Association Défense des Consommateurs de Propane

Accueil » 2018 » mars

Archives Mensuelles: mars 2018

Sur les prétendus inconvénients d’être propriétaire de sa citerne de gaz selon le site Picbleu

Picbleu  « le site de l’habitat durable »  est maqué avec les grands propaniers qui payent pour leur publicité déguisée sur ce site. L’ADECOPRO n’est financée que par les cotisations de ses membres. Les dépenses de son site Internet depuis sa création s’élèvent à zéro euro.

Les propaniers voulant garder le monopole du stockage du propane vrac en France pour empêcher l’apparition d’un marché libre, l’achat de la citerne est  naturellement présenté comme une alternative peu intéressante par le site Picbleu. Qu’en est-il en réalité ?

Nous reproduisons ci-dessous  le  texte du site de Picbleu relatif à l’intérêt d’acheter sa citerne de gaz  (tel que copié le 31 mars 2018). Pour ne pas ajouter à la confusion des arguments, nous les avons numérotés un à un. Nous reprenons ensuite ces arguments en expliquant pourquoi il s’agit de la sempiternelle propagande des propaniers.

 

QUOTE

Quels sont les inconvénients d’être propriétaire de sa citerne de gaz propane ?

En théorie, choisir son fournisseur lors de chaque livraison paraît intéressant, mais se heurte à quelques contraintes.

1)Les frais liés aux services d’entretien et de maintenance sont à la charge du propriétaire.
2)Les fournisseurs proposent aux clients propriétaires de leur citerne des contrats d’une durée déterminée pour la livraison de gaz propane.
3)Le client doit se charger de souscrire les contrats liés à l’entretien et à la maintenance de la citerne.
4)L’entretien et la maintenance de la citerne de gaz sont généralement compris dans l’abonnement réglé mensuellement par le client, mais dans l’achat ils sont indépendants.
5)Le client doit mettre en concurrence les différents prestataires de services chargés de l’entretien et de la maintenance des citernes afin de tenter d’obtenir les tarifs les plus avantageux. Une tâche difficile en raison de la complexité des contrats pour un non-initié et de la perpétuelle évolution d’une année sur l’autre.

Théoriquement, il peut sembler plus aisé de faire jouer la concurrence et d’opter pour un fournisseur plus compétitif lorsqu’on est propriétaire de sa citerne, ce qui en évite les frais d’implantation ou de retrait de la citerne.

L’achat d’une citerne n’est pas vraiment intéressant en France, car l’entretien coûteux (annuel ou triennal) est à la charge de l’usager.

6)De plus, un contrat lié d’exclusivité de fourniture et d’entretien est signé obligatoirement avec le distributeur choisi. Mais il existe une solution.

UNQUOTE

 

Voici maintenant les commentaires de l’ADECOPRO sur ce texte de Picbleu

1)Concernant les frais liés aux services de maintenance et d’entretien d’un équipement loué ou acheté, ils sont TOUJOURS à la charge du client final, que celui-ci soit propriétaire ou locataire de la citerne. Idem pour une voiture.  Picbleu croit-il réellement que le propanier va accepter de mettre des citernes à disposition gratuitement, sans en amortir le prix d’achat et sans faire payer les frais d’entretien réglementaire par ses clients ? Pourquoi Picbleu fait-il semblant de croire le contraire ? Certes, d’un propanier à l’autre, la méthode de refacturation  des frais d’entretien et de maintenance est différente : chez Butagaz et Primagaz, ces frais ne sont pas intégrés au prix du gaz,  ils font l’objet d’une facturation distincte, alors qu’ils sont le plus souvent intégrés chez Antargaz et Finagaz   (et toujours intégrés au prix du combustible chez Vitogaz). Quelle que soit la manière d’intégrer les coûts pour les faire payer par le consommateur, le résultat est strictement le même : tous les propaniers font payer l’entretien de la citerne à leur client. C’est un mensonge de faire croire le contraire

2)Les contrats de fourniture de propane pour les propriétaires de citerne et pour les non-propriétaires sont identiques pour ce qui concerne la durée : c’est toujours une durée fixe de X années suivi d’une période de tacite reconduction à durée indéterminée. La loi impose ce cadre contractuel. Il est donc faux d’affirmer que les contrats ne se renouvellent pas automatiquement pour les propriétaires de citerne de gaz comme c’est le cas pour les citernes mises à disposition. Encore un mensonge signé Picbleu.

