Association Défense des Consommateurs de Propane

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L’absence d’odeur de gaz ne signifie pas absence de danger. Un tragique accident va changer l’issue des procès intentés  par les victimes d’explosion

 

Il s’appelait Eliot Stellar. C’était un des grands psycho-physiologistes américains du XXeme siècle. Ses lettres de crédit ( « credentials » comme disent les anglais) sur Wikipedia  témoignent de la hauteur de vue du chercheur. Pas le genre  à mélanger ses poches avec celle des industriels de l’agro-alimentaire, ni à tremper dans les conflits d’intérêts.  Je ne me rappelle plus comment j’étais entré en contact avec lui,  au tout  début des années 90, juste avant qu’il ne décède brutalement. Il était déjà âgé et j’avais  à peine  30 ans.  Je crois me souvenir que la prestigieuse encyclopédie Britannica lui avait confié la rédaction de l’article « Physiological Psychology ». C’est probablement après avoir lu cet article  où il mentionnait la question de l’instinct alimentaire de l’enfant  que je m’étais décidé à lui écrire. Peu de chercheurs américains ont, à cette époque,  accueilli mes recherches sur la question de l’instinct alimentaire dans l’histoire de la médecine occidentale avec autant d’intérêt qu’Eliot Stellar.

La psychologie physiologique s’intéresse entre autres sujets, à la singularité de la perception des odeurs et des saveurs chez l’homme et  chez l’animal. C’est une discipline fascinante, au carrefour des  sciences humaines, de la physiologie et de l’écologie.   Adolescent,  je dévorais les ouvrages d’éthologie animale : Konrad Lorenz bien sûr, et d’autres moins connus du grand public  comme Buytendijk .  Buytendijk,  c’est ce physiologiste néerlandais qui   expliquait qu’il y avait plus de vérité dans   « la Cité de Dieu » de  Saint Augustin que dans n’importe quel ouvrage moderne de psychologie. Il faut dire que je suis passé directement de la lecture du « Club des 5 » d’Enid Blyton à celle des traités de psychologie animale.  Quand vos parents continuent de vous gifler  à l’adolescence  parce que vous refusez encore et  toujours de finir votre assiette,  vous n’avez pas le cœur à lire ce que lisent d’ordinaire les enfants de votre âge.  Vous avez besoin de quelque chose de beaucoup plus sérieux à vous mettre sous la dent.  Remarquez,  ce genre d’expérience a un bon côté : il vous  fait gagner un temps considérable.  A 21 ans, j’avais fini mes études supérieures, pressé de mettre le plus de kilomètres possibles entre mes parents et moi.

Si j’ai consacré une page entière du menu principal du site de l’ADECOPRO  à la question, fondamentale à mes yeux,  de la très grande variabilité  du seuil de perception du mercaptan en fonction des individus, de leur âge, et de l’environnement olfactif, ce n’est  pas par simple lubie ou  pour ennuyer nos amis  les propaniers.  Je me suis coltiné la traduction  des principaux  résultats des études entreprises par les physiologistes américains  dans les années d’après- guerre  parce que j’ai une réelle curiosité  pour ces questions. Certains des savants cités sur cette page ont des noms familiers à mes oreilles depuis l’époque où je correspondais avec Eliot  Stellar.

Stellar avait publié un papier dans une revue scientifique dans les années 60 ou 70  sur le cas d’un enfant qui n’arrêtait pas de manger du sel à table  en quantité faramineuse,  au point d’inquiéter ses parents. Ces derniers avaient  pris rendez-vous  chez un médecin dans leur petite ville du Middle West pour demander conseil.  Le médecin avait dit aux parents « Il faut absolument que vous empêchiez cet enfant de manger du sel. Il va se rendre gravement  malade». Les parents, qui avaient probablement lu le célébrissime ouvrage du Dr Spock ( non ! Pas le Spock de Star Treck ! Celui de « Baby and Child Care », ouvrage de vulgarisation pédiatrique vendu à des millions d’exemplaires dans les années 50),  ont longuement hésité, rendant le dénouement final de cette histoire particulièrement tragique.  Au fond d’eux-mêmes, ils n’étaient pas sûr de vouloir obéïr  au  médecin en contrariant l’instinct de l’enfant.  Finalement par ignorance et sous la pression de l’autorité médicale, ils ont fini par se ranger à l’avis du médecin et interdire la consommation de sel à leur enfant. Erreur fatale.  Dans ses lettres, Stellar me racontait  comment l’enfant est décédé quelques jours après.  Résultat de l’autopsie : l’enfant avait une déficience hormonale grave  ( de type maladie d’Addison ou autre) qui l’obligeait à manger du sel  sous peine de mort rapide. C’était l’instinct de l’enfant qui le maintenait en vie. Et c’est la médecine qui en refusant de reconnaître la pertinence de l’instinct,   l’a tué.  Héritier de la physiologie morale anglo-saxonne,  Stellar s’intéressait à ce qui pouvait prouver la justesse de l’instinct alimentaire de l’enfant, y compris à titre thérapeutique. Eliot Stellar, un chercheur stellaire d’une rare probité intellectuelle.

