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La disparition de l’odeur du gaz incriminée dans des explosions au propane aux USA

Alors que les médias continuent d’en rajouter sur le cas de l’usine Lubrizol qui a empesté le Val de Seine   avec ses rejets involontaires d’odorant gazeux  dans l’atmosphère qui sont allés taquiner jusqu’aux narines de nos amis anglais,  j’ai envie de vous parler, probablement par esprit de contradiction, d’une histoire d’odorant qui   disparaît sans crier gare.  Une brève recherche sur Internet montre qu’aucun média français  ne s’est inquiété jusqu’à présent d’informer les consommateurs sur un danger pourtant bien réel ( les gaziers français auront simplement oublié de communiquer sur le sujet ?).  Un danger tellement réel qu’un propanier américain a été condamné en 2012 à payer 7,5 Millions de dollars à la famille d’une victime d’une explosion au propane pour avoir méconnu le phénomène de désodorisation du gaz propane ( voir archives du site février 2013).

Figurez vous qu’il arrive que le gaz naturel et le propane perdent leur  fameux odorant de manière subreptice et redeviennent inodores….et donc indétectables. La nouvelle ressemble à un canular de 1er Avril, mais elle n’a malheureusement rien de fantaisiste.  En parcourant la littérature américaine sur le sujet, on se rend compte que les gaziers savent depuis des décennies   que  le gaz naturel comme le  propane peuvent être  "dépouillés" de leur odorant au contact de certains matériaux. Au point qu’une fuite de gaz puisse passer totalement inaperçue pas simplement de ceux qui, l’âge aidant,  ont perdu un peu de leur odorat ou qui ont le nez  bouché, mais de personnes qui ont un seuil de perception des odeurs absolument normal.  Il y a même des scientifiques et des ingénieurs qui font des colloques très sérieux sur  la question ("Natural Gas Odorization International Conference & Exhibition", Houston 25 Mai 2010), à commencer par les membres de l’Association Nationale des Ingénieurs Légistes, la NAFE  ou National Association of Forensic Engineering,   l’expression "forensic engineers"  désignant  les experts en sécurité qui viennent enquêter sur les lieux des drames, à la manière des médecins légistes.

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Les propaniers américains sont  à présent rattrapés par la justice  qui leur demande des comptes au sujet d’ouvriers malencontreusement décédés sur des chantiers à la suite d’explosions au gaz  du fait que le gaz naturel ou le propane n’était pas détectable à l’odorat au moment de l’explosion, alors que les gaziers ont de tout temps  laissé croire l’inverse.

Si la justice détermine que les gaziers ont une obligation de résultat en matière de détectabilité de l’odeur des gaz explosifs, on comprend qu’après chaque accident les propaniers s’empressent de vider les citernes de gaz "fautives", histoire de faire disparaître toute trace d’un gaz dont l’absence d’odeur perceptible pourrait être à l’origine du drame. Très nombreux sont en effet les survivants d’une explosion au propane qui n’ont rien senti venir (c’est malheureusement  le cas de le dire…), alors que ces mêmes personnes sont en temps normal parfaitement capables de reconnaître l’odeur du gaz sans coup férir.  Les propaniers nous cachent-ils des secrets inavouables pour éviter que leur responsabilité puisse être engagée  dans des  accidents où l’odeur du gaz était indétectable ?

Mais d’abord quelques explications sur les circonstances dans lesquelles  le gaz naturel et  le gaz propane peuvent perdre leur odeur…..

Chacun est familier avec l’odeur d’oeuf pourri qu’on associe naturellement avec l’odeur du gaz. Si cette odeur n’est pas présente, alors que le gaz  se trouve bien à l’intérieur,  quand un plombier ou un mécanicien ouvre une vanne pour purger une conduite de gaz, les conséquences peuvent être dramatiques.