3)Le propriétaire doit veiller à ce que sa citerne soit dûment entretenue. C’est ce que dit la réglementation. Mais la réglementation ne précise pas que le propriétaire est tenu de faire un appel d’offre auprès de la dizaine de prestataires existants. Il peut se contenter de retenir l’offre que sera tenu de lui faire le propanier dès lors que le propriétaire de la citerne lui en fera la demande.  En faisant croire qu’il pourrait être compliqué pour un propriétaire de citerne de faire assurer  l’entretien et la maintenance de sa citerne, Picbleu noircit le tableau à dessein, et prend ses lecteurs pour des imbéciles.

4)Le lecteur attentif notera que le point 4 contredit le point 1  ! En effet dans le point 4 Picbleu affirme que les clients qui payent un abonnement (aussi appelé terme annuel) payent «généralement»  l’entretien  et la maintenance de la citerne à travers cet abonnement, alors que le point 1 insinuait que  les non-propriétaires de citerne n’étaient pas tenus de payer cette somme.  A la décharge de Picbleu, la confusion est volontairement entretenue par le système de facturation nébuleux des propaniers. Sur le fond,  l’argument du point 4 ne concerne que les modalités de paiement des frais d’entretien et de maintenance et non le principe de leur prise en charge. Ces modalités différant notablement d’un propanier à l’autre comme expliqué au point 1, on ne peut faire aucune généralisation, ni tirer aucune règle concernant une différence de traitement entre propriétaires et non-propriétaires de citerne.

5)Le point 5 est une répétition du point 3. Comme indiqué au point 3 la réglementation ne précise pas auprès de qui le propriétaire de citerne doit s’adresser pour la maintenance de sa citerne. Il peut s’adresser auprès d’une société spécialisée ou auprès du propanier qu’il vient de choisir (lequel sous-traitera tout ou partie de cet entretien aux mêmes sociétés spécialisées). Le but de Picbleu étant de dissuader les consommateurs d’acheter leur citerne, le site ne précise pas que le client a aussi la possibilité de s’adresser à son propre propanier. Il ne précise pas non plus que cette solution reste la plus simple et la moins coûteuse, en l’état actuel des choses.

Pour prendre le meilleur exemple que je connaisse : je suis  un professionnel de l’hôtellerie, propriétaire de ma citerne de 4300 litres (2 tonnes). Je dispose d’un contrat d’entretien et de maintenance  ( contrat d’une seule page et non pas de 10 pages)  spécifique aux propriétaires de citerne. Au plan juridique,  et contrairement aux bêtises publiées par Picbleu,  ce contrat ne présente aucune complexité juridique en comparaison des contrats piégeux de fourniture de gaz dédiés aux non-propriétaires de citernes de gaz. Le coût annuel d’entretien et de maintenance de cette citerne est de 60 € par an.

6)Le point 6 dit que le propriétaire de citerne doit obligatoirement signer un contrat exclusif de fourniture et d’entretien de la citerne. On notera là encore que le point 6 contredit partiellement le point 5 : dans le point 5 Picbleu affirme que le propriétaire de la citerne est livré à lui-même pour trouver un prestataire  pour signer un contrat d’entretien et de maintenance et dans le point 6 Picbleu affirme que le propriétaire  doit obligatoirement signer un contrat d’entretien avec son fournisseur attitré !  Une telle confusion d’esprit rappelle les explications vaseuses des commerciaux travaillant pour les propaniers. Ca sent l’enfumage à plein nez.

Sur le fond du point 6, les grands propaniers du CFBP peuvent en effet exiger du propriétaire de citerne qu’il signe un contrat d’exclusivité pour un an, voire deux ou trois ans, et peuvent lui proposer un contrat d’entretien (que le consommateur aura tout intérêt à signer- voir plus haut). Cependant tout contrat d’approvisionnement et d’entretien avec un propriétaire de citerne d’une durée supérieure à un an pourrait  être considéré comme abusif, comme la DGCCRF a déjà eu l’occasion de le rappeler aux députés de la précédente Législature (via les questions au Gouvernement) et au président de l’ADECOPRO.

Voilà donc pour les arguments avancés par Picbleu contre l’achat de citernes de gaz. Le  verdict est sévère : ce site raconte n’importe quoi et n’est pas capable d’articuler un seul argument valable CONTRE l’intérêt pour le consommateur d’acheter ou de racheter sa  citerne de gaz.

