Association Défense des Consommateurs de Propane

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Nouveaux compteurs EDF : en marche vers le scandale du Linky-thyrox

J’ai appris dans la presse  une nouvelle ahurissante : il parait que 3 millions de français, soit un français sur 20, a des problèmes de thyroïde et prend du Levothyrox régulièrement pour se soigner. Un français sur 20, rendez vous compte, a un grave problème de thyroïde ( j’apprends le même jour que 3 millions de français souffrent de psoriasis, soit un taux 2 fois plus élevé qu’aux USA .. ! )  Moi qui croyait, puisqu’on n’arrête pas de nous le rappeler à chaque occasion,  que la France était un pays où les gens sont  en  bonne santé « grâce à une médecine de haut niveau et une sécurité sociale que tout le monde nous envie ».  Ceux qui naguère dans les années 1980-2000 nous bassinaient quotidiennement avec le problème du déficit de la sécurité sociale (rappelez vous, c’était juste avant qu’on commence à nous bassiner avec le problème de la dette publique…..) auraient donc omis à l’époque,  de nous communiquer les chiffres alarmants de l’état de santé REEL de la population ? Avec une telle réussite imputable à  nos élites médicales, on comprend mieux effectivement l’ampleur des  déficits auxquels se trouvent confrontés les gestionnaires de la Sécu.

A ce sujet, le dernier numéro du journal FAKIR, à déguster lentement sous ce radieux soleil d’octobre,  nous apprend  qu’on ne risque pas d’entendre beaucoup parler du déficit de la Sécu dans les 5 années à venir. Si on en croit l’enquête effectuée par la bande à Ruffin,  les grands  labos pharmaceutiques auraient généreusement contribué au hold- up médiatique de la dernière présidentielle, arrivant à propulser sur le devant de la scène  deux marionnettes appelées à distraire les français pendant les prochaines années   :  Macron,  alias Mr Ravi de la Crèche (*) et Buzyn, l’hydre aux 11 bras-seringues.

On en déduit que le déficit de la Sécu sera « hors de tout contrôle » chaque fois que le gouvernement souhaitera juguler les honoraires des  médecins et les profits des labos;  et qu’il sera  considéré comme « acceptable » ou « résorbable  » chaque fois que  médecins et les  labos tiendront le gouvernement français dans leurs griffes. Pour les 5 années à venir, Buzyn vient de nous prévenir que l’hôpital public va devoir se serrer la ceinture, histoire de permettre à Macron de remercier les labos pharmaceutiques.  A quoi tient la politique de santé en France !

Il est grand temps que les français exigent une transparence  des données de santé publique afin que les données de remboursement  de la sécurité sociale puissent passer dans le domaine public pour être analysées par des experts indépendants.  On risque alors de découvrir de belles rentes de situation. Et les raisons pour lesquelles les multinationales du médicament adorent notre pays  ET plus encore notre Sécu !  Pour revenir au Levothyrox, comment nos pouvoirs publics peuvent-ils remettre la vie de 3 millions de français entre les mains d’un laboratoire pharmaceutique américain, Merck,  disposant d’un monopole de fait sur ce médicament, laboratoire  qui s’est auparavant couvert de boue dans le scandale du Vioxx ( voir ici la vidéo d’une charmante américaine, ex-cadre sup chez Merck,  qui a retourné sa veste après avoir vu de près la mascarade de cette médecine pseudo « scientifique » ).

Croyez moi si vous voulez, les histoires de  propane,  c’est de la roupie de sansonnet en comparaison des mensonges et de la fraude scientifique organisées à échelle planétaire par le lobby médico-pharmaceutique.

Changement de formule  de médicament, changement de technologie de compteur électrique. Même mépris des consommateurs, même imprévoyance, même gabegie, même incapacité des autorités à regarder les choses en face.

