Association Défense des Consommateurs de Propane

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La DDPP échoue à faire condamner les pratiques tarifaires « obscures » de Vitogaz    

 

Enfin, un peu d’actualités juridiques sur nos amis les propaniers.  On aime tellement entendre parler des frasques judiciaires du cartel du GPL,  qu’on est ravi d’entendre  qu’un  tribunal  a eu l’occasion de se pencher sur leurs contrats  ou leurs pratiques tarifaires.

Malheureusement cette fois-ci, c’est un coup d’épée dans l’eau pour les consommateurs. A la suite de l’enquête sur les prix du propane menée par la DGCCRF en 2012 (enquête  annoncée dans les réponses du gouvernement  aux questions des députés),  les agents de la répression des fraudes avaient relevé un certain nombre de dossiers de clients Vitogaz  présentant des anomalies tarifaires importantes. Suffisamment importantes aux yeux de la DDPP des Hauts de Seine pour justifier un dépôt de plainte contre Vitogaz ainsi que contre son Directeur Général  (nous ne mentionnons  pas son nom ici par respect pour la personne). Voici la liste des griefs de la DDPP  :

« Vitogaz est prévenue d’avoir, courant 2009 à 2012…, sur le territoire national… effectué une pratique commerciale trompeuse reposant sur des allégations, indications, ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur portant sur le prix ou le mode de calcul de prix, le caractère promotionnels du prix et les conditions de vente de livraison du bien ou service, en l’espèce en pratiquant un système de prix obscur concernant la distribution de gaz propane, en n’appliquant pas le barème des prix de la SA Vitogaz qui est supérieur au marché, en consentant lors de la conclusion des contrats , des remises de prix à une majorité de clients qui se trouvaient privés d’une information stable sur les tarifs réellement pratiqués,  faits prévus par art…….code de la consommation et code pénal »

Sept consommateurs clients  de Vitogaz et une association, l’Association de Consommateurs Force Ouvrière se sont portés partie civile. Un inspecteur de la DDPP des Hauts de Seine (où se trouve le siège social de Vitogaz)  est venu déposer lors des deux audiences , en première instance puis  en appel.   Les consommateurs se plaignaient pour l’essentiel de hausses importantes et , selon eux, totalement imprévisibles.

« Afin de vérifier les pratiques opérées en matière de remises de la société Vitogaz , la DDPP des Hauts de Seine sélectionnait les dossiers de 48 clients sur une liste remise de 8907 clients facturés en janvier et mars 2011. Une comparaison des prix facturés en janvier et en mars 2011 était établie avec les barèmes applicables au jour des facturations. Il ressortait de cette analyse qu’une seule facture sur les 48 faisait apparaitre le prix barème. Les 47 autres clients avaient bénéficié de remises allant de -60 € à -1802,22 € /tonne. »

Selon la DDPP, la remise accordée, plus que le prix du barème, est la pierre angulaire du système de tarification de la société. D’autre part la DDPP observe que depuis 2008 la différence entre les prix constatés dans la base Pégase (moyenne des barèmes de tous les propaniers) et les tarifs Vitogaz  a tendance à augmenter, et que pour cette raison, les remises consenties sur ces mêmes barèmes sont aussi allées en augmentant.  Pour la DDPP, Vitogaz est coupable de pratique commerciale trompeuse : le barème n’étant jamais appliqué, Vitogaz ne peut alléguer de l’existence d’un tarif ou barème théorique pour calculer des remises tout aussi théoriques ou farfelues que le barème.

« Il était souligné dans le procès-verbal que par ce système de présentation des prix, la société Vitogaz restait compétitive sur le marché, attirant des clients en leur présentant des prix d’appel bas au caractère trompeur par le jeu des promotions et de remises substantielles, puis les maintenant captifs malgré des augmentations fortes et rapides des tarifs en leur imposant des frais de résiliation anticipée élevés et en leur proposant des renégociations contractuelles à répétition. » Les clients selon la DDPP se font avoir parce qu’ils ne comprennent pas le système de barème obscur de Vitogaz, au moment de signer le contrat.