En ce qui concerne les nombreux avantages détenus par le seul propriétaire de citerne, on notera que Picbleu a oublié de mentionner que le propanier est dans l’impossibilité matérielle d’organiser l’embargo d’une citerne propriété-client. Le  propriétaire  peut en effet remplir sa citerne auprès de qui bon lui semble sans attendre la fin de son contrat : les propriétaires de citerne n’ayant pas de pénalités de résiliation anticipée à payer aux termes de leur contrat,  peuvent résilier ce dernier à tout moment passé la première année, et notamment dès que le propanier entend les priver d’une livraison pour une raison  ou pour une autre….

En effet  il est bon de savoir que les propaniers ne se privent pas de refuser de livrer les clients qu’ils considèrent, à TORT ou à raison, comme de mauvais payeurs. Lorsqu’on connait le nombre d’incidents de paiement avec les propaniers (voir sur ce sujet les nombreuses plaintes sur le forum du site  » 60 millions de consommateurs ») , on se dit qu’on a quelques raisons de vouloir devenir propriétaire de sa citerne, histoire de ne pas subir un refus de livraison en plein hiver  pour un bête changement de compte bancaire dont les services comptables du propanier n’auraient pas tenu compte.

 

 

TICPE sur le propane : potiers et verriers demandent à être revernis

Le gaz est le meilleur ami du potier et du verrier depuis que ces artisans,  témoignage d’une époque bénie où le mot était encore synonyme d’artiste, ont troqué le bois ou le charbon comme combustible  pour un  four de cuisson au propane. Ces créateurs ne savent pas seulement tourner la glaise ou souffler le verre. Ils savent aussi souffler de bonnes questions aux députés dont ils ont su gagner l’oreille.

En moins d’une semaine deux députés de droite (Les Républicains), Valérie Beauvais et Fabrice Brun,  tous deux sensibles au sort des métiers d’art, l’un pour des raisons électorales, l’autre pour des raisons de coeur, ont posé quasiment la même question au gouvernement. Voici le texte de la question de Fabrice Brun  :

« La perspective d’une TICPE sur le propane menace le fonctionnement et l’existence de près de 1 200 petits ateliers d’art indépendants, potiers et verriers, secteur qui subit déjà une des fiscalités les (plus)  lourdes au sein de l’Union européenne en matière de gaz propane liquide (GPL). Le GPL est, pour l’obtention des émaux, l’énergie la moins polluante par rapport à toutes les autres énergies fossiles, et nous ne pouvons pas nous en passer. Depuis des millénaires, la poterie et le verre ont toujours nécessité, pour l’obtention de certaines matières, une combustion non neutre que l’électricité ne peut pas apporter. Les professionnels de ce secteur demandent aux pouvoirs publics d’étudier une exonération de la TICPE pour leur profession, à l’instar de celle est accordée par l’article 266 quinquies du Code des Douanes, pour le gaz naturel dont bénéficient les professions qui entrent dans le cadre de fabrication de produits minéraux non métalliques (fabrication de verre, produits en céramique, carreaux tuiles). Cette mesure permettrait de garantir la survie des 1 200 ateliers d’art, liés directement au patrimoine culturel français (savoir-faire en péril) et acteurs majeurs de l’économie, du tourisme, et du maintien d’un tissu social et rural.. »

On se demande bien où ce député ardéchois est allé chercher cette histoire de fiscalité « déjà  lourde », alors que le propane bénéficiait au contraire jusqu’à présent  de la fiscalité la plus légère qui soit  pour un produit pétrolier. Encore un député qui travaille ses dossiers avant de poser des questions au gouvernement !  J’imagine que Mr Brun, venu d’un département connu pour son  artisanat d’art et sa crème de marrons ( dont la cuisson nécessite beaucoup de gaz, si j’en crois mon épouse….)  a dû entendre dire que le propane vrac français est un des plus chers d’Europe . Ce qui est certainement vrai. Ses préjugés de classe ou sa « hantise » fiscale lui auront fait déduire à tort que la faute  de ce prix élevé en incombe forcément aux taxes étatiques  ! Manque de bol, ce n’est pas du tout le cas et c’est même tout le contraire : ce sont les affairistes du parti de Mr Brun qui sont responsables de cette avanie.

