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Le propane pour les nuls : de l’art de livrer du propane en mettant le feu à une oeuvre d’art

La Maison du Mont Evans, dans le Colorado, est une construction en ruine située au sommet du Mont Evans, dans les Rocheuses. Lorsqu’elle a été construite entre 1940 et 1941, au bout de la route non encore asphaltée  qui grimpe tout en haut de la montagne,  c’était le plus haut bâtiment commercial des Etats Unis, et peut-être même au monde : 4350 mètres d’altitude. Le bâtiment a été en grande partie détruit par le feu à la suite d’une erreur d’un  livreur de propane en 1979.

L’idée germe dans la tête d’un charpentier allemand immigré aux USA, Justus Roehling. Il rêve de construire un  » Château dans le ciel » pour celle qui deviendra plus tard son épouse. 

Le charpentier s’arrange pour trouver des financiers et un architecte local  célèbre, Edwin A Francis , se voit confier les plans d’ensemble. Le chantier démarre à l’été 1940. Roehling, sa femme et son équipe de charpentiers s’installent au sommet du Mont Evans dans des tentes. Aucune société ne veut assurer le chantier ou fournir des garanties pendant la construction. Au début de l’automne le chantier est abandonné du fait des conditions climatiques. Au printemps suivant, le chantier a durement souffert , notamment les parties en bois et en verre :  il faut réparer avant de continuer. Roehling et son équipe reprennent le chantier,  qu’ils terminent finalement à l’automne 1941.

Carte postale de la maison avant son incendie

Carte postale de la maison -belvédère   avant son incendie

A son inauguration, la maison offre aux voyageurs un restaurant d’altitude, un magasin de souvenirs, de l’oxygène pour les urgences, et une terrasse d’observation. Le site est géré par plusieurs entreprises privées jusqu’en 1969, date à laquelle l’US Forest Service reprend possession des lieux, selon les termes du bail original.

Le 1er  Septembre 1979, après avoir rempli le réservoir de propane du bâtiment, le  livreur de propane de la société Evergreen ne parvient pas à refermer la soupape de sécurité et démarre involontairement un incendie qui échappe rapidement à tout  contrôle. Bien que les pompiers d’Idaho Springs arrivent rapidement sur les lieux, leurs efforts pour éteindre l’incendie sont contrecarrés par des vents violents et le manque de réserve d’eau sur place. Tous les occupants sont évacués et sains et saufs. Mais la structure d’acier de bois et de verre, ainsi que les boiseries et les parquets de bois  dessinés et construits par Roehling , tout ce qui faisait l’originalité architecturale du bâtiment,  a disparu entièrement dans les flammes. Seuls restent les murs en béton armé et les revêtements de pierre extérieurs. La pièce maîtresse  du bâtiment était une véranda sur deux niveaux de verre et d’acier,  en forme d’étoile. Le niveau supérieur servait de plateforme d’observation, tandis que le niveau inférieur servait de caféteria.

L’US Forest Service a reçu 450 000 USD de compensation du distributeur de propane pour la perte du bâtiment. Mais le coût de remise en état fut estimé alors à 2 millions de dollars. Les fonds reçus servirent simplement à réhabiliter les ruines en une plateforme d’observation extérieure. 

Les ruines réhabilitées

Les ruines réhabilitées

La vue du sommet du Mont Evans

La vue  sur les Rocheuses depuis le sommet du Mont Evans

Source Wikipedia : 

http://en.wikipedia.org/wiki/Crest_House

 

Vitogaz et les normes de sécurité des citernes : non respect des règles d’implantation

Nos deux  propaniers  indépendants  qui ont  l’habitude de « visiter » moult  installations concurrentes sont d’accord sur un point : les citernes respectant le moins les normes de sécurité  ET  celles qui sont le moins entretenues,  sont celles qui  arborent le logo  Vitogaz.

En matière de respect des normes de sécurité, il est étrange qu’un  propanier puisse ainsi être montré du doigt. En effet aucun des propaniers du cartel  n’installe lui-même ses citernes  :  l’installation et  la désinstallation des citernes de gaz sont réalisées  par les mêmes  sous-traitants partout en France ( ils sont 6 ou 7  à se partager le marché dans l’hexagone, le plus important d’entre eux  étant GLI Services, filiale du n° 1 de la citerne de gaz en France).

