Association Défense des Consommateurs de Propane

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Les gros mensonges d’Antargaz pour dissuader de racheter les citernes en place

Si l’on en croit la presse anglo-saxonne,  de la Nouvelle Zélande aux  territoires inuits  du Canada,   les bouteilles  de propane et autres recharges de gaz  en vente libre sont  les  nouveaux  inhalants à la mode chez les ados desoeuvrés à la recherche de drogues bon marché et  en vente libre.  Danger d’intoxication mortel : chaque jour des enfants meurent d’ignorer le danger en  jouant à se faire peur. Dans plusieurs pays anglo-saxons, les autorités sanitaires prennent désormais le problème très au sérieux. Pas de risque que cela nous arrive en France : au prix de la recharge de gaz,    nos enfants resteront épargnés encore quelques années ! Payer le butane et le propane à prix d’or peut avoir quelques (très) bons cotés.

Cependant,  la pratique consistant à sniffer du gaz intoxiquant sur le lieu de travail  semble actuellement très en vogue chez  les cadres d’Antargaz,   sans que l’on sache si cela résulte du désœuvrement habituel chez les propaniers en période estivale,  ou s’il s’agit, de la part des personnels concernés, d’une recherche inconsciente de nouvelles sensations dans un univers professionnel réputé pour son immobilisme austère.

En atteste la lettre extravagante  reçue en juin dernier par un client Antargaz en réponse à sa demande de rachat de citerne. La lettre est signée  du responsable local  du Service Clients à Marignane.  Le responsable en question avait  t’il dépassé la dose de propane autorisée ? Avait-il abusé du pastis ? Ou bien a t’il juste cherché à inventer une nouvelle galéjade ? Les propaniers français n’ont certes jamais manqué d’imagination, et même d’audace,  pour dissuader oralement les consommateurs de devenir propriétaire de leur citerne. Mais  il est quand même assez rare de les surprendre en train d’écrire n’importe quoi sur un sujet qu’ils sont censés connaitre sur le bout des doigts. On commencera par prendre connaissance de la lettre  reçue par ce consommateur en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://adecopro.files.wordpress.com/2015/07/scan-lettre-antargaz.pdf

Je profite de l’occasion  pour rappeler à nos fidèles lecteurs,  clients Antargaz  souhaitant devenir propriétaire de leur citerne, de se dépêcher de se manifester auprès de leur fournisseur habituel.  Il est plus que  probable qu’Antargaz ne proposera pas indéfiniment à ses clients la possibilité de racheter les citernes. La concurrence n’a jamais fait partie de l’ADN de cette société.

Voici donc mes remarques et commentaires au sujet des mensonges contenus dans la lettre Antargaz (les paragraphes sont numérotés comme sur la lettre) :

Paragraphe 3 : depuis qu’Antargaz autorise régulièrement ses clients à racheter  ses citernes ( fin  2014),   le propanier en a profité pour augmenter  de 50 % le prix de vente de ses citernes d’occasion !  A supposer qu’Antargaz se soit fait tordre le bras par l’Autorité de la Concurrence  pour proposer la vente de ses citernes d’occasion  en contrepartie du rachat de Totalgaz, on peut penser que cette augmentation récente du prix des réservoirs d’occasion fait partie de l’arsenal de mesures prises par les  dirigeants d’Antargaz pour limiter l’effet d’aubaine pour les consommateurs intéressés par le rachat de leur citerne. La lettre que nous allons décortiquer à la suite  fait bien évidement partie  de la même tactique dissuasive.

