Association Défense des Consommateurs de Propane

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Chèque énergie et propane, ou comment subventionner les méga-profits des propaniers avec l’argent des contribuables

La création d’un chèque énergie qui sera expérimenté dès cette année avant d’être généralisé en 2018,  va permettre  de faire bénéficier d’une aide pour payer les factures d’énergie. Ce dispositif s’adresse en priorité aux ménages disposant de revenus modestes, ceux-là même qui, ignorant l’art et la manière de s’en tirer à bon compte avec les propaniers (ou mis dans l’incapacité de changer de fournisseur du fait qu’ils sont locataires de leur logement)  payent aujourd’hui le propane de chauffage à des tarifs qui sont les plus élevés d’Europe.

L’absence de concurrence sur le marché français du GPL de chauffage  permet en effet aux 4 ou 5 grands distributeurs français de moduler le prix du propane selon le  degré de dépendance relative des différentes catégories de  clients. Avec des différences de tarif gigantesques entre anciens clients et  nouveaux clients (une différence de 50 % du prix à la tonne étant la norme et non le maximum) et des différences non moins énormes entre fournisseurs. Ce qui rend possible de telles différences de prix, c’est l’absence de concurrence entre propaniers, reflet de   l’impossibilité pour le consommateur  de changer de fournisseur  sans changer de citerne.

Le chèque-énergie  des foyers chauffés au propane va permettre de faire passer la pilule amère des tarifs du gaz pour les clients qui ne peuvent pas changer de fournisseur (notamment les locataires), sans résoudre le moins du monde le problème du prix excessif  du GPL en France. Plutôt que de verser des aides pour régler les factures de GPL,  il eût mieux valu réinjecter de la concurrence dans le secteur pour  permettre d’établir enfin un véritable prix de marché pour le propane de détail.  L’établissement d’un  prix de marché en France aurait permis de constater   que ce prix devrait  être très inférieur aux  niveaux de prix actuellement constatés en France.  Il est vrai que sur la question du propane vrac, on n’en est plus à une aberration près  ( ce genre de point de vue « anti-interventionniste » étant d’ordinaire le fait de libéraux pur jus, je précise que cette critique ne vaut QUE pour l’usage du chèque énergie dans le cadre du propane et ne constitue pas une critique en soi  du principe du chèque énergie. Le diable se cachant comme d’habitude dans les détails, il n’y a rien de pire que le dogmatisme …..).

La  ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a rendu  public cette semaine le texte qui organise l’expérimentation du chèque énergie. Mme Royal  avait fait voter la création de ce chèque dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte pour faciliter l’accès à l’énergie, simplifier l’aide apportée aux ménages disposant de revenus modestes et étendre son champ de bénéficiaires.  Elle n’avait certainement pas prévu que le chèque en question servirait surtout à alimenter les caisses des propaniers. L’article 201 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit la mise en place d’un « chèque énergie », afin d’accompagner un plus grand nombre de ménages en situation de précarité énergétique. Le chèque énergie va bénéficier à environ 4 millions de ménages, contre 3 millions pour les tarifs sociaux actuels.

Ce dispositif plus équitable que le système actuel des tarifs sociaux va bénéficier de la même façon à l’ensemble des ménages en situation de précarité, quelle que soit leur énergie de chauffage. Mais si le gouvernement a eu entièrement raison d’en généraliser le bénéfice aux consommateurs de fuel domestique, il semble avoir  méconnu le caractère artificiellement élevé des prix du propane  en France dont le véritable taux de marge  (= marge commerciale moyenne / prix d’achat HT moyen) sur le seul marché domestique   excède très largement les 100 %.  Cent pour cent de marge commerciale moyenne, c’est pourtant le taux de marge moyen  « officiel »  des propaniers révélé  par la DGCCRF    suite  à  son  « enquête de prix » chez les propaniers ( on peut voir les résultats de cette enquête sur une page dédié « Comprendre le prix du GPL » sur le site du Ministère de l’Ecologie ).