Bien qu’elle ait été élue comme néo-députée en 2017 sous les couleurs du même parti LR ( avec le soutien de son ami Edouard Philippe, lequel n’a pas soutenu le candidat local En Marche….), Valérie Beauvais n’a pas commis la même erreur que son collègue, preuve qu’elle travaille un peu plus ses dossiers. Chez Mme Beauvais, point de complainte sur la  lourde fiscalité du propane ni, d’ailleurs, sur le prix très élevé du propane vrac en France. Cette élusion volontaire  (élusion : action d’éluder) prive son intervention d’une grande partie de sa pertinence.  Car si le propane français était au même prix qu’en Allemagne ou en Belgique, les artisans  français auraient moins de réticence à s’acquitter d’une nouvelle taxe sur le propane. Faute d’avoir eu le courage de dénoncer le prix trop élevé du propane, Mme Beauvais, épouse d’un artisan installé dans la Marne, se contente d’une exposition un peu trop étriquée du problème de l’imposition du propane à la TICPE. Mais n’est-il pas dans la nature même de la Droite de ne jamais parler de la CAUSE  PREMIERE des problèmes dont il lui arrive souvent  de dénoncer les conséquences ?

En passant,  on apprend que les potiers et les verriers travaillant au gaz naturel disposent d’une niche fiscalo-douanière spécifique à leur profession. Le problème de ce genre d’intervention, c’est qu’en donnant trop de publicité à d’anciens  privilèges oubliés dans les profondeurs des placards de Bercy,   on risque d’obtenir le résultat inverse de celui recherché. Je vois bien Macron  supprimer jupiterement la niche des potiers-verriers sur le gaz naturel   pour ne pas avoir à en créer une sur le propane vrac. Surtout si les grands verriers devenues de véritables multinationales,  qui ont fait le renom international de la France en matière d’art de la table ( Cristallerie d’Arques, Baccarat..) ne sont plus concernés par cet ancien régime d’exception douanière.

Si vous, braves  artisans potiers et verriers,  n’obtenez pas gain de cause auprès du gouvernement pour l’exonération de la TICPE,  je vous propose de vous aider à monter votre propre société de distribution de propane. Investissement minimum. Allègement maximum pour vos comptes de charges.  Et vive l’Ardèche libre….

Vous pensez que c’est utopique ? Figurez-vous que j’ai trouvé dernièrement sur internet une Réserve indienne dans le Dakota du Sud  qui a monté   sa propre coopérative  de distribution de propane vrac ( je vous raconterai cette histoire dans un prochain article). La question de la création de leur propre coopérative de distribution s’est imposée aux autorités de la Réserve pour des raisons sociales ( et non pour des raisons fiscales) : les indiens payent le propane grâce aux  aides du gouvernement et non grâce aux royalties sur le gaz de schiste lequel se trouve pourtant en abondance dans ce coin de terre où les américains les ont  réduit à l’état de misère. Résultat : les familles achètent seulement pour 100 $ de propane à la fois. Les distributeurs locaux ont arrêté de livrer ces familles habitant des  hameaux de quelques maisons, éparpillées dans les immenses plaines…Petites commandes, dispersion géographique….la pire clientèle qui soit  pour un propanier ordinaire.

Vous, potiers et verriers, qui vivez aussi de la terre mais sans revendiquer le sésame d’agriculteurs. Vous qui vivez du travail de vos mains pour mieux  rester libre dans  vos pensées.  Vous qui transmettez inlassablement les arts et les techniques de nos  ancêtres, vous êtes un peu nos Iroquois et nos Mohicans à nous.  Comment pouvez-vous attendre de nos députés  en CDD qu’ils résolvent vos problèmes de gaz, si des fonctionnaires de la DGCCRF bénéficiant du statut protecteur de  la fonction publique ont fait preuve de leur inefficacité  en dépit d’un emploi garanti à vie, qui les  autorise à mener la vie dure aux gros capitalistes  ? 