La formule « Un état dans l’état » était en vogue dans les milieux écolos pour parler d’EDF au temps du nucléaire triomphant. Aujourd’hui, elle conviendrait à merveille à sa filiale Enedis (ex-ERDF). En charge du programme Linky, le gestionnaire du réseau électrique avance en effet à marche forcée sans aucun respect pour les usagers et quasiment sans jamais reconnaître ses responsabilités. Un peu comme notre désormais célèbre Agence nationale de sécurité du médicament.  En situation de monopole, à défaut de concurrence qui pourrait lui inculquer le sens du client, Enedis déploie son compteur Linky sans se soucier le moins du monde des particuliers. Tout semble permis au nom de sa mission de service public, les problèmes récurrents et persistants recensés par l’association de consommateurs UFC Que choisir semblent le  prouver.

L’appel à témoignages lancé dans le numéro de Que Choisir de mai dernier a fait remonter une  centaine de vrais dysfonctionnements apparus juste après la pose d’un compteur Linky, ce qui n’est déjà pas rien.   Mi-mai, un  questionnaire de l’UFC destiné aux seuls ménages équipés d’un compteur Linky  est revenu complété en moins de 48 heures à plus de 2 000 exemplaires. Avec un taux de mécontentement élevé et argumenté.

Alors, même si Enedis continue à affirmer avec obstination que « des cas problématiques, on en a peu », la réalité du terrain devient bien plus alarmante que ne le dit le gestionnaire de réseau. Il n’y a ni fantasmes ni peurs irraisonnées dans les réponses des usagers équipés, seulement des ennuis bien réels. Si 74 % d’entre eux n’ont noté aucun problème consécutif à la pose du compteur Linky, 26 % des ménages, soit 1 sur 4, subissent de vrais dysfonctionnements, ce qui est énorme. Par ailleurs, 69 % des participants estiment que leur compteur Linky est inutile. Un taux d’insatisfaction jugé anormalement élevé par les experts en statistiques de l’UFC-Que Choisir.

Au palmarès des méfaits de ce nouveau compteur communicant, on trouve d’abord les lampes. « Le soir même de l’installation, nos deux lampes de chevet tactiles sont devenues folles », nous écrit un abonné. « Elles fonctionnent de façon anarchique, s’allument toutes seules inopinément, parfois au beau milieu de la nuit », ajoutent de nombreux internautes. On nous parle aussi d’ampoules qui vacillent, de volets roulants qui ne remontent plus, de boîtiers télé qui peinent, de fours qui se mettent en marche tout seuls, de sons parasites à la radio. Autres soucis, les coupures de connexion qui se multiplient sur des box Internet (imposant des relances plusieurs fois par jour et causant des problèmes de réception TV), des appareils qui n’ont jamais redémarré après la pose du compteur ; des congélateurs dont on perd tout le contenu parce que le compteur a été changé en l’absence des occupants. Ou encore des ballons d’eau chaude électriques qui ne fonctionnent plus du tout ou passent en marche forcée, donc en heures pleines au lieu de chauffer l’eau en heures creuses.

D’autres dénoncent des coupures intempestives d’électricité pour un oui pour un non, alors que leurs habitudes n’ont pas été modifiées ( explication : les algorithmes qui gèrent les dépassements de puissance autorisés, qui se produisent lors du démarrage d’appareils électriques,  ne sont plus les mêmes que sur les vieux anciens compteurs). Et puis dans les appartements équipés de compteurs électroniques, on trouve des coffrages dont la porte ne ferme plus une fois le compteur changé. « Le compteur ne rentrait pas dans le boîtier mais l’installateur a refusé de reposer l’ancien, qui fonctionnait très bien. La porte reste ouverte, on va finir par l’enlever pour éviter de se fracasser le crâne dessus. C’est inadmissible, l’entrée va ressembler à un chantier », témoigne un abonné exaspéré. D’autres pointent leur contrat heures pleines/heures creuses qui s’est transformé « en heures pleines/heures pleines ».

