion de gaz , les psychophysiologistes américains  se sont pas « contentés »  d’étudier platement la relation entre la perceptibilité de l’odeur du mercaptan et le seuil d’explosivité du gaz. Ils sont allés plus loin dans leur analyse.  Même si ce qu’ils avaient à dire n’allaient pas forcément dans le sens des intérêts des industriels du gaz.  Comme toujours, leurs mises en garde ont été ignorées des industriels.  Le fait que le seuil de détectabilité du mercaptan soit, dans des conditions de laboratoire, très  largement inférieur au seuil d’explosivité,  suffit à rassurer aujourd’hui encore le très urbain Joël Pedessac, directeur du CFBP, comme il suffit à rassurer la confrérie des ingénieurs  du gaz  français ou américains qui, en bons cartésiens étroits d’esprit,  n’entendent rien aux subtilités de la psychophysiologie.  Dès qu’il s’agit de cerner l’étendue de leur responsabilité, les industriels préfèrent  se contenter de certitudes qui les arrangent, plutôt que d’approfondir des  vérités au risque de se voir mis sur la sellette.  On sait maintenant ce qu’il faut penser des fameuses « conditions de laboratoire » depuis qu’on connait la vérité sur  les tests de  consommation de carburant  et autres émissions polluantes des voitures diesels.  La justice peut-elle se contenter de telles fictions et  approximations ?

Un fait divers tragique récent, survenu aux Etats Unis, m’oblige à remettre aujourd’hui le couvert. Je ne vais pas m’amuser à  re-lister ici  les arguments physiologiques  permettant d’expliquer comment la victime d’une explosion a pu, en toute bonne foi,  ne pas percevoir  l’odeur de l’odorant du gaz avant l’explosion.  Je considère la chose acquise. Ceux qui découvrent le sujet peuvent toujours aller lire ces arguments scientifiques dont j’ai fait l’inventaire sur notre site au moment de sa création en 2012.

En m’appuyant sur ce nouveau fait divers, je vais, cette fois-ci, me placer sur un plan différent de  la physiologie : le plan du Logos, c’est-à-dire de la logique formelle. Il s’agit de  dénoncer la manière dont la fausseté du  discours sécuritaire des gaziers  peut avoir une influence désastreuse sur le comportement et la prise de risque chez les professionnels du gaz.  Avant même que la victime de l’explosion en question n’ait choisi son avocat (elle vient à peine  de sortir de l’hôpital après plusieurs greffes de peau*) je vais démontrer pourquoi, lorsque ce plombier américain fera un procès au propanier qui a rempli la citerne, il DOIT nécessairement  gagner quelques millions de dollars.

Si l’explication physiologique permet de comprendre au plan scientifique  les raisons qui ont déterminé l’absence de perception CONSCIENTE d’odeur du gaz présent autour de la victime,  l’explication épistémologique se situe à un niveau  différent. Elle  consiste à démontrer comment le discours sécuritaire mensonger des propaniers  est  directement  responsable des idées fausses qui circulent chez les professionnels du gaz et donc  dans le grand public.  Elle permet  de  comprendre comment les propaniers parviennent  à semer l’ignorance dans la population, et comment des juges français,  pourtant rompus aux subtilités  du logos, arrivent à donner raison aux propaniers  malgré les dénégations des victimes d’explosion ( voir ici la décision très critiquable de la Cour d’Appel de Bordeaux du 26 octobre 2011) .

Epistémologique ? Kezaco ? Ne décrochez pas …. Attendez une seconde….

L’épistémologie, c’est, en philosophie,  une théorie de la connaissance qui, à partir des données de la conscience et du raisonnement logique,  essaie de faire la part du vrai et du faux dans le savoir humain.   L’épistémologie et la psycho-physiologie sont des disciplines sœurs en ce qu’elles cherchent   toutes  deux à comprendre l’une au plan théorique, l’autre au plan physiologique, comment l’homme peut se retrouver, de son propre fait ou du fait de circonstances extérieures sur lesquelles il n’a pas prise (milieu professionnel, famille, société, civilisation…) dans des situations désavantageuses du point de vue de l’adaptation à son environnement. Concernant notre plombier américain, un intérêt plus marqué  pour l’épistémologie ou la psycho-physiologie aurait peut-être pu lui épargner de se retrouver dans une situation critique.