Paragraphe 6 :  une phrase de  ce paragraphe mérite de figurer dans les annales du GPL français «  En tant que propriétaire du réservoir, vos différentes obligations en tant qu’exploitant d’appareil à pression ….. ».  Laissons de côté la maladresse de l’expression écrite qui vise à cacher le loup.  Quel rapport y a-t-il entre un « propriétaire de réservoir » et un « exploitant d’appareil à pression » ? D’un point de vue réglementaire, cela n’a strictement rien à voir.  Telle que formulée ici, la phrase n’a donc strictement aucun sens.  En entremêlant ces deux notions clés de la réglementation des réservoirs sous pression dans une même phrase,  Antargaz sous-entend  que le consommateur qui rachète sa citerne en devient « de facto »  l’exploitant, et qu’il y aurait une espèce d’équivalence entre le statut de propriétaire et celui d’exploitant. C’est évidement  totalement faux. Mais  peu importe la vérité aux yeux d’Antargaz,  puisque  le seul but est de faire peur  au consommateur et le dissuader de racheter sa citerne.  Propriétaire d’une citerne, chacun sait ce que cela  signifie (à défaut de savoir ce que cela implique concrètement)……. mais « exploitant de citerne » ?

En vérité, parmi la centaine de particuliers propriétaires de citerne au sein du Groupement Propane Libre, seuls un ou deux ont fait le choix  plus ou moins assumé, d’exploiter eux-mêmes leur citerne.  Dans les conditions de fonctionnement du marché actuel du propane vrac, et étant donné l’absence d’appui des pouvoirs publics en faveur d’une vraie libéralisation du marché, les consommateurs  n’ont pas grand intérêt à devenir exploitant de  leur citerne  ( c’est à dire  à  assumer la responsabilité du  maintien en condition opérationnelle du réservoir)  à partir du moment où ils peuvent compter sur un propanier capable de les décharger de cette responsabilité  à des conditions économiques décentes. A l’inverse ils ont tout intérêt à devenir propriétaire de leur citerne ce qui leur permet de  changer de fournisseur  tous les ans…

Voilà ce qui a pu se passer dans la tête du rédacteur  au moment d’écrire cette phrase qui n’a aucun sens : on rappellera  que  pendant des décennies les propaniers ont menti de manière éhontée aux consommateurs (et ils  continuent bien entendu de le faire)  sur l’air de « Ne cherchez pas à acheter une citerne de gaz car lorsque vous en serez propriétaire,   vous aurez des tas d’obligations à respecter et  les soucis de sécurité seront pour votre pomme». Ce discours  mensonger a été propagé en France depuis toujours par les propaniers.  Ce mensonge consiste  à cacher la différence au plan réglementaire entre le statut de « propriétaire de citerne de gaz  » et le statut d' »exploitant de citerne de gaz »  : le propriétaire de citerne n’a aucun tracas réglementaire.   Les ennuis éventuels, s’il doit y en avoir  (réparation de clapet… etc)  ne seront jamais à gérer par le propriétaire,  mais bien par l’exploitant de la citerne. C’est là  la principale raison d’être du statut d’exploitant dans la réglementation des « réservoirs sous pression ».

Celui qui a rédigé ce courrier a donc  commencé par déballer le mensonge habituel des propaniers « En tant que propriétaire du réservoir, vos différentes obligations …. » Puis,  à cet instant précis, un sursaut d’honnêteté l’a obligé à corriger ce qu’il venait d’écrire et à  préciser  que les « différentes obligations » en question ne résultent pas de  sa qualité  de « propriétaire », mais uniquement de son choix de devenir en sus « exploitant » de sa propre citerne. Un choix dont le rédacteur se garde bien de préciser qu’il n’intéresse aucun consommateur.  Ce dernier, s’il  s’en tient strictement au statut de propriétaire,  n’aura donc  aucune obligation  réglementaire…. sinon celle de désigner librement le futur exploitant de sa propre citerne !

Ce lapsus révèle en réalité au grand jour le stratagème utilisé depuis des décennies par les propaniers du cartel  du gaz en citerne pour dissuader  les consommateurs d’acheter les citernes : en introduisant  la confusion entre les  obligations du propriétaire et celles  de l’exploitant, ces menteurs patentés inventent de toutes pièces des obligations et des responsabilités  pour les  propriétaires de citernes de gaz.  Ils parviennent ainsi sans effort à dissuader les consommateurs de devenir propriétaire de leur citerne. En se réservant la propriété des réservoirs, ils rendent très difficile l’irruption de concurrents indésirables sur ce marché.