Mais qu’est ce qui vous empêche de faire comme les  indiens du Dakota ? N’attendez pas qu’on vous parque dans la réserve des métiers disparus.  Créez votre propre société de distribution de propane !  Et vous verrez que tout le monde vous rejoindra. Faites ce que nulle coopérative agricole n’a osé faire en France, prenez votre destin énergétique en mains. Vous verrez, c’est bien plus facile de créer une nouvelle entreprise de distribution de gaz en citerne  que de chasser le bison avec un arc en chevauchant à cru……

 

Buffalo skulls

La chasse au bison à l’ère du fusil n’avait plus rien d’artisanal comme au temps des indiens. Cranes de bison prêts à être réduits en poudre comme fertilisant et pour la fabrication de la porcelaine fine à l’os ou « fine bone china » (photo prise à Detroit, vers 1860)

 

 

Boostheat,  la chaudière gaz qui jette un froid            

 

Avez-vous entendu parler de la nouvelle chaudière BoostHeat ? Non ? C’est normal,  son industrialisation démarre à peine.  Vous ne pourrez l’acheter, si tout va bien, qu’au second semestre de cette année. Quelque part du côté de Lyon, dans les anciens locaux de Bosch  laissés vacants par la désindustrialisation galopante de la France, une nouvelle chaudière révolutionnaire est en train de naître qui sera parait-il deux fois plus économe que les meilleures chaudières à gaz actuellement présentes sur le marché.

Vu comme ça, ça a l’air particulièrement alléchant. Cette chaudière arrive à point nommé pour ceux qui souhaitent remplacer prochainement leur vieil appareil de chauffage. Le  rendement particulièrement élevé de la Boostheat permettra d’amortir les hausses de prix à venir du propane , depuis que Macron a décidé, sans consulter l’ADECOPRO,  de taxer le propane à la TICPE.

Renseignements pris sur le site internet du fabricant, cette chaudière n’est en réalité pas vraiment  une chaudière. C’est un croisement entre une chaudière gaz et une pompe à chaleur. La Boostheat est donc à la chaudière ce que le Bergamasco est au chien de berger  : seul un examen attentif permet de  s’assurer  qu’il s’agit toujours d’un chien….Les prototypes fonctionnent  au gaz de ville uniquement. Aucune indication n’est fournie quand à la mise à disposition d’un modèle fonctionnant au propane.

Bergamasco

Bergamasco essayant de booster son propriétaire. Nettoyer un Bergamasco ou entretenir une Boostheat, laquelle des tâches sera la plus facile ?

Cette formule « deux en un »  signifie concrètement  qu’il y aura non pas un appareil à installer mais deux, avec une liaison frigorifique (ou autre)  entre les deux.  Vous qui espériez un matériel bon marché à installer, c’est raté.   Vous venez de doubler  le coût d’installation de votre  future chaudière.

Premier mensonge :   les photos du site ne montrent que la chaudière elle-même  et son  esthétique extérieure et intérieur (chromé),  et évitent soigneusement de mettre en évidence   le groupe extérieur de la PAC, il est vrai  beaucoup moins sexy à reluquer sur le bord de la terrasse mais   tout aussi  nécessaire pour  faire fonctionner l’engin. Comme dans n’importe quelle PAC, ce sont les calories pompées dans l’air extérieur qui permettent de diminuer la quantité de gaz consommée.

Toute la question sera de savoir si cette chaudière avec PAC intégrée coûtera moins cher à l’achat, à l’ installation  et à la maintenance qu’une chaudière « normale » auquel on rajouterait une pompe à chaleur «  normale ». Car  n’importe quelle pompe à chaleur greffée  à une chaudière existante  peut diminuer par trois (en moyenne) votre consommation de gaz,  exactement comme la Boostheat est supposée le faire.  Si la Boostheat devait coûter au moment de son lancement le  prix d’une chaudière neuve auquel s’ajoute  le prix d’une PAC,   je vous conseille vivement de rester dans une configuration classique  dont la maintenance pourra être assurée par n’importe quel chauffagiste au coin de la rue, et d’éviter la Boostheat, au moins  jusqu’à plus ample informé….

Les ingénieurs français ont en effet la réputation d’être de bons inventeurs mais de piètres industriels : ce ne sont  pas les mêmes qualités intellectuelles qui sont requises dans les deux cas. Or il se trouve que ce sont les inventeurs, titulaires des  brevets,  qui dirigent apparemment  l’entreprise.   On peut donc craindre le pire,  non pas tant côté fabrication ( le monde de la fabrication n’est pas si éloignée du bureau d’études), que du côté « service »  entendu au sens large, c’est à dire « formation des installateurs » et  » service après-vente ».