Il n’y a pas de véritable connaissance sans logos, c’est-à-dire sans un  langage construit et  étayé  par  les outils de la logique pure.  Les historiens de la philosophie ont pu écrire que tout l’effort de  la philosophie au XVII siècle pouvait se résumer dans cette seule question :  comment atteindre la vérité par le logos ? Que les émules de Leibniz ait pu, dès cette époque,  et sans les outils extrêmement onéreux de la science moderne,  deviner la nature et les conditions matérielles du développement du «péché originel» de nos civilisations dans l’histoire de l’humanité  restera leur plus grand titre de gloire.  Mais là n’est pas mon propos.

Prenez la question suivante :

« S’il n’y a pas d’odeur de gaz,  peut-il  y avoir danger d’explosion de gaz  ? »

Si on lui avait posé la question avant l’explosion qui failli lui coûter le vie, notre malheureux plombier américain aurait répondu « non » à cette question. Résultat : il  y a laissé sa peau, au sens propre, ce qui est toujours préférable que de la laisser  au sens figuré.  Si on posait cette même  question à des dizaines de personnes dans la rue, on obtiendrait de la même manière 100 % de réponses négatives.

Et pourtant la réponse à cette question  est « oui » comme on va le voir un peu plus loin. Tout le monde se trompe donc.  D’où vient  le fait que tout le monde peut se tromper sur une  question aussi essentielle pour notre sécurité ? D’où vient le fait que tout le monde commet cette erreur de raisonnement  au point d’engager et de risquer sa vie bêtement en cas de fuite de gaz passée inaperçue ?

Cela vient tout simplement du fait que les propaniers nous ont bourré le mou. Les ingénieurs du gaz  propagent depuis toujours un gros mensonge. Il est impossible de dénoncer l’erreur contenue dans la proposition « s’il n’y a pas d’odeur de gaz, il n’y a pas de danger d’explosion »  sans dénoncer la fausseté du discours sécuritaire des propaniers qui sous-tend cette proposition. Que dit  le discours sécuritaire des propaniers  ?  Il dit très exactement ceci :  » s’il y a danger, le consommateur sera averti par la perception d’une odeur ». Tout leur dispositif de sécurité industriel repose sur CE mensonge LA. 

La suite logique de ce discours devant les tribunaux français est,  du point de vue des  avocats  des gaziers  :  «  Monsieur Le Procureur, Monsieur le juge, il y avait danger et ce monsieur a dû percevoir une odeur, même si l’odeur n’était pas très nette»  Puis en s’adressant à la victime, l’avocat des gaziers ajoutera  «  Vous prétendez, Monsieur,  que vous n’avez pas senti la moindre  d’odeur. C’est là votre principal argument et le fondement de votre défense. Mon  client PROUTOGAZ  s’appuie sur  les études scientifiques concernant les seuils de perceptibilité du mercaptan. Il  prétend que c’est impossible.  Cette bouteille de gaz  s’est vidée dans votre voiture sans réaction de votre part.  Vous n’avez pas réagi à temps au signal de danger.  Mon client  n’est  de ce fait pas en mesure de vous éviter les conséquences désastreuses  d’une explosion de sa bouteille de gaz dans votre voiture. Donc je demande la relaxe pour mon client qui a pulvérisé votre voiture et vous a envoyé à l’hôpital»

Voilà ce que les gaziers et les propaniers s’autorisent à penser et à dire dans les prétoires.