En matière d’exposition au danger d’explosion de gaz , les psychophysiologistes américains  se sont pas « contentés »  d’étudier platement la relation entre la perceptibilité de l’odeur du mercaptan et le seuil d’explosivité du gaz. Ils sont allés plus loin dans leur analyse.  Même si ce qu’ils avaient à dire n’allaient pas forcément dans le sens des intérêts des industriels du gaz.  Comme toujours, leurs mises en garde ont été ignorées des industriels.  Le fait que le seuil de détectabilité du mercaptan soit, dans des conditions de laboratoire, très  largement inférieur au seuil d’explosivité,  suffit à rassurer aujourd’hui encore le très urbain Joël Pedessac, directeur du CFBP, comme il suffit à rassurer la confrérie des ingénieurs  du gaz  français ou américains qui, en bons cartésiens étroits d’esprit,  n’entendent rien aux subtilités de la psychophysiologie.  Dès qu’il s’agit de cerner l’étendue de leur responsabilité, les industriels préfèrent  se contenter de certitudes qui les arrangent, plutôt que d’approfondir des  vérités au risque de se voir mis sur la sellette.  On sait maintenant ce qu’il faut penser des fameuses « conditions de laboratoire » depuis qu’on connait la vérité sur  les tests de  consommation de carburant  et autres émissions polluantes des voitures diesels.  La justice peut-elle se contenter de telles fictions et  approximations ?

Un fait divers tragique récent, survenu aux Etats Unis, m’oblige à remettre aujourd’hui le couvert. Je ne vais pas m’amuser à  re-lister ici  les arguments physiologiques  permettant d’expliquer comment la victime d’une explosion a pu, en toute bonne foi,  ne pas percevoir  l’odeur de l’odorant du gaz avant l’explosion.  Je considère la chose acquise. Ceux qui découvrent le sujet peuvent toujours aller lire ces arguments scientifiques dont j’ai fait l’inventaire sur notre site au moment de sa création en 2012.

En m’appuyant sur ce nouveau fait divers, je vais, cette fois-ci, me placer sur un plan différent de  la physiologie : le plan du Logos, c’est-à-dire de la logique formelle. Il s’agit de  dénoncer la manière dont la fausseté du  discours sécuritaire des gaziers  peut avoir une influence désastreuse sur le comportement et la prise de risque chez les professionnels du gaz.  Avant même que la victime de l’explosion en question n’ait choisi son avocat (elle vient à peine  de sortir de l’hôpital après plusieurs greffes de peau*) je vais démontrer pourquoi, lorsque ce plombier américain fera un procès au propanier qui a rempli la citerne, il DOIT nécessairement  gagner quelques millions de dollars.

Si l’explication physiologique permet de comprendre au plan scientifique  les raisons qui ont déterminé l’absence de perception CONSCIENTE d’odeur du gaz présent autour de la victime,  l’explication épistémologique se situe à un niveau  différent. Elle  consiste à démontrer comment le discours sécuritaire mensonger des propaniers  est  directement  responsable des idées fausses qui circulent chez les professionnels du gaz et donc  dans le grand public.  Elle permet  de  comprendre comment les propaniers parviennent  à semer l’ignorance dans la population, et comment des juges français,  pourtant rompus aux subtilités  du logos, arrivent à donner raison aux propaniers  malgré les dénégations des victimes d’explosion ( voir ici la décision très critiquable de la Cour d’Appel de Bordeaux du 26 octobre 2011) .

Epistémologique ? Kezaco ? Ne décrochez pas …. Attendez une seconde….

