Association Défense des Consommateurs de Propane

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La cuve de gaz explose lorsqu’il tente de la découper à la disqueuse : un blessé grave

Un homme de 60 ans a été grièvement blessé, mercredi 31 mai 2017, alors qu’il découpait une cuve de propane à Étrépagny (Eure). La victime pensait que le bidon était vide mais une cuve ou une bouteille ne peuvent pas être vidés  en ouvrant simplement le robinet ou la vanne car il reste toujours des vapeurs de gaz explosives  au fond du réservoir du fait que  le gaz est plus lourd que l’air.   La victime  découpait la cuve à  la disqueuse, dans la cour d’une habitation.

« Le bidon a explosé et s’est ouvert en deux », rapporte une source judiciaire. Le sexagénaire  a été grièvement blessé au visage par le disque de sa disqueuse, éjecté du fait de l’explosion. Il a aussi été touché au genou.

Consciente à l’arrivée des secours, la victime a été transportée au CHU de Rouen. Les motivations de cette personne n’ont pas été relatées par la presse locale.

 

Explosion du dépôt de bouteilles de gaz de Jonquières : retour sur le précédent de Tavares (Floride – Juillet 2013)

On a coutume de dire que l’histoire se répète mais il est probable que les causes  des  deux catastrophes industrielles de Jonquières (FR) et Tavares (Fl)  seront très différentes. En attendant de connaître les responsabilités dans le déclenchement du feu d’artifice géant de Jonquières, il est permis de revenir sur l’accident survenu dans une usine de reconditionnement et de remplissage de bouteilles de gaz à Tavares, en plein coeur de la Floride,  à quelques kilomètres d’Orlando, en Juillet 2013. Du fait qu’il s’agissait d’une usine  de reconditionnement,  et non d’un « petit »  dépôt logistique comme à Jonquières , l’accident de Tavares eut des conséquences matérielles et humaines autrement plus importantes.

Le 29 Juillet 2013, environ  30 000 bouteilles de gaz de 10 kg ont explosé à Tavares, dans un centre de reconditionnement appartenant à la marque Blue Rhino ( marque du distributeur Ferrellgas), soit 10 fois plus qu’à Jonquières. On estime à 300 tonnes la quantité de propane qui a disparu dans les flammes. 8 personnes ont été brûlées ou blessées par les  déflagrations ou l’incendie. Certaines victimes resteront  handicapées à vie après plusieurs mois de coma ( reconstitution faciale par greffes…). Les enquêteurs ont mis un certain temps à préparer leur rapport mais la conclusion a été très claire : erreur humaine.

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Tavares : si c’était des bouteilles d’alcool, c’eut été la cuite du siècle…

Cette erreur a été suspectée dès le départ comme étant la cause du premier accident qui a démarré une série d’événements  incontrôlables.  Les ouvriers de l’usine Blue Rhino réparent, remettent en état, et remplissent des bouteilles de gaz (l’usine a rouvert 6 mois après l’explosion). Les équipes  de nuit traitent dans cette usine jusqu’à 6500 bouteilles par tournée ou shift. Selon le rapport d’enquête : les bouteilles fuyardes qui doivent être complètement purgées de leur gaz résiduel avant de pouvoir être reconditionnées sont supposées être déplacées depuis le terrain de stockage vers une « station d’évacuation de gaz » où le propane peut être évacué  dans un système hermétique. Les inspecteurs ont pu déterminer que, la nuit de l’explosion, les ouvriers avaient enfreint les procédures en vidant manuellement les bouteilles sur le terrain de stockage lui-même, en dévissant  les écrous  prévus  à cet effet à la base des robinets de bouteilles ( « bleeder screws »). Les vapeurs de propane se sont enflammées lorsqu’un chariot élévateur,  non prévu pour intervenir en atmosphère explosive ( ndlr : ce sont des chariots élévateurs dont le démarrage et le fonctionnement ne génèrent aucune étincelle…), s’est mis en marche.