Les pas-si-anciens  se rappelleront  la  gamelle industrielle qu’a été la chaudière pulsatoire française  AUER  sensée apporter   la solution finale aux  problèmes de consommation de gaz de nos classiques chaudières à condensation.  Dans la réalité,  la pulsatoire est tellement sensible et tellement complexe à régler que AUER n’a jamais pu former d’installateurs compétents en nombre suffisant dans l’hexagone ( beaucoup de ces installateurs qui ont rêvé d’une rente avec AUER, ont d’ailleurs laissé tomber  la marque depuis).   De nombreux consommateurs se sont retrouvés marris de devoir trouver un chauffagiste capable de régler une chaudière qui a  la sale habitude de se dérégler tous les quatre matins. Autant dire que ce n’était pas prévu comme ça dans le prospectus de vente du fabricant.

Il va donc falloir que Boostheat prévoit un super programme de formation si la firme entend développer ses ventes en donnant les moyens aux chauffagistes de maîtriser la question du SAV sur une machine hybride « gaz-pac ». Ils sont nombreux les fabricants et les distributeurs de PAC en France, à s’être cassés les dents sur le problème de la formation et de la compétence des installateurs, que ces derniers  soient électriciens ou plombiers-chauffagistes.

Ceux qui souhaitent  changer leur équipement de chauffage dans les prochains mois,  et qui prévoient éventuellement d’installer une PAC pour réduire leur  consommation,  feraient donc bien d’attendre les premiers retours d’info de leur chauffagiste avant de se lancer dans l’achat de ce nouveau  « Stimulateur de chaleur » (traduction littérale de Boostheat ). Quand à la possibilité d’installer l’engin dans un coin de la cuisine ( qui est un des gros avantages des chaudières gaz sur les chaudières fuel), on ne connait pas encore ses dimensions,  mais ça n’a pas l’air gagné d’avance…

Ceci dit, Boostheat a eu le privilège d’avoir un tas de bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau. Parmi les partenaires  de l’entreprise qui ont apporté du capital,  des prêts,  du fonds de roulement et autres dons en nature, on trouve la Commission Européenne, l’Agence Nationale de la Recherche, l’ADEME, GRDF, ENGIE, DALKIA, nos « amis » de Butagaz, TOTAL et un certain nombre d’universités et de collectivités, ainsi que la BPI France dans le rôle du Parrain.  Ce qui semble vouloir indiquer qu’un nombre respectable d’industriels et de chercheurs croit au succès commercial  du nouveau stimulateur de chaleur.

Sur la page du menu du site décrivant  l’entreprise,   on peut trouver les  photos en noir et blanc  des dirigeants et des salariés de l’entreprise. Quelques mois en arrière  on pouvait aussi y trouver les photos des 10 administrateurs de l’entreprise, 7 hommes et 3 femmes (histoire de  respecter la parité).  Étrangement les photos des administrateurs ont toutes disparu du site internet  après que  la direction de l’entreprise ait reçu un mail  d’un certain Denis Peyrat, leur faisant remarquer qu’il valait mieux pour le succès de leur start-up qu’elle cache  les noms des 3 femmes membres de son Conseil d’Administration. Le choix de ces personnalités  n’apparaissait en effet  ni comme un gage de succès, ni comme  un gage de valeur morale.  Jugez-en par vous-même :

  • Anne Lauvergeon , de sinistre mémoire nucléaire. Pour rappel, en mai 2016, Lauvergeon a été mise en examen pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations. On lui impute la responsabilité de pertes abyssales estimées entre 10 et 15 milliards d’Euros (que le contribuable va devoir payer) dans l’affaire Uramin (acquisition à prix d’or de mines d’uranium sans valeur). Son mari est mis en examen dans la même affaire pour blanchiment et délit d’initié. Après passage au tribunal, Lauvergeon  ne devrait logiquement  plus avoir le droit de gérer la moindre entreprise privée ou publique. Elle  touche pourtant  des jetons de présence payés par Boostheat, jetons financés par des subventions publiques (vu que Boostheat n’a encore vendu aucune chaudière-PAC). Ca c’est la France telle qu’on la déteste.