Paragraphe 7 :   s’agissant du cas peu courant  du propriétaire exploitant  lui-même sa citerne, mis en avant par Antargaz au paragraphe précédent,  il n’y a, à mon sens,  aucune obligation de « choisir un prestataire » extérieur pour les inspections périodiques triennales. Il n’y a par ailleurs  aucune formation  professionnelle  officielle pour acquérir les compétences de  vérificateur de citernes de gaz  (hormis en interne chez les propaniers). Sauf erreur de ma part, tout propriétaire exploitant de  citerne de gaz  peut,  s’il s’estime qualifié pour le faire,  réaliser lui-même  les 2 inspections périodiques triennales intercalées entre chaque révision décennale. En effet ces inspections périodiques consistent en de simples  « examens visuels approfondis »,  la seule chose requise du vérificateur est d’avoir  une bonne vue, un peu de bon sens et quelques souvenirs des cours de chimie au  lycée sur  l’oxydation des métaux,  pour être en mesure d’évaluer l’état de la citerne et de ses accessoires !  L’obligation de choisir un prestataire extérieur ne s’imposerait donc au propriétaire exploitant que pour la requalification décennale .

Paragraphe 9 : L’inspection d’un réservoir enterré nécessiterait  de le  déterrer tous les 40 mois ! On nage  ici en plein délire, ou (plus grave) dans la désinformation outrancière. Dans  toute l’histoire des citernes de gaz, jamais une seule citerne n’a été déterrée dans le but de pour pouvoir procéder à une inspection périodique.

Paragraphe 14 :  La requalification du réservoir enterré nécessiterait de déterrer le réservoir ! Toujours la même  désinformation. Disons le tout net : il n’y a aucune obligation réglementaire de procéder au déterrement du réservoir pour sa  requalification. En Allemagne aucun réservoir n’est  déterré en vue de sa  requalification. En  France, il est vrai que le faible nombre de réservoirs réellement requalifiés  (du fait de la procédure de sélection  par échantillonnage),  permet aux propaniers de s’offrir le luxe de déterrer tous les  réservoirs désignés par le sort,  pour les emmener en usine aux fins de requalification.   Mais en ce qui concerne  le particulier ou l’industriel propriétaire d’un ou de plusieurs réservoirs enterrés, la requalification du réservoir  se fait quasiment toujours « in situ »,  sans déterrer le réservoir,  grâce à un procédé  d’« émission acoustique » capable de détecter les anomalies d’épaisseur dans l’acier de la citerne. Nul besoin de déterrer les  réservoirs enterrés pour les requalifier ! Encore un gros mensonge.

Conclusion :  voilà une lettre qui dénonce involontairement les  mensonges habituels dont sont abreuvés les consommateurs et  les entrepreneurs  français pour les dissuader d’acheter les citernes.  Ce florilège d’âneries et  de  mauvaise foi  nous  permet de comprendre  pourquoi  les propriétaires de citernes ne représentent  en France que 3 % du parc installé.  Une situation qui, à n’en pas douter,  convient parfaitement aux professionnels du gaz propane.

Propane de schiste : enivrés par l’effort, accros à la croissance, les américains jouent désormais aux shadoks

Les producteurs de gaz de schiste américains se livrent actuellement  à un drôle de jeu : incapables de trouver preneurs pour les liquides de gaz naturel (LGN),  dont  le propane, qu’ils extraient au rythme de plusieurs dizaines de  milliers de barils  par jour dans le grand bassin gazier de Marcellus (Nord Est des Etats-Unis),  ils sont à présent  obligés de  réenterrer illico presto butane et  propane dans d’immenses cavernes en sous sol. Ils  pompent  donc le propane   des schistes de l’Ouest de la Pennsylvanie pour le ré-enfouir, une fois séparé du gaz naturel, dans le granit de la côte Est du même Etat.