L’épistémologie, c’est, en philosophie,  une théorie de la connaissance qui, à partir des données de la conscience et du raisonnement logique,  essaie de faire la part du vrai et du faux dans le savoir humain.   L’épistémologie et la psycho-physiologie sont des disciplines sœurs en ce qu’elles cherchent   toutes  deux à comprendre l’une au plan théorique, l’autre au plan physiologique, comment l’homme peut se retrouver, de son propre fait ou du fait de circonstances extérieures sur lesquelles il n’a pas prise (milieu professionnel, famille, société, civilisation…) dans des situations désavantageuses du point de vue de l’adaptation à son environnement. Concernant notre plombier américain, un intérêt plus marqué  pour l’épistémologie ou la psycho-physiologie aurait peut-être pu lui épargner de se retrouver dans une situation critique.

Il n’y a pas de véritable connaissance sans logos, c’est-à-dire sans un  langage construit et  étayé  par  les outils de la logique pure.  Les historiens de la philosophie ont pu écrire que tout l’effort de  la philosophie au XVII siècle pouvait se résumer dans cette seule question :  comment atteindre la vérité par le logos ? Que les émules de Leibniz ait pu, dès cette époque,  et sans les outils extrêmement onéreux de la science moderne,  deviner la nature et les conditions matérielles du développement du «péché originel» de nos civilisations dans l’histoire de l’humanité  restera leur plus grand titre de gloire.  Mais là n’est pas mon propos.

Prenez la question suivante :

« S’il n’y a pas d’odeur de gaz,  peut-il  y avoir danger d’explosion de gaz  ? »

Si on lui avait posé la question avant l’explosion qui failli lui coûter le vie, notre malheureux plombier américain aurait répondu « non » à cette question. Résultat : il  y a laissé sa peau, au sens propre, ce qui est toujours préférable que de la laisser  au sens figuré.  Si on posait cette même  question à des dizaines de personnes dans la rue, on obtiendrait de la même manière 100 % de réponses négatives.

Et pourtant la réponse à cette question  est « oui » comme on va le voir un peu plus loin. Tout le monde se trompe donc.  D’où vient  le fait que tout le monde peut se tromper sur une  question aussi essentielle pour notre sécurité ? D’où vient le fait que tout le monde commet cette erreur de raisonnement  au point d’engager et de risquer sa vie bêtement en cas de fuite de gaz passée inaperçue ?

Cela vient tout simplement du fait que les propaniers nous ont bourré le mou. Les ingénieurs du gaz  propagent depuis toujours un gros mensonge. Il est impossible de dénoncer l’erreur contenue dans la proposition « s’il n’y a pas d’odeur de gaz, il n’y a pas de danger d’explosion »  sans dénoncer la fausseté du discours sécuritaire des propaniers qui sous-tend cette proposition. Que dit  le discours sécuritaire des propaniers  ?  Il dit très exactement ceci :  » s’il y a danger, le consommateur sera averti par la perception d’une odeur ». Tout leur dispositif de sécurité industriel repose sur CE mensonge LA. 

La suite logique de ce discours devant les tribunaux français est,  du point de vue des  avocats  des gaziers  :  «  Monsieur Le Procureur, Monsieur le juge, il y avait danger et ce monsieur a dû percevoir une odeur, même si l’odeur n’était pas très nette»  Puis en s’adressant à la victime, l’avocat des gaziers ajoutera  «  Vous prétendez, Monsieur,  que vous n’avez pas senti la moindre  d’odeur. C’est là votre principal argument et le fondement de votre défense. Mon  client PROUTOGAZ  s’appuie sur  les études scientifiques concernant les seuils de perceptibilité du mercaptan. Il  prétend que c’est impossible.  Cette bouteille de gaz  s’est vidée dans votre voiture sans réaction de votre part.  Vous n’avez pas réagi à temps au signal de danger.  Mon client  n’est  de ce fait pas en mesure de vous éviter les conséquences désastreuses  d’une explosion de sa bouteille de gaz dans votre voiture. Donc je demande la relaxe pour mon client qui a pulvérisé votre voiture et vous a envoyé à l’hôpital»

Voilà ce que les gaziers et les propaniers s’autorisent à penser et à dire dans les prétoires.