Serait-ce donc la conséquence du fait que les commerciaux appointés par Vitogaz sont moins regardants sur l’emplacement des citernes qu’ils mettent en place,  s’assurant ainsi à bon compte  la  signature du client en bas du contrat  ? Difficile de savoir. En tous cas, avis aux consommateurs :  si  les propaniers vous refusent tous l’installation d’une citerne  à l’endroit que vous estimez devoir  leur réserver, vous pouvez toujours vous adresser à Vitogaz pour voir si cet emplacement convient à leur représentant local !

Quant à l’entretien périodique de la citerne, l’auteur de ces lignes, qui a dû supporter une citerne aérienne  Vitogaz dans son jardin pendant quelques années,   n’a jamais reçu une seule visite  réglementaire  en quatre ans.  Et il n’est pas le seul ex-client de Vitogaz  à avoir remarqué quelques lacunes dans le suivi des visites triennales  organisées  par ce propanier.

A titre d’exemple de ce qui précède, voici  la photo prise ces derniers jours d’une citerne Vitogaz en place chez un particulier  en Alsace :

Citerne Vitogaz 1

Question  1 : qu’est ce qui permet d’affirmer que cette citerne n’est pas installée conformément à la réglementation ?

Réponse : parce que le capot est à mois de 3 mètres d’une ouverture (porte, fenêtre, soupirail, aération ….)  dans le bâtiment adjacent. On peut voir sous les pieds de la citerne que celle-ci a été installée en limite d’une chape existante, ce qui a évité à l’installateur de devoir poser des plots  de stabilisation en béton (du fait de son poids, la citerne n’aurait pas pu être posée directement  sur les dalles gravillonnées visibles au premier plan) . La largeur de la chape  n’a toutefois pas permis d’éloigner la citerne suffisamment par rapport à la façade et à la toiture de la dependence.   Renseignements pris, la fenêtre est un châssis fixe (donc pas de probleme à ce niveau ), mais la construction  n’est pas étanche au niveau de la sablière (la poutre en bois qui assure la jonction du mur et du toit) . Il existe donc une voie de pénétration dans le bâtiment au niveau de la toiture,  et il est  donc non réglementaire  d’installer une citerne à cet endroit.

Regardez maintenant cette autre photo prise  avec un autre angle et un peu plus de recul par rapport au même  bâtiment. Vous constatez la présence d’une seconde citerne, identique à la première sauf en ce qui concerne  la marque du propanier.   La seconde citerne a été installée par le propanier indépendant SAPS, basé à Vieux Thann (68).

Question 2 : lequel  des deux propaniers a installé sa citerne dans les règles  ?

Devinez laquelle est vide......

Ce client ne voulait pas attendre la fin de son contrat pour changer de propanier

Réponse : seule la citerne de gauche a été installée correctement car l’absence d’ouverture dans le mur de gauche   et l’absence de défaut d’étancheïté  entre le chevron de rive et la couverture en Eternit,   permettent  d’installer la citerne au  plus près de la construction existante.

Heureusement pour le client,  la citerne Vitogaz  dangereuse n’est désormais plus utilisée. Le contrat Vitogaz, lui,  continue de courir comme si de rien n’était. Il suffira que le client attende la fin du contrat pour pouvoir le résilier sans pénalités.

Ci dessous un autre cas de contravention avec les règles de sécurité. La citerne  Vitogaz  a été positionnée beaucoup trop près  de l’habitation et de ses ouvertures. Il n’est pas certain que les  fenêtres au dessus de la citerne aient   été condamnées.  Regardez bien la photo ci- dessous : il y a 4 dangers potentiels  qui auraient dû conduire Vitogaz à refuser d’installer la citerne à cet endroit. C’est presque un cas d’école.

Bravo à toute l'équipe Vitogaz pour cette belle installation

Bravo à toute l’équipe Vitogaz pour cette belle installation

Citerne Vitogaz alsace 2

Ci dessous  un  troisième   exemple  d’une citerne aérienne Vitogaz installée chez un particulier qui souhaite rejoindre le Groupement Propane Libre. Nous souhaitons l’aider  à se débarrasser de ce propanier ripoux et de sa citerne Vitogaz . Problème : si ce remplacement n’a pas encore eu lieu, c’est que le  fournisseur de propane du groupement  refuse d’installer sa citerne à l’endroit où Vitogaz a installé la sienne, au mépris des règles de sécurité : l’axe de la  citerne  est à 90 cm  du mur de limite de propriété ( mur du garage de la voisine, à gauche sur la photo) au lieu des 1.5 mètres requis pour un mur aveugle.  Les deux autres  murs en parpaings qui entourent la citerne  au fond et à droite,  devraient,  quant à eux,  être à plus de 60 cm du flanc de la citerne pour être aux normes. Il ne semble pas que ce soit le cas pour le mur du fond. Sa construction date visiblement d’après l’installation de la citerne mais sa  démolition aurait dû être demandée par Vitogaz.

