Accueil » 2015 » mai

Monthly Archives: mai 2015

Les prix spot du propane US plongent à leur plus bas niveau depuis 13 ans

Le prix du propane spot US a chuté à son plus bas niveau depuis plus de 13 ans du fait d’une production en croissance constante  qui peine à trouver de nouveaux débouchés.

Les prix du propane au hub gazier de Mont Belvieu au Texas se sont établis à 34 cents/gallon  vendredi 30 Mai , le prix le plus bas depuis le 1er mars 2002, lorsqu’il était à 33,50 cents/gallon.

Les prix ont été poussés à la baisse dernièrement au moment où les fortes pluies et les inondations au Texas ont causé de sérieux problèmes dans les cavernes de sel servant de stockages souterrains.

Ces cavernes de sel sont pleines de saumure saturée en sel, un mélange contenant beaucoup de  sel  et peu d’eau. Quand le propane et le butane sont pompés dans les cavernes pour être stocké à haute pression, la saumure est retirée pour être stockée dans des bassins de retention.

Les dernières tempêtes au Texas ont dilué ces bassins de saumure, ce qui pourrait créer des conditions de stockage délicates dans les cavernes de sel.  Si la saumure gorgée d’eau devait être repompée dans les cavernes de sel, le sel qui constitue les parois de la caverne va se dissoudre, ce qui  agrandit  la caverne, et peut  être dangereux dans un environnement sous  haute pression. Le stockage de l’entreprise  EPC (Enterprise Products Partners) est impacté plus fortement que celui de son concurrent  LST (Lone Star Products) du fait de sa plus grande taille et d’un volume de propane stocké plus important. Le prix du propane EPC a chuté beaucoup plus rapidement que celui du terminal NGL de LST, l’écart entre les deux passant de 2,125 c/USG à 5,5 c/USG. A  34 ¢/USG, le propane EPC propane  s’établit à 24 %   du prix du  baril de Brut Futures WTI sur le Nymex. La dernière fois que le prix spot du propane était aussi bas, le cours du propane représentait 65 % du prix de référence du baril de Brut.

La conséquence est qu’il a fallu mettre du propane en vente sur le marché au lieu de le stocker, ce qui a contribué à renforcer la tendance baissière, en plus du faible niveau des prix sur le pétrole brut.

Evolution du propane spot US de 2002 à 2015

Evolution du propane spot US de 2002 à 2015

Sur le marché américain, le prix du propane a baissé de 58,6 % depuis le 20 Juin 2014, lorsque les prix étaient à 108,88 cents/gallon.

La production de propane a augmenté de 4 % par rapport à la même période de l’année dernière à 1,652 millions de barils/jour, alors que les exportations américaines ont diminué.

L’arrêt de très nombreux forages dans les schistes américains est un signe que les pétroliers essayent de s’adapter au prix  très bas du pétrole. Mais considérer qu’une baisse du « rig count » (décompte des appareils de forage en activité) entraîne une baisse du volume de pétrole brut arrivant sur le marché, c’est aller un peu vite en besogne. L’offre, au contraire, continue à augmenter. Entre février et mars, la production d’huiles de schiste américaines pourrait augmenter de 60 000 bj, selon l ’Agence internationale de l’énergie. Et cela devrait durer : l’AIE vient de réaffirmer  que les Etats-Unis connaîtront la plus forte croissance de leur production pétrolière jusqu’en 2020, même en tenant compte de la chute drastique des prix.

Ceux, parmi les producteurs, qui réduisent significativement leurs forages, comme SandRidge (-75%), sont ceux dont les coûts sont les plus élevés et le rendement le plus bas. Mais la communication sur le nombre de forages coupés cache une hausse du rendement des puits actifs. Hausse que démontrent les chiffres compilés par NavPort, qui mesure le nombre moyen de barils équivalent pétrole extraits durant les 180 premiers jours de production d’un puits horizontal dans le bassin schisteux d’Eagle Ford aux Etats-Unis en 2014. Certains des producteurs audités (Murphy, Anadarko, Marathon, ConocoPhillips) ont augmenté ce rendement de 10 à 20%. Eric Foster, président de NavPort, explique cette hausse de productivité par une utilisation accrue de fluides d’extraction. Les producteurs d’huiles de schiste réduisent certes le nombre de forages, donc le coût d’exploitation de leurs champs, mais sans pour autant réduire leur niveau de production. Il en faudra donc plus pour provoquer le rebond de prix qu’attend le secteur.

