Association Défense des Consommateurs de Propane

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Du chauffage au fuel comme signe extérieur de pauvreté, à la question du prix du propane comme énergie de substitution

 

 

« Le diesel est devenu un signe extérieur de pauvreté. » En pleine mobilisation de « gilets jaunes », le magazine  automobile Argus a comparé, pour chaque département, le pourcentage de véhicules roulant au gazole dans le parc de véhicules particuliers, avec le taux de ménages non imposables.

Il en ressort deux cartes de France très semblables : les départements où habitent le plus de ménages non imposés sont généralement aussi ceux où circulent le plus de véhicules diesel. Il s’agit de départements urbanisés mais marqués par la désindustrialisation (Nord, Pas-de-Calais, Moselle) ou de territoires ruraux et excentrés. En revanche, les zones urbaines dynamiques (Ile-de-France, Lyonnais, Nantes, Bordeaux, Toulouse, etc.) présentent la physionomie inverse. C’est aussi le cas de territoires ruraux plus prospères (Côte d’Or, Loiret…).

« En raisonnant à l’échelle de l’unité départementale, preuve est faite que les plus fragiles seront les plus impactés par les mesures anti-diesel »,conclut l’éditorialiste  de la revue.

Il faut toujours se méfier des tentatives des classes aisées d’instrumentaliser les études concernant les classes moyennes ou défavorisées, dans le but d’obtenir ou de préserver leurs « privilèges ». En l’occurrence les classes aisées faisant beaucoup moins de kilomètres en voiture pour se rendre au travail,  du fait  qu’elles ont les moyens d’habiter près de leur lieu de travail ( tout en faisant beaucoup plus de kilomètres pour leurs loisirs : week-ends à Deauville et vacances de ski compris),  on ne voit pas trop comment cette étude pourrait être instrumentalisée à des fins politiques par les riches lecteurs de l’Argus.

On considérera donc que les résultats obtenus par cette étude reflètent l’amère réalité de l’utilisation du diesel en France. Du reste ces  résultats rejoignent le bon sens : qui a eu la possibilité de changer son véhicule,  et donc de changer de carburant durant ces 12 derniers mois, depuis l’annonce du changement de politique concernant le diesel,  sinon ceux qui changent d’ordinaire le plus facilement  de véhicule  (ainsi que ceux qui, comme moi, changent de véhicule très rarement,  mais ont eu un grave accident de voiture qui tombait à pic …) ?

photo ruralité

Les ruraux en France ne sont pas des agriculteurs (8% seulement) mais essentiellement des employés et des ouvriers….

Par tant, il est légitime de se poser la même question à propos du fioul : le fioul est-il l’énergie préférentielle des pauvres en milieu rural ? Etant donné  le prix moyen  du propane d’une part, le prix de l’électricité  et le prix d’achat d’une pompe à chaleur d’autre part, il est évident que le fuel EST l’énergie  privilégiée des mal logés en milieu rural. Si tel n’était  pas le cas, la proportion entre ruraux chauffés au propane, et ruraux chauffée au fuel ne serait pas de 1 contre 7.

Pour avoir tenté de convaincre de la pertinence de  rester au  propane des dizaines de pères de famille prêts à passer au fuel, après qu’ils aient découvert sur ce site (et ailleurs) les détails de  l’arnaque au propane  à l’occasion de l’achat de leur première maison équipée au gaz, je me doute bien que des dizaines de milliers de personnes en France se chauffent aujourd’hui au fioul uniquement pour ne pas avoir à se coltiner les mensonges des commerciaux appointés par le cartel du gaz en citerne.

C’est notamment le cas de TOUS  les petits  artisans plombiers que je connais, qui, bien placés pour connaitre les limites des offres commerciales des propaniers, ont tous viré leur citerne de gaz  au moment de prendre possession de leur nouvelle demeure à la campagne. Contrairement à la grosse entreprise de plomberie dont le patron accepte (ou acceptait) volontiers de toucher des commissions sur les parrainages de clients, la plupart des petits artisans sont trop proches de leurs clients pour avoir la moindre patience vis a vis de ce genre de magouilles.

Dans ces conditions il serait pour le moins indélicat que le gouvernement force ces milliers de réfractaires au propane, souvent désargentés, à retourner dans les mains du cartel du gaz en citerne SANS CHANGER au préalable LES PRATIQUES ABUSIVES du cartel, laissées intactes par la loi Hamon. Pour ceux qui sont situés trop loin du réseau de gaz de ville, le propane reste l’énergie de substitution au fioul la plus pratique et la plus abordable (car la plus facile à mettre en œuvre) dès lors qu’on n’a pas les moyens d’investir dans une PAC.

On peut donc se poser la question de la pertinence économique  de la décision du gouvernement d’imposer à ces mal logés le changement de leur système de chauffage sans leur donner les moyens de financer NON SEULEMENT le changement de leur système de chauffage, ce que l’aide gouvernementale promise de  3000 ou 3500 € est « censée » couvrir  (sauf qu’acheter et installer  sa citerne de propane n’a malheureusement rien à voir avec acheter et installer sa citerne de fuel ), MAIS AUSSI l’augmentation de leur  budget annuel de chauffage. Or cette augmentation du budget de chauffage est garantie dans TOUS LES CAS  où le consommateur ne pourra pas s’offrir une pompe à chaleur et n’aura pas non plus la possibilité de se chauffer  majoritairement au bois.

Les réflexions qui précèdent m’amènent à la conclusion que, dans le cadre du Fuxit ( Fuel-Exit),  le gouvernement devrait se poser deux questions qui me paraissent revêtir une certaine importance :

  1. la modulation du  montant de  l’aide au Fuxit selon le niveau de revenus du foyer du fait du très grand écart de revenus entre consommateurs de fuel.
  2. la résorption des entraves à la concurrence sur le propane,  comme énergie de substitution au fuel, pour en abaisser durablement le prix en France.

La solution  réglementaire (c’est à dire extra-judiciaire) préconisée par l’ADECOPRO  pour rétablir une  concurrence mise à mal par le cartel :

a)  interdire aux propaniers de faire payer les frais de retrait de citerne : pour ceux qui ne souhaitent pas acheter la citerne, le choix des propaniers devrait se limiter à acquitter ces frais en début du contrat,  ou amortir ces frais d’installation et de retrait à travers le prix du propane pendant la durée du contrat initial.

ou bien

b) caper les frais de retrait de citerne au montant réellement payés par les propaniers auprès de leurs prestataires ( 130 / 150 € ) de sorte que les consommateurs non propriétaires de leur réservoir n’aient à payer que des sommes minimales  pour pouvoir changer de fournisseur.

 

 

 

 


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