La disparition de l’odeur du gaz se produit quand le tuyau de gaz ou la citerne de gaz adsorbe ( adsorbtion = fixation superficielle d’un gaz sur un solide) le gaz odorant qui est ajouté au propane (le fameux mercaptan). Cette disparition peut être totale selon la quantité de gaz  circulant,  le pouvoir d’adsorbtion,  et la surface d’échange entre le solide et le gaz.  Ainsi du gaz sortant d’un long tuyau de gaz peut sortir totalement rincé de son odorant  et ne plus être détectable au nez. Ce phénomène de disparition de l’odeur de gaz, bien connu des gaziers,  est largement passé sous les radars des médias  et du grand public  jusqu’à une époque récente.  Durant la décennie écoulée, il y a eu quelques histoires de purge de tuyaux  de gaz qui ont très mal fini : les rapports d’enquête ont révélé que la cause de l’accident provenait de l’absence d’odeur du gaz.

Le gaz naturel et le propane sont naturellement incolores et inodores. Suite à une explosion qui se produisit dans une école au Texas en 1937, tuant 295 enfants et enseignants, il fût décidé par les autorités de cet état, puis par les autorités américaines,  qu’un odorant serait ajouté au gaz.

Aux USA la responsabilité du distributeur de gaz naturel s’arrête au compteur  : le gazier  a obligation de rendre son gaz odorant uniquement jusqu’au compteur et c’est la raison pour laquelle il sature  ses conduites  d’ethyl mercaptan de manière à éviter le phénomène d’adsorption et  permettre au gaz de dégager une  odeur suffisamment offensive jusqu’au compteur individuel. Après le compteur, l’entreprise de plomberie  est, elle,  censée savoir que l’odorant résiduel peut être adsorbé sur la longueur de tuyau nécessaire pour arriver jusqu’à la chaudière du pavillon, de la résidence, ou de l’usine où se déroule son chantier.

Les tuyaux d’acier , les citernes en acier sont de bons adsorbants du mercaptan, ce qui explique que le gaz y laisse tout ou  partie de son odeur. Ce phénomène se produit surtout dans les tuyaux neufs, dans les citernes de propane neuves, dans les tuyaux de large dimension, et dans les tuyaux où le gaz est  resté longtemps sans circuler. Mais le phénomène peut aussi se produire dans les tuyaux existants, dans des petits diamètres de tuyauterie, et quand le flux de gaz est faible ou intermittent. Les études en laboratoire, qui ont démarré dans les années 80, ont démontré que les  taux d’adsorption de l’odorant sont  affectés par une diversité de facteurs comme la composition des tuyaux, leur taille, leur porosité naturelle, les variations de température, les raccords de tuyauterie, le taux d’oxydation des tuyaux ou de la citerne, la présence d’eau de condensation ou de saletés dans le tuyau de gaz. Les surfaces oxydées sont  particulièrement efficace pour dépouiller le gaz de son mercaptan du fait d’une surface d’échange beaucoup plus importante. Attention : une citerne de propane s’oxyde naturellement dès qu’il n’y a plus de gaz à l’intérieur ( l’air atmosphérique s’installant dans la citerne  ) sauf si le robinet de sortie de citerne a été fermé dès que le gaz s’est définitivement épuisé.

Tous les plombiers qui doivent purger une nouvelle canalisation se fient à leur nez : dès que le gaz a suffisamment chassé l’air du tuyau, le nez est en principe immédiatement averti par l’odeur du gaz qui commence à sortir : le problème est qu’il peut y avoir des cas où le gaz n’a plus d’odeur. Dans un endroit fermé, le gaz non détecté par le plombier peut très très rapidement atteindre la quantité suffisante pour exploser.

Un problème similaire peut se présenter dans  les chantiers de construction lorsqu’il y a des interruptions ou des délais importants. Si les tuyaux ont été remplis de gaz puis bouchés, et que le chantier s’arrête plusieurs semaines ou plusieurs mois, l’odeur du gaz peut disparaître complètement des tuyaux d’arrivée de gaz. Dans les grands projets immobiliers, une arrivée principale de gaz de gros diamètre est généralement installée et il arrive qu’on y envoie  le gaz pour des besoins limités à quelques essais. Puis le gaz reste dans le tuyau pendant plusieurs mois avant que le travail ne soit terminé. Pendant cette période, le mercaptan a largement le temps d’être adsorbé.