Selon un trader, pour permettre aux prix de remonter sur le marché américain, il faudrait que les exportations se développent beaucoup plus,  ou que de nouveaux débouchés importants soient trouvés pour le propane, ce qui est peu vraisemblable dans les deux ans qui viennent.

Un autre facteur baissier est apparu récemment : la production grandissante de  propane de schiste en provenance des bassins Marcellus et Utica a commencé à servir le marché local du Midwest , qui était un des  débouchés  de la production de propane du Canada.  Le résultat est que le propane canadien doit être exporté par wagons dans d’autres régions des Etats Unis où il contribue aussi à saturer les marchés locaux.

Pour ce qui concerne les exportations de propane US en Europe du Nord, les prix propane à  Mont Belvieu doivent au minimum être 28-30 cents /gallon en dessous des prix  CIF Europe du Nord, pour rester compétitif face à la concurrence du propane de mer du Nord et d’Algérie. Sur la base des prix spots en Europe du Nord à fin mai 2015, il faudrait que les prix Mont Belvieu soient au maximum de 29-34 cents/gallon pour rester compétitifs une fois inclus les frais de transport maritime.

Source : Site ICIS.com 30 Mai 2015

Publicités

Propane vendu à la tête du client : le britannique Flogas touché par la grâce devant les caméras de télévision

S’il était encore nécessaire de prouver le caractère sordide  des pratiques commerciales des grands propaniers  fixant le prix du propane à la tête du client,  il suffirait de  relever la différence de comportement de ces entreprises lorsque leurs  arnaques grossières arrivent aux oreilles de journalistes attentionnés. Les anciens du Groupement Propane Libre se rappelleront comment la présence des radios et des télés à la Boissière Ecole, un jour de Janvier 2010,  avait valu une baisse immédiate de 70 % du tarif Vitogaz  payé par le cantonnier de ce petit  village.  La menace d’une mauvaise publicité peut amener rapidement  à repentance des firmes qui, la veille encore, prétendaient ne pas pouvoir  consentir la moindre remise supplémentaire. Je me rappelle  les propos du commercial Vitogaz éructant à mon intention  au téléphone «  Qui êtes-vous pour discuter  le prix du propane négocié avec un de nos clients particuliers  ? Le maire de la commune ? » Comme si seul un maire était habilité à se plaindre du traitement particulier accordé à un voisin  par un fournisseur indélicat….

C’est au même constat de l’impossibilité de faire bouger les choses sans l’intervention des caméras de télévision qu’est  arrivée une habitante d’un petit village anglais.  Cette dame, Janet Hobbs, est  cliente de la société FLOGAS, le numéro 2 du propane au Royaume Uni (derrière Calor Gas, filiale de SHV- Primagaz). Si l’on en croit les avis des consommateurs anglais, Flogas  semble bien parti pour avoir sa place au Panthéon des arnaqueurs anglais.  Rappelons que la maison mère de   FLOGAS  vient de racheter  le français Butagaz au groupe  Shell.  Il est donc normal que l’ADECOPRO cherche  à en savoir un peu plus sur ce propanier inconnu jusqu’à présent dans l’hexagone. Pour citer un ancien client de Flogas particulièrement remonté contre ce propanier,  il semble en effet  « plus facile de trouver des dents de poule sur la toile  que des  recommandations positives » sur ce distributeur de gaz.

