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Butagaz promis à Flogas : remariage à l’anglaise pour l’ex leader du GPL français

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell est entré en négociations exclusives avec la société anglo-irlandaise DCC Energy,   qui lui propose 464 millions d’euros pour le rachat de Butagaz, sa filiale française de gaz de pétrole liquéfié (GPL), ont annoncé aujourd’hui les deux groupes. Cette offre devrait être finalisée dans l’année. Pour le géant anglo-néerlandais Shell, il s’agira au préalable de consulter ses salariés et ceux de Butagaz, et d’obtenir ensuite les autorisations administratives et réglementaires requises.

Shell semble désormais se contenter  d’un montant très inférieur au montant initialement souhaité (autour du milliard d’Euros).  Le prix offert par UGI pour le rachat de Totalgaz  aura probablement conduit les dirigeants de Shell à rabattre leurs prétentions.

Une cession justifiée par  Shell dans le cadre de sa stratégie mondiale de désengagement de ses activités de gaz de pétrole liquéfié et de concentration sur un nombre réduit d’activités et de marchés là où l’entreprise  peut être la plus compétitive.

Créée en 1931, Butagaz fût  le  leader  français de la distribution de GPL butane et propane, avec 25% de parts de marché,  jusqu’au rachat de Totalgaz par Antargaz, rachat effectif depuis l’accord conditionnel de l’Autorité de la Concurrence (voir archives de mai 2015). Implantée à Levallois-Perret, Butagaz emploie près de 550 salariés et fournit chaque année plus de 400.000 tonnes de butane et de propane. Butagaz a généré l’an dernier un Excédent Brut d’Exploitation (Ebitda) de 123,6 Millions d’€ et un résultat opérationnel (Ebit) de 74,2 M€.

DCC Energy, quant à elle, est la plus importante division de la holding industrielle  DCC plc.  Ce groupe anglo-irlandais coté à Londres, regroupe 4 filiales par secteurs  d’activités : Energie, Technologie, Santé, Environnement. La holding  a annoncé mardi un bénéfice d’exploitation de 221,7 millions de livres (308 millions d’euros), en hausse de 10,5%, lors de son exercice fiscal qui s’est achevé au 31 mars. DCC plc, qui emploie 10.200 personnes dans 14 pays, a réalisé au cours de l’année un chiffre d’affaires de 10,6 milliards de livres (14,7 milliards d’euros), en recul de 4%. Près de 72% de ce chiffre d’affaires est réalisé par DCC Energy.

La société Flogas, un des leaders du GPL au Royaume Uni et en Ireland avec son grand concurrent Calor Gas, est la principale filiale de DCC Energy. Flogas emploie 750 personnes dont 80 travaillent au siège de Syston, au nord de Leicester. Initialement société irlandaise, Flogas est arrivée au Royaume Uni il y a 30 ans, en rachetant Portagas (Merrylees, Leicester).  La stratégie de Flogas sur le marché britannique est celle de tous les grands propaniers : racheter les indépendants pour consolider sa propre part de marché. Inutile donc d’attendre de Flogas qu’elle  réveille la concurrence sur le marché français en jouant  le rôle du chien dans le jeu de quilles du cartel français du GPL.

Off the grid

Le site Internet de DCC Energy – Flogas promet aux clients anglais de leur faire oublier qu’ils ne sont pas raccordés au gaz naturel, tandis que la filiale Santé du groupe,   DCC Vital – Kent Pharmaceuticals, distribue des cachets pour lutter contre la perte de  mémoire….

Le patron de Flogas, Henry Cubbon, a  vu d’un mauvais oeil le rachat de Totalgaz par Antargaz annoncé l’année dernière. Il semblerait qu’il ait eu quelques vues sur Totalgaz  avant de se faire évincer par Antargaz. Ce n’est qu’après s’être vu fermer la porte du marché français, qu’il a décidé de passer par la fenêtre en rachetant Butagaz. L’homme a assurément de la suite dans les idées.

L’acquisition de Butagaz serait la plus importante jamais réalisée et une étape majeure dans la poursuite de la croissance de ses activités liées au GPL, précise le groupe.  DCC vise à être présent  de manière très significative sur le marché global du GPL, a expliqué son directeur général Tommy Breen.  DCC Energy n’avait jusqu’à présent aucun intérêt  sur le marché français de la distribution de GPL. Un porte-parole du groupe a précisé à l’AFP,  que celui-ci entendait conserver les équipes en place ainsi que  la marque Butagaz. Celle-ci bénéficie depuis longtemps d’une forte notoriété auprès des consommateurs, la marque étant distribuée à 26.000 points de vente au détail. Butagaz, qui était une filiale autonome de Shell, conservera cette autonomie chez DCC Energy.

« En sa qualité de marque leader en France, ayant un héritage et une réputation forte pour son service client, Butagaz est un ajout stratégique d’importance pour les activités GPL de DCC Energy » a estimé M. Breen.

Un élément clé de la stratégie du groupe ces dernières années à été de poursuivre la croissance de son activité GPL vers de nouvelles zones géographiques. DCC Energy a ainsi acquis auprès de grandes compagnies pétrolières leurs activités GPL en Norvège, Suède (où elle opère sous la marque Flogas) ou encore aux Pays-Bas (sous la marque Benegas).

DCC Energy espère par ailleurs finaliser d’ici fin juin le rachat du réseau français de stations service Esso, pour un montant de l’ordre de 130 millions d’euros, selon le communiqué du groupe. Cette opération avait été dévoilée en août dernier par Esso – filiale française du géant pétrolier américain ExxonMobil – qui avait précisé qu’elle portait sur 274 stations automatiques Esso Express et 48 concessions de stations autoroutières.

Pour les consommateurs français prisonniers de leur contrat Butagaz pour quelques années,  la question est de savoir jusqu’à quand  les actionnaires de Flogas vont maintenir la politique de relative  transparence et de relative modération des tarifs amorcée par Butagaz à la suite du crash du prix du pétrole de  2008. Au vu des antécédents de DCC Energy alias Flogas sur le marché britannique,  comme au vu  du comportement d’UGI alias Amerigas sur le marché US,  les deux plus importants rachats  dans  l’histoire du GPL français risquent  bien de se solder pour le consommateur  par  la fameuse leçon du « Guépard » :  « Il  fallait  que tout change pour que rien ne bouge…. »

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