Aux Etats Unis, plusieurs cas d’explosions au  gaz naturel ou au gaz propane dans des espaces clos ont été liés  à une odeur de gaz indécelable.  C’est pourquoi de plus en plus de  voix s’élèvent pour demander que les gaziers  forment les plombiers et informent les consommateurs des dangers de la disparition de l’odeur du gaz, en distribuant du matériel éducatif et en faisant écho à ce problème de sécurité largement méconnu sur leurs sites Internet.

Maison rasée par explosion au propane : 6 enfants décédés et aucune responsabilité clairement établie

On ne saura jamais ce qui est réellement arrivé

On ne saura probablement jamais ce qui est réellement arrivé ce soir là

Avec ce second récit de l’anéantissement d’une famille américaine, je n’ai  nullement l’intention de transformer ce site en un Paris Match pour amateurs d’émotions fortes  : je ne publie cette histoire que pour ce qu’elle nous apprend de la manière dont les responsabilités peuvent être  mises en jeu après un accident survenant du fait d’une cause non déterminée.

Le 3 Septembre 2005, à 11h30 du soir, une explosion a rasé la maison de Lorrie Kuchar dans le bourg de Caledonia sur la commune d’Owosso dans le Michigan. A l’intérieur de la maison : 7 enfants de 2 à 14 ans, et deux jeunes adultes qui étaient dans la cuisine et gardaient les enfants.

Les 6 enfants décédés appartenaient tous à la famille Bryant qui vit en Virginie et  était venue avec leur mère visiter leur tante , Lorrie Kuchar, dans le Michigan.

Tués dans l’explosion :  Rebekah Bryant, 19 ans , Joseph, 10 ans , Nehemiah, 9 ans , Martina, 7 ans , David, 4 ans , and Isaac Jackson, 2 ans.

Deux autres enfants , Jonathan Caleb, 14, and Sarah, 6, ont été blessés dans l’explosion . Un ami de la famille Joseph Moore Kuchar, qui se trouvait sur les lieux au moment de l’explosion, souffre d’une surdité unilatérale complète et d’une blessure au foie.

La maman Joyce Bryant et sa soeur Lorrie Kuchar avaient laissé les enfants dans la maison de Kuchar ce soir là pour aller visiter une autre soeur qui habitait pas loin de là. C’est pendant leur absence que la maison a  explosé.

Une enquête de la police d’Etat du Michigan a révélé qu’une fuite de propane a causé l’explosion. Cependant l’enquête n’a pas pu déterminer où la fuite a eu lieu . En 1989 le propanier américain Ferrellgas a installé le propane dans la maison des Kuchar. Depuis cette date "le propanier avait la propriété exclusive de l’installation" . Ferrellgas était notamment responsable des  tests  et de  la maintenance de l’installation.  L’installation dont le propanier américain est responsable  inclut  le réservoir de propane, le régulateur de pression de premier et second niveau, ainsi que la tuyauterie en cuivre située  entre les régulateurs et la chaudière   (ndlr : aux USA, contrairement à la France,  la loi est telle que le propanier est  responsable de la tuyauterie de gaz jusqu’à la chaudière)

Un article publié 4 mois après l’explosion explique " la valve du chauffe eau installé quelques jours avant l’explosion n’était pas celle qui avait fait l’objet d’un rappel. La vanne avait retenu l’attention des enquêteurs après que le modèle R-110 de la firme Robert Shaw Controls avait été rappelée en Septembre , quelques semaines après l’explosion survenue pendant la semaine du Labor Day. Après avoir analysé les objets parmi les décombres, les autorités ont indiqué que la valve installée sur le chauffe eau était un modèle différent , une R-220. Ils n’ont cependant écarté aucune piste, ni le chauffe eau ni aucune autre piste. "

Un article publié un an plus tard, soit mi 2006, indiquait " les enquêteurs poursuivent leur analyse des débris de l’explosion de Caledonia, après avoir abandonné la piste d’une valve de chauffe eau dont on a cru à un moment qu’elle avait fait l’objet d’un rappel par le fabricant. Il s’est avéré que la valve en question était un modèle différent de celle rappelée. Les experts de la société d’enquête privée EFI Global, spécialisée dans les incendies et qui vient récemment d’ouvrir un bureau dans le village, sont à pied d’oeuvre pour étudier à nouveau les débris après l’enquête officielle"