Quel que soit le problème, Enedis, en digne représentant de la technocratie française triomphante,    refuse le plus souvent de l’assumer. Lorsqu’il y a panne d’appareils ou des pièces à changer, il s’estime, d’après notre sondage, non responsable 9 fois sur 10. Quand le cumulus électrique ne fonctionne plus normalement, le problème finit par être résolu seulement une fois sur deux, et c’est la même chose pour les compteurs qui sautent à tout bout de champ. Dans 71 % des cas, les problèmes de box persistent, y compris quand l’installation du Linky date de 2016. Pour ce qui est des contenus de congélateurs perdus quand les changements de compteur se font en l’absence des occupants, ils ne sont jamais indemnisés. « Il n’y a pas eu de panne de secteur »,s’entendent répondre les victimes ! De plus, malgré la forte accélération du programme de pose des compteurs depuis le début de l’année, les problèmes qui apparaissaient en 2016 restent d’une ampleur comparable. À l’exception de celui des lampes tactiles, enfin admis depuis peu, Enedis n’a rien appris de ses premiers errements. Le chauffe-eau électrique qui ne redémarre pas ou qui fonctionne en heures pleines demeure d’actualité, les problèmes de box Internet perdurent, les portes de coffres continuent à ne plus fermer, les moteurs et les cartes électroniques à griller, etc.

better call saul

Problème de compteur électrique ? N’appelez surtout  pas ENEDIS…

 

Ces nombreux dégâts tiennent en partie à la précipitation du déploiement. Les poseurs qui sont recrutés ne connaissent pas grand-chose à l’électricité. La tâche est trop mal rémunérée pour que des électriciens de métier s’y intéressent. Les installateurs sont formés à la va-vite, envoyés chez les usagers au bout d’un mois, d’abord en binôme puis seuls. « On apprend énormément en un mois, mais c’est de la théorie, témoigne l’un d’eux. On apprend surtout sur le terrain. On nous demande de passer une demi-heure par compteur, il nous faudrait plus de temps pour le triphasé, car c’est plus complexe. Il y a davantage de câbles à serrer, il faut repérer les phases et les équilibrer. Si on met le neutre sur une phase, on provoque des dysfonctionnements. Le délestage des ballons d’eau chaude peut poser problème, surtout en triphasé. Les options Tempo et EJP sont difficiles à programmer quand on débute : il faut toucher aux relais de délestage. Il arrive même qu’on se trompe de compteur dans les colonnes en immeuble tellement on doit aller vite. Il faut savoir qu’on est payés au smic, ou à peine plus, et qu’on ne touche pas de primes si on fait moins de 10 installations par jour. »

Conscient de l’insuffisance de la formation de ces personnels qu’il missionne chez ses 35 millions d’usagers, le gestionnaire de réseau envoie régulièrement des techniciens contrôler le travail en cours chez les clients. Une démarche en forme d’aveu, mais qui ne suffit pas à régler les nombreux problèmes. « Il devait y avoir 30 à 40 entreprises de pose il y a quatre mois, on doit être autour de 70 aujourd’hui »,  confiait un installateur en avril dernier à l’UFC. Le rythme de pose s’accélérant, il faut embaucher de plus en plus, les recrutés ne sont pas aguerris aux difficultés du métier ni à la diversité des configurations qu’ils rencontrent.

Et puis, il y a des mots d’ordre contradictoires et des pratiques inexplicables. D’après l’enquête de l’UFC, 52 % des installateurs conseillent d’éteindre les appareils qui fonctionnent ou qui sont en veille, d’arrêter le lave-linge ou le lave-vaisselle s’ils sont en marche, l’ordinateur ou la télé s’ils sont allumés, mais 48 % ne donnent aucune de ces consignes. Quand les compteurs sont dans les parties communes d’un immeuble, sur les paliers, il arrive même que les poseurs oublient de sonner aux portes des appartements tant ils ont intérêt à faire vite pour toucher leurs primes. Résultat, les résidents se retrouvent soudainement privés de courant. Tout électricien digne de ce nom sait pourtant qu’une mise hors tension « sauvage » peut griller le moteur d’un matériel un peu ancien, les cartes électroniques sensibles, déprogrammer des équipements. « On conseille d’arrêter tout ce qui peut l’être avant la coupure générale, nous ont d’ailleurs confirmé les responsables techniques du programme Linky d’Enedis. Après une mise hors tension abrupte, il peut y avoir des matériels qui ne se réinitialisent pas bien ou qui flanchent. La remise sous tension peut entraîner une défaillance des équipements qui datent ou qui ont des composants électroniques sensibles. Les box et les routeurs de Wi-Fi nécessitent une coupure propre, sinon la synchronisation ne se fait plus correctement. »