A ces vérités trop méconnues, Vitogaz a répondu avec  sa mauvaise foi habituelle. Mais le propanier a marqué un point en critiquant l’utilisation de la base Pégase du Ministère de l’Ecologie, pour établir des comparaisons ou baser un raisonnement,  alors qu’il est notoire que cette base, qui ne tient compte  que des tarifs officiels,  n’intègre pas les  remises systématiquement appliquées par certains propaniers.  J’avais  découvert le pot aux roses  depuis longtemps en constatant la fausseté des informations communiquées par l’UFC Que choisir  sur le prix du kwh de propane vendu en France : les prix réels moyens constatés en Ile de France  parmi  les membres du Groupement Propane Libre étaient bien inférieurs aux chiffres publiés par l’UFC.  De deux choses l’une : soit il y avait une particularité des prix de vente du propane en Ile de France par rapport au reste de la France,  soit les chiffres de l’UFC étaient faux.  J’ignorais alors que les chiffres de l’UFC étaient  ceux de la base  Pégase.  La différence était importante : plusieurs centimes d’Euros le kwh de différence ( voir à ce sujet article dans les archives de Novembre 2015 ). Les responsables de cette cacophonie indiciaire  ne sont en vérité ni Butagaz ni Primagaz, pour lesquels nous pouvons attester, au regard de notre pratique quotidienne des propaniers, qu’ils appliquent leurs tarifs à la lettre (Primagaz) ou avec de  rares  exceptions (Butagaz ). Les responsables de cette cacophonie indiciaire sont les propaniers qui ont toujours publié des barèmes de prix très largement bidonnés, à savoir Antargaz, Totalgaz et , le pire de tous, Vitogaz.

Il est dans ces conditions plutôt ironique de constater que Vitogaz vient à nouveau d’échapper à une condamnation par la Cour d’Appel de Versailles (ils avaient déjà gagné en première instance) en utilisant une « faille » dans la démonstration de l’administration, faille dont ce propanier doit être tenu pour (un des) responsable(s) ! Cela est d’autant plus ironique que si la DDPP avait accès aux véritables  prix de vente du propane en France (plutôt qu’à une moyenne arithmétique   de tarifs réels et de tarifs bidonnés), elle s’apercevrait que l’écart entre les prix moyens  pratiqués par le cartel,  et les prix  pratiqués par Vitogaz est  en réalité beaucoup  plus important qu’elle ne pense !  Ce qui aurait apporté de l’eau à son moulin au moment de témoigner des prix abusifs pratiqués par Vitogaz.

N’ayant pas eu accès à l’argumentaire de la DDPP, il m’est difficile de comprendre ce qui n’a pas été expliqué avec suffisamment de clarté aux juges. Il est clair toutefois que les juges ont erré dans leur analyse, dès lors qu’ils établissent que  » le montant de l’éventuelle remise [est] clairement mentionnée » au contrat. Ce qui était mis  en cause par la DDPP n’était pas tant  la  remise initiale (quoique celle-ci est souvent aberrante), mais bien sa diminution progressive au cours de la vie du contrat, entraînant une réévaluation automatique du tarif du client, réévaluation tendant à aligner à la longue son prix sur le tarif plein pot. Les juges s’en sont tenus à une compréhension  instantanée des pratiques de Vitogaz au moment de la signature du contrat et n’ont pas cherché à comprendre l’arnaque dans sa dimension évolutive et temporelle. Bref, un jugement pour rien.

On doit  aussi regretter  l’absence d’insistance dans les débats sur le caractère notoirement  abusif des frais de retrait de citerne exigés par Vitogaz.  Il est certain que les 1200€ demandés par Vitogaz pour le retrait de ses citernes enterrées  lorsque  les clients souhaitent changer de crèmerie  à la fin du contrat,  en font reculer plus d’un.  Tout bien considéré, c’est un peu normal que les gens hésitent puisque le montant des frais de retrait chez Vitogaz  est deux fois  plus important  que chez  ses concurrents,  et même  six  fois plus élevé que la moyenne des propaniers anglais  avant 2006 (et la décision  de la Competition Commission d’arrêter le micmac des transferts de citerne au moment du changement de propanier). Ceci  explique que nombre de  clients  soient terrorisés à l’idée de procéder au retrait d’une  citerne Vitogaz enterrée dans leur jardin.