 

  • Myriam Maestroni, ancienne DG de Primagaz jusqu’en 2011 ou 2012, et donc membre éminente du cartel français du gaz en citerne.  Son cas n’a rien à voir avec celui de Lauvergeon,  bien évidement. Selon les mauvaises langues, M&M aurait été gentiment poussée vers la sortie après s’être illustrée par son inaction. C’est d’ailleurs juste après le départ de Maestroni que Primagaz s’est finalement rendu à la raison (ou à la DGCCRF ? ou les deux à la fois ?) et a accepté  de céder ses citernes de gaz aux consommateurs qui lui en faisaient la demande  ( à l’ADECOPRO, on a la prétention de croire qu’on y est un peu pour quelque chose aussi).  Pas rancunier, le groupe Primagaz a payé deux pages de publireportage  dans le cahier « Economie »  du Monde à la gloire de sa future ex-directrice générale quelques semaines  avant de la pousser vers la sortie. Ca fait toujours bien sur un CV. C’est pas tous les chômeurs qui ont droit à de tels égards de leur part de leur patron !

 

  • Pour compléter le tableau féminin, la troisième femme du CA de Boostheat est Angélique Gérard ( ex Berge) qui a fait la une de l’actualité en 2017 lorsqu’il est apparu qu’elle dirigeait avec une poigne et un vocabulaire très peu châtié,   les centres d’appel téléphoniques de Free en France et à l’étranger.  Il faut dire que la description des méthodes de management appliquées avec férocité par Free sur ses salariés des call-centers est plutôt glaçante. On y apprend que la moindre faiblesse ou la moindre contestation syndicale est réglée à coups de licenciements pour faute grave, permettant à la société de ne pas verser d’indemnités. Je vous laisse découvrir son portrait élogieux sur Internet, notamment si vous avez raté l’émission Cash Investigation d’Elise Lucet en septembre 2017, consacrée à la gestion militaire des RH chez Free.

 

Voilà donc des dirigeants de start-ups chères à Macron,  qui ont le bon goût de s’entourer de femmes admirables à tout point de vue.  Faut pas leur jeter la pierre à ces dirigeants !  Au lieu de Lauvergeon, ils auraient pu choisir Gina Haspel, la nouvelle directrice de la CIA, pour siéger à leur conseil d’administration. Elle n’aurait pas dépareillé puisqu’ Haspel a dirigé les  fameuses prisons américaines basées à l’étranger. Des prisons réputées pour pratiquer la torture. Un peu comme dans les call-centers de  Free,  sauf que chez Free,  les bourreaux connaissent les trucs pour éviter de laisser des traces visibles sur les corps. Les traces dans les âmes, c’est beaucoup moins visible que les coups sur la peau.

Je ne vois que 3 explications à un choix aussi peu judicieux :

a)  les inventeurs de Boostheat  ont fait exprès de choisir ces trois femmes pour être sûrs de faire le buzz et  faire parler de leur chaudière ( après tout cela peut être une stratégie marketing payante par les temps qui courent)

b)  ils n’ont  trouvé aucune autre volontaire parmi les dirigeantes d’entreprises françaises intéressées par le chauffage domestique ou les chaudières à gaz.

c) les « business angels » qui ont permis la création de l’entreprise Boostheat et son lancement industriel,  étaient en réalité des « hells angels » travestis sous l’apparence flatteuse de jolies femmes.

On souhaite tout de même beaucoup de succès aux inventeurs de la BoostHeat, dont on n’oubliera pas de vous reparler ici même à l’occasion de son lancement commercial.

 

PS  Vu que le prix d’une pulsatoire installation comprise  était de 11 k€ huit ans en arrière ( selon un membre de l’ADECOPRO qui est équipé de cette machine) , je dirais que ce truc ne sera pas proposé (installation comprise) à moins de 14 k€.  Je dis cela juste pour ne pas créer une attente excessive de la part de nos chers lecteurs qui cherchent à remplacer leur chaudière et hésitent pour des raisons de budget…