Après l’explosion, l’enquête de l’administration du travail a relevé 26 violation des règles de sécurité dont 20 sérieuses. L’enquête détermina que les employés n’utilisaient pas la machine spécialement conçue pour repomper  le restant de gaz dans les bouteilles,  et que Blue Rhino permettait à ses employés de purger les bouteilles en en dévissant les écrous. Selon les ouvriers, la machine à purger les bouteilles ne fonctionnait plus correctement depuis un an, ce que l’employeur nia farouchement. Au cours des procès qui suivirent, plusieurs employés se  renvoyèrent mutuellement  la responsabilité d’avoir procédé aux purges en desserrant manuellement les écrous des bouteilles.

Source : on trouve sur Internet  de nombreux articles  de presse en anglais sur cet accident inédit par son ampleur. Certaines des infos ci-dessus  ont été reprises de l’article  : « Les ouvriers poursuivent Blue Rhino et prétendent que la négligence de l’employeur a causé l’explosion qui les a blessés » Orlando Sentinel du 11 Octobre 2015.

La bouteille de gaz explose dans sa voiture, le conducteur jugé seul responsable ! Des experts en dessous de tous soupçons ?

En préparation de la rédaction d’un petit opuscule ou d’un dossier qui relatera  quelques  procès gagnants initiés par les consommateurs  de GPL sur les  10 dernières années,  je me suis coltiné  la lecture  de  la jurisprudence des Cours d’Appel en matière de contrat de propane, jurisprudence recueillie  sur le site Doctrine.fr.   Et je suis tombé sur une histoire d’explosion de bouteille de gaz dont le jugement  m’a franchement hérissé le poil.  Quand mon poil se hérisse,  mon clavier me démange  et je me remets à écrire, histoire de  me débarrasser au plus vite de mon prurit intellectuel et de ses manifestations somatiques.

Si elle avait été jugée aux Etats Unis, la victime de cette triste histoire aurait touché un demi-million de dollar en réparations, sans même avoir à lever le petit doigt. Malheureusement le scénario s’est déroulé en France et ni l’avocat de la défense ni les experts commis dans cette affaire ne semblent avoir fait montre d’une grande perspicacité dans leurs conclusions.

Pour vous faire comprendre de quoi il en retourne, j’ai copié ci-dessous  l’arrêt de la Cour d’Appel de Bordeaux du 26 octobre 2011 . Mes commentaires  suivent l’arrêt en question.

Les époux A ont acquis le 8 septembre 2003 un véhicule d’occasion de marque Rover type 218 SD turbo.

Le 4 mai 2004, M A prenait ce véhicule devant son domicile. Il procédait le même jour à 14 heures  à un échange de bouteille de gaz butane de marque Antargaz auprès de la station service tenue par M Z.

M A revenait à son domicile vers 17 heures.

Mme A qui regagnait elle aussi son domicile alors qu’elle se trouvait dans la maison, entendait une explosion à l’extérieur mais sans y prêter vraiment attention.

Alors qu’elle sortait de son immeuble, elle constatait la présence de flammes bleues au niveau du pneu avant du véhicule Rover.

Toujours sans avoir vu son mari, elle tentait de s’approcher de la voiture. Elle était arrêtée par l’embrasement du véhicule. M A devait être découvert à 9 mètres de cette voiture Après quelques secondes la bouteille de gaz qui se trouvait dans le coffre de la voiture explosait.

M A était transporté au CHU de Bordeaux ou il était admis au service des grands brûlés.Le certificat initial indiquait une ITT de 120 jours.

Mme A a déposé plainte le 12 juin 2004 pour blessures involontaires contre un auteur inconnu. Cette plainte a été classée par le Parquet.

Un expert a été désigné par la compagnie Azur assureur de M A qui a indiqué que le véhicule n’était pas économiquement réparable.

Les 25, 26, 27 et 28 juin 2004, M A a saisi en référé le Tribunal de grande instance de Périgueux pour que soit désigné un expert.