Mon sentiment personnel :  faute d’avoir travaillé la question dans ses moindres détails, la DDPP est allé au casse-pipe sur un dossier qu’elle n’aurait pas  dû perdre.   Nous ne pouvons toutefois que nous féliciter de voir que la DDPP des Hauts de Seine en est arrivé au même constat que nous  au sujet de cette entreprise à la suite de son enquête sur les prix du propane (nous reparlerons des résultats de cette enquête dans un prochain article).  Et nous lui savons  gré de son implication  dans ce dossier délicat, et de son désir de libérer  les consommateurs  fourvoyés  dans une relation avec  un propanier dont ils ne savent  plus comment se défaire. Notre avis sur Vitogaz reste donc le même depuis le début du Groupement : n’importe quel propanier plutôt que Vitogaz.

Le texte de l’arrêt n° 372 du 09 Octobre 2015 de la Cour d’Appel de Versailles  sera posté dans la section « Membres » du site en début d’année prochaine.

Je profite de cet article pour faire passer un message aux clients désespérés de ne pouvoir quitter Vitogaz : si vous avez commandé au moins deux fois du gaz à Vitogaz depuis le 01/10/2014, et que vous avez constaté une augmentation du prix unitaire à la tonne depuis cette date, merci de contacter l’ADECOPRO pour que nous puissions monter un dossier avec notre avocat. Attention, nous ne sommes pas intéressés par des dossiers d’augmentation des tarifs Vitogaz  avant le 01/10/2014.

 

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Lancement d’un nouveau Groupement national de consommateurs de propane

20151225_041635Il serait vain d’imaginer la création d’un groupement de consommateurs aspirant à se doter  d’une image professionnelle sans concevoir un site de  qualité pour assurer sa communication sur Internet.  L’idée de ce groupement trottait dans ma tête depuis  deux ans  et la chute récente  du prix du propane sur le marché de gros fin 2014 n’a fait que renforcer mon sentiment qu’il fallait créer ce Groupement  maintenant,  et non dans 5 ans.   Seulement voilà,  je me faisais une montagne de la création de ce  site au motif  que  je déteste m’investir dans un travail dont le résultat risque d’être, au final,   inesthétique,  dévalorisant,  amateur, bancal….J’ai la manie de la perfection dans certaines choses,  incluant les oeuvres de l’esprit.    N’ayant aucune expérience d’infographie  ou  de quoi que ce soit d’apparenté à ce genre  de boulot,  mon inaptitude  à produire  autre chose  que du chiffre,  du traitement de texte, de la comptabilité,  et des recherches bibliographiques,  à partir d’un ordinateur,  me paraissait un obstacle insurmontable.

Heureusement  Wix était là pour m’aider (tiens,  je fais de la pub pour une entreprise cotée au Nasdaq. Il va falloir que je me soigne).  Je me suis finalement mis au travail à reculons,  travaillant sans relâche pendant quatre longues journées  pour créer  maquettes,  textes (ah !  les textes, que c’est dur d’être concis et précis à la fois !), développer des  graphismes  sans  la moindre idée de départ ou d’arrivée, créer des  illustrations, ajouter une touche design,  me couchant au petit matin pour travailler sans  être dérangé par le bruit de la maisonnée. L’avantage du chômage, c’est qu’on a plein de temps libre. Et on se couche à l’heure qu’on veut……

Je savais exactement ce que  le Groupement devait proposer mais je n’avais jamais réfléchi à la manière de construire le  site pour servir les quelques  idées  que j’avais en tête. Et pourtant… j’ai tout imaginé, écrit et réalisé en 4 jours. Le site est là devant mes yeux. A peine croyable.  Dire que j’étais prêt, avant la catastrophe,  à claquer 5000 € dans une agence Web pour obtenir  le  même résultat !  Sacré Wix ! Il ne manque  plus que  le   questionnaire qui permettra  aux consommateurs de laisser toutes leurs coordonnées ainsi que  les informations sur leurs citernes. Et deux ou trois bricoles à faire comme un  nom de domaine à acheter,  puis le site à transférer sur le serveur définitif. Pour le référencement, on commencera tout petit via les forums et le site de l’ADECOPRO. De toute manière le budget de fabrication est de 0 €,  et le budget promotionnel sera de 0 € . Vous n’en entendrez pas parler sur TF1. Ne pas avoir d’argent à dépenser oblige à réfléchir. Cela force  aussi à être plus solidaire et, de manière paradoxale, un peu plus opportuniste.