Un article publié un an plus tard en 2007,  indique que les parents des six enfants de Virginie ont porté plainte contre Ferrellgas Inc, au motif qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec la tuyauterie en cuivre qui amenait le gaz dans la maison. Bien que les enquêteurs officiels n’aient pas annoncé la cause officielle de l’explosion, le dossier de  plainte avance l’hypothèse que la tuyauterie en cuivre était trop fine, et que les tests n’ont pas été effectués pour s’assurer que la tuyauterie ne fuyait pas. Il est relevé dans la plainte   que le fournisseur de propane aurait dû tester les fuites éventuelles de gaz lorsque la famille a été en rupture de propane en mars 2005. ( ndlr : aux USA, contrairement à la France, la réglementation rend obligatoire la détection de fuites sur la canalisation de gaz  lorsque celle-ci s’est trouvée hors pression de gaz suite à une rupture d’approvisionnement. Le but de ce "leak test" – impopulaire parmi les consommateurs américains du fait que les propaniers obligent les consommateurs à payer le test –  est d’éprouver l’étancheïté des  joints gaz, dont le coefficient de dilatation varie en fonction de la pression de gaz à l’intérieur du tuyau. Ainsi une dépression totale du gaz suite à une rupture d’approvisionnement est susceptible de déformer les joints et de provoquer un défaut d’étancheïté. Ceci n’est pas prévu dans la réglementation française).

Le dossier déposé par le plaignant prétend qu’un raccord non étanche a permis au gaz "de migrer à travers la conduite extérieure puis à travers cette même conduite de rentrer dans le sous sol de la maison , où il a été allumé et a explosé"

La plainte vise à faire payer Ferrellgas plus de 675 000 USD en dommages.

Dans son dossier en réponse, Ferrellgas a nié avoir  installé les composants souterrains du système de distribution du gaz propane dans cette maison. Elle avance que des négligences ont été commises par Lorrie Kuchar, l’occupante des lieux,  ainsi que par son compagnon. Le défendeur avance en outre qu’un chauffe eau a été installé quelques jours avant l’explosion.

La plainte a été déposée le 29 janvier 2007 devant la Cour du Michigan. Dans une déposition complémentaire du 16 Avril 2007, les plaignants prétendent que Ferrellgas "a refusé ou n’a pas réussi à éliminer les conditions dangereuses  tout en ayant connaissance que des conséquences potentiellement dramatiques de ses actions ou de son inaction".

La défense a demandé un procès devant un jury.

Il n’y a plus trace de cette affaire sur Internet postérieure à 2007.

Le propanier "ne pouvait pas livrer" : 4 enfants brûlés vifs

 Quatre enfants morts dans l’incendie de leur mobile home parce que le propanier a traîné des pieds pour livrer son  propane.

Tous morts le même jour dans l'incendie de leur mobile home

Tous morts le même jour dans l’incendie de leur mobile home

Ces quatre enfants de 6, 8  ,10 et 12 ans ont été brûlés vifs il y a exactement 27 ans, un matin du 15  Janvier 1986. Le corps du plus âgé des quatre, William, été retrouvé recouvrant le corps de ses trois frères et soeurs en essayant de les protéger. Leur mère a rejoint la brigade des pompiers après cette tragédie pour faire des actions de sensibilisation dans les écoles et les entreprises. Le feu a été causé par un réchaud au kérosène avec lequel la famille essayait de chauffer le mobile home, parce que le propanier n’était pas  "capable" de livrer le propane le jour voulu. L’ironie de l’histoire veut que  le camion de pompier appelé au petit matin,  a doublé le camion du propanier qui se rendait sur place pour livrer finalement  son  propane, mais il était trop tard pour ces 4 petits anges.

Selon les archives de l’Associated Press, la mère travaillait de nuit et a découvert le désastre par un appel  au petit matin. Elle était divorcée depuis 6 ans  et éprouvait des difficultés pour percevoir ses allocations pour élever ses enfants. Elle  s’était résolue à ne pas prendre de baby-sitter parce que ça coute cher. Il était convenu entre la maman et  l’ainé  des quatre enfants que ce dernier  devait veiller sur les autres en son absence.