Par ordonnance du 25 novembre 2004, M X était désigné en qualité d’expert pour déterminer les causes de l’accident et M B pour procéder à une expertise médicale. Celui-ci a déposé son rapport le 21 février 2005.

M X a déposé son rapport le 10 novembre 2005 dont il ressort qu’il retient pour responsable M A.

M A et son assureur EDF assurance ont alors mandaté M Y. Ce dernier a établi son rapport le 23 mai 2006.

M A et son assureur au regard de ce document ont sollicité ‘une contre expertise’ devant le Juge des référés du Tribunal de grande instance de Périgueux. Celle-ci a été refusée par ordonnance du 27 septembre 2007.

Les 18 et 23 octobre 2007, M A et la société RTE EDF transports ont assigné devant le Tribunal de grande instance de Périgueux statuant au fond, la SA Antargaz et M Z pour qu’avant dire droit une nouvelle expertise soit ordonnée. M Bonjour a été désigné comme expert par jugement du 7 octobre 2008. Il a déposé son rapport le 1° mars 2009.

Par jugement du 23 mars 2010, le Tribunal a débouté les requérants de toutes leurs prétentions en retenant que la SA Antargaz et M Z n’avaient commis aucune faute ce qui n’avait pas été le cas de M A.

Le 12 mai 2010 M A et la SA RTE EDF transports ont relevé appel de cette décision.

Par des conclusions du 16 août 2011, ils exposent que selon eux le Tribunal a mal apprécié les faits de la cause.

Il ne peut être reproché à M A le lieu de stationnement de son véhicule lors de son retour chez lui. Il s’est rendu à Brive le matin pour chercher une pièce pour le téléviseur et non durant l’après-midi.

La responsabilité de M A n’est pas établie : il n’a pas endommagé l’opercule de sécurité de la bouteille de gaz lorsqu’il a vérifié si la bouteille n’avait pas été utilisée. L’expert ne démontre pas avec certitude que la bouteille se serait ouverte durant le trajet en frottant contre les parois du coffre mais il n’est pas exclu que cette bouteille ait été fuyarde au moment de l’achat. De plus M A soutient qu’il ne lui a été remis aucun document quand aux conditions de transport de cette bouteille. Ainsi en application des articles 1134 alinéa 31135 et 1147 du code civil la SA Antargaz et M Z doivent être déclarés responsable pour avoir manqué à leur obligation de conseil et de renseignements.

Ces deux parties doivent l’indemniser de son entier préjudice et n’étant pas consolidé, il désire qu’une nouvelle expertise soit ordonnée. M A sollicite l’allocation de 50.000 € à titre de provision.

La SA Antargaz a pris le 5 septembre 2011, des conclusions qu’elle qualifie de récapitulatives.

Elle sollicite que la décision soit confirmée. En effet, les expertises judiciaires ordonnées la mettent hors de cause et retiennent par contre la responsabilité de M A. Elle ajoute que la fuite n’a pas été provoquée par le transport de la bouteille mais par M A qui a oté le chapeau de cette bouteille, sans le remettre et a manipulé la capsule de sécurité.

Elle soutient que les informations qu’auraient dues suivre M A sont affichées sur chaque bouteille. Elle ajoute que lors de l’achat de la bouteille, ses distributeurs remettent un bulletin de consignation sur lequel sont portées les consignes de sécurité.

Elle sollicite 5.000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

M Z a conclu le 17 novembre 2010.

Il conteste que la bouteille ait été fuyarde lors de son achat. Il soutient que l’information a été donnée à M A et que le sinistre n’est dû qu’à l’imprudence de ce dernier. Il sollicite 2.000 € pour ses frais irrépétibles.

Le 21 juillet 2010, le conseil de M A a sollicité que l’affaire soit entendue par la Cour dans sa formation collégiale.

SUR QUOI LA COUR:

Sur les fautes commises par M A :

A partir du moment où M A a acquis la bouteille de gaz dans la station-service tenue par M Z, la garde du fonctionnement de cette bouteille lui a été transférée.