Interrogé par le président de l’ADECOPRO au sujet de ce taux de marge  qui  doit faire se tordre de rire tous les professionnels du GPL en France,  le patron de Gaz Liberté,  de passage récemment dans les Yvelines,  a eu un sourire entendu. Et d’ajouter dans un anglais approximatif, mi-rigolard mi-sérieux  :   » Une fois, j’ai essayé de  convaincre un revendeur allemand de fuel  de l’intérêt de vendre du  propane vrac,  en lui révélant la  marge commerciale  par litre des propaniers. En Allemagne, la marge commerciale sur le fuel domestique est d’environ 2 centimes d’Euros par litre.   Les chiffres pour le propane ne sont pas du tout du même ordre de grandeur.  Quand je lui ai annoncé le chiffre pour le propane, il n’a jamais voulu me croire ! ». Une belle  illustration du déni  comme  mécanisme de défense psychologique. Si le Groupement Propane Libre se voit actuellement proposer  20 minuscules tonnes de propane à moins de 500 € HT sur le marché spot ARA, je vous laisse deviner à quel prix les  grands propaniers achètent leurs dizaines de milliers de tonnes non pas sur le spot mais sur contrat……La question se pose réellement de savoir qui cherche à enfumer qui dans cette histoire de marge commerciale moyenne de 100 % !

Pour en revenir au chèque énergie, le montant moyen va varier en fonction du revenu fiscal de référence et du nombre de personnes qui composent le foyer. La valeur moyenne sera de l’ordre de 150 euros par an. Si l’on prend l’exemple d’une personne seule disposant d’un revenu fiscal de référence de 6.000 €, elle recevra chaque année un chèque de 96 € ; un couple sans enfant disposant d’un revenu fiscal de référence de  8.000 € recevra chaque année un chèque de 190 € ; un couple avec deux enfants disposant d’un revenu fiscal de référence de 10.000 € recevra chaque année un chèque de 227 €.
Le chèque énergie pourra être utilisé pour le paiement d’une dépense de fourniture d’énergie liée au logement (électricité, gaz naturel, GPL, fioul, bois…), des charges locatives auprès d’un bailleur social, d’une redevance en logement-foyer, ou pour le paiement d’une dépense liée à des travaux de rénovation énergétique du logement, lorsqu’elle entre dans les critères du crédit d’impôt transition énergétique.

Le dispositif sera géré par un établissement public, l’Agence de Services et de Paiement (ASP). Outre ses missions relatives à l’émission, à l’envoi, et au remboursement des chèques, l’ASP mettra en place un dispositif d’assistance qui aura également pour objet de traiter des réclamations.
Des dispositions spécifiques sont prévues pour le paiement des factures d’électricité et de gaz naturel : un bénéficiaire peut demander à ce que la valeur du chèque dont il bénéficiera, le cas échéant, les années suivantes soit directement affectée au paiement du même contrat de fourniture (mécanisme de pré-affectation).
Le chèque énergie sera mis en œuvre progressivement dans le cadre d’une expérimentation sur plusieurs territoires, avant sa généralisation. L’objectif est de disposer d’un échantillon de départements «urbains» et «ruraux» permettant d’évaluer l’utilisation du chèque en fonction des différents modes de chauffage, et avec un objectif d’émission de l’ordre de 150.000 à 200.000 chèques énergie en phase expérimentale. C’est pourquoi, ont été retenus les départements de l’Ardèche, Aveyron et Côtes d’Armor. Un quatrième département urbain sera intégré dans l’expérimentation.

Source principale mais non exclusive  : www.developpement-durable.gouv.fr

L’Ukraine cherche à réduire sa dépendance au GPL russe

Une guerre chasse l’autre. La guerre en Syrie a permis d’améliorer la situation entre les belligérants en Ukraine, où le  conflit est désormais gelé.  Le discours des dirigeants officiels des républiques autoproclamées s’est adapté à la nouvelle donne : beaucoup moins belliqueux, ils ne parlent plus d’indépendance mais de large autonomie au sein de l’Ukraine. A Kiev, les regards du gouvernement continuent de se porter vers une Europe qui ne souhaiterait plus « être otage de la politique » du gouvernement ukrainien, selon les mots du ministre russe des affaires étrangères.

Le conflit entre l’Ukraine et la Russie a sérieusement affecté le commerce du GPL entre les deux pays : beaucoup de points de passage transfrontaliers se situent dans la zone de conflit, ce qui a réduit considérablement la fourniture de GPL.  Les livraisons doivent  faire un détour, ce qui augmente les prix de 15-20 dollars la tonne environ. Mais malgré cela, la consommation de GPL en Ukraine connait une forte augmentation tous les ans.

