Association Défense des Consommateurs de Propane

Accueil » 2014 » octobre

Monthly Archives: octobre 2014

Les prix du propane sur les marchés Europe du Nord à leur plus bas depuis des années sous l’accumulation de facteurs baissiers

Le prix du propane sur le marché de gros nord européen a perdu plus de 20 % en 20 jours, passant de $ 700 la tonne à  $ 550 le 22/10,  la plus forte baisse enregistrée en un laps de temps aussi court  depuis 5 ans. Selon Platts, acheteurs et vendeurs se demandent actuellement ce qui pourrait bien enrayer cette dégringolade,  tous les indicateurs servant de marqueurs au prix du propane étant orientés à la baisse.

Le mois d’Octobre est normalement celui qui termine la « basse saison » du propane dans l’hémisphère nord. Les chaleurs exceptionnelles du mois d’Octobre dans toute l’Europe ont considérablement ralenti le rythme de la demande. De plus la demande de GPL  des fabricants de carburant  (ajout de GPL au  carburant ordinaire pour éviter que le carburant ne gèle dans les réservoirs) a été repoussée à des temps plus hivernaux, ce qui a étouffé le  rebond prévu  de la demande. Les prix ont chuté en conséquence.

cours propane 1dec

D’autre part le prix du pétrole brut sur le marché à terme a  plongé ces derniers mois du fait d’une offre de pétrole en augmentation et d’une demande qui ne suit pas le rythme. Le Brent, qui sert de référence commune pour les marchés pétroliers, a perdu plus de 25 % depuis son plus haut de la mi-juin. Selon Platts, le prix du propane est simultanément affecté  depuis plusieurs semaines par une surabondance de naphta, un produit  concurrent des GPLs  pour la pétrochimie.

Les grosses cargaisons de propane jusqu’à 20 000 tonnes sont évaluées actuellement à $586 la tonne sur la base des transactions rendues publiques, au plus bas niveau depuis le 25 Juin 2012, lorsqu’elles étaient à $572.5 la tonne. En comparaison, douze mois plus tôt, les cargaisons se vendaient à $827 la tonne, soit 41 % de plus que la valeur actuelle de marché.

La chute du prix du propane depuis le début du mois d’Octobre n’est pas propre à l’Europe : les marchés américains et asiatiques sont eux aussi en net repli.

« Le propane est sous pression » explique un grossiste sur le marché ARA Amsterdam-Rotterdam-Anvers « Les températures élevées et le niveau très important des stocks signifie que les acheteurs n’ont pas besoin de traquer les vendeurs pour trouver de gros volumes à acheter ».
« C’est comme si le propane avait trouvé une falaise et décidé de sauter… Les acteurs sont sur la touche et attendent de voir ce qui va se passer ensuite »
Une quantité significative de propane s’est retrouvée sur le marché ARA quand le vapocraqueur de Shell à Moerdijk aux Pays-Bas, a été retiré de la circulation du fait d’une fuite de vapeur le 2 Octobre dernier (ndlr : les vapocraqueurs utilisent le propane comme matière première). Cette usine qui produit 900 000 tonnes par an devrait reprendre ses opérations vers la fin de l’année.

Pour ajouter une note encore plus sombre, la raffinerie Valero de Pembroke (Pays de Galles, 270 000 barrils/jour) qui consomme une quantité importante  de GPL pour ses opérations de mélange de carburant, va rester fermée du fait d’opérations de maintenance prévues, et ce jusque début Novembre. Les travaux ont commencé mi-septembre ( les carburants automobiles sont mélangés avec des GPL pour augmenter le taux d’octane )

“ C’est un peu le bain de sang…  tous ces volumes supplémentaires sont actuellement difficiles à revendre »

Ceux qui profitent des prix très bas du propane sont les pétrochimistes. Ils sont partis pour faire durer la saison d’été du vapocraquage au GPL , du moins  tant que ce dernier restera compétitif par rapport au naphta.

Seuls les consommateurs et les industriels n’achetant pas leur propane sur la base d’un barème fixé pour une longue période par le propanier, pourront bénéficier de cette baisse importante. Les consommateurs  membres du Groupement Propane Libre, dont les prix sont fixés au mois le mois,  s’attendent à une baisse importante du prix de leur propane en Novembre.