Il existe deux possibilités : soit la bouteille était fuyarde au moment de l’achat, soit ce sont les conditions de transport dans le véhicule de M A qui ont fait fuir le gaz.

Si la bouteille avait été fuyarde lors de son acquisition, le gaz se serait répandu dans le véhicule de M A et s’agissant d’un gaz ‘parfumé’ au THT M A en aurait senti l’odeur dans les trois heures qui ont séparé l’acquisition de la bouteille de l’inflammation du gaz étant relevé que Mme A a croisé son mari au volant du véhicule Rover vers 17 heures. Il ne peut donc être retenu que la bouteille ait été fuyarde car M A l’aurait senti.

En ce qui concerne le transport de la bouteille dans le véhicule de M A, les rapports d’expertise établissent que la bouteille était couchée dans le coffre de la voiture de M A, que le chapeau de cette bouteille avait été retiré et non replacé par M A qui voulait ainsi vérifier l’état de l’opercule.

Il résulte des expériences menées par l’expert désigné par le Tribunal que lorsque la bouteille est en position couchée, le gaz se répand non en phase gazeuse mais en phase liquide donc à une concentration plus élevée.

L’opercule résiste à une pression de 4 bars soit un seuil supérieur à celui atteint par le gaz contenu dans la bouteille. L’expertise démontre que M A a testé l’opercule afin de vérifier si la bouteille avait été déjà utilisée et qu’en pratiquant cette opération il l’a endommagé. Les vibrations du véhicule de M A et donc de la bouteille ont entraîné l’ouverture accidentelle du robinet dans la dernière période de circulation (sans quoi M A aurait senti l’odeur du gaz , le THT utilisé selon la norme international ayant un seuil olfactif de quelques volumes par milliard de volume d’air) et la fuite du gaz en sa phase liquide vers le bas du véhicule. Ce gaz a été enflammé par l’ouverture de la portière arrière.

M A donc est seul responsable du sinistre ayant conduit à l’explosion de la bouteille.

En ce qui concerne l’information donnée par la société Antargaz et par M Z.

La société Antargaz produit un exemplaire du bulletin de consignation qui a été remis à M A lorsqu’il a acheté selon ses déclarations au moins deux bouteilles de gaz.

Il est stipulé les conditions générales du prêt d’emballage de la bouteille et la façon selon laquelle doit être utilisé le butane.

Autour du robinet de la bouteille se trouve un étiquetage européen rappelant les dispositions de la norme CE 1965.270.990.9.

Sur la bouteille elle-même selon les photos produites par M A, figure un avertissement qui après avoir indiqué que la bouteille devait être impérativement en position debout et transportée par la poignée de son chapeau rappelle les conditions de mise en service.

Les appelants n’indiquent pas en quoi ces informations seraient insuffisantes, la société Antargaz et M Z n’ayant pas à indiquer les risques encourus en cas de non respect de ces préconisations.

Il ne peut dès lors être imputé un quelconque défaut l’information aux intimés et la décision déférée doit donc être confirmée (ndlr : il s’agit de la reconnaissance de la responsabilité pleine et entière de Mr A par les juges en première instance).

Mes commentaires :

Un aveu tout d’abord  : je ne connais rien d’autre du dossier que ce qui figure ci-dessus. Voilà cependant ce  que j’ai envie de répondre à un jugement qui me paraît  entaché d’un sérieux biais en faveur du propanier et/ou du fabricant de bouteilles.