Voici donc en avant-première la photo du haut de la page d’accueil du futur site du futur Groupement. LE site Internet qui  va faire trembler le landernau parisien du GPL  et faire bouillir de rage les cols blancs de Puteaux jusqu’à King of Prussia, Pa, siège de la maison mère d’Antargaz-Finagaz (en voilà un drôle de nom de ville « Roi de Prusse » !  « King of Propane » aurait été plus adapté et plus parlant… )

J’entends déjà les patrons du GPL français pester dans leur tour d’ivoire « Non … putain… il va pas nous remettre  ça….Il va pas encore livrer  nos citernes aux belges et aux allemands … il faut arrêter ce type ….. »

Et bien, mes frères,   je vous le dis en vérité, en cette période de Noël, période de festivités dans  le monde chrétien,   la seule chose qui puisse arrêter ma main  au moment de cliquer sur le bouton  « PUBLISH« ,  je dis bien la seule chose, c’est un coup de fil  de la directrice de la communication de Vitogaz m’expliquant qu’ils sont parfaitement conscients de voler des milliers de  pauvres gens en  pratiquant  des prix abusifs et en abusant de leur  confiance, qu’ils savent pertinemment que  leur système de calcul et de réévaluation tarifaire n’est qu’une   escroquerie basée sur une algèbre infernale, que tout leur système  ne vaut pas mieux qu’une pyramide de Ponzi, et que  c’est pour cette raison qu’ils ont estimé devoir solliciter l’indulgence plénière de Mgr l’évêque de Paris   en finançant les bonnes oeuvres de l’Eglise   à travers des sommes  versées  par Vitogaz et sa maison-mère, le groupe Rubis,  pour la rénovation du Collège des Bernardins (Paris, 5eme),  afin que  la splendeur de la philosophie chrétienne, et singulièrement celle  de Nicolas  Malebranche dont on fête cette année le tricentenaire de la mort, puisse à nouveau rayonner sur  la capitale des Gaules.

J’attends donc de la direction de Vitogaz un repentir inconditionnel et des explications cohérentes  sinon je mets ma menace à exécution et mon nouveau  site sera mis en ligne dans les tous prochains jours.   Ce sponsoring   des Bernardins (très belle rénovation,  soit dit en passant)  est d’autant plus énigmatique  que  Vitogaz  est le seul des propaniers du CFBP a avoir le privilège de voir son nom inscrit sur une plaque dans la magnifique nef du Collège. Or Vitogaz  ne chauffe quasiment aucun bâtiment religieux ou  monastère en France. Le marché du propane  des   bâtiments conventuels,  très nombreux  en milieu rural,   est trusté par  Butagaz et  Totalgaz  depuis des lustres (ne me demandez pas comment je le sais, j’ai développé des pouvoirs spéciaux à force d’étudier la métaphysique catholique dans les vieux bouquins). Alors je pose la question  : que diable Vitogaz, dont le nom est  inconnu de tous les économes  tonsurés de France et de Navarre, est-il venu chercher aux Bernardins ? La confirmation par les autorités ecclésiastiques que la concurrence en matière économique est une idée libéralement diabolique ? Et que Dieu bénit tous les oligopoles cartellisés,  notamment lorsqu’ils sont généreux avec notre sainte Mère l’Eglise  ?  Faut il y voir la confirmation d’une  nouvelle alliance de la citerne et du goupillon  ?  Ou bien les ingénieurs de Vitogaz travaillent-ils en secret sur un modèle de nouvelle « sous-pape » (de sécurité) ? Si tel est le cas, il va falloir que j’entre dare dare en repentance.