La chute du prix du propane en Europe du Nord a considérablement réduit l’arbitrage entre les deux continents, et par voie de conséquence les profits potentiels des chargeurs américains. En septembre l’arbitrage moyen était de $81.78 par tonne entre le port de Houston et celui d’Anvers. Cet arbitrage  (la différence de prix du propane entre les deux ports)  est tombé à $43 par tonne le 19 Octobre. Dans ces conditions le grand opérateur du terminal pétrolier de Houston, Enterprise Products, vient d’annuler le chargement d’un cargo spot de propane : avec un prime de 13 cents/gallon au dessus du Mont Belvieu (le prix américain de référence du propane), Enterprise aurait été obligé de vendre son cargo spot à un prix inférieur au prix accordé sur les contrats long terme, ce qui n’aurait pas manqué de provoquer l’indignation des clients engagés sur plusieurs années avec le chargeur texan.

( source : Communiqué Platts du 16/10/2014 et Hellenic Shipping News du 20/10/2014 )

Publicités

Le gaz de schiste maintient le prix du propane américain à un niveau très bas

L’énorme production de propane américaine  continue de comprimer  fortement les prix du propane aux USA du fait de la faiblesse de la demande interne.

Le boom énergétique qui s’est traduit par une offre de pétrole et de gaz naturel  pléthorique a aussi eu pour conséquence une production record de propane, principalement utilisé par la pétrochimie et pour le chauffage.  Les prix ont chuté de 40 % en 2014 par rapport à leur plus haut de $1.70 par gallon (3.78 litres)  en Janvier dernier, au moment où le Middle West a été frappé par une vague de froid exceptionnelle.

Le volume de propane qui sort des différents puits en production continue de grimper tous les mois, alors que la consommation de propane américaine reste limitée. La demande de propane pour le chauffage domestique est en déclin aux USA, beaucoup de foyers étant passés au gaz naturel ou à l’électricité. 4.6 % des foyers américains utilisent le propane selon  l’US Energy Information Administration (EIA), contre 5.2 % 5 ans auparavant.

Les producteurs se sont donc tournés vers les marchés exports pour compenser le manque de demande interne. Les exportations ont connu une ascension phénoménale et totalisent aujourd’hui 400 000 barils par jour (en cumulant  propane et propylène).

Les exportations dépasseront  la consommation interne à partir de 2015. De 25 cargos par mois, les exportations atteindront 40 cargos par mois l’année prochaine selon le broker Ion Energy Group. Même ainsi, les experts prédisent que les exportations ne seront pas suffisantes pour absorber l’augmentation de l’offre. Le mois dernier, la production américaine de propane a atteint un record de plus d’1.6 million de barils par jour.

Les experts prédisent que les prix du propane américain se maintiendra durablement sous les $1.5 par gallon jusqu’en 2020. Le prix du propane spot à Mont Belvieu était de $1.03 le gallon le 29 Septembre dernier selon les infos récentes de l’EIA.

Pour éviter l’incident de l’hiver dernier  lorsque les prix du propane ont été multipliés par 3 ou  4 pour le consommateur final,   au moment où une vague de froid polaire  a saisi le nord et le centre des Etats Unis, les distributeurs de propane américains  ont verrouillé le prix de leurs achats de propane sur le marché de gré à gré ou sur le marché à terme.

Traduction libre de l’article du 04 Oct.2014 de Nicole Friedman publié sur le site Barrons.com (« Shale Boom Rocks Propane »)

 

Odeur de gaz ? Oubliez le propanier, appelez les pompiers ! La maison explose juste après l’intervention du propanier…

 

Il va bien falloir  qu’un américain  se décide prochainement à faire un site dédié aux accidents liés au propane domestique dans son propre pays. Car la fréquence  des accidents domestiques imputables au propane en Amérique du Nord, comparé à la France,   et les circonstances  proprement  incroyables de certains de ces accidents,  méritent d’être répertoriés afin que les américains en tirent les conclusions qui s’imposent, et qu’ils puissent tirer les leçons des expériences malheureuses du passé.  En l’occurrence, et sans préjuger des suites juridiques de l’affaire en question,  cette famille américaine a commis l’erreur de croire qu’une fuite sur une simple bouteille de gaz n’était qu’un problème mineur. Cette erreur de jugement a induit une  perception erronée  de la gravité de la situation  : le propriétaire a cru le problème réglé après l’enlèvement de la bouteille de gaz fautive par   le propanier. Et elle a  jugé inutile de prévenir les pompiers. Mal lui en a pris.

Leur  grande  maison en bois du quartier historique de Danville ,dans le New Hampshire,  datant de 1727,  avait pourtant  résisté à l’outrage des siècles et  le couple  venait juste  d’en  terminer la restauration commencée 33 ans plus tôt !  Elle a bel et bien explosé une heure après que le propanier  AmeriGas  (société sœur d’Antargaz) soit venu sur place retirer une bouteille de gaz de 45 kg  (100 livres)  qui avait un problème d’étanchéïté.   La responsabilité du propanier qui n’a pas su empêcher un tel désastre sera engagée à plusieurs titres  dans une histoire qui , par chance, n’a fait  ni morts ni blessés.

