Association Défense des Consommateurs de Propane

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Monthly Archives: septembre 2016

Engorgement du marché mondial du GPL : une filiale d’EDF perd près d’un million de dollars

 

 

L’entreprise EDF Trading,  filiale de l’électricien français EDF, qui s’amuse apparemment à arbitrer sur le marchés de gros du GPL en dépit du fait que l’électricien français soit absent de la vente de GPL au détail ( « si on ne peut plus spéculer sur tout et n’importe quoi »),  vient de perdre 1 million de dollars sur des contrats  de GPL qu’elle préfère ne pas honorer, selon  un article de l’agence Reuters daté de juillet dernier.  Voilà qui va arranger encore plus les affaires de notre électricien national déjà fort à la peine …

 

Les traders sur le marché du gaz de pétrole liquéfié (GPL) font face à un engorgement qui pourrait avoir raison de leur carrière, et qui a déjà conduit à plusieurs millions de dollars de pertes, tandis que les négociations entre les compagnies  gazières  et les acheteurs chinois visant à annuler les contrats   sont dans une impasse, et risquent d’aggraver la situation de marchés déjà largement  saturés.

Le marché mondial  du GPL,  collection  de  marchés de niche répartis aux quatre coins du globe, a gonflé considérablement avec l’arrivée des exportations américaines de propane issu du gaz de schiste. Les Etats Unis sont passés du statut d’importateur au statut de plus gros exportateur de propane en quelques années, rivalisant avec les producteurs des pays du Golfe.

« Je ne peux pas me rappeler que les choses aient jamais été aussi désastreuses. Il y eu cette production massive des Etats-Unis et les gens ont espéré que le marché chinois absorberait tout » raconte un trader de  GPL.

« La demande a été très forte dans les 4 premiers mois de 2016, avec des prix du pétrole très bas, mais cela s’est arrêté en mai et le marché est maintenant excédentaire de plusieurs millions de tonnes »

Un engorgement était certes attendu,  mais sa sévérité a pris la plupart des traders par surprise. Il est vraisemblable que cet épisode servira d’avertissement gratuit aux traders de GNL (gas naturel liquéfié), dont la surproduction est elle aussi, de plus en plus manifeste.

Les traders de GPL se sont retrouvés sur le carreau, réduits  à essayer de minorer leurs pertes tandis que  la Chine n’arrivait pas  à entrainer la demande.

Au moins 5 entreprises de trading : Vitol, Gunvor, Shell, BP et EDF Trading, ont annulé des chargements prévus en Juillet, au départ des deux grands terminaux texans de GPL, préférant payer des pénalités pouvant atteindre  1 million de dollars par cargo.

Beaucoup de ces traders ont signé des contrats d’achat pluriannuels, mais la prime d’arbitrage sur le spot par rapport au prix de référence de Mont Belvieu a plongé à environ 40 dollars cette année, rendant impossible tout transport maritime même sur une base contractualisée.

Les contrats d’achat ont été signés lorsque le prix de référence américain se situait entre 150 et 200 dollars en dessous du prix de référence européen (ARA) ou du prix officiel du propane en Arabie Saoudite (ARAMCO). Mais  le spread entre les USA et le reste du monde s’est considérablement réduit en 2016, rendant les exportations américaines soudainement inintéressantes vers l’Asie.

Les utilisateurs chinois sont maintenant en train d’annuler ou de renégocier leurs contrats à terme, en prenant avantage des surplus disponibles au Moyen Orient et d’une alternative meilleur marché que le propane, à savoir  le naphta.

La demande chinoise s’est ralentie en 2016 du fait de la baisse des marges sur le propylène, ce qui a conduit à ralentir la production et à retarder le démarrage de nouvelles installations. Après avoir touché le fond, on s’attend à ce que le marché se rééquilibre avant la fin de l’année dans un contexte de surproduction persistante.

Les différents entre acheteurs et traders ont dans certains cas débouché sur des altercations ouvertes et des immobilisations de tankers.

Durant une conférence GPL qui s’est tenue avant l’été en Chine, un trader a raconté qu’il a assisté à une « discussion  houleuse entre les chinois et les fournisseurs américains, en dehors de la salle de conférence, près du café… Tout le monde  faisait semblait de ne pas paraître en train d’écouter ce qu’ils disaient… »

Targa Resources , opérateur d’un terminal d’exportation au Texas s’est retrouvé coincé sur des contrats avec des acheteurs chinois, et cherche à obtenir des dommages et intérêts de plus de 1 million de dollars auprès de China Soft Packaging Group, selon des documents enregistrés auprès de la Cour d’un comté du Texas.

« Les fournisseurs américains se sont fait des marges très confortables en 2015 et ils doivent maintenant accepter de négocier  les prix » selon une source haut placé chez un des acheteurs de GPL chinois.

Le groupe Oriental Energy International Trading basé à Hong Kong, a eu aussi quelques démêlés avec Targa et le trader grec de GPL Naftomar. Targa a laissé le tanker Kikyo d’Oriental se morfondre pendant des semaines au large du Texas au mois de Juin. Le navire Constellation de Naftomar a été coincé à l’extérieur  du port chinois de Ningbo, selon un trader de Naftomar.

SK Chemical Trading basé à Singapour, a récemment annulé des contrats avec Naftomar, Petredec et Shell, après que leur acheteur  Zhejian Shaoxing Sanyuan Petrochemical  ait décidé de faire  volte-face sur ses commandes.