L’Ukraine reste un gros consommateur de GPL et  essaie de se tourner vers les fournisseurs européens pour essayer de se sevrer des importations russes et bélarusses, lesquelles représentent respectivement 50  % et 40 % des importations du pays en 2015 (le Kazakhstan fournissant le reste). Le conflit entre l’Ukraine et la Russie au sujet des importations de gaz naturel a laissé des traces dans les esprits. Avec une consommation en augmentation de 15% par an, les analystes pensent que la part des importations de GPL va passer de 60 % à 80 % dans les prochaines années.  Le GPL carburant est très populaire en Ukraine car il coute 40 à 50 % moins cher que l’essence.

Les traders ukrainiens  se sont donc essayé à acheter des cargaisons dernièrement en Europe de l’Ouest et en Europe de l’Est notamment en Pologne, Hongrie et Pays Bas (ndlr : le fait que l’Allemagne ne soit pas mentionnée tendrait à prouver que ce pays n’est pas une source de propane bon marché pour des achats de gros en Europe…).

L’Ukraine  a acheté des petites cargaisons de GPL (jusqu’à 1000 tonnes) de Pologne en 2014 et 2015, selon les traders.

Ukrainian-LPG-station

L’Ukraine est le seul pays où on peut installer un briquet géant à côté d’une citerne de gaz, signe que la situation politique dans ce pays reste explosive

Un importateur ukrainien a  dit à l’agence Reuters avoir récemment convenu d’une expédition de propane depuis les Pays-Bas.

« Nous avons acheté nos 300 premières tonnes de propane en provenance des  Pays-Bas. On a bien vu que cela allait nous revenir assez cher, mais on peut récupérer le coût plus élevé en le revendant sur le marché des bouteilles ou des stations de remplissage de bouteilles  à l’Ouest de l’Ukraine »

Le mix propane-butane en provenance de Russie s’échange actuellement à $410  la tonne à la frontière russo-ukrainienne (chiffres de novembre 2015) et $500 lorsqu’il est livré à l’Ouest de l’Ukraine. Le GPL des Pays Bas est estimé à $550-600 livré par wagon citerne en Ukraine de l’Ouest.

« Un volume de 300 tonnes ne nous permet pas de faire un réel profit. Nous pensons que nous pouvons faire une bonne affaire uniquement si nous achetons des cargaisons de 1000 tonnes livrées par rail depuis ARA »  a expliqué à Reuters  un importateur de GPL polonais spécialisé dans les marchés de gros en Europe de l’Est.

A l’avenir le GPL pourrait être livré à l’Ukraine par la mer, dans un des trois terminaux pétroliers  du pays.

La Russie a augmenté ses exportations de GPL de 1,8% durant les 6 premiers mois de 2015 pour atteindre 2,832 millions de tonnes, selon Reuters. Les premiers clients du GPL russe sont la Turquie (576 000 tonnes) la Pologne (518 000 tonnes) la Finlande (400 000 tonnes), la Hongrie (200 000 tonnes), les Pays Bas (200 000 tonnes) et l’Ukraine (158 000 tonnes).

Source : Reuters

Citernes propane: oui à l’économie de partage, non à l’économie de l’usage

Question : en préconisant,  comme le fait l’ADECOPRO,  l’achat ou le rachat  des citernes par les consommateurs  plutôt que son l’usage dans le cadre d’une mise à disposition par les propaniers,  n’avez-vous pas le sentiment d’aller à contre-courant du mouvement actuel en faveur de la dé-possession et du partage des biens d’équipement, préconisés par les écologistes et autres défenseurs de l’économie numérique,  dans un souci louable de réduire l’impact écologique de nos sociétés ?

Réponse de l’ADECOPRO :

Tout d’abord, il convient de faire la différence entre économie de l’usage et  économie de partage.