I) En premier lieu, je m’élève avec la plus grande vigueur contre l’assertion selon laquelle si la bouteille de gaz  avait été fuyarde, Mr A l’aurait nécessairement  senti se vider durant son  voyage retour. Ce genre d’affirmation gratuite digne d’un  expert de foire,  qui cherche à impressionner les juges avec des chiffres infinitésimaux (seuils olfactifs de quelques volumes par milliard de volume d’air)  n’est que de la poudre aux yeux.  La littérature scientifique sur le sujet est  indiscutable mais ces  « faits médicaux  alternatifs » ne circulent  pour le moment que dans le monde anglo-saxon, là où l’information médicale, (en l’occurrence médico-physiologique),  est beaucoup plus libre qu’en France (voir à titre d’illustration  la maladie de Lyme répertoriée dans les encyclopédies médicales américaines depuis les années  1980,  et pas reconnue officiellement en France comme  maladie  avant 2016…)  .  J’ai dédié plusieurs pages  de ce site à la traduction de rapports et à la relation d’accidents liés à l’absence de perception de l’odorant du gaz par les victimes. Les seuils de détectabilité des thiols par l’homme (ici le thiolane ou THT) varient dans des proportions considérables selon les circonstances et l’âge des individus. Parce que la physiologie est une science qui ne s’intéresse qu’à  l’homme en bonne santé, les statistiques physiologiques sont toujours établies avec des « cobayes » en bonne santé. Les seuils de perception des thiols sont donc ceux  établis de longue date, en utilisant comme référence des invididus en parfaite santé. Ni les labos pharmaceutiques ni les physiologistes ne travaillent avec des cobayes enrhumés ou  des personnes âgées (pour confirmation de ce point, voir l’affaire Biotrial sur les essais pharmaceutiques à Rennes qui ont tourné à la catastrophe pour de JEUNES adultes).    Je renvoie le lecteur à ces  pages du site non sans  faire   remarquer :

  1. Que personne ne nous dit dans cette affaire si le conducteur était enrhumé le  jour de l’accident ( or un rhume peut supprimer toute capacité de perception des odeurs même lorsqu’un odorant très puissant est placé juste en dessous de l’orifice nasal. Vous n’avez qu’à faire l’expérience un jour avec de l’huile essentielle d’eucalyptus où vous êtes très enrhumé ) .
  2. Que personne ne nous dit si cette personne ne souffre pas, en temps normal,  d’une anosmie sélective aux thiols & mercaptan (statistiques américaines : 1 personne sur 1000 est concernée. Comme c’est bizarre, l’expert ignore tout de l’anosmie et de sa fréquence )
  3. Que personne ne nous dit si la personne ne souffre pas d’une anosmie généralisée ( statistiques : 2 millions de personnes aux USA .  Comme c’est bizarre, l’hypothèse n’est pas  évoquée )
  4. Que personne ne nous dit si le coffre de la voiture ne contenait pas des produits organiques (poulet grillé …) ou chimiques ( ammoniaque, white spirit, térébenthine ..) dont l’odeur, en s’échappant dans l’habitacle de la Rover,   aurait masqué l’odeur du gaz fuyant.
  5. Que personne ne nous donne l’âge de la victime, sachant que les capacités olfactives diminuent de manière drastique à un âge avancé.

Je suis prêt à  parier 100 € avec n’importe quel  lecteur  de cet article, que l’expertise médicale mentionnée dans l’arrêt ne s’est absolument pas intéressée à ces questions. Or si Mr A n’était pas en situation de sentir l’odeur du gaz dans la voiture, c’est non seulement le raisonnement  des experts qui s’écroule, mais la responsabilité du sinistre qui passe de l’autre côté de la barrière et se  retrouve côté Antargaz. Car la vraie question devient alors : pourquoi  un produit dangereux comme le gaz butane n’est- il pas détectable en toutes circonstances lorsqu’il fuit d’un récipient sensé rester hermétique ?  Voilà une question qui place le gazier sur la sellette,  à la place occupée  par la victime, et qui  remet en question l’orthodoxie, en vigueur depuis toujours, en matière de responsabilité du propanier dans les accidents survenus à l’occasion  d’une fuite de gaz qui aurait normalement dû être détectée. Les industriels du gaz ont évidement tout intérêt à faire comme si cette question  ne se pose jamais, comme si nous étions des robots à l’odorat infaillible en toutes circonstances (un robot ne s’enrhume jamais)…… On notera par ailleurs que cette exigence-ci est  parfaitement conforme aux désirs des libéraux de robotiser les êtres humains au service de l’appareil productif capitaliste. Mais c’est une autre affaire.