Bon, en attendant mon excommunication, joyeux Noël à tous !

Hiver trop doux et baril au plus bas : le propane ARA à la ramasse

Si vous avez un camion citerne de 20 tonnes  qui rouille dans votre jardin, c’est le moment de monter à Anvers pour faire vos emplettes de gaz pour Noël.

La faiblesse du baril de brut, avec des cours de futures qui crèvent des valeurs plancher établies depuis des années, ne fait qu’ajouter à la déprime actuelle  du propane spot sur le marché Amsterdam-Rotterdam-Anvers. La demande de propane pour cette période de l’année n’a même pas pu bénéficier  de l’augmentation de la consommation liée au chauffage.

Des stocks régionaux importants, des anticipations revues à la baisse pour le début de l’hiver, et des engagements d’achat incontournables, ont contribué à affaiblir  la tendance traditionnelle en cette période de l’année, qui voit d’ordinaire les propaniers  retirer des quantités considérables de volumes spot depuis les terminaux de stockage ARA et les raffineries,   en direction des foyers de consommation vers l’intérieur du continent.

Le dernier Heating Degree Days report ( ndlr :  Degrés- jour de chauffage – voir explications dans les archives du site) de BNP Paribas, publié  la semaine dernière, prévoit un écart de température de 43 % plus doux que la normale jusqu’au 28 Décembre prochain, cet écart considérable faisant suite à des températures 28 % plus douces durant la première quinzaine de Décembre !

Ce rapport, qui tombe à pic après la COP 21, montre que la saison de chauffe depuis le 1er Septembre a connu des températures en moyenne 17 % plus douces comparées à l’année précédente et à la norme des 10 années précédentes.

Les cours spot du propane sont donc entraînés vers le fond,   non seulement du fait de la tendance baissière sous-jacente du brut, mais aussi par la  pléthore de l’offre et l’absence de demande.

Les barges pressurisées cotées en FOB ARA ainsi que  les semi-remorques et les wagons côtés en FCA,  étaient à la baisse la semaine dernière (- $9 par tonne) à $364 /tonne HT  (ndlr : les consommateurs français qui payent le propane à 1500 € TTC / tonne sont légitimes à considérer que le transport du gaz depuis Anvers jusqu’à leur citerne leur est facturé au prix de l’or. Je les rassure :  la différence ne va ni dans la poche des chauffeurs routiers, ni même dans la poche des transporteurs ….)

« La demande est si faible » selon une source  » Dès qu’il y a un peu de demande, tous les vendeurs sautent sur l’occasion  avec des offres de contrat journalier.  Les vendeurs lâchent en dessous des cours spot, même pour un acheteur disposant d’un ou deux semi-remorques de 20 tonnes par jour« 

« Le Brent chute tous les jours mais la demande n’est pas là. Je ne vois pas comment la demande pourrait faire rebondir  le marché » à court terme.

Cette absence de demande et donc de sortie de stock, commence à poser des problèmes d’engorgement  dans  la zone ARA, selon certaines sources, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur le cours du spot  côté  vendeurs.

« Il y a beaucoup de propane et actuellement il est  vendu à perte s’il est  vendu au prix du  spot » selon une source « Avec tout ce propane, la dernière chose que vous avez envie de faire, c’est d’être obligé de vendre »

Il y a peu d’optimisme chez les vendeurs pour envisager une amélioration à court terme de la demande de propane spot, tant   du fait des niveaux de stock actuels, que du niveau des prélèvements contractualisés.

Source : Platts 15 Decembre 2015 (titre original : Weak crude adds to Ara propane woes as spot demand slumps)

