Association Défense des Consommateurs de Propane

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Antargaz accepte de vendre les citernes en place : un pas important vers plus de concurrence dans le propane

Sans tambour ni trompette, et en prenant soin de ne prévenir aucun de ses clients, Antargaz a publié en Novembre dernier un nouveau tarif intégrant pour la première fois des prix de cession  des citernes Antargaz  en début et en fin de contrat. Même si elle ne concerne évidemment que les seuls consommateurs  (pas question d’accorder la même faveur aux professionnels) cette décision constitue un véritable virage sur l’aile pour le futur leader français du gaz en citerne, qui s’apprête à avaler Totalgaz dès qu’il aura reçu le feu vert de l’Autorité de la Concurrence. Quelle mouche a bien pu piquer les dirigeants d’Antargaz pour qu’ils se résignent enfin à faire ce qu’ils ont toujours refusé d’accorder aux consommateurs ? Pouvoir racheter la citerne à la fin du contrat,  de manière à changer de fournisseur sans  changer de réservoir, est une vieille revendication  des consommateurs de propane, bien avant la création du Groupement Propane Libre en 2010.  Notre Groupement et notre association n’ont fait que donner un peu de visibilité médiatique à cette revendication,  dont la légitimité ne pouvait plus être ignorée des pouvoirs publics suite à la libéralisation des marchés de l’énergie. Alors comment expliquer ce revirement et que faut-il en attendre ?

Il y a deux hypothèses possibles pour expliquer pourquoi Antargaz consent finalement à céder ses citernes d’occasion. La première hypothèse part de la constatation que Butagaz, actuel leader du marché,  a fait faux bond aux membres du cartel le jour de l’entrée en vigueur de la loi Hamon,  le 1er Octobre dernier, en décidant d’officialiser la vente de ses citernes neuves et d’occasion et en reconnaissant la légitimité des propriétaires de citerne à bénéficier d’un régime tarifaire différent. Pas de chance pour Butagaz, les cours du propane, arrimés en partie au cours du baril de pétrole,  ont commencé à chuter vertigineusement dans les jours qui ont suivi cette offensive commerciale,   faisant perdre tout intérêt à la nouvelle offre du propanier.  Dès lors Antargaz, menacé dans sa position de futur leader, et constatant que le tabou frappant la vente des réservoirs avait été officiellement brisé par Butagaz, aurait cherché à reprendre l’initiative en insérant  à son tour dans ses  tarifs publics  les  prix de cession de ses citernes, dont personne n’avait à ce jour jamais  vu la couleur (vous pouvez désormais voir ce tarif en allant sur l’onglet « Citernes gaz » du menu du site). Cette hypothèse ne dit rien des circonstances dans lesquelles Butagaz aurait pu être amené à  préparer son  offensive de manière à obliger ses  concurrents à réagir  ( dans un contexte où sa maison mère  Shell affiche à nouveau ses intentions de céder sa dernière filiale européenne de distribution de GPL, une telle initiative parait pour le moins surprenante ). L’inconvénient de cette hypothèse est qu’elle fait peu de cas du fait que Totalgaz et Antargaz ont toujours refusé de vendre leurs citernes par le passé, quand bien même Butagaz et Primagaz autorisaient discrètement  la vente de leurs réservoirs.

L’autre hypothèse, à mes yeux plus vraisemblable, serait qu’Antargaz aurait été « incité » à prendre les devants et à  satisfaire les demandes des consommateurs souhaitant racheter les citernes en place, de manière à anticiper  les exigences que  l’Autorité de la Concurrence n’aurait pas  manqué   de formuler au sujet du rachat de Totalgaz.  En incitant Antargaz  à régler le problème avant que l’Autorité ne se prononce, chacun y trouve son compte :  l’Autorité peut  considérer que le problème du « comment » réduire la taille d’Antargaz est déjà réglé par la vente volontaire des citernes aux consommateurs (voir les archives du site « Lettre ouverte  à l’Autorité de la Concurrence au sujet du rachat de Totalgaz par Antargaz »). L’Autorité  n’a plus dès lors qu’à se prononcer sur l’objectif souhaitable de réduction de la part de marché d’Antargaz dans le petit vrac  après intégration du parc de citernes Totalgaz , et non plus sur les modalités de mise en oeuvre de cette attrition forcée.  Antargaz quand à lui,  n’aurait pas à subir une publicité non sollicitée en se voyant publiquement contrainte par l’Autorité de procéder à cette attrition au moyen d’une offre publique de vente de citernes aux consommateurs français.  Antargaz éviterait  ainsi de donner à cette cession de citernes un retentissement médiatique national ou international qui pourrait inciter un nombre indésirable de consommateurs à profiter de l’effet d’aubaine. Sans parler de l’effet d’entrainement que la nouvelle d’une cession tous azimuts des citernes Antargaz pourrait avoir auprès des concurrents étrangers qui s’intéressent de près au marché français au point de tenter d’empêcher  le rachat de Totalgaz par Antargaz.