Pourquoi les gaziers, qui sont des gens très intelligents,  sont-ils  obligés de tenir de tels discours, de faire croire à un tel mensonge  ?  Ils sont obligés de tenir ce discours car s’il y a danger et que, pour une raison ou pour une autre,  vous n’étiez pas en mesure de percevoir ce danger avant la survenance de l’accident,  vous êtes en droit de les attaquer pour mise en danger de la vie d’autrui.  Donc il en va de leur responsabilité légale.  Les propaniers rappellent  des milliers de tonnes de propane chaque fois que, par erreur, ce dernier a été insuffisamment odorisé (deux exemples récents dans la presse américaine suffisent à illustrer ce point ). Car c’est LEUR responsabilité si l’odeur du  gaz n’est pas perceptible alors qu’il aurait dû l’être. Mais dans quelles circonstances l’odorant est-il non perceptible malgré tout  ? C’est là le  sujet sur lequel les gaziers n’apportent jamais de réponses. Et c’est l’impasse que font tous les tribunaux français….

Donc  le leitmotiv des propaniers  «  s’il y existe un  danger avec le gaz, vous percevrez une odeur » est faux.  Les propaniers veulent nous faire croire que c’est vrai, mais c’est un mensonge d’envergure industrielle  car les circonstances rendant l’odorant indétectable dans certaines conditions  ne sont JAMAIS portées à la connaissance des consommateurs ni des plombiers-chauffagistes. Du moins en France, car les choses  bougent petit à petit  aux Etats Unis comme on peut le voir dans cette publicité pour un cabinet d’avocats américains qui se vante d’avoir fait gagner 10 millions de dollars à son client au motif qu’il lui était impossible de détecter l’odeur du gaz avant l’explosion dont il fût la victime.

Si une proposition est fausse , la logique formelle nous apprend  que sa contraposée est aussi fausse. Quelle est la contraposée (**) du discours des propaniers à savoir « s’il existe un danger,  je vais percevoir  une odeur ».  C’est très exactement  la proposition « si  je ne perçois pas d’odeur , c’est qu’il n’y a pas de danger ». Et c’est  très exactement ce que croyait encore  notre pauvre plombier américain  quelques secondes  avant que l’explosion ne l’envoie à l’hôpital.

Voyons maintenant dans le détail le récit de notre  victime tel que raconté par la presse américaine ( notons au passage que la presse française est d’une discrétion abyssale dans ses compte-rendus des circonstances entourant les explosions au gaz, raison pour laquelle j’épluche la presse anglo-saxonne pour écrire ces articles) . Une victime  qui pensait précisément que ces deux propositions étaient  toutes les deux vraies.  Il est intéressant de voir comment son histoire bat en brèche le discours sécuritaire des propaniers :

Eric Bujak vient de subir 23 jours de traitement dans l’unité des brulés du Hurley Medical Center. Il en est sorti le 2 Février dernier. Eric essayait d’allumer une chaudière au propane quand sa vie a basculé.

Il raconte ce qui s’est passé le 9 janvier  dans le sous-sol d’une maison en construction dans laquelle il effectuait des travaux.

« On aurait dit que quelqu’un avait envoyé une bouteille de gaz dans le feu, et soudain ça a fait WHOOSH » raconte Eric en décrivant le bruit de la première explosion. «  J’ai vu les flammes derrière moi. C’est la raison pour laquelle je me suis laissé tomber, arrêté de respirer, et fermé les yeux » .

Bujak est un vétéran de l’US Army qui a servi en Iraq. Il raconte comment son entrainement militaire a été mis à profit ce jour-là  pour se  jeter instinctivement sur le sol en couvrant sa tête avec la capuche de sa veste.

«  Puis il y a eu une seconde explosion » raconte Bujak. «  Celle-là a retenti beaucoup plus fortement. Et elle m’a fait beaucoup plus mal. J’ai compris qu’il fallait que je sorte  de là au plus vite »

( je n’ai pas  traduit la totalité de l’article )  Bujak a pu sortir se rouler dans la neige pour éteindre ses vêtements en feu avec l’aide du propriétaire de la maison admiratif devant le stoïcisme de l’ancien soldat.

Bujak raconte qu’il avait senti le propane et donc  ventilé la pièce PENDANT DES HEURES.  L’ODEUR ETAIT PARTIE LORSQU IL A DECIDE D’ALLUMER A NOUVEAU LA CHAUDIERE » 

Il est absurde de  penser que Bujak se serait amusé à prendre un risque délibéré en allumant la chaudière alors que l’odeur du gaz aurait été encore prégnante, puisqu’il affirme avoir attendu plusieurs heures avant de procéder à l’allumage.   S’il a décidé de  rallumer la chaudière à cet instant précis,  c’est qu’il ne percevait plus du tout  l’odeur du gaz. On ne peut l’accuser ni  de précipitation, ni de mensonge. Il a juste été trompé par son propre  système nerveux central : les cellules olfactives de son nez ont très certainement  perçu les molécules de mercaptan  mais son cerveau,  à force de saturation du signal par le mercaptan,  a  fini par mettre le signal  en veilleuse au point de ne plus alerter sa conscience pour des doses réduites. C’est le schéma classique de l’accoutumance olfactive connus des physiologistes du le monde entier. Pour Bujak,  il n’y avait plus de gaz dans la pièce, alors qu’en réalité  la cave en contenait suffisamment pour allumer   un bazooka.