Comme on nous parle, comme on nous méprise : consommateurs, si vous saviez…

Tombé en arrêt devant la vulgarité d’une  campagne d’affichage  au ras de la pissotière,  lancée il y a quelques mois  par le gouvernement belge pour inciter les consommateurs  à faire jouer la concurrence entre les différents fournisseurs  d’énergie ( voir l’affiche incriminée ci-dessous) .  La frilosité de nos amis belges à se séparer des grands fournisseurs traditionnels d’énergie irrite visiblement  les opérateurs d’Outre-Quiévrain, dont certains ont misé gros sur la libéralisation des marchés de l’énergie.  On imagine qu’ils estiment n’avoir pas été payé de leurs efforts en retour.  Ils n’auront  donc pas manqué de solliciter  un coup de pouce de l’Etat belge pour inciter les récalcitrants à abandonner les grands  fournisseurs traditionnels.  L’Etat belge  s’est alors retourné vers les agences de publicité, lesquelles ont toujours d’excellentes idées pour dilapider l’argent des contribuables en pseudo-campagnes d’ « information ».  On les  sait  prêtes à toutes les bassesses pour nous faire acheter la camelote de leurs clients privés. La  vulgarité de cette campagne n’étonnera donc pas ceux qui connaissent  l’indécence, le mépris et  la tartuferie des « fils de pub ».  Mais qu’un ministère puisse financer une campagne publicitaire en récupérant  l’obsession  des jeunes  pour la longueur de leurs attributs génitaux,  me laisse sans voix.  Une telle vulgarité institutionnalisée   ne peut que  refléter  un désarroi et une profonde  misère morale dans les lieux d’exercice du pouvoir.

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On le sait, l’esprit du capitalisme contemporain, ou plutôt l’esprit de la publicité qui  inspire la forme contemporaine du  capitalisme, ce n’est plus  l’éthique protestante faite de responsabilité, de frugalité et d’autonomie  chère à l’économiste et sociologue allemand  Max  Weber. C’est devenu  l’infantilisation à outrance des consommateurs :  inoculer aux consommateurs des habitudes de jeunes, des réflexes de jeunes, des goûts de jeunes, des obsessions de jeunes.  Les goûts de jeunes ont un avantage considérable sur les goûts d’adultes  : ils sont changeants, volatils, se renouvellent sans cesse, ce qui permet à la machine à créer du désir et des besoins  de fonctionner à plein régime. C’est pourquoi les publicitaires, ces marchands de bonheur frelaté, s’efforcent d’infantiliser les foules. De nous maintenir dans le « continuel émerveillement de nos premières années » . Car l’enfance «  c’est l’eau à la bouche, le désir toujours renouvelé. Vient ensuite l’âge de la jouissance où l’on ne sait plus par quel côté mordre la vie. Puis celui où, édenté, on oublie le désir même. C’est alors qu’on renie son enfance et qu’on se perd. »  Les citations sont  d’un certain Jacques Séguéla, l’homme à la Rolex….

Vous ne trouvez pas étonnant ce mépris commun à tous nos grands bourgeois pour les « sans-dents » et les « édentés » ? Il est vrai que les publicitaires et les dirigeants se doivent, eux,   d’avoir des dents  « ultra brite » afin de donner le change,   à défaut d’avoir des cerveaux capables d’éclairer les foules. Misère de la dentisterie américano-parisienne et son obsession pour le sourire parfait ?  Ou misère de la politique à l’ère post-moderne  ?

A bas  le privilège  de l’âge  et la sagesse  de nos  anciens ! Restons puérils (et insignifiants, et manipulables ) toute notre vie !   Cette campagne d’affichage promue par le ministère  belge  de l’économie  s’inscrit  pleinement  dans l’air du temps. Elle nous souffle à l’oreille : « Toi !  Oui , toi qui souffres  de devoir te coltiner  la  comparaison ligne à ligne des  contrats de fourniture d’énergie,  sans  parvenir  à te faire un avis clair sur la question parce qu’ils s’arrangent pour rendre leurs tarifs incomparables.  Oui , toi ! Ne te plains pas de ton sort de consommateur incapable d’exercer pleinement  son  libre arbitre.  Rappelle toi comment, un jour de cuite, dans ta résidence universitaire, tu as baissé ton slip en proposant  à tes potes de tenter un concours de bi….s.   N’est ce pas cela la vraie vie, la vie d’étudiant  exaltante, trépidante ? Retrouve cette excitation de l’instant présent dès maintenant !  Compare  ton contrat EDF avec  ton contrat DIRECT ENERGIE,  grâce à la libéralisation des marchés de l’électricité. »

 Vous avez dit « Consternant  » ? « Pitoyable » ? « Affligeant » ? « Indécent » ?  « Summum de la crétinerie » ?