Messieurs les concurrents d’Antargaz, sachez donc que ce propanier accepte dorénavant de vendre les citernes à ses clients dès la fin de leur contrat. Des places sont donc à prendre sur le marché français du gaz en citerne.  On verra à l’usage si Antargaz autorise aussi la vente des citernes PENDANT les renouvellements de contrats successifs, c’est-à-dire sans attendre la fin de ces renouvellements,   dans l’esprit du rapport de l’Autorité  de la Concurrence de Janvier 2014.

Antargaz

O € à l’installation mais  1000 € pour le  retrait de la citerne. Ne pas tout dire , ce n »est pas mentir ?

La question principale, du point de vue du consommateur, est désormais  la suivante : « de combien de temps est-ce que je dispose  pour formuler ma demande de rachat de citerne à Antargaz ? ». Car nous ne nous faisons aucune illusion : la possibilité de racheter les citernes Antargaz ne durera pas éternellement. Un jour ou l’autre, Antargaz reviendra en arrière sur sa décision, comme cela s’est déjà produit par le passé,  et cette possibilité ne sera plus offerte. Comme pour le retour du  Christ sur terre, nous ne connaitrons à l’avance « ni l’heure, ni le jour » où Antargaz cessera de vendre ses citernes. Ce qui n’empêchera pas l’ADECOPRO de continuer à exercer son droit de veille (pour plus d’explications, se reporter à Matthieu 25:13 dans l’Evangile du même nom).   La fin de cette possibilité de rachat sera décidée en toute opacité, comme de bien entendu,  entre les pouvoirs publics et Antargaz, en fonction de l’objectif de part de marché maximale auquel Antargaz devra se soumettre dans le petit vrac, suite à la décision de l’Autorité de la Concurrence.

Si tant est que les choses ne sont pas encore ficelées, je voudrais quand même faire la remarque suivante à ceux qui ont le pouvoir d’en décider. La logique, ou à défaut l’équité, voudrait que cette possibilité de rachat de citerne Antargaz soit ouverte aux consommateurs français pendant au moins six ans à compter de l’entrée en force de la loi Hamon. Pourquoi six ans ? Parce qu’il est revenu à mes oreilles que quelques semaines avant l’entrée en vigueur de cette loi, Antargaz faisait encore signer des contrats de fourniture de propane pour des durées de 6 ans (à des conditions de prix délirantes au regard des cours actuels, mais c’est un autre problème). Or on ne peut pas refuser aux consommateurs qui se sont engagés avec Antargaz juste avant que ce dernier n’accepte officiellement de vendre ses citernes,  la possibilité de bénéficier eux aussi du rachat de leur citerne à la fin de son contrat. Si  Antargaz oblige le consommateur à attendre la fin de son contrat initial pour lui céder la citerne en place, alors la possibilité pour le consommateur français de racheter la citerne Antargaz en place  doit lui être proposée  pour une durée aussi longue que la durée des contrats Antargaz les plus longs avant l’entrée en vigueur de la loi Hamon (laquelle  limite désormais cette durée à 5 ans).

Ainsi la très discrète mention par Antargaz, dans ses nouveaux tarifs, de la possibilité pour le consommateur de racheter sa citerne constitue un nouveau pas important dans la libéralisation progressive du marché du propane résidentiel en France, compte tenu de la future position dominante de ce propanier sur le marché. Les clients d’Antargaz qui souhaitent changer de propanier auraient tort de ne pas se précipiter dans la brèche ouverte par le rachat de Totalgaz,  cette possibilité de rachat de citerne n’étant offerte que pour un temps nécessairement limité.  L’Association qui aide chaque semaine de nouveaux  consommateurs à racheter leur citerne, est là pour vous encourager et vous aider dans vos démarches, afin de normaliser progressivement les modalités d’exercice de la concurrence  sur le marché du gaz en citerne.