Vitogaz , spécialiste des installations hors normes !

Vitogaz , spécialiste des installations hors normes !

Si les accidents causés par des citernes de propane  sont quasiment inexistants en France (a fortiori ceux causés par une citerne placée trop près d’une construction)  on ne peut malheureusement pas dire que ce soit le  cas aux Etats-Unis,  où ils  donnent quelques fois  lieu à des drames retentissants. Une simple avancée de toiture au dessus d’une citerne (comme sur la première photo)  peut permettre au gaz sous pression de rentrer dans un bâtiment à la faveur d’un défaut d’étanchéïté entre la façade et la toiture.

C’est exactement ce qui est arrivé dans une épicerie-station service en Virgine Occidentale le 30 Janvier 2007. Cette histoire est survenue sur la commune de Ghent,  à 500 mètres de la station de ski de Winterplace , sur les Flat Tops.  L’explosion d’une épicerie et de la station service attenante ( « convenience store » en anglais) a causé la mort de 4 personnes et blessé  6 autres.  Parmi   l’enchaînement d’erreurs humaines révélés par une minutieuse enquête, erreurs qui ont conduit à l’explosion aussi fatale que prévisible, la première  fut le mauvais choix de l’emplacement de la citerne de gaz  qui n’avait  pas été suffisamment éloignée du mur du fond de l’épicerie, en contravention avec la réglementation imposant des distances minimales à respecter. Exactement comme dans le cas de la citerne Vitogaz ci-dessus. Dans le cas de cet accident, l’enquête a conclu que le gaz sous pression était  rentré dans le magasin non par une ouverture en façade, mais  par le débord de la toiture à l’occasion  d’une fuite massive de gaz sous pression,  causée par une manipulation hasardeuse d’un technicien mal formé.

ghent explosion

Le quadrilatère au centre de la photo représente  l’emplacement du  magasin avant l’explosion. En bas de la photo, les deux citernes de propane dont une fut à l’origine de l’explosion, ont été soufflées  par l’explosion sans exploser. En haut de la photo, l’ambulance des services de secours, sur place au moment de la tragédie, a été retournée par l’explosion.

Ce qui rend cet accident particulièrement dramatique, c’est l’enchaînement d’erreurs humaines commises sans lesquelles ce drame n’aurait pas eu lieu.  Une reconstitution de ce drame a été faite en vidéo par le CSB ( Chemical Safety and Hazard  Investigation Board), suite l’enquête de police.  Cette vidéo sert aujourd’hui à sensibiliser les services de première urgence américains aux  dangers inhérents aux interventions sur  fuites de propane.

La vidéo en anglais est visible ici. Elle dure 23 minutes. Même si vous ne comprenez pas l’anglais, vous pouvez prendre le temps de regarder l’animation qui a été réalisée sur le déroulement de l’accident, pour comprendre comment le gaz sous pression est entré dans le magasin  :

http://www.youtube.com/watch?v=JzdnUZReoLM

De l’avantage de bien réfléchir à l’endroit où on va installer sa future citerne de gaz.

Du danger de perdre de vue la conduite de gaz enterrée dans son jardin, ou comment « mon jardinier m’a tuer »

Alors que  les opposants au propane en France  focalisent leur courroux sur les prix de l’énergie  et sur  les  méthodes commerciales indignes des distributeurs de gaz en citerne,  il semble que sur le continent nord américain,   le propane  ait réussi à liguer contre lui une partie  de la population pour des raisons de sécurité.