L’histoire de Janet Hobbs, cette habitante du village de Winkleigh dans le Devon (Angleterre) qui s’est bagarrée pour obtenir que les clients de Flogas  soient tous traités de la même manière,  illustre bien la nécessité d’utiliser les grands moyens pour obtenir  des propaniers qu’ils amendent sérieusement leurs  pratiques commerciales.

Avant de raconter son histoire,  il convient de dire un mot sur un présentateur vedette de la télé anglaise,  Dominic Littlewood.   Ce Julien Courbet à la sauce britannique anime une émission de 45 minutes sur BBC ONE consacrée  à la défense des consommateurs. Le titre de son émission  :  « Don’t get done, get DOM »  (« Ne vous faites pas rouler, appelez  Dom»).  Littlewood s’est fait une spécialité de réunir  des consommateurs  partageant un  même problème, et d’utiliser le rapport de force  bâti sur l’audience de son émission  –  ce qu’il appelle le « people power » –   pour faire plier les GRANDES  entreprises.

Janet Hobbs, propriétaire d’une villa dans la résidence de Kings Meadow dans le  village de Winkleigh,  a donc  découvert en 2009 que les  résidents  payaient  des prix différents pour le gaz propane, en dépit du fait qu’ils étaient tous clients du même fournisseur FLOGAS,  et qu’ils commandaient des quantités à peu près identiques.  Janet Hobbs  prit contact avec l’équipe du  présentateur télé en expliquant que les 45 maisons de sa résidence  payaient entre 35 pence et 47 pence le litre de gaz  avec des charges additionnelles allant de 2 p à 8,9 p par litre, et des charges complémentaires (?)  variant de 12 p et 18 p par litre (ndlr  :  100 pence = 1 livre ; le mot  pence est invariable ;  il faut environ  2500 litres de propane par an pour chauffer une maison)

Et le présentateur télé, tombant de la lune, de déclarer tout de go devant les téléspectateurs : «  C’est fou ! Cela veut dire que la facture de chauffage d’un résident  peut varier de plus de 500 £ sur une année pour des quantités identiques.  Ca dépasse l’entendement ». Eh oui, cher Dom, ca dépasse effectivement l’entendement. Mais ce qui dépasse le plus l’entendement , c’est  le fait que les pouvoirs publics trouvent cette situation normale.

Janet Hobbs expliqua ainsi  sa démarche  devant les caméras « Je pense que Flogas nous traite avec mépris. Ils espèrent simplement  qu’on va en rester là  et baisser les bras ».

Les caméras de télévision ne se sont pas contentées d’interroger les propriétaires de la  résidence de Janet Hobbs à Kings Meadow. Elles ont aussi sillonné les rues de  Winkleigh pour recueillir  les témoignages sur cette arnaque au gaz qui gagne  à être connue du grand public. Le site Internet de la boite de production de Dominic Littlewood  raconte la suite de l’histoire  «  Et devinez qui payait le plus cher dans le village ? Dom a découvert que la  plus ancienne résidente du village, Veronica Williams, 80 ans, paye le gaz au prix le plus élevé, 52 pence par litre. Alors Dom, furieux,  a mobilisé  toute la communauté ….  ». Une réunion publique fût organisée afin que tout les villageois concernés soient mis au courant de l’affaire.

Winkleigh, sacré meilleur village familial d'Angleterre et du Pays de Galles en 2011

Winkleigh, sacré village  le plus convivial de toute l’Angleterre et du Pays de Galles en 2011

Alertés par la forte odeur de gaz dégagée par cette affaire sur le point d’éclater sur la place publique, les patrons de Flogas prirent la décision de fermer les vannes. Au lieu de continuer à essayer de légitimer  les différences de prix entre consommateurs, le propanier fit amende honorable en moins de temps qu’il n’en faut pour couper le gaz à un mauvais payeur. L’entreprise offrit illico  à tous les villageois  le même contrat de gaz, leur garantissant à TOUS   le même prix du  GPL au niveau le plus bas constaté dans le village,  soit 33 pence le litre jusqu’à la fin de l’hiver. Flogas en profitait par la même occasion pour  égaliser  le montant de tous les frais et commissions accessoires contenus dans tous les  contrats. Lorsqu’il y a le feu à la citerne, le propanier sait qu’il  convient de ne pas lésiner sur les moyens anti-incendie !