Et pourtant …. et pourtant …., notre « Association de Défense des Consommateurs de Propane »  ne   propose t’elle pas elle  aussi de comparer et d’éplucher  les contrats des propaniers pour y débusquer la clause abusive  qui vous ligote à LEUR  citerne ?  Ce site ne fait-il pas l’apologie permanente de cette belle et saine concurrence qui  vaut aux mêmes consommateurs  d’être obligés  de  déchiffrer ligne à ligne des contrats incompréhensibles ?  Ne défendons nous pas  la libéralisation des marchés de l’énergie  à la manière et selon les modalités voulues par les nouveaux maîtres du monde ?

Je l’ai déjà écrit et je le redis  : en premier lieu  notre conception de la concurrence n’a rien à voir avec le type  de  concurrence pipeautée auxquels les grands groupes font semblant de se soumettre. En second lieu nous ne considérons  pas la concurrence comme une fin en soi à la manière des économistes  libéraux. Ceux qui se prétendent libéraux aujourd’hui sont incapables de penser la concurrence sur un autre modèle que la guerre, ce qui est peut-être intrinsèque à l’économie de marché, mais qui est en contradiction avec ce qu’elle est censée permettre : la paix et la concorde entre groupes rivaux et entre  nations rivales. Si la logique du pouvoir est forcément celle d’une guerre à conduire contre nos concurrents (chinois, asiatiques, polonais… ), comment les peuples vaincus  pourront-ils  conserver  leur souveraineté ? A-t-on jamais vu un bateau proche du naufrage où on soumettrait paisiblement chaque décision au suffrage universel ?

Au risque de nous répéter, nous affirmons que la concurrence sur le marché du propane en citerne est, dans les conditions actuelles, simplement  un moyen  pragmatique d’éviter les abus d’un cartel de fournisseurs,  en rétablissant  un peu de justesse et de justice dans un système économique foncièrement amoral.  Il  n’y a pas et il n’y a jamais eu un modèle unique de fonctionnement d’économie capitaliste.  Le capitalisme islandais  n’a jamais rien eu à voir avec le capitalisme mexicain.   Ne laissez donc  à personne le soin d’enfermer votre réflexion  économique dans un cadre idéologique pré-défini.   C’est au consommateur-citoyen d’imposer sa vision d’un  modèle économique pérenne et soutenable sur le long terme,   basé sur la liberté d’entreprendre, liberté respectant l’exigence de dignité de tous les humains vivant sur cette terre. C’est au consommateur-citoyen (ne comptez sur personne d’autre !) d’engager  la réflexion sur les évolutions futures du droit civil et commercial qui permettront d’encadrer  à l’avenir cette liberté d’entreprendre à tort et à travers, pour la contenir dans les limites de la morale et de la décence.

Votre dignité est-elle respectée quand on vous propose de signer un contrat de fourniture d’énergie léonin ? Non ? Alors refusez de signer ce contrat et faites en sorte de donner vie à  un modèle alternatif  où le contrat écrit  (dit contrat « solennel » pour les historiens du droit)  rempli de clauses abusives n’aura plus de raison d’être. Le seul contrat dont vous ayez besoin, c’est un contrat oral (dit « consensuel ») avec un  petit distributeur local qui ne s’abaissera jamais à vous ligoter ni à vous garrotter. Les protestants de Max Weber scellaient jadis ce type de contrat d’une franche poignée de mains. Nul besoin de signature. Avant l’apparition et le règne des multinationales de la honte,  le consommateur  n’avait pas  besoin de déchiffrer 5  pages de clauses imprimées en petits caractères  pour tenter de deviner à quelle sauce il allait se faire manger.