Pourquoi les gaziers, qui sont des gens très intelligents,  sont-ils  obligés de tenir de tels discours, de faire croire à un tel mensonge  ?  Ils sont obligés de tenir ce discours car s’il y a danger et que, pour une raison ou pour une autre,  vous n’étiez pas en mesure de percevoir ce danger avant la survenance de l’accident,  vous êtes en droit de les attaquer pour mise en danger de la vie d’autrui.  Donc il en va de leur responsabilité légale.  Les propaniers rappellent  des milliers de tonnes de propane chaque fois que, par erreur, ce dernier a été insuffisamment odorisé (deux exemples récents dans la presse américaine suffisent à illustrer ce point ). Car c’est LEUR responsabilité si l’odeur du  gaz n’est pas perceptible alors qu’il aurait dû l’être. Mais dans quelles circonstances l’odorant est-il non perceptible malgré tout  ? C’est là le  sujet sur lequel les gaziers n’apportent jamais de réponses. Et c’est l’impasse que font tous les tribunaux français….

Donc  le leitmotiv des propaniers  «  s’il y existe un  danger avec le gaz, vous percevrez une odeur » est faux.  Les propaniers veulent nous faire croire que c’est vrai, mais c’est un mensonge d’envergure industrielle  car les circonstances rendant l’odorant indétectable dans certaines conditions  ne sont JAMAIS portées à la connaissance des consommateurs ni des plombiers-chauffagistes. Du moins en France, car les choses  bougent petit à petit  aux Etats Unis comme on peut le voir dans cette publicité pour un cabinet d’avocats américains qui se vante d’avoir fait gagner 10 millions de dollars à son client au motif qu’il lui était impossible de détecter l’odeur du gaz avant l’explosion dont il fût la victime.

Si une proposition est fausse , la logique formelle nous apprend  que sa contraposée est aussi fausse. Quelle est la contraposée (**) du discours des propaniers à savoir « s’il existe un danger,  je vais percevoir  une odeur ».  C’est très exactement  la proposition « si  je ne perçois pas d’odeur , c’est qu’il n’y a pas de danger ». Et c’est  très exactement ce que croyait encore  notre pauvre plombier américain  quelques secondes  avant que l’explosion ne l’envoie à l’hôpital.

Voyons maintenant dans le détail le récit de notre  victime tel que raconté par la presse américaine ( notons au passage que la presse française est d’une discrétion abyssale dans ses compte-rendus des circonstances entourant les explosions au gaz, raison pour laquelle j’épluche la presse anglo-saxonne pour écrire ces articles) . Une victime  qui pensait précisément que ces deux propositions étaient  toutes les deux vraies.  Il est intéressant de voir comment son histoire bat en brèche le discours sécuritaire des propaniers :

Eric Bujak vient de subir 23 jours de traitement dans l’unité des brulés du Hurley Medical Center. Il en est sorti le 2 Février dernier. Eric essayait d’allumer une chaudière au propane quand sa vie a basculé.

Il raconte ce qui s’est passé le 9 janvier  dans le sous-sol d’une maison en construction dans laquelle il effectuait des travaux.

« On aurait dit que quelqu’un avait envoyé une bouteille de gaz dans le feu, et soudain ça a fait WHOOSH » raconte Eric en décrivant le bruit de la première explosion. «  J’ai vu les flammes derrière moi. C’est la raison pour laquelle je me suis laissé tomber, arrêté de respirer, et fermé les yeux » .

Bujak est un vétéran de l’US Army qui a servi en Iraq. Il raconte comment son entrainement militaire a été mis à profit ce jour-là  pour se  jeter instinctivement sur le sol en couvrant sa tête avec la capuche de sa veste.

«  Puis il y a eu une seconde explosion » raconte Bujak. «  Celle-là a retenti beaucoup plus fortement. Et elle m’a fait beaucoup plus mal. J’ai compris qu’il fallait que je sorte  de là au plus vite »

( je n’ai pas  traduit la totalité de l’article )  Bujak a pu sortir se rouler dans la neige pour éteindre ses vêtements en feu avec l’aide du propriétaire de la maison admiratif devant le stoïcisme de l’ancien soldat.