Et les moyens, Flogas en a visiblement beaucoup plus que ce qu’il laisse entrevoir au pauvre  consommateur esseulé  incapable d’argumenter  face à un  service client rébarbatif.  Lisez bien ce qui suit  car le cadeau supplémentaire  qui a été fait à ces  villageois  est du jamais vu : Flogas décida d’un coup de baguette magique que tous les contrats  se termineraient à la même date, permettant ainsi aux villageois de renégocier à l’avenir  leur prochain contrat de gaz collectivement   afin  d’obtenir les  meilleurs conditions possibles  (rappel 1 :  les contrats de gaz propane en Grande Bretagne ne peuvent excéder 2 ans contre 5 ans en France ; rappel 2 : le changement de propanier n’entraîne pas de remplacement  de la  citerne en GB,   contrairement à ce qui se passe en France, ce qui facilite considérablement  le changement de fournisseur notamment lorsqu’il s’agit de coordonner le remplacement de 100 citernes à la fois).

Morale de l’histoire selon Janet Hobbs « Cela montre ce qui peut arriver,  lorsque les gens se rassemblent. Ca a bien marché pour nous, et je ne m’attendais pas à ce que nous arrivions à un si bon accord.  Cela a demandé beaucoup de travail. J’ai persévéré parce que les raisons avancées par  Flogas n’étaient que des contes de fée. Pour moi  la situation était injuste».

Suite à cette affaire, les villageois ont fait circuler une pétition adressée au député local, Geoffrey Cox, appelant à une transparence des prix du propane et à la nomination d’un régulateur chargé de contrôler les pratiques des gaziers, de manière à obtenir  les mêmes protections que les consommateurs de  gaz naturel. Réponse de l’homme politique (cité par  la presse locale) : «C’est une excellente pétition. Personne ne devrait être mis dans la situation de devoir choisir entre chauffer sa maison et manger à sa faim…. » Avec une réponse pareille, nul doute que le député aurait impressionné le  jury d’entrée à l’ENA. Cinq ans plus tard, la pétition dort toujours dans le tiroir de Mr Cox.

Dans son numéro  trimestriel rédigé et publié  au moment de  la chute historique du cours du propane de l’hiver dernier, le bulletin municipal de Winkleigh relate les conditions de la dernière négociation  de prix avec Flogas:

« Suite à une réunion récente avec le responsable régional des ventes de FLOGAS, un nouveau prix valable pour deux ans a été négocié. Au 1er Janvier 2015, le prix du GPL sera de 41.0 pence par litre, plus TVA (soit 0.577 €/litre ou 1120€ HT  la tonne), prix fixe pour une période de 12 mois. Toute augmentation de prix durant la seconde année n’excédera pas 2.5 pence plus TVA par période de 6 mois. Il y a aussi une clause permettant la renégociation après 12 mois si les prix du marché sont orientés à la baisse. Les villageois  utilisant FLOGAS comme fournisseur – un peu plus de 160  foyers – vont tous recevoir le même contrat dans les prochains jours. Les villageois utilisant le propane vrac non clients de FLOGAS peuvent aussi bénéficier de l’accord en contactant FLOGAS directement ».

Il semblerait donc que les habitants de Winkleigh continuent de faire bloc face au propanier qui abusait naguère de sa position dominante  pour opérer des discriminations de prix infondées. On ne peut que les féliciter pour leur engagement en faveur de leur communauté.