"Il était comme une mère poule avec eux" raconte la maman, " C’était un homme dans un corps de garçon. On disait souvent de lui en rigolant  "qu’il avait 12 ans allant vers 20 "

La maman a appelé l’école pour aller chercher des photos de ses enfants. Elle a tout perdu. Tous les souvenirs de ses enfants ont péri avec eux dans l’incendie de son mobile home. Elle avait déjà dû supporter un divorce et un premier incendie qui avait détruit un premier mobile  home.  Cette seconde maison lui avait été fournie par la compagnie d’assurances.

Les pompiers sont arrivés quelques minutes après l’appel, "mais ca n’aurait rien changé si nous avions été là 5 minutes plus tôt" a dit l’ancien pompier en chef qui a participé à l’enquête. "A mon avis, ces types d’habitation sont des pièges à feu. Les mobiles homes se détruisent très rapidement lorsque le feu démarre. Un des plus gros problème qu’on rencontre est que l’Etat n’exige pas que les anciens  mobiles homes soient équipés de détecteurs de fumée"

Le responsable de l’unique  magasin de cette  minuscule bourgade a ajouté qu’il y a beaucoup de femmes comme elles, dans la région, qui doivent élever leurs enfants par leur propre moyen. " Elle se battait tous les jours pour essayer d’y arriver …et voilà le résultat"

Mise à jour 12/01/2013  1:00 am .  Après quelques recherches qui m’ont tout de même mobilisé quelques nuits,  j’ai retrouvé l’adresse de la mère des enfants, malgré qu’elle se soit remariée. Je la contacterai la semaine prochaine lundi ou mardi pour l’anniversaire de la mort de ses enfants.    Je vous raconterai son histoire plus en détail. 

                                                                                                            ——————————————

Nombreux sont les clients des propaniers français qui se chauffent au réchaud à alcool ou kérosène soit pour pallier aux problèmes de rupture d’approvisionnement, soit pour économiser sur des factures de gaz (avantage :  on ne chauffe que la pièce où se trouve le réchaud et celui-ci peut  accompagner  les déplacements ). Si vous êtes dans ce cas,  ou si vous connaissez des gens qui se chauffent avec un réchaud parce qu’ils ne peuvent plus se payer le propane,  ou parce que leur propanier les a mis en rupture, n’hésitez pas à me faire part de votre témoignage.

Elagage et citerne de gaz : attention danger

Nous inaugurons avec cet article une compilation d’articles de presse ou de reportages vidéos  français ou étrangers   relatant  des accidents domestiques  impliquant des citernes ou des bouteilles  de propane, de manière à informer les utilisateurs de propane des situations à risque.

Cette histoire pêchée dans la presse de 2008 correspond à un des 2 cas  les plus typiques d’explosion par le propane dans les maisons : la rupture accidentelle de canalisation à l’extérieur de la maison, l’autre cas  tout aussi fréquent étant l’absence d’étancheïté du circuit de gaz dans les locaux mêmes. Si chacun se méfie  intuitivement  du second cas ,  il semble bien que personne  ne se méfie assez du premier cas…. et c’est là la vraie raison de l’accident qui est survenu dans ce pavillon d’un village de l’Aisne, célèbre pour sa magnifique abbaye cistercienne.

Le titre du premier article de L’Union de  Reims "Un dramatique concours de circonstances"  est très  mal choisi car il semble vouloir indiquer  que cet accident n’était guère prévisible. Bien au contraire. Il est tellement prévisible qu’aux Etats Unis la chute de branches d’arbres sur les citernes est considéré comme un des facteurs d’exposition au risque des plus courants notamment  pour les citernes aériennes.  La raison de l’explosion n’est donc certainement pas,  comme il est indiqué à la fin de l’article,  que le propane est plus lourd que l’air, mais  bel et bien l’absence de sensibilisation  à  ce type de risque chez les élagueurs du dimanche ou les élagueurs professionnels.

A la suite de l’article du journal local,  j’ai fait figurer un article relatant les mêmes évènements, mais d’une manière un peu plus fantaisiste  par un  journaliste du Figaro : ce journaliste raconte non pas l’explosion d’