En démontrant le « caractère pernicieux »  du gaz propane, l’histoire dramatique  qui suit pourrait  sembler donner raison aux canadiens et aux américains  qui  jurent  ne vouloir du propane dans leur maison sous aucun prétexte. Les dangers du propane et du butane proviennent de ce que ces gaz étant plus lourds que l’air (contrairement au gaz de ville ou méthane), ils s’accumulent en nappes sur le sol au lieu de se dissiper dans l’atmosphère. C’est cette capacité à s’accumuler dans des endroits éventuellement non ventilés, alliée à la très faible quantité nécessaire pour provoquer une explosion,  qui leur confère leur dangerosité particulière. Il semble en outre que la « culture du risque »   à laquelle se trouvent soumis  les entrepreneurs européens n’ait pas encore fait beaucoup d’émules de l’autre côté de l’Atlantique, probablement parce qu’elle y contrarie un peu trop l’esprit de la « libre entreprise ».

Un paysagiste de la ville canadienne de Niagara Falls, Ontario, Canada  ( à ne pas confondre avec sa ville jumelle de Niagara Falls,  N.Y., USA, située de l’autre côté des fameuses chutes qui font la frontière entre les deux pays)   s’est vu infliger  en 2010  plusieurs amendes pour un total  de 225 000 dollars pour infractions au droit du travail et violations des règles  de sécurité ayant  provoqué  une explosion de propane qui a rasé une maison et tué son propriétaire.

signalisation tuyau de gaz

Sharmaine Rudan est morte au moment où le souffle de l’explosion a complètement détruit sa maison   à Niagara Falls le 30 Juillet 2008. Cette grand mère de 54 ans était dans sa maison avec deux femmes de ménage : elle a été vue par ses employés dans le living room quelques secondes avant l’explosion. Les deux domestiques travaillant à l’arrière de la maison s’en sont sorti   avec quelques blessures. De la maison de bois  à un seul niveau avec véranda, appelées là-bas  « bungalow »  (malgré le fait que certaines  peuvent être de très grande taille),  il ne restait  qu’un panneau de mur et une citerne aérienne blanche immaculée, qui semblait narguer le tas de ruines fumantes et  cramoisies.

Shermaine Rudan  et son mari  étaient à la tête  d’un micro-empire  familial local  qui incluait des  hôtels, restaurants et des clubs de strip tease à Niagara Falls, destination touristique traditionnelle  pour les enterrements de vie de garçon et pour  les jeunes mariés.

En procédant à l’excavation de la canalisation  de gaz entérrée, les enquêteurs ont pu mettre en évidence qu’un morceau d’armature métallique avait percé  la conduite.  Selon le jugement de la Cour, le paysagiste et entrepreneur en maçonnerie Genco Masonry Inc. travaillait dans la propriété de Rudan  le jour  de l’explosion. C’est  lors des travaux que la  conduite de propane  courant entre la citerne et la maison  a été poinçonnée par un morceau  de fer à béton. Pendant plusieurs heures, le gaz a fuit dans  le sol, abandonnant au passage son odorant dans la terre et dans le sable  (voir nos  articles sur la perte de l’odorant du gaz au contact de certains matériaux). Le gaz rendu inodore a suivi la gaine du câble de télévision, enterrée avec  la conduite de gaz, pour se répandre lentement dans le sous-sol de la maison. Du fait de l’absence d’odeur,  personne ne s’est rendu compte de la présence du gaz dans la maison. Le gaz a  remplit le sous-sol jusqu’à atteindre son seuil d’explosivité.

La Cour a déterminé que Genco n’avait fait aucun effort pour repérer  la présence du tuyau de gaz avant le début des travaux.

Fortement déconseillé de creuser au dessus du pipeline de gaz

Fortement déconseillé de creuser !

L’entreprise  n’avait pas non plus prévenu ses employés de l’existence d’une conduite de gaz enterrée. Dans la procédure normale au Canada, le maitre d’oeuvre doit appeler un numéro spécial pour localiser les conduites d’eau ou de gaz repertoriées auprès d’un organisme public, que ces conduites  se trouvent sur terrain public ou sur terrain privé. Les artisans sont ainsi obligés d’appeler  « Ontario one call » avant de creuser ou de planter  quoi que ce soit dans le sol. Cette organisation est tenu de répondre à toutes les demandes.

 En conséquence, Genco a été déclaré coupable d’avoir manqué à l’obligation de s’assurer que le gaz, l’électricité et les autres services concernés sur le site du chantier, avaient été localisés, marqués et déconnectés dans la mesure du possible.

Les deux  autres chefs d’accusation qui ont valu à  GENCO d’être déclaré coupable   :

-Manquement à l’obligation de demander au propriétaire du réseau  (ici, le distributeur de  propane) d’être présent pour superviser le terrassement.