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5 commentaires

  1. Michel Burr dit :

    Bonjour,

    Suite à votre article (merci), nous avons demandé un devis à Antargaz pour le rachat de notre cuve enterrée. La cuve date de 1999 et le tarif de rachat serait de l’ordre de 1760 euros. Y a-t-il un moyen de savoir si ce tarif est « correct » ?

    Merci pour votre aide, Michel Burr

    • anthraxgaz dit :

      Bonjour
      Ce prix est effectivement issu du tarif de vente des citernes Antargaz pour une citerne de moins de 20 ans, 1.1 tonne, enterrée. Ce qui correspond à votre cas de figure. Vous pouvez vérifier cette info en allant sur l’onglet « Citernes gaz » du menu du site , puis  » prix de vente des citernes d’occasion ». Ce tarif officiel est toutefois en très nette augmentation (+50 %) par rapport au tarif « officieux » consenti à quelques rares chanceux. De ce point de vue , il est évidement totalement anormal. Cordialement

  2. Aurevoirantargaz dit :

    Bonjour,

    Suite à cet article, j’ai aussi demandé un devis pour le rachat de ma citerne étant en fin de contrat. Le service commercial d’Antargaz me demande de m’abonner à un contrat d’au moins 3 ans chez eux pour pouvoir racheter ma citerne. Suis-je obligé de m’abonner chez eux ? Et quel argument puis-je utiliser pour ne pas m’abonner chez eux et juste racheter ma citerne ? Merci pour votre aide et pour ce site.

    • anthraxgaz dit :

      Bonjour
      C’est une très bonne question dont il ne vous a pas échappé que la réponse ne figure pas sur le site, même si elle est cruciale pour le consommateur qui rachète sa citerne. Bien entendu , comme on est en France, tout se passe à l’insu du consommateur. Quelles ont donc été les conditions de l’accord entre l’Autorité de la Concurrence et Antargaz qui ont conduit Antargaz à accepter de vendre ses citernes ? Nul ne le sait. Donc nous ne savons pas, pauvres imbéciles que nous sommes, quels « droits » nous avons exactement en matière de rachat de citerne.
      Donc nous sommes obligés de prendre ce que les propaniers nous disent pour argent comptant (on peut aussi faire poser la question au gouvernement par un député… ) et accepter qu’il faille signer un « dernier » contrat avec Antargaz pour obtenir le bénéfice du rachat de leur citerne. C’est clairement ce que veulent les propaniers. C’est aussi ce que je conseille de faire à tous ceux qui me posent la question, étant entendu que ce nouveau contrat doit pouvoir être dénoncé au terme de la première année (sans attendre 3 ans) et sans qu’il ne vous coûte la moindre pénalité. Ce dernier contrat peut donc être vidé de tout contenu réel et rendu pour ainsi dire factice.
      A ce jour je ne connais qu’un seul consommateur qui ait essayé de racheter sa citerne tout en refusant catégoriquement de signer le nouveau contrat d’approvisionnement dont la signature était pourtant exigée par le propanier (qui n’était pas Antargaz). Il a obtenu gain de cause , mais il a attendu 4 mois de plus le droit de pouvoir racheter sa citerne, car il a fallu qu’il fasse intervenir la DGCCRF et que celle-ci s’explique auparavant avec le propanier. Il n’a donc eu gain de cause que parce qu’il s’est plaint auprès de la DGCCRF. A vous de décider si vous avez envie de rester inflexible sur le principe ou si vous préférez vous accommoder de l’exigence d’Antargaz.
      Si j’étais vous , je signerais donc le contrat, non sans leur avoir écrit en recommandé que vous signez ce contrat « contraint et forcé car Antargaz ne vous laisse pas le choix ». Puis une fois la citerne rachetée, vous attaquez Antargaz au tribunal au motif du nouveau contrat totalement abusif qu’ils vous ont obligé de signer. Et là vous êtes sûre de gagner des dommages et intérêts puisque la DGCCRF est de votre côté.
      Il faut savoir être plus retors que ces multinationales pourries !

      • Aurevoirantargaz dit :

        Je vous remercie pour ses précieux conseils, j’espère que ce message aidera les personnes dans le même cas que moi.
        Continuez, vous faites un travail honorable.

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