Voilà un travail digne d’une vaillante armée  de shadoks, ces créatures télévisées nées  en 1968,  qui pompaient à longueur de dessins animés, afin d’éviter de devoir réfléchir à l’utilité de leur travail. De drôles d’oiseaux incapables de voler de leurs propres ailes,  dans lesquels se reconnaissaient alors bon nombre de  salariés français, travailleurs ou ingénieurs aliénés à des tâches ingrates  ou rendues insolubles par la bêtise de leur hiérarchie. L’ORTF  ne comptait alors que deux chaines de télévision. Difficile pour les téléspectateurs  d’échapper aux stupides aphorismes des shadoks. Le plus célèbre de ces aphorismes,  passé à la postérité :  « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »    témoignait en effet  d’une connaissance aïgue d’un certain mal français,  que le nouveau management à l’anglo-saxonne (qui pointait alors  son nez en France),   se promettait de circonvenir  au moins dans les entreprises privées.  Les shadoks n’ayant  ni pétrole ni idées, agaçaient ou ravissaient,  divisant les familles et  la France,  entre amateurs et adversaires de loufoqueries télévisées.

Vu de Sirius,  l’activité consistant à pomper  le propane hors  du sous-sol avant de le repomper dedans  quelques centaines de kilomètres plus loin au motif qu’on ne sait pas quoi en faire,   ressemble fort à un travail d’aliéné mental.  Mais puisque c’est le marché qui veut qu’il en soit ainsi……Le dernier rapport de Platts sur le gaz de schiste américain nous apprend ainsi que les producteurs de propane du bassin gazier de Marcellus ne savent plus à quel saint se vouer, du fait qu’ils sont confrontés à une concurrence sévère des producteurs texans et canadiens cherchant eux aussi des débouchés pour leurs barils spots.

Des conditions économiques particulièrement défavorables font que le propane nord américain produit loin des ports d’exportation ne vaut actuellement plus rien. En effet le propane canadien, comme le propane de Pennsylvanie est coté relativement au prix du propane du Golfe du Mexique (US Gulf price), lequel tourne actuellement entre 30 cents/galon et 40 cents /galon. Or il se trouve que le coût du transport par rail du propane depuis le Nord Est des USA  jusqu’au Golfe du Mexique, d’où il pourra être transformé ou  exporté, est de 30 cents/galon. C’est dire que la valeur résiduelle du propane de Pennsylvanie avant embarquement à bord des convois ferroviaires est proche de quelques cents par gallon. Autant dire une misère.

La production de propane en provenance des usines de gaz naturel du Nord Est a été en moyenne de 104 000 barils /jour durant le premier trimestre 2015, en augmentation de 54 % par rapport à la même période de l’an passé, selon l’EIA. Ces chiffres représentent la production des états de Pennsylvanie, de Virginie Occidentale et de New York, la principale région productrice du bassin de Marcellus. Si l’on ajoute à cela la production du bassin d’Utica, principalement dans l’Ohio, on arrive à un total de 171 000 b/j au premier trimestre et 193 000 b/j au second trimestre de cette année. Ces chiffres sont à comparer avec une consommation hivernale moyenne dans le Nord Est des Etats Unis  160 000 b/j et de 107 000 b/j en été.  D’où la question de savoir comment gérer l’excédent de production actuel.

Les producteurs de propane  du Nord Est ont trois options possibles pour égaliser offre et demande locale : envoyer l’excédent par rail vers le grand hub pétrolier du Texas ; exporter l’excédent depuis la Cote Est vers l’Europe du Nord;  ou enfin  le stocker sur place,  sous terre.