-Manquement à l’obligation de fournir les informations, les instructions et la supervision à un travailleur afin de  protéger sa sécurité

Le chef de chantier a plaidé coupable  d’avoir manqué à son obligation de prendre les  précautions raisonnables  pour protéger ses ouvriers sur le chantier (cependant aucun ouvrier n’a  été blessé dans l’explosion).

Le sous-chef des pompiers de Niagara Falls,  Jim Jessop, a déclaré que la conduite de propane avait été ouverte  par un fer à béton. La barre de métal a aussi entaillé une gaine  plastique provenant de l’antenne satellite. La  pression du propane  lui a permis de se frayer un chemin à travers cette   gaine plastique jusque dans la maison.

Sharmaine Denise Rudan et son mari, Chris Rudan, né en Yougoslavie, ont démarré leurs activités dans la « ville de la Lune de miel » peu après leur mariage en 1971. Ils étaient actionnaires principaux du Sundowner Inn, le plus ancien club  de strip tease  de Niagara Falls. Ils avaient aussi des intérêts dans un night  club appelé « Solid Gold » à Burlington, en plus d’un restaurant à Niagara Falls, ainsi que plusieurs propriétés à Fort Erie et  Niagara-sur-le-lac. Le couple avait trois garçons et trois petits-enfants.  Son mari visitait sa famille dans l’ex-Yougoslavie quand son épouse a été tuée.

Maison détruite suite à un accident sur une conduite de gaz souterraine

Maison détruite suite à un accident sur une conduite de gaz souterraine

Un propanier porte plainte contre une famille dont la maison a été détruite par une explosion de gaz propane

Oui . Vous avez bien lu. Il n’y a pas d’erreur dans le titre. On dirait une  histoire  sortie de la presse du Far West au XIX siècle. Mais les faits se sont produits dans l’Etat de New York, au bord du lac Ontario, à quelques kilomètres des fameuses chutes du Niagara. Gageons que ce procès va être suivi par les services juridiques de tous les propaniers de la planète , car il incarne à lui seul  les  décennies de rancoeurs  et de griefs entre  propaniers et  consommateurs.  A priori  l’histoire parait malheureusement banale aux USA : une maison familiale est  entièrement  rasée par une explosion au propane, comme  cela arrive trop régulièrement aux Etats Unis,  causant la mort d’un enfant. Mais cette fois-ci les circonstances qui entourent l’explosion sortent de l’ordinaire.

Une première plainte est déposée par une famille de Wilson (NY) contre le propanier américain Noco Energy Corp. en Octobre 2012, suite à la destruction complète de leur maison provoquée  par une explosion de propane le 24 Juillet 2012.  Mais  le propanier  dépose  une contre-plainte le 4 février 2013 devant la Cour du Comté de Niagara, en accusant le propriétaire de la maison,  Jody Johnson, dont la fille est décédée dans l’explosion, d’avoir causé l’explosion.

La contre- plainte indique que Johnson a déconnecté la citerne de propane appartenant à  Noco après avoir senti une odeur de  gaz dans sa maison le 23 Juillet , la veille de l’explosion, et a rempli une bouteille de 50 kg de gaz qu’il avait dans sa propriété, avec du propane acheté dans un magasin de la réserve indienne  de Tuscarora. Johnson a alors connecté cette bouteille à son système de chauffage. A environ 6 heures du matin le lendemain, sa maison a été complètement détruite par une violente explosion.

Sarah Johnson, sa fille de 14 ans a été tuée dans l’explosion. Sa soeur Katie 19 ans, souffre de graves brûlures et a été hospitalisée plusieurs semaines. Les parents et leur fils Nathan ont souffert de blessures moins importantes.

“Nous nions les allégations portées contre Jody Johnson » a immédiatement déclaré l’avocat de la famille dans un e-mail au journal « The Buffalo News »

“Ces allégations ignorent le fait que Mr Johnson n’aurait jamais branché un réservoir temporaire à la place de sa citerne habituelle,  si Noco avait émis un avis contradictoire, ou avait réagi comme il se doit à la situation d’urgence au moment où les Johnson ont déclaré au propanier qu’ils sentaient une odeur de gaz dans la maison.  Au lieu de cela, Noco a traité l’affaire comme s’il s’agissait d’une citerne de gaz quasiment vide. Noco essaye simplement de détourner le blâme dans cet horrible accident,” a dit Beck, du bureau d’avocats de Buffalo,  Duke Holzman Photiadis & Gresens.