Les pratiques de Flogas et des grands propaniers en  matière de discrimination arbitraire sur les prix  sont ni plus ni moins les mêmes  que celles qui ont  valu à Gazprom les griefs de la Commission Européenne  en avril dernier. A ceci près qu’il existe de gigantesques différences de volume de consommation annuelle de gaz naturel entre Etats européens permettant de rendre compte d’éventuelles différences de prix de vente unitaire,  alors que les  consommateurs discriminés chauffent leur pavillon avec la même quantité de GPL, ce qui rend ces discriminations beaucoup  plus suspectes et contestables  que celles dénoncées par la Commission. D’autant plus que l’ampleur  même des discriminations de prix inter-étatiques relevées par la Commission  pour le gaz naturel (+/- 20 % selon les Etats) est, en valeur relative, largement  inférieure  à celle qui peut être constatée  dans un même village en France ou en Grande Bretagne  auprès d’un même fournisseur de GPL.

La comparaison n’est pas sans fondement, le raisonnement pouvant d’ailleurs être poussé un peu plus loin. Lorsque  les Etats clients de Gazprom  sont empêchés de se revendre le gaz naturel entre eux (dans le but d’opérer des péréquations tarifaires entre Etats favorisés et défavorisés), les clients des propaniers qui ne possèdent pas leur propre citerne de gaz, c’est à dire la quasi totalité des consommateurs français et anglais, sont contractuellement empêchés de s’échanger du gaz entre eux. Pour un tas de raisons qui se résument principalement à l’insuffisance d’acheteurs libres (et non à des dispositifs réglementaires), il est en effet impossible à un acheteur de GPL désireux d’aider un autre consommateur moins avisé que lui,  de louer ou  d’affréter un camion de gaz (avec ou sans chauffeur)  pour  transvaser le contenu de sa propre citerne dans la citerne de son ami  afin de lui faire profiter de son tarif préférentiel,  quand bien même cette opération pourrait s’avérer  financièrement rentable (on ajoutera  qu’en France, vu les arbitrages existants, une telle activité menée à large échelle  pourrait même s’avérer extrêmement lucrative !). La difficulté  technique et l’impossibilité contractuelle de réaliser de tels arbitrages entre particuliers est la raison principale des abus et discriminations de prix   constatés depuis des décennies sur le marché domestique du gaz en citerne : si les particuliers pouvaient simplement transvaser le gaz liquéfié d’une citerne à une autre à l’aide d’une simple durite, et si le contrat signé ne les empêchait pas de réaliser cette opération, le marché du GPL ne connaîtrait pas de tels dysfonctionnements.

On se demande bien pourquoi,  dans ces conditions,  la Commission Européenne ne s’est jamais intéressée aux écarts de prix existants sur les différents marchés du GPL de chauffage en Europe, en ce que ces écarts pourraient trouver leur origine dans l’efficacité des pratiques anti-concurrentielles mises en oeuvre au niveau national par des firmes transnationales présentes simultanément sur  divers marchés européens. A l’image de ce qui est en somme reproché aujourd’hui  à Gazprom.

Le prix du propane de cabotage européen au plus bas depuis 11 ans

Le prix spot des caboteurs de propane vrac s’est effondré à son plus bas niveau depuis 11 ans en Europe du Nord, du fait de la faiblesse de la demande régionale, et du volume grandissant de production des raffineries européennes. Les échanges maritimes intra-européens de propane vrac font en effet l’objet d’une cotation particulière par la société Platts. Ces échanges sont assurés par bateaux côtiers ( appelés « coasters » en anglais) à soutes pressurisées pouvant contenir de 1000 à 3 600 tonnes de vrac.

Le prix du coaster de propane s’est établi le 19 mai à 269 $ la tonne, le plus bas niveau depuis le 3 Octobre 2003.

Ce prix représente un rabais de 104 $ la tonne par rapport aux prix actuels  du marché pour les très grosses cargaisons CIF ARA, qui constituent le mode de réapprovisionnement le plus courant pour les terminaux d’importation européens.

Les exportations spot par caboteurs en provenance des  raffineries anglaises arrivent sur le marché au moment où s’entassent les cargaisons invendues des cargos mouillant à Teesport (UK). La combinaison des deux phénomènes a contribué à déprimer profondément le marché, selon les analystes.