Une des grandes compagnies de gaz américaines écrit en toutes lettres dans ses recommandations de sécurité aux consommateurs :

« Continued exposure to any odor, including odorized propane, can cause an individual to get used to the odor and fail to detect its presence. »

Traduction en bon français :  » Une exposition continue à n’importe quelle odeur, y compris celle du propane odorisé, peut faire en sorte qu’une personne s’habitue à l’odeur et ne soit plus capable de détecter sa présence ».

Donc il arrive que les gaziers américains disent la vérité. Une vérité toujours indésirable dans le milieu du gaz en France. Et je ne parle pas ici uniquement des propaniers.

Pauvre Mr Bujak ! Victime du grand mensonge des gaziers qui voudraient faire croire que l’existence d’un danger va nécessairement  de pair avec la perception d’une odeur.  Tous les militaires qui ont suivi l’entraînement des commandos ou pilote de chasse qui ont suivi un stage de survie en milieu hostile,  savent que les champignons mortels et autres plantes toxiques n’ont pas nécessairement d’odeur (  il ne s’agit pas là d’accoutumance olfactive  mais l’idée est  la même : certains dangers ne peuvent être détectés à l’odorat ! ) . Ces militaires ont appris ce que Bujak,  vétéran qui n’a probablement pas suivi cette formation,  ignore : que l’absence d’odeur désagréable ne signifie pas absence de danger.

Les conditions idéales sur lesquelles les ingénieurs prétendent bâtir une science du comportement humain capable de régir la vie dans les espaces surpeuplés ( cf voiture autonome…. ) n’existent que dans leurs  laboratoires, c’est-à-dire  dans des espaces désodorisés,  aseptisés, non humides, sans odeurs parasites, sans adsorption de l’odorant par  les murs du laboratoire, chez des individus- cobayes jeunes et en parfaite santé ( de préférence à des personnes âgées) , non enrhumés, ne présentant aucune anosmie générale ou spécifique,  partielle ou totale,  et n’ayant pas eu à flairer  des quantités de gaz  dans les minutes ou dans les heures  qui ont précédé  le test en laboratoire  (effet d’accoutumance olfactive).

On peut supposer que si Bujak avait demandé à un tiers n’ayant pas séjourné dans la cave  de venir renifler l’air ambiant à sa place avant de rallumer la chaudière, ce dernier n’aurait pas manqué de remarquer l’odeur de gaz toujours présente. Il peut donc y avoir danger sans odeur perceptible, et inversement, l’absence d’odeur ne signale pas nécessairement l’absence de danger.  L’histoire de Bujak le démontre une fois de plus.

Si un professionnel expérimenté peut faire une telle erreur d’appréciation de la dangerosité d’une situation à laquelle il est couramment exposé,  qu’en est-il des simples consommateurs que nous sommes ?

Toutes les personnes qui ont imaginé  à tort être en sécurité en pensant « si je ne perçois plus d’odeur , c’est qu’il n’y a plus de danger » sont en réalité victimes du grand mensonge des gaziers.

Conséquence : je peux vous assurer qu’il y a une tripotée de décisions de justice à réexaminer en France à la lumière de ce  très long mensonge …..

 

(*) Une campagne de collecte de fonds sur  Gofundme a été créé pour soutenir  la famille d’Eric Bujak. Grâce à cette campagne, l’Adecopro a pu prendre contact avec la famille de Bujak. Ci-dessous la photo officielle de la famille sur le site de campagne :

Bujak

(**) Une proposition et sa contraposée  sont dites « équivalentes » car leur « valeur » de vérité est toujours « égale » : soit elles sont toutes les deux vraies, soit elles sont toutes les deux fausses.

 

MAJ dy 25/03/2018 : Un autre cas d’explosion aux USA alors que l’odeur avait disparu selon les victimes :

http://www.kpcnews.com/article_cfb3c651-7a4a-55e6-9403-5a92ec5ce1b6.html

 

 


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