Un trader a déclaré que la déroute actuelle des prix du propane était en train de ruiner des carrières de traders, et pouvait avoir des conséquences à la  « OK Corral », faisant référence à la fameuse fusillade  historique  (26 Octobre 1881  Tombstone , Arizona) à l’époque de la conquête de l’Ouest.

Source  : Reuters 19 Juillet 2016 « Oil traders lose millions as LPG glut shocks market »

 

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Le Brésil enquête sur les pratiques de collusion de prix dans le GPL.  Petrobras vend sa filiale de distribution de GPL.

 

L’agence antitrust du Brésil, le Conseil Administratif de Défense Economique (CADE) , a ouvert  une enquête  au sujet de  11 entreprises suspectées de pratiques anti-concurrentielles.  Cette  enquête porte sur des allégations de collusion de prix dans le secteur du GPL, et de partage des clients dans les états du Nord Est (Amazonie).

Dans une déclaration officielle, le CADE,  basé à Brasilia, a fait savoir que ces sociétés échangeaient des informations et imposaient des restrictions aux revendeurs de manière à «  promouvoir une régulation artificielle du marché et à faciliter un fonctionnement de type  cartel ». L’agence n’a pas fait d’estimation sur le nombre de consommateurs lésés du fait de ces pratiques.

Les sociétés incriminées incluent Liquigas Distribuidora SA,  filiale GPL de l’entreprise nationale Petrobras, mise aux enchères par sa maison-mère en Juin dernier, et Ultragaz, bien connue des lecteurs de ce site (voir les archives ) pour avoir vainement  tenté naguère de racheter notre Butagaz national.

Cette enquête est la dernière d’une série destinée à lutter contre les pratiques de corruption par les  grandes entreprises au Brésil. Ces enquêtes ont mis à jour un vaste système de pots de vin entre  firmes nationales et  groupes d’ingénierie privés. Le scandale politique qui en a  résulté a été à l’origine du processus de destitution de la présidente Dilma Rousseff.

Les suspicions concernant un éventuel cartel  dans le secteur du GPL sont apparues en 2009 quand l’organisme chargé de la surveillance du secteur pétrolier, l’ANP (Agence Nationale du Pétrole , du Gaz Naturel et des Biocombustibles) , a déposé une plainte, suivie immédiatement d’une série d’investigations de la police et du procureur.  Des perquisitions et des raids ont été menés l’année suivante dans le cadre d’une enquête sur des pratiques de tarification anti-concurrentielles.

A la suite de cela, les distributeurs de GPL   Minasgas SA et Supergasbras Energia Ltda, qui font aussi partie de l’enquête actuelle du CADE, ainsi que certains cadres, ont cherché à négocier des  arrangements.  Cade n’a pas révélé la nature de ces accords.

Source :  Reuters 25  Aout 2016  : « Brazil probes Petrobras Ultrapar gas units for alleged price fixing »

Le Mexique libéralise l’importation du GPL. PEMEX en déconfiture.

 

La remise à plat du fonctionnement de secteur du l’énergie par le gouvernement mexicain en Janvier dernier pour la première fois, a donné aux concurrents de Petroleos Mexicanos (l’ancien monopole d’Etat) la possibilité d’importer  du GPL (propane et butane). Des dizaines de distributeurs  qui officiaient depuis des années comme simples transporteurs pour le compte de PEMEX, peuvent désormais transporter le propane qu’ils importent eux-mêmes, évinçant du même coup l’entreprise  nationale de sa propre filière d’approvisionnement.

Au cours des 6 premiers mois de 2016, pendant que les importations  de GPL bondissaient de 43% , les importations de  PEMEX ont plongé de 28%. La société a eu beau baisser  ses prix de vente et augmenter  la production dans ses propres raffineries, de manière à rester compétitive, les analystes affirment que Pemex va avoir énormément de mal à endiguer la progression des propaniers indépendants solidement installés dans les communautés locales.

«  Ils vont avoir beaucoup de mal à devenir des traders efficaces. Je ne les vois pas devenir un acteur de premier rang sur le long terme » affirme un consultant spécialisé chez Ernst & Young LLP.

Octavio Perez, président de l’Association mexicaine des distributeurs de GPL, prédit que le rôle de Pemex comme importateur va progressivement disparaître.

Ces changements surviennent alors que la demande de GPL au Mexique a augmenté de 7 % cette année à 300 000 barrils/jour.  Les pertes d’exploitation  de Pemex (qui ont doublé cette année pour atteindre le chiffre record de 22 milliards de dollars) et son endettement gigantesque (presque 100 milliards ) rendent compliqué  la recherche de joint-ventures ou la stabilisation de sa production.

Pire encore, l’expérience du propane pourrait se répéter avec les autres produits raffinés. « Le GPL a été un des premiers à être libéralisé. Ca ne serait pas surprenant  de voir Pemex subir le même sort dans l’essence ou le diesel »

En Avril, Pemex a commencé à offrir des remises de prix aux distributeurs de GPL, de manière à garder ses clients autrefois obligés de passer par le monopole d’Etat,  selon un représentant de la compagnie.

Le Mexique reçoit presque tout son GPL des Etats Unis, où le propane est vendu à un prix très bas. Au cours des 3 dernières années, les prix ont été plus que divisés par deux, les consommateurs mexicains ayant bénéficié de cette baisse.

Fin  Août, le gouvernement a réduit les prix du GPL (réglementés au Mexique) de 10 % en moyenne pour refléter les baisses de prix sur les marchés internationaux. Ce sont surtout les  vastes territoires intérieurs sans accès au gaz naturel  qui vont bénéficier d’un GPL bon marché.

Source : Bloomberg 26 Aout 2016

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