Malheureusement la solution consistant à exporter le gaz  vers l’Europe ne va pas résoudre à court terme  le problème de surproduction, et ce pour des raisons de capacité des gazoducs.  Le terminal export de GPL de SUNOCO Logistics , installé à Marcus Hook, dans la lointaine banlieue sud de Philadelphie,  a bien une capacité de 57 000 b/j. Mais le pipeline qui l’alimente , Mariner East 1, qui trimballe le propane depuis l’Ouest de la Pennsylvanie jusqu’au terminal côtier, n’opère qu’à raison de 20 000 b/j, et son trafic dépend de la disponibilité des bateaux et de la demande des acheteurs en Europe du Nord.

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En ce qui concerne l’option transport par rail vers le Golfe du Mexique, il ne permettrait pas aux producteurs de valoriser correctement le gaz, puisqu’il  réduirait  le produit net de la vente du propane à quelques centimes de dollars par galon.

La préconisation qui circule donc  chez les producteurs  du bassin de Marcellus est  de restocker  le gaz dans la roche (dans d’immenses  cavernes de stockage) en attendant ou en souhaitant que l’hiver fasse remonter les prix. Si cette stratégie a pu fonctionner en 2013 et 2014, il y a peu de chance que cela se reproduise cette année : du fait de la  croissance continue des stocks de GPL , ces derniers pourraient atteindre la capacité maximale de stockage dans tout les Etats Unis  avant le démarrage de la période de chauffe mi Octobre.

Si les stocks continuent de croître au rythme de Juin dernier, les stocks américains de propane pourraient augmenter de 26 millions de barils d’ici à la fin de la période de mise en stock (que les pétroliers  appellent  « injection season »). Cela signifierait que les stocks américains de propane atteindraient en octobre prochain des sommets jamais vu auparavant  à  110 million de barils. Un véritable test de résistance  à très haute pression  pour les capacités américaines  de stockage de GPL !

Source : Platts 10 Juillet 2015    « US propane under pressure »

Prochain article :  suivez  notre reportage de l’été au cœur des cavernes où SUNOCO Logistics stocke  2 millions de barils de propane à destination de l’Europe …  Nous irons voir  si ça sent le gaz à l’aplomb de ces gigantesques cavernes creusées dans  le roc.  Le gaz sous pression parvient-il  à suinter  à travers les centaines de mètres de roche  qui séparent le gaz de l’air libre ? N’écoutant que mon courage,  je me suis rendu sur place à l’invitation d’un étrange  comité de voisinage du terminal gazier de Marcus Hook, lequel  organise chaque année un « Festival des pirates ». Sûr que j’y trouverai facilement ma place…. La petite ville industrielle de Marcus Hook serait-elle un repère de flibustiers du gaz ? Y aurait-il  un trésor caché au fin fond des  cavernes de Sunoco ? Ou simplement  anguille sous roche ?

Mais s’il y a anguille sous roche  et  qu’il y a quantité  de gaz sous la roche,  et si l’anguille ne vit que dans l’eau, cela tendrait à prouver qu’il y a bien de l’eau dans le gaz   ! A moins que ce ne soit l’inverse. Diantre……

Le Procureur Général du Vermont distribue encore des pénalités aux propaniers récalcitrants

En Avril 2014, le Procureur Général du Vermont a annoncé sa décision de clore 200 dossiers de plaintes émanant de consommateurs irrités par les pratiques d’un propanier  de cet Etat du Nord Est des Etats Unis , situé à la frontière du Canada.  Ce propanier devra payer près d’un demi-million de dollars de pénalités au total, dont $ 166 000 à 197 de ses anciens clients. Cette décision fait suite à une précédente décision de 2012 où le même procureur avait déjà imposé d’importantes pénalités à un autre propanier du même Etat (voir archives du site de Juin 2013).

Cette décision a été prise en 2014 alors que le Vermont venait de  renforcer  pour la troisième fois en trois ans  son dispositif  législatif pour imposer des conditions de fin de service de livraison  plus avantageuses pour les consommateurs afin de faciliter le changement de fournisseur.