PS 2  (12/12/2018)  Cet article étant, à ma grande surprise  le plus lu des archives de notre site sur les deux derniers mois, je me permets une petite mise à jour.  J’ai lu que Boostheat offre sa chaudière uniquement en location pour le moment. Attention les amis ! Louer un appareil de production de chaleur équivaut à acheter une prestation de chauffage. Vous allez dépendre d’un seul prestataire. Quid en cas de défaillance de l’entreprise ? De plus vous devez protéger vos droits en vérifiant la teneur exacte de l’obligation de résultat de Boostheat. Et vu la manière dont « certains » industriels français se plaisent  à arnaquer  leurs concitoyens dans ce pays où ils jouissent d’une « quasi-impunité de fait » au plan du droit de la consommation, vous avez intérêt à lire toutes les lignes de votre contrat de location-maintenance de chaudière. Conseil de juriste : la PREMIERE  chose qu’il faut aller chercher dans ce contrat, c’est le montant des  pénalités à payer par Boostheat dans le cas où votre chaudière cesserait de fonctionner et que vous vous retrouvez sans aucun chauffage ( ou bien dans l’obligation de vous chauffer plus cher à l’électricité), comme dans les contrats de chauffage urbain ou les contrats de prestation multi-technique. Si vous ne connaissez rien à ce type de  contrats, un bon conseil : ne les signez pas avant d’en avoir parlé avec des professionnels du bâtiment (  des chauffagistes habitués à signer ce type de contrats, ou des responsables techniques ayant l’habitude de négocier des contrats de fourniture de CHALEUR ). Au besoin envoyez moi une copie de leur contrat : comme j’ai acquis quelques compétences dans le domaine des achats publics,  je vous dirai si leur contrat est abusif.

Le propane de schiste américain coule à flot en Europe du nord

Le logiciel de suivi des mouvements de cargos cFlow de S&P Global Platts indique que 240 000 tonnes de propane ont été débarqués pour le seul mois de février sur les côtes européennes en provenance des Etats-Unis. Ce chiffre devrait n’être « que » de  176 000 tonnes en mars.

4 cargos de type VLGS ( les plus gros cargos de gaz existants) doivent arriver à Anvers en Belgique, aux Pays Bas ou en France avant la fin du mois.

L’ECO  VLGC Challenger de 54 510 tpl ( tonnes de port en lourd = charge utile)  doit arriver au Havre en provenance de Port Arthur,Texas en ce moment même, selon cFlow, après avoir été rerouté de sa destination originale Rotterdam.

Le VLFC Mont Fort de 50 591 tpl doit arriver à Anvers en provenance du Freeport, Texas mercredi prochain; un autre cargo de 53 854 tpl doit arriver à Flushing aux Pays Bas le 22 mars (ndlr : rien à voir avec Flushing Meadows…) juste avant  le BW Cedar ( 58 603 tpl) qui arrivera le 25 mars.

Le VLGC Mont Gele qui devait faire son voyage inaugural ( « maiden voyage », en anglais) de Houston jusqu’en Europe à travers l’Atlantique, a finalement été rerouté vers la Corée au début du mois.

Les VLCGs qui traversent l’Atlantique depuis la Gulf Coast jusqu’à l’Europe du nord alimentent en propane de chauffage les pays du nord de l’Europe et la moitié nord de la France, ainsi que la pétrochimie européenne qui utilise le propane comme matière première.

Les acteurs européens sur le marché de gros du propane disent qu’une offre largement suffisante pour les besoins du marché va arriver au cours du mois de mars, à laquelle pourrait se rajouter éventuellement  des cargos supplémentaire en partance de la côte Est des Etats Unis. Les acheteurs de la pétrochimie européenne ont, quant à eux  atteint (ou presque atteint)  leur pic de demande pour le moment.

Sur la cote est des Etats Unis, le pipeline Mariner East 1, qui transporte le GPL des champs de schiste de Marcellus et Utica jusqu’au terminal export d’Energie Transfer situé à Marcus Hook, Pennsylavanie, est actuellement hors service.

Les autorités ont ordonné la fermeture du pipe pour inspection le 7 mars, après que des trous béants (mini gouffre ou  « sinkholes » ) aient été trouvés à côté du pipeline et à proximité d’immeubles résidentiels dans le Conté de Chester, Pennsylavanie. Il est prévu qu’il reste fermé pendant 10 à 14 jours.

Cette fermeture affectera les cargaisons d’éthane et de propane chargeant à Marcus Hook  à destination de l’Europe. Des sources informées ont précisé qu’un cargo Markwest de 44 000 tonnes qui devait initialement charger entre le 19 et le 21 mars a été ajourné.

Sourcve : Platts 12  et 13  mars 2018

Recommandation de l’ADECOPRO : attendez le printemps avant de remplir si vous pouvez car le PLATTS va continuer de baisser en mars et avril.

MarineTraffic

 

 

 

 

 

%d blogueurs aiment cette page :