Bujak raconte qu’il avait senti le propane et donc  ventilé la pièce PENDANT DES HEURES.  L’ODEUR ETAIT PARTIE LORSQU IL A DECIDE D’ALLUMER A NOUVEAU LA CHAUDIERE » 

Il est absurde de  penser que Bujak se serait amusé à prendre un risque délibéré en allumant la chaudière alors que l’odeur du gaz aurait été encore prégnante, puisqu’il affirme avoir attendu plusieurs heures avant de procéder à l’allumage.   S’il a décidé de  rallumer la chaudière à cet instant précis,  c’est qu’il ne percevait plus du tout  l’odeur du gaz. On ne peut l’accuser ni  de précipitation, ni de mensonge. Il a juste été trompé par son propre  système nerveux central : les cellules olfactives de son nez ont très certainement  perçu les molécules de mercaptan  mais son cerveau,  à force de saturation du signal par le mercaptan,  a  fini par mettre le signal  en veilleuse au point de ne plus alerter sa conscience pour des doses réduites. C’est le schéma classique de l’accoutumance olfactive connus des physiologistes du le monde entier. Pour Bujak,  il n’y avait plus de gaz dans la pièce, alors qu’en réalité  la cave en contenait suffisamment pour allumer   un bazooka.

Une des grandes compagnies de gaz américaines écrit en toutes lettres dans ses recommandations de sécurité aux consommateurs :

« Continued exposure to any odor, including odorized propane, can cause an individual to get used to the odor and fail to detect its presence. »

Traduction en bon français :  » Une exposition continue à n’importe quelle odeur, y compris celle du propane odorisé, peut faire en sorte qu’une personne s’habitue à l’odeur et ne soit plus capable de détecter sa présence ».

Donc il arrive que les gaziers américains disent la vérité. Une vérité toujours indésirable dans le milieu du gaz en France. Et je ne parle pas ici uniquement des propaniers.

Pauvre Mr Bujak ! Victime du grand mensonge des gaziers qui voudraient faire croire que l’existence d’un danger va nécessairement  de pair avec la perception d’une odeur.  Tous les militaires qui ont suivi l’entraînement des commandos ou pilote de chasse qui ont suivi un stage de survie en milieu hostile,  savent que les champignons mortels et autres plantes toxiques n’ont pas nécessairement d’odeur (  il ne s’agit pas là d’accoutumance olfactive  mais l’idée est  la même : certains dangers ne peuvent être détectés à l’odorat ! ) . Ces militaires ont appris ce que Bujak,  vétéran qui n’a probablement pas suivi cette formation,  ignore : que l’absence d’odeur désagréable ne signifie pas absence de danger.

Les conditions idéales sur lesquelles les ingénieurs prétendent bâtir une science du comportement humain capable de régir la vie dans les espaces surpeuplés ( cf voiture autonome…. ) n’existent que dans leurs  laboratoires, c’est-à-dire  dans des espaces désodorisés,  aseptisés, non humides, sans odeurs parasites, sans adsorption de l’odorant par  les murs du laboratoire, chez des individus- cobayes jeunes et en parfaite santé ( de préférence à des personnes âgées) , non enrhumés, ne présentant aucune anosmie générale ou spécifique,  partielle ou totale,  et n’ayant pas eu à flairer  des quantités de gaz  dans les minutes ou dans les heures  qui ont précédé  le test en laboratoire  (effet d’accoutumance olfactive).

On peut supposer que si Bujak avait demandé à un tiers n’ayant pas séjourné dans la cave  de venir renifler l’air ambiant à sa place avant de rallumer la chaudière, ce dernier n’aurait pas manqué de remarquer l’odeur de gaz toujours présente. Il peut donc y avoir danger sans odeur perceptible, et inversement, l’absence d’odeur ne signale pas nécessairement l’absence de danger.  L’histoire de Bujak le démontre une fois de plus.

Si un professionnel expérimenté peut faire une telle erreur d’appréciation de la dangerosité d’une situation à laquelle il est couramment exposé,  qu’en est-il des simples consommateurs que nous sommes ?

Toutes les personnes qui ont imaginé  à tort être en sécurité en pensant « si je ne perçois plus d’odeur , c’est qu’il n’y a plus de danger » sont en réalité victimes du grand mensonge des gaziers.