Selon le Représentant Warren Kitzmiller ( Démocrate de la ville de  Montpelier  – avec un seul « l » – ), principal sponsor des mesures législatives prises ces dernières années  contre les propaniers ( et contre les banquiers du Vermont pour  diminuer les commissions bancaires sur l’utilisation des cartes de crédit) : «  Les propaniers devraient traiter les consommateurs équitablement. C’est ce que nous voulons. La grande majorité des fournisseurs du Vermont traitent les consommateurs correctement ».

Le problème dans le Vermont,  comme  partout ailleurs dans le monde, c’est que les propaniers  qui ne traitent pas les consommateurs correctement sont les plus gros, ceux qui disposent du plus grand nombre de citernes installées, ceux pour qui  un  client n’est qu’un numéro parmi des milliers ou des dizaines de milliers  d’autres.  Il y a plus de 60 détaillants en combustible  dans le Vermont qui vendent du propane,  pour 75 000 foyers utilisant le propane  comme source d’énergie primaire  ou  secondaire ( cuisine et/ ou  chauffage d’une partie de la maison).

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Warren Kitzmiller en campagne électorale contre les propaniers

Les mesures législatives prises dernièrement contre les pratiques des grands propaniers du Vermont ont consisté à imposer à ces propaniers de déclarer à l’avance à leurs clients  tous les frais et commissions qu’ils sont susceptibles de devoir payer,  à interdire la perception de  frais pour absence de consommation ou pour  consommation minimale ( n’est ce pas Mr Primagaz, spécialiste des frais indus) , et à interdire les frais de terminaison de service afin de permettre aux consommateurs de changer facilement de fournisseur ( voir sur ce sujet les archives du site de Juin 2015).

Qu’a donc fait un des propaniers du Vermont, Irving Energy, pour mériter de devoir payer au total un demi-million de dollars de pénalités dont $ 166 000 en dédommagement pour  ses anciens clients  ?

Ce propanier a simplement pris tout son temps pour enlever ses réservoirs de propane de la propriété des clients ayant décidé de changer de propanier,  suite à l’adoption par le Vermont d’une nouvelle loi  facilitant le changement de fournisseur  en interdisant les  frais de retrait de citerne.  Le même  propanier avait aussi joué la montre de manière à  rembourser le plus tardivement possible ses anciens clients  pour   la valeur du gaz restant dans la citerne.

Irving Energy a convenu avec le Procureur de payer $ 166 000 à ses anciens clients, plus une contribution de $ 160 000 au programme d’assistance énergétique pour les populations à faible revenus, plus une amende de $ 100 000 à l’Etat du Vermont.

C’est la troisième fois qu’un propanier est pénalisé depuis 2012 pour ne pas avoir respecté le délai imparti par l’Etat du Vermont pour  terminer  un service de livraison de propane à domicile.

Un autre propanier, Cota & Cota , de Belows Falls, devra payer une amende de $ 5 000 pour avoir mené des actions en représailles contre des consommateurs qui s’étaient plaints auprès du Procureur Général.  Oui , vous avez bien lu. Des actions en représailles contre des consommateurs qui avaient eu le malheur de dénoncer ce propanier. Impayables,  ces propaniers  américains !  Un certain Matthew Cota étant  directeur général de la Vermont Fuel Dealers Association  (le patron  de la branche professionnelle des distributeurs de combustible dans le Vermont ) , on imagine que l’ambiance doit être chaude  dans le Vermont  chez les distributeurs de propane ! Cota a dû en outre s’engager devant le Procureur, sous peine de recevoir une autre fessée, à ne plus exiger de ses clients qu’ils consentent à une avance de $ 350 pour pouvoir être livrés, ou qu’ils soldent  leur compte  avant de pouvoir prétendre à une nouvelle livraison de gaz.

Enfin un autre distributeur de combustibles, Bourne’s Energy de Morrisville a convenu devant le Procureur de  « ne faire payer  à ses clients que le prix qui s’affiche clairement »  sur son site Internet, certains clients s’étant plaints de recevoir des factures comportant un prix unitaire plus élevé que celui affiché en ligne.

Source : Burlington Free Press 9 April 2014

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