Transport GPL

Caboteur de GPL vrac

Les raffineries font généralement beaucoup plus de cabotage durant le printemps et l’été, lorsque la baisse de la demande intérieure de chauffage leur laisse des volumes de production excédentaires.

La demande est actuellement très basse, les distributeurs ayant déserté le marché suite à l’achat de plusieurs gros cargos spot sur le programme  prévu au mois de mai à Teesport.

 » C’est vraiment un super mauvais moment pour vendre du C3 et du C4 ( propane et butane)  » selon une source  » à partir du 18 mai et après, il y aura des cargaisons  spot  disponibles à la vente »

Les prix du frêt sont aussi en hausse, du fait que les raffineries se disputent actuellement les tonnages disponibles sur les bateaux pour évacuer leur production de propane. La hausse du frêt réduit encore plus la valeur FOB du propane.

L’écart de prix  avec les gros cargos, en défaveur des caboteurs, est toujours le plus important au printemps et en été. C’est à ce moment là que les distributeurs viennent faire des petits achats de complément ( quelques milliers de tonne par ci par là ) pour leur programme de réapprovisionnement.

Cet écart peut atteindre 80 $ la tonne au plus fort de l’année. En 2014, la moyenne de l’écart était de 46,52 $ la tonne selon les informations communiquées par PLATTS.

Une des raisons supplémentaires pour lesquelles le marché du cabotage souffre actuellement du manque de demande, est que les acheteurs de la pétrochimie préfèrent acheter des cargaisons plus grosses, même si le prix à la tonne des lots de moindre taille est économiquement plus intéressant.

Source : Platts 19 Mai 2015

Butagaz promis à Flogas : remariage à l’anglaise pour l’ex leader du GPL français

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell est entré en négociations exclusives avec la société anglo-irlandaise DCC Energy,   qui lui propose 464 millions d’euros pour le rachat de Butagaz, sa filiale française de gaz de pétrole liquéfié (GPL), ont annoncé aujourd’hui les deux groupes. Cette offre devrait être finalisée dans l’année. Pour le géant anglo-néerlandais Shell, il s’agira au préalable de consulter ses salariés et ceux de Butagaz, et d’obtenir ensuite les autorisations administratives et réglementaires requises.

Shell semble désormais se contenter  d’un montant très inférieur au montant initialement souhaité (autour du milliard d’Euros).  Le prix offert par UGI pour le rachat de Totalgaz  aura probablement conduit les dirigeants de Shell à rabattre leurs prétentions.

Une cession justifiée par  Shell dans le cadre de sa stratégie mondiale de désengagement de ses activités de gaz de pétrole liquéfié et de concentration sur un nombre réduit d’activités et de marchés là où l’entreprise  peut être la plus compétitive.

Créée en 1931, Butagaz fût  le  leader  français de la distribution de GPL butane et propane, avec 25% de parts de marché,  jusqu’au rachat de Totalgaz par Antargaz, rachat effectif depuis l’accord conditionnel de l’Autorité de la Concurrence (voir archives de mai 2015). Implantée à Levallois-Perret, Butagaz emploie près de 550 salariés et fournit chaque année plus de 400.000 tonnes de butane et de propane. Butagaz a généré l’an dernier un Excédent Brut d’Exploitation (Ebitda) de 123,6 Millions d’€ et un résultat opérationnel (Ebit) de 74,2 M€.

DCC Energy, quant à elle, est la plus importante division de la holding industrielle  DCC plc.  Ce groupe anglo-irlandais coté à Londres, regroupe 4 filiales par secteurs  d’activités : Energie, Technologie, Santé, Environnement. La holding  a annoncé mardi un bénéfice d’exploitation de 221,7 millions de livres (308 millions d’euros), en hausse de 10,5%, lors de son exercice fiscal qui s’est achevé au 31 mars. DCC plc, qui emploie 10.200 personnes dans 14 pays, a réalisé au cours de l’année un chiffre d’affaires de 10,6 milliards de livres (14,7 milliards d’euros), en recul de 4%. Près de 72% de ce chiffre d’affaires est réalisé par DCC Energy.