La citerne et la fameuse citerne sont les seuls rescapés de l'explosion de la maison

La citerne et la fameuse bouteille installée la veille de l’explosion  et responsables de l’explosion  sont ironiquement les seuls objets rescapés du drame

Les Johnsons ont porté plainte contre  Noco le 26 Octobre dernier, en demandant un montant de dommages et intérêts à déterminer  pendant le procès. Mais leur plainte reconnait que la citerne de propane NOCO a été déconnectée avant l’explosion par Jody Johnson, lequel  travaille comme frigoriste dans une société de climatisation et d’installation de pompes à chaleur dans la ville de Tonawanda.

La contre-plainte de Noco cherche à rendre responsable de l’explosion Jody Johnson et peut être le magasin Jay’s Place II, sur la route de Walmore, dans la Reserve de Tuscarora , où Johnson est allé remplir   la bouteille de propane  de 50 kg durant l’après midi du 23 Juillet.

L’avocat de Noco,  Flynn, a déclaré que Noco n’essaie pas d’obtenir des dommages et intérêts de la part de Johnson ou de Jay’s Place, mais que la position de Nico est que le drame est à mettre sur le compte de Mr Johnson et de Jay’s Place.

Outre la discussion autour des initiatives prises par Johnson, l’instruction portera sur les échanges téléphoniques entre Judith Johnson et un représentant du service client de Noco l’après midi du 23 Juillet.

La plainte originale des Johnsons prétend que Judith Johnson a appelé pour dire qu’elle sentait l’odeur du gaz et que le représentant de Noco lui aurait répondu que c’est juste l’odeur de l’odorant du gaz. Elle aurait ajouté que le niveau dans la citerne était bas et que c’était pour cette raison que Mme Johnson percevait une odeur de  gaz inhabituelle.

( explication de l’éditeur du site   :  le gaz de  fond de citerne « sent plus »  que la normale car l’odorant  étant plus lourd que le gaz,   a tendance à se concentrer en fond de cuve. Ce phénomène est d’autant plus manifeste lorsque  le contenu de la citerne n’est pas souvent renouvelé, comme c’est le cas des residences secondaires. Les propaniers  exerçant dans les zones de villégiature – ce qui est le cas de la région de Niagara- sont  habitués à recevoir des appels téléphonique  de clients qui sentent une odeur de  gaz inhabituelle,   sans se rendre compte qu’ils sentent en réalité un propane beaucoup plus odorisé que d’ordinaire  -on trouve ce genre de témoignages  sur les forums américains et canadiens -.  C’est probablement pour cette raison que l’employé de  Noco qui a pris l’appel des Johnsons n’aurait pas réagi).

La contre plainte de Noco ne parle pas de cet échange . A la place, elle affirme que les Johnsons ont refusé de permettre à quelqu’un de venir sur place cette nuit-là inspecter leur citerne de propane.  » Si les plaignants ont souffert des blessures et les dommages comme indiqué dans leur plainte, à travers une négligence ou une faute autre que la leur, c’est parce que la négligence de Jody Johson a été la cause directe, actuelle , et rapprochée de l’accident et des blessures reçues par le plaignant »

Ca va prendre un peu de  temps avant que tout ceci soit examiné attentivement par la Cour et  l’ADECOPRO vous tiendra au courant de la suite de ce procès à travers la presse américaine. Les échanges de conclusions, de preuves et  de documents doivent être terminés fin 2013, afin de permettre  un procès en 2014.

Question : pour quelle raison Johnson était-il si sûr d’avoir réglé le problème en déconnectant la citerne ?           Parce  que ca ne sentait plus le gaz dans la maison après avoir fermé la citerne ?  Pourquoi un professionnel de la climatisation n’a pas pu penser que la fuite à l’origine de l’explosion  pouvait aussi bien venir de ses  canalisations ou des appareils raccordés  au gaz  ? Mystère.

En cas d’odeur de gaz dans la maison, n’allumez pas les lumières,  ne  cherchez pas à régler le problème vous même. Sortez de la maison si vous êtes le seul occupant et faites sortir les autres occupants si vous n’êtes pas seul(e). Fermez le robinet de gaz de votre citerne qui se trouve sur le dessus de votre citerne……..puis éloignez vous de la maison pour demander de l’aider…..

La maison des Johnson

La maison des Johnsons après l’explosion

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