La doctrine semble donc claire. Mais quand il s’agit de poser ses compteurs à tour de bras, Enedis ne s’embarrasse pas de ces précautions minimales. Les consignes données aux installateurs sont même en parfaite contradiction avec les recommandations de ses propres experts. Ils sont sommés de les remplacer dès lors qu’ils sont accessibles, y compris en cas d’absence des usagers. « Il n’y a pas de prise de rendez-vous quand les compteurs sont accessibles », répond d’ailleurs le service clients d’Enedis aux consommateurs mécontents, et le courrier type d’Enedis annonçant le remplacement précise qu’il « ne nécessite pas votre présence quand le compteur est à l’extérieur ». Les mises hors tension abruptes sont donc exigées par Enedis, qui en connaît pourtant tous les risques ! Plus grave, le gestionnaire de réseau refuse d’en assumer les conséquences.

L’UFC-Que Choisir n’a pas attendu le démarrage de la pose des compteurs pour s’opposer au programme Linky. Dès 2010, l’association a dénoncé« ce compteur pensé par et pour le gestionnaire de réseau, et pas du tout dans l’intérêt des consommateurs ». En outre, depuis que le gouvernement a annoncé le programme de déploiement généralisé de ce nouveau compteur communicant l’année suivante, elle n’a cessé de s’engager pour défendre l’intérêt des consommateurs. Études, actions en justice, tout a été tenté pour empêcher son déploiement. Un recours a été déposé devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation de l’arrêté de généralisation du compteur. Malheureusement, cette procédure n’a pas été couronnée de succès. Son exigence d’un afficheur déporté qui serait placé à l’intérieur du logement, pour que ses occupants puissent suivre leur consommation d’électricité en temps réel, n’a pas abouti non plus. Dommage, c’était là le seul moyen de faire participer le compteur Linky à la maîtrise de la consommation d’énergie des ménages. Mais les gouvernements successifs ont préféré défendre les intérêts du gestionnaire de réseau plutôt que ceux des particuliers. Ce qui n’empêche pas l’UFC-Que Choisir de continuer à se battre, notamment pour la protection des données personnelles des usagers.

Source : Lettre d’information de l’UFC Que choisir du 19/10/2017 .

(*) Pour avoir une idée de la naïveté du premier personnage de la République, il suffit de relire son philosophe fétiche, Paul Ricoeur  » ….mon problème »  écrit Ricoeur dans son ouvrage le plus célèbre,  n’est pas de proposer ici une philosophie politique digne de celle de Cornelius Castoriadis ou de Claude Lefort. Il est seulement de savoir si la pratique politique fait appel aux ressources d’une moralité concrète qui ne trouvent leur essence que dans le cadre d’un savoir de soi que l’Etat en tant que tel détiendrait » (in « Soi-même comme un autre »).  Qu’un philosophe hégélien écrive cela dans la première moitié du XIXeme siècle, passe encore.  Mais il faut être gravement naïf comme Ricoeur pour imaginer que l’Etat français puisse détenir  ou même chercherait à détenir, des éléments d’un quelconque « savoir de soi » concret qui puisse lui permettre de se défendre, ou de donner aux citoyens les moyens de se  défendre,  contre les nouveaux obscurantistes que sont les détenteurs de l’hyper pouvoir économique. Une telle naïveté est confondante. Malheureusement c’est le genre d’aveuglement et de  naïveté dont se bercent aujourd’hui nos élites libérales.


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