Le partage des outils ou des biens  entre particuliers, qu’il soit spontané, ou par l’intermédiaire de plateformes sur internet me parait  une très bonne idée. De même  les citernes collectives de propane (dans des hameaux, résidences privées, copropriétés, villages….) sont effectivement le meilleur moyen de réduire l’impact écologique global de la distribution de propane vrac en évitant de déplacer des camions de livraison à répétition ( un camion de livraison de GPL consomme 20 litres de gasoil au 100 km) ou en ne fabriquant qu’une seule citerne (fut-elle de plus grande taille), tout en faisant baisser considérablement  le prix d’achat du propane. N’importe quel   groupement de particuliers qui s’organiserait pour partager une citerne collective de 20 tonnes dans un hameau au fin fond de la Creuse pourrait obtenir demain  du propane spot à 500 € TTC  la tonne (même prix d’achat que le Groupement en Janvier 2016),  en passant commande directement en Belgique ou aux Pays-Bas (marché ARA). Bien sûr,  il  faudra tenir compte des investissements nécessaires pour acheter la citerne et relier les différentes maisons entre elles. Mais le coût de création d’un réseau  reste in fine peu élevé  tant que le réseau ne traverse que des terrains privés.  En groupant 10 maisons d’un même hameau autour d’une citerne unique de 20 tonnes, l’investissement serait à peine supérieur pour les habitants à l’achat de  10 citernes individuelles,  et le prix du propane sur le marché de gros serait  divisé par trois par rapport au prix sur le marché de détail  !

Le propane moins cher que le gaz naturel ou le fuel, qui peut paraître une vue de l’esprit  à ceux qui n’ont pas suffisamment creusé  la question,  c’est donc possible dès aujourd’hui. Pour autant, bien sûr,  que la citerne devienne un bien  commun aux différents utilisateurs. Et non à un propanier.  De tels projets en commun de citerne libre de propane  sont parfaitement réalisables. Les propaniers le savent bien qui  s’entendent  pour  tuer dans l’œuf  des projets collectifs alternatifs refusant l’exclusivité de remplissage,  en offrant aux rares velléitaires des conditions d’achat du gaz  tellement intéressantes les premières années que les plus déterminés finissent par baisser les bras. Rares sont les gestionnaires de projets qui réalisent ce que signifie le fait de se lier pour 30 ans ou 40 ans  à un même propanier.  D’une manière plus générale,  la façon  dont les propaniers encouragent l’installation de citernes individuelles dans les pavillons sans se poser la question  de possibles projets en réseau,  (sauf, évidement  si ces réseaux prévoient  une exclusivité de remplissage à leur profit !),  interdit d’optimiser la distribution du propane vrac en France au plan économique comme au plan écologique. Contrairement à ce qu’ils prétendent dans leur lobbying auprès des pouvoirs publics,  les stratégies commerciales des propaniers constituent bel et bien  un obstacle pour une rationalisation de la distribution des énergies carbonées hors réseau.

Venons en à la seconde question  :  l’intérêt   de développer  les principes d’une  «économie de l’usage»,  rebaptisée quelques fois « économie de fonctionnalité ». De cette économie de l’usage,  nous avons le meilleur contre-exemple possible  sous les yeux. Qu’est ce qu’une citerne  de gaz qui n’est ni achetée, ni louée  par le consommateur ( c’est le cas de 80 % des citernes en France ) et dont le coût réel de mise à disposition n’est pas connu de l’utilisateur ? Ce n’est qu’une  citerne en « prêt à usage » ?  D’après le code civil, le prêt à usage (ou commodat)  est un contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour s’en servir, à la charge par le preneur de la rendre après s’en être servi.  On voit à quelles dissimulations et à quelles dérives le système de prêt à usage de citerne de gaz nous a mené depuis 40 ans sur le secteur du GPL. Et pourtant la littérature économique, jamais en retard d’une mode dès lors qu’il s’agit de faire vendre,  ne tarit plus d’éloges pour cette nouvelle économie : «  l’économie de fonctionnalité consiste à remplacer la notion de vente du bien par celle de la vente de l’usage du bien, ce qui entraîne le découplage de la valeur ajoutée et de la consommation d’énergie et de matières premières. C’est Michelin qui facture les kilomètres parcourus par les camions équipés de ses pneus au lieu de les vendre, c’est Xerox ou Lexmark qui facture les photocopies à l’unité, au lieu de vendre ou de louer les machines, c’est JC Decaux qui loue des Vélib’ au lieu de vendre des vélos. » Et ce sont les propaniers qui vous vendent du gaz au lieu de vous vendre la citerne. Et la conclusion est immanquablement : « le paradoxe de l’économie de fonctionnalité est de permettre à la fois l’abaissement des prix  et l’accroissement des marges ». Pour l’accroissement des marges des producteurs devenus fournisseurs de service, on n’a aucun doute sur la question !  Mais au vu de la manière dont les propaniers utilisent  le prêt à usage des citernes pour gêner l’irruption de toute concurrence indésirable (notamment par des contrats d’entretien  obligatoires  de longue durée),  ou pour  bâtir des stratégies commerciales oligopolistiques  , les citoyens ont  intérêt à y regarder à deux fois avant de se laisser déposséder de leurs biens par une économie de l’usage organisée au profit des multinationales.  Cette nouvelle économie ne serait-elle pas plus prosaïquement une mesure d’accompagnement du processus actuel de paupérisation des populations ?