Notre devoir de citoyen consiste à exiger de notre gouvernement  qu’il propose  des lois pour empêcher ces multinationales  d’étendre leurs activités comme des pieuvres.  Tout le mal vient de ce qu’on a laissé les propaniers faire main basse sur le marché et la réglementation des citernes de gaz, alors que ce n’est ni leur métier, ni leur vocation.  Si les propaniers  n’étaient pas parvenus  à contrôler le marché des citernes, ils n’auraient jamais pu monter pareille escroquerie.  Retirez des contrats de propane tout  ce qui concerne la mise à disposition des citernes de gaz, et il n’y a plus besoin de contrat de fourniture de gaz  (dans la même veine : interdisez aux opérateurs de télécoms  de vendre des  téléphones mobiles  et leurs offres  d’abonnement en seront  grandement simplifiées; interdisez aux fabricants d’ordinateurs de pré-équiper leur hardware avec  des systèmes d’exploitation,  et vous permettrez à la concurrence de Microsoft de prendre son envol….). Sous prétexte de « liberté d’entreprendre » (réfléchissez  : le commerce des armes à feu aux USA est basé sur cet « impensé » qu’est la « libre entreprise » en Occident), on laisse des oligopoles accabler les consommateurs avec des stratégies de ventes liées qui appauvrissent leurs choix et réduisent  les opportunités de développement de modèles alternatifs.

Mais qui donc a autorisé  ces monstres économiques   à mettre en oeuvre de telles stratégies  ? Qui les a laissé faire ?

Où sont les lois et les législateurs  pour  empêcher  de tels comportements prédateurs ? Avez-vous jamais entendu une seule proposition visant à  limiter  la « liberté d’entreprendre et de commercer » dans la bouche d’un homme politique français  ?

Par quelle espèce de fatalité  l’absence de tout questionnement, à  droite de l’échiquier politique,  sur les limites de la « liberté d’entreprendre » répond-elle  au silence assourdissant de la gauche sur ce même sujet  ?

Qui a décidé un jour que la liberté d’entreprendre ou de lier la vente de deux produits  distincts,   devait prévaloir sur le droit du consommateur à disposer  de son argent  comme il l’entend ?

Qui a décidé que toute  entreprise était légitime à s’intégrer verticalement en élaborant des stratégies de capture du consommateur, transformant  une aventure entrepreneuriale anodine  en une vulgaire rente de situation ?

 Ne voyez-vous pas qu’il y a une raison pour laquelle même les plus grands arbres s’arrêtent un jour de pousser vers le ciel ?

Qui a décidé que tout entrepreneur, au motif qu’il a un jour créé une entreprise locale, devrait avoir  le droit d’accaparer un marché régional,  ou  national ? Que diriez vous d’un dentiste qui soudain  prétendrait soigner,  par son « entreprise »  de soins dentaires, le quart ou la  moitié de la population d’un département ? Pourquoi trouvons-nous  cela normal de la part d’un épicier (Carrefour, Auchan…. ) ou d’un propanier abreuvant le quart de la population française ?

Ne voyez vous pas qu’il y a une raison pour laquelle même les plus grands arbres ont une surface racinaire limitée au  sol  ?

Où est cette bio-économie (*) qui remettra de la raison dans toute  cette démesure économique en limitant par des lois contraignantes les appétits dénaturés des grandes entreprises et des multinationales  ?

Comment pouvons-nous  ne pas voir que le règne du mensonge et du faux-semblant sera assuré ici-bas aussi longtemps qu’une clique d’entrepreneurs-accapareurs détiendra le pouvoir de diriger nos consciences en empêchant toute réforme profonde d’un système économique foncièrement et intrinsèquement  pervers,  injuste et dévoyé  ?

Oui, ce système économique  nous méprise quand il affirme qu’un queutard immature deviendra un consommateur modèle s’il soumet   contrats et  propositions tarifaires  à  une lecture comparative.  Les consommateurs savent d’instinct que les  propositions  honnêtes sont celles pour lesquelles l’effort de compréhension  reste à la portée du  commun des mortels.

 (*)Bio-économie au sens de Georgescu-Roegen (et non au sens galvaudé par l’OCDE) : interprétation de l’économie posant que le processus économique doit être analysé comme un processus biologique et s’inspirer des principes de la biologie (limitativité, non reversibilité…). Voir article « Bio-économie » de l’excellent « Dictionnaire de la pensée écologique » publié aux PUF en Septembre 2015.

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