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II) On nous dit ensuite que l’opercule de la bouteille a été endommagé lorsque Mr A a voulu le tester pour savoir si la bouteille avait déjà servi. Il se trouve que j’utilise des bouteilles de propane de 13 kg pour ma gazinière, en plus de ma citerne vrac qui me sert uniquement  pour le chauffage. Je change de bouteille (13kg)  une fois par an. Je suis incapable, pour ma part,  de retirer l’opercule  en tirant  sur la collerette : celle-ci s’arrache systématiquement  sans libérer  l’opercule qui sert à assurer l’étancheïté.  J’ignore comment s’y prennent les gens, mais, pour ce qui me concerne, j’utilise  un tournevis et je prends appui  sur le côté  de l’opercule   pour le faire sauter  d’un coup  de  paume ou de marteau sur le manche du tournevis. Au regard de l’impossibilité d’ extraire l’opercule sans outil, je me suis toujours demandé si l’ingénieur qui a pondu ce système  s’appelait  « Hulk ».   Aucun expert ne pourra  prouver que Mr A avait déjà commencé à désengager l’opercule du filetage en testant simplement sa résistance à l’arrachage comme cela est écrit. L’affirmation de l’expert me parait  totalement gratuite et dénuée de fondement.

III ) Enfin on nous fait comprendre que la bouteille a voyagé couchée dans le coffre, ce qui aurait facilité la survenue du sinistre. Soit. Mais aucun vendeur de bouteille de gaz, agissant en représentation des  propaniers,  ne vous explique  que le transport horizontal de bouteille de gaz  est formellement déconseillé. Et quand bien même il le ferait, pourquoi sa responsabilité s’arrêterait -elle à délivrer ce simple avertissement oral ? Je m’explique : lorsque les propaniers installent des citernes de gaz à domicile, ils prennent soin de les faire soigneusement arrimer sur le sol. Pourquoi,  lorsqu’ils confient des bouteilles de gaz à un client  par l’intermédiaire d’un revendeur, ne mettent-ils pas à disposition dudit  client, et ce dès le premier achat (ie dès le versement de la consignation),  un accessoire empêchant la bouteille de se renverser dans son coffre, même à vive allure  dans un rond-point ? De tels accessoires  existent depuis très longtemps.  Trop compliqué ? Trop cher ? Inutile ?  Allons, vous voulez rire ?

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Des stabilisateurs de bouteille de propane en polyéthylène  sont en vente libre aux Etats Unis pour un prix  de 13 dollars, soit un peu plus du tiers du prix de la première bouteille de gaz de 13kg.   Puisque 98 % des bouteilles emportées par les clients le  sont  dans le coffre d’une voiture, il est du devoir des gaziers de s’intéresser de près  à  la sécurité des bouteilles dans ce contexte particulier.  Au lieu de faire payer une consigne pour des bouteilles en acier amorties depuis des lustres, que ne font-ils  payer des consignes pour des stabilisateurs dont l’utilisation serait  rendue obligatoire au même titre que le port du chapeau de la bouteille de gaz ? En ce qu’ils ne mettent présentement aucun moyen à la disposition des consommateurs pour prévenir  efficacement ce genre d’accident, alors que ces moyens existent ou pourraient exister moyennant un coût très modique,  que les propaniers pourraient de surcroît  récupérer sous forme de consigne, Antargaz doit  être déclaré  entièrement  responsable de ce sinistre.  C’est ma conviction et c’est  ce que j’aurais plaidé à la place de l’avocat de la victime.

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Si jamais cette dernière (ou l’avocat de cette dernière) se reconnait dans cette histoire, elle peut toujours contacter l’Association.

Mise  à jour du 28/05/2017 : Sur la nécessité de congédier de temps à autre les experts en accident « traditionnels » et leur mode de pensée qui tourne en rond,   on lira ceci.

Explosion d’un wagon de GPL à Viareggio. L’ancien patron des chemins de fer italiens condamné à la prison.