Conséquence : je peux vous assurer qu’il y a une tripotée de décisions de justice à réexaminer en France à la lumière de ce  très long mensonge …..

 

(*) Une campagne de collecte de fonds sur  Gofundme a été créé pour soutenir  la famille d’Eric Bujak. Grâce à cette campagne, l’Adecopro a pu prendre contact avec la famille de Bujak. Ci-dessous la photo officielle de la famille sur le site de campagne :

Bujak

(**) Une proposition et sa contraposée  sont dites « équivalentes » car leur « valeur » de vérité est toujours « égale » : soit elles sont toutes les deux vraies, soit elles sont toutes les deux fausses.

 

MAJ dy 25/03/2018 : Un autre cas d’explosion aux USA alors que l’odeur avait disparu selon les victimes :

http://www.kpcnews.com/article_cfb3c651-7a4a-55e6-9403-5a92ec5ce1b6.html

 

 

Accidents lors de livraisons de gaz en citerne : quelques précédents en France

J’aborde avec cet article un sujet non encore traité sur ce site : l’énumération des  accidents survenus en France (*) lors de  livraisons de gaz en citerne, tels qu’on peut en  retrouver le récit notamment dans les archives du  Ministère de l’Equipement, des Transports et du Logement , au chapitre  « Accidents de transport de matières dangereuses ». Ces accidents font ( ou faisaient…voir plus loin)  l’objet d’un rapport annuel rédigé par le BEA-TT ( Bureau d’Enquête sur les Accidents de Transport Terrestre). Le but de cet inventaire rétrospectif n’est pas de constituer un florilège macabre, mais de mettre en évidence les causes, accidentelles ou humaines, ayant déjà conduit à des incidents, et pouvant conduire à l’avenir  à leur répétition.

Au cours de l’année 1996, deux accidents graves , dont un mortel,  sont survenus au moment du remplissage de cuves de gaz petit vrac.

Le 07 Juin 1996, à Viriville (Isère) lors d’une livraison de propane après remplissage de la citerne d’un établissement scolaire, suite à une erreur du chauffeur-livreur ( probablement une faute d’inattention :  le chauffeur laisse la pompe tourner  sans surveiller le niveau de gaz dans la citerne ) une surpression de GPL survient. La surpression  de la citerne déclenche la mise en action de la soupape de sécurité qui libère une « grande quantité de gaz »  qui, rabattue par un vent fort sous le camion, s’enflamme au contact du pot d’échappement, provoquant l’explosion du nuage. Le conducteur sérieusement brûlé a pu débrancher la pince équipotentielle (mais trop tard) ce qui a provoqué après 3 ou 4 secondes la fermeture des vannes et l’arrêt du moteur. Il a pu encore, avant de perdre connaissance, stopper le début d’incendie autour du véhicule avec l’extincteur. Les élèves et les instituteurs de l’école ont été évacués et un périmètre de sécurité a été établi par les gendarmes à leur arrivée.

Conclusion : évitez de distraire le chauffeur pendant une livraison de gaz…

Deux mois et demi plus tard, le 21 Aout 1996, un camion livre un hôtel , route de Gex à Divonne les Bains (Ain). Le flexible de gaz se rompt, entraînant la libération d’une nappe de gaz. Apparemment le camion citerne n’est pas équipé d’un système de coupure automatique de la pompe,  dispositif essentiel pour prévenir  les conséquences d’un tel accident. Le livreur s’étant rendu compte de la fuite de gaz et vraisemblablement de son incapacité à la stopper, fait évacuer une trentaine de personnes de l’hôtel et prévient les pompiers et les gendarmes. A leur arrivée, ceux-ci détectent un important nuage de gaz de quelques dizaines de mètres, empiétant sur la chaussée. Ils coupent la circulation et font évacuer les bâtiments dans un périmètre de sécurité. Le nuage explose 25 minutes après le début de la fuite ( c’est d’ordinaire beaucoup plus rapide notamment en plein été, le temps sec favorisant l’allumage du gaz..). Trois  tonnes de gaz avaient eu le temps de se répandre dans l’atmosphère au moment de l’explosion. Le conducteur était à proximité du véhicule au moment de l’explosion. L’hôtel a été soufflé, une maison mitoyenne incendiée et le conducteur gravement brûlé décédera quelques jours plus tard des suites de ses brûlures.