Les Fosters, propriétaires de la maison,  ont eu de la chance de ne pas être dans la maison au moment fatidique : celle–ci a littéralement sauté à l’heure du dîner pendant qu’ils étaient sortis dans une pizzeria. Des centaines d’antiquités accumulés pendant toute une vie ont été détruits, dont du mobilier ancien et une importante collection de vieilles  lampe à huile. L’explosion a été provoquée par une nappe de propane accumulée dans le sous-sol où fonctionnaient des équipements ménagers.

10 minutes après être partis au restaurant, l’explosion a arraché  la maison de ses fondations et fait tomber le mur extérieur d’une chambre, en causant des dommages majeurs  à la structure. C’est un  voisin qui a prévenu les pompiers. La maison n’était pas en feu mais quoique toujours debout, elle menaçait de s’écrouler. Quand les pompiers sont arrivés, une lumière était allumée à l’étage de la maison qui en compte 2 et demi. «  Nous avions peur qu’il y ait quelqu’un à l’intérieur » a déclaré le chef des pompiers. « Quand nous nous sommes rendus compte que la maison était vide, nous avons ordonné son évacuation , c’était trop instable »

Les propriétaires, un couple d’une soixantaine d’années, étaient encore sous le choc en examinant les débris et les affaires personnelles éparpillés sur la pelouse, comme une très ancienne photo du photographe américain William Nutting. Les fenêtres de la maison ont été soufflées,  les vitres toujours intactes.

Mme Foster serre  un chandelier en verre qu’elle a trouvé dans le gazon. «  Quand vous voyez cela dans les journaux, c’est toujours pour les autres. Cette fois-ci, c’est moi ». Elle raconte comment ils ont rénové la maison pendant des décennies et comment ils profitaient désormais de leur retraite. Son mari avait fini de repeindre l’extérieur de l’immense  maison en bois  le lundi d’avant.

40 kilos de gaz ont suffi pour ruiner cette maison

Moins de 40 kilos de gaz ont suffi pour transformer cette maison en ruine inhabitable

Ce matin du 23 Septembre 2014,  le couple a senti  une forte odeur de propane   dans la maison et a remarqué immédiatement que la grande bouteille de propane posée debout sur la terrasse  était vide. Ils n’ont  pas de citerne de gaz car ils utilisent le propane uniquement pour la cuisinière, le lave-linge et le sèche-linge ( ndlr : ces appareils domestiques fonctionnant au propane  n’existent pas en France mais ils sont courants en Amérique du Nord).

Susan Foster a appelé immédiatement AmeriGas et le couple est prudemment sorti de la maison. Commença alors une longue attente de plusieurs heures sur l’allée du garage ……Le type d’AmeriGas se pointa finalement à 6 heures du soir.

« Je lui ai demandé de vérifier la bouteille car elle s’était vidée en deux mois de moins que d’habitude »

Le chauffeur a emmené la bouteille de gaz qui fuyait sans rien vérifier sur place, et promis de revenir le lendemain avec une nouvelle bouteille. Soulagé,  le couple est alors parti dîner dans la ville voisine. Une fois dans le restaurant, Susan Foster a reçu un appel d’une amie lui disant qu’  elle était «  désolée pour l’explosion dans  sa maison » .

Elle répondit stupéfaite «  Ca va pas ! T’es folle ! Tout va bien ! Je sors de la maison »

Puis elle reçu un second appel, cette fois-ci, des pompiers qui venaient de ramasser le téléphone portable de son mari au deuxième étage de la maison.

Le couple est alors rentré dare-dare et a trouvé les pompiers en train de fouiller la maison et de procéder à une première mise en sécurité. Les propriétaires ont dû trouver à se reloger ailleurs. Mme Foster a dit qu’elle avait des  doutes sur le fait que l’assurance couvre la totalité du mobilier : la plupart des antiquités sont irremplaçables.

Quant au sort de la maison historique qui servait de magasin général  à l’époque des premiers colons anglais, le pronostic du chef des pompiers sur une éventuelle réhabilitation, est plus que réservé.

En cas d’odeur suspecte,   le bureau du Fire Marshall du New Hampshire a déclaré qu’il fallait « avant toute chose prévenir les services de secours ». Autant dire clairement que prévenir le propanier ne sert  pas à grand-chose…. On en a malheureusement un bon exemple ici.

%d blogueurs aiment cette page :