Le patron du géant italien de la défense Leonardo (ex-Finmeccanica), Mauro Moretti, a été condamné mardi à 7 ans de prison pour un accident de train qui avait fait 32 morts en 2009 lorsqu’il était à la tête des chemins de fer italiens (Ferrovie dello Stato – FS ).

Le 29 juin 2009, un wagon-citerne rempli de GPL (gaz de pétrole liquéfié) avait déraillé puis explosé au moment où le train quittait la gare de Viareggio, sur la côte toscane, provoquant la désolation dans tout le quartier.

Dans ce jugement de première instance qui devrait faire l’objet d’un appel, M. Moretti a été reconnu coupable essentiellement d’homicide et blessures multiples par imprudence, tout comme Michele Mario Elia, l’ancien patron de Rete Ferroviaria Italiana (RFI), filiale de FS qui gère le réseau, condamné à 7 ans et six mois de prison.

La responsabilité de FS n’a cependant pas été retenue et c’est pour son rôle au sein de RFI que M. Moretti a été condamné.

Le conseil d’administration de Leonardo a confirmé dans la soirée « à l’unanimité sa pleine confiance » à M. Moretti.

Ce dernier conserve sa « pleine capacité » à exercer ses fonctions, a notamment assuré le conseil d’administration dans un communiqué.

En septembre, le parquet avait requis 16 ans de prison contre M. Moretti et 15 contre M. Elia, en dénonçant « la superficialité, les machines obsolètes et les contrôles incorrects. En quelques mots: la banalité du mal ».

Aucun des deux hommes n’était présent à l’audience, où le verdict a été lu devant des chaises vides sur lesquelles avaient été posés des T-shirts frappés chacun du portrait d’une victime.

Selon les médias italiens, l’affaire devrait d’ailleurs être frappée de prescription avant qu’ils aient épuisés tous leurs recours.

Le groupe FS a « pris acte » du verdict mais s’est refusé à tout commentaire avant la publication des attendus du jugement, a expliqué son porte-parole, Stefano Biserni, à l’agence Radiocor, tout en exprimant « ses condoléances et sa proximité avec les proches des victimes et avec tous ceux qui ont été touchés par cet épisode tragique ».

Mauro Moretti à Torrenieri Montalcinole 11 avril 2015

Mauro Moretti à Torrenieri Montalcinole 11 avril 2015 ( AFP/Archives / Tiziana FABI )

Agé de 63 ans, M. Moretti a dirigé FS de 2006 à 2014, avant de prendre la tête de Finmeccanica (devenu Leonardo le 1er janvier) en mai 2014.

Contacté par l’AFP, le groupe Leonardo n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat. A la Bourse de Milan, son titre a fini en recul de 2,3% à 11,92 euros.

Parmi les 31 autres personnes physiques et morales qui comparaissaient devant le tribunal de Lucques, 10 ont cependant été acquittés, mais le tribunal n’a pas précisé ses motivations.

Dans la matinée, des dizaines de proches portant des portraits des victimes, ainsi que des survivants grands brûlés, avaient organisé une marche pour réclamer justice.

Roberto Piagentini, qui a perdu sa fils, sa belle-fille et ses trois petis-enfants, a raconté à la Stampa ses souvenirs de cette nuit de cauchemar: « Je n’arrivais pas à trouver la maison de mon fils. Derrière la gare, tout brûlait. Je hurlais de peur, tout s’était écroulé, la voiture était carbonisée ».

« La peine la plus lourde reste pour nous », a expliqué à La Repubblica Claudio Menichetti, dont la fille Emanuela, 21 ans, très grièvement brûlée, a succombé après 42 jours d’agonie. « Pour nous c’est déjà la perpétuité ».

L’accident ferroviaire de Viareggio a été le plus meurtrier en Italie depuis la collision en avril 1978 du Lecce-Milan avec le rapide Venise-Rome, qui avait fait 50 morts au sud de Bologne (centre).

Source : AFP 31/01/2017

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