Je publierai d’autres rapports d’enquête sur des accidents survenus en France lors de livraisons de gaz en citerne au fur et à mesure de leur « découverte ». J’ai passé en revue l’ensemble des rapports du BEA-TT de 2004 à 2015 et je n’ai trouvé ces années-là, aucun accident lié  à des livraisons de gaz chez des particuliers, des entreprises  ou des collectivités (il y a certes des accidents liés à la circulation,  mais ceux-ci ne concernent pas les consommateurs de gaz) . Le fait est que les accidents survenant  au cours de livraisons de gaz sont très rares.

En dépit (ou à cause  ? ) du caractère exceptionnel de ce type d’accident,  le grave incendie survenu au cours d’une livraison Antargaz qui a mal tourné à Salles ( Gironde) en novembre 2013  (cliquez sur ce lien pour lire l’article en ligne) (**) ne figure nulle part dans les rapports du BEA-TT.  Cette absence ne peut s’expliquer que par une reclassification administrative des accidents survenus au cours de  livraison (lorsque le camion est immobile ). Ces accidents ne seraient donc plus désormais du ressort du  BEA-TT.

Les journalistes qui ont couvert l’incendie de Salles en 2013 au moment de l’explosion,  interrogés  par mes soins, ont refusé de s’enquérir du sort des victimes livrées en pâture aux assureurs. A défaut d’avoir pu les convaincre de  republier un article à leur sujet, je leur ai  demandé  de m’indiquer dans quelles conditions ces victimes avaient été relogées. Visiblement les journalistes s’en cognent : ils ont déjà eu leur scoop. Pour le reste, il ne faut pas trop leur en demander. On ignore donc la nouvelle adresse et le sort des familles qui ont perdu leurs biens mobiliers et/ou immobiliers suite à cet accident.  A  Salles,  les trois maisons incendiées sont toujours debout mais une décision du maire placardée sur les palissades qui en bloquent désormais l’accès,  indique que les restes cramoisis des bâtisses sont vouées à la démolition. Trois ans n’ont visiblement pas suffit aux  assureurs pour leur permettre de se mettre d’accord sur les responsabilités de cet accident…

Ni la gendarmerie ni la mairie de Salles,  n’ont souhaité communiquer sur le sujet.

Comme disait Coluche « Allez hop, circulez,  y a rien à voir »……

 

( *) Le lecteur aguerri trouvera sur le site quelques récits de livraisons de gaz qui ont  mal tourné aux Etats Unis et plus récemment au Mexique.

(**) Une fois de plus la journaliste s’est trompée : la citerne n’a pas « explosé » contrairement à ce qui est indiqué dans le titre de l’article.

La cuve de gaz explose lorsqu’il tente de la découper à la disqueuse : un blessé grave

Un homme de 60 ans a été grièvement blessé, mercredi 31 mai 2017, alors qu’il découpait une cuve de propane à Étrépagny (Eure). La victime pensait que le bidon était vide mais une cuve ou une bouteille ne peuvent pas être vidés  en ouvrant simplement le robinet ou la vanne car il reste toujours des vapeurs de gaz explosives  au fond du réservoir du fait que  le gaz est plus lourd que l’air.   La victime  découpait la cuve à  la disqueuse, dans la cour d’une habitation.

« Le bidon a explosé et s’est ouvert en deux », rapporte une source judiciaire. Le sexagénaire  a été grièvement blessé au visage par le disque de sa disqueuse, éjecté du fait de l’explosion. Il a aussi été touché au genou.

Consciente à l’arrivée des secours, la victime a été transportée au CHU de Rouen. Les motivations de cette personne n’ont pas été relatées par la presse locale.

 

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