La société Flogas, un des leaders du GPL au Royaume Uni et en Ireland avec son grand concurrent Calor Gas, est la principale filiale de DCC Energy. Flogas emploie 750 personnes dont 80 travaillent au siège de Syston, au nord de Leicester. Initialement société irlandaise, Flogas est arrivée au Royaume Uni il y a 30 ans, en rachetant Portagas (Merrylees, Leicester).  La stratégie de Flogas sur le marché britannique est celle de tous les grands propaniers : racheter les indépendants pour consolider sa propre part de marché. Inutile donc d’attendre de Flogas qu’elle  réveille la concurrence sur le marché français en jouant  le rôle du chien dans le jeu de quilles du cartel français du GPL.

Off the grid

Le site Internet de DCC Energy – Flogas promet aux clients anglais de leur faire oublier qu’ils ne sont pas raccordés au gaz naturel, tandis que la filiale Santé du groupe,   DCC Vital – Kent Pharmaceuticals, distribue des cachets pour lutter contre la perte de  mémoire….

Le patron de Flogas, Henry Cubbon, a  vu d’un mauvais oeil le rachat de Totalgaz par Antargaz annoncé l’année dernière. Il semblerait qu’il ait eu quelques vues sur Totalgaz  avant de se faire évincer par Antargaz. Ce n’est qu’après s’être vu fermer la porte du marché français, qu’il a décidé de passer par la fenêtre en rachetant Butagaz. L’homme a assurément de la suite dans les idées.

L’acquisition de Butagaz serait la plus importante jamais réalisée et une étape majeure dans la poursuite de la croissance de ses activités liées au GPL, précise le groupe.  DCC vise à être présent  de manière très significative sur le marché global du GPL, a expliqué son directeur général Tommy Breen.  DCC Energy n’avait jusqu’à présent aucun intérêt  sur le marché français de la distribution de GPL. Un porte-parole du groupe a précisé à l’AFP,  que celui-ci entendait conserver les équipes en place ainsi que  la marque Butagaz. Celle-ci bénéficie depuis longtemps d’une forte notoriété auprès des consommateurs, la marque étant distribuée à 26.000 points de vente au détail. Butagaz, qui était une filiale autonome de Shell, conservera cette autonomie chez DCC Energy.

« En sa qualité de marque leader en France, ayant un héritage et une réputation forte pour son service client, Butagaz est un ajout stratégique d’importance pour les activités GPL de DCC Energy » a estimé M. Breen.

Un élément clé de la stratégie du groupe ces dernières années à été de poursuivre la croissance de son activité GPL vers de nouvelles zones géographiques. DCC Energy a ainsi acquis auprès de grandes compagnies pétrolières leurs activités GPL en Norvège, Suède (où elle opère sous la marque Flogas) ou encore aux Pays-Bas (sous la marque Benegas).

DCC Energy espère par ailleurs finaliser d’ici fin juin le rachat du réseau français de stations service Esso, pour un montant de l’ordre de 130 millions d’euros, selon le communiqué du groupe. Cette opération avait été dévoilée en août dernier par Esso – filiale française du géant pétrolier américain ExxonMobil – qui avait précisé qu’elle portait sur 274 stations automatiques Esso Express et 48 concessions de stations autoroutières.

Pour les consommateurs français prisonniers de leur contrat Butagaz pour quelques années,  la question est de savoir jusqu’à quand  les actionnaires de Flogas vont maintenir la politique de relative  transparence et de relative modération des tarifs amorcée par Butagaz à la suite du crash du prix du pétrole de  2008. Au vu des antécédents de DCC Energy alias Flogas sur le marché britannique,  comme au vu  du comportement d’UGI alias Amerigas sur le marché US,  les deux plus importants rachats  dans  l’histoire du GPL français risquent  bien de se solder pour le consommateur  par  la fameuse leçon du « Guépard » :  « Il  fallait  que tout change pour que rien ne bouge…. »

%d blogueurs aiment cette page :