Les consommateurs de propane, quant à eux, ont tout intérêt à ne plus être de simples « usagers » de leur citerne  et à en redevenir propriétaires, s’ils veulent éviter d’ « accroître »  encore plus les  « marges » des propaniers. Même si cela leur coûte  un peu plus cher au départ.

Après la levée des sanctions, l’Iran prêt à reprendre ses exportations de GPL vers l’Europe dans un marché totalement saturé

Sans surprise, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a validé, le samedi 16 janvier, la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien. Grâce à des inspections sur place, elle estime pouvoir affirmer que Téhéran respecte les engagements pris l’été dernier. Les très nombreuses sanctions, multilatérales et nationales, adoptées à son encontre par l’ONU,   les États-Unis et l’Union Européenne vont donc progressivement être levées, ce qui provoque la sidération, mais également une colère sourde, en Arabie saoudite comme en Israel.
La levée des sanctions portant sur le commerce du pétrole iranien doit permettre à Téhéran d’augmenter rapidement sa production de 500 000 barils par jours, et de doubler ses capacités dans l’année à 2 millions de barils.

Les sanctions adoptées par les pays occidentaux sur l’industrie pétrolière iranienne  ont  aussi  impacté les exportations iraniennes de GPL :  les clients se sont interrogé  ces dernières années  pour savoir si le GPL devait être considéré comme un produit pétrolier ou un produit gazier, et donc s’il tombait ou non  sous le coup des sanctions. Ne trouvant pas de réponse définitive (le GPL est un sous produit du raffinage du pétrole mais se trouve aussi dans le gaz naturel dont il est séparé), les acheteurs ont eu tendance à jouer la carte de la  prudence. En outre, le pays a eu pour les mêmes raisons quelques problèmes avec ses assureurs étrangers, qui refusaient de couvrir le risque sur les cargos iraniens.

Avant le durcissement des sanctions en 2012, l’Iran exportait 4 millions de tonnes de GPL par an, principalement en Europe et en Corée du Sud. Les compagnies japonaises assuraient les cargaisons des transporteurs étrangers venant charger en Iran à destination des clients exports. Depuis les sanctions, les échanges avec  l’Europe étaient interrompu, et les acheteurs asiatiques alignés sur Washington avaient réduit leurs importations en provenance de la République Islamique. En 2014, au plus fort des sanctions, les exportations iraniennes de GPL ont totalisé 3 millions de tonnes : les plus gros clients sont  la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Irak et les pays voisins de l’Iran selon le directeur de l’IGCC (Iranian Gas Commercial Company). L’Inde et la Turquie sont intéressés par augmenter leurs importations de GPL d’Iran.

iran LPG

L’Iran a annoncé qu’après la levée des sanctions, elle pourrait faire passer ses exportations de GPL de 4 millions de tonnes/an à 6 millions de tonnes/an. De nouvelles raffineries doivent voir le jour en 2017, notamment dans la Zone Economique Spéciale de Pars, sur le littoral du Golfe Persique au sud de l’Iran.

Pour anticiper cette augmentation des exportations, et de manière à pouvoir continuer à exporter malgré les sanctions, l’Iran avait  doublé ses dernières années la capacité de sa  flotte de cargos spécialisés dans le transport du GPL. Elle possédait jusqu’à présent 8 VLGC pour le transport de GPL et des produits de la pétrochimie.   L’addition de  15 vaisseaux  supplémentaires neufs et  d’occasion (de taille moindre que les VLGC)  dispense désormais  l’Iran d’avoir recours à des transporteurs étrangers.  Cinq  de ces vaisseaux ont été achetés par la National Iranian Tanker Company et les autres par le secteur privé. Le fait que les cargos iraniens n’emportent que des grosses quantités est un facteur limitant pour l’exportation vers l’Afrique, marché qui intéresse l’Iran, mais où les ports sont de faible tonnage. Le transbordement en mer à bord de vaisseaux plus petits capables de s’amarrer sur les quais au Mozambique ou au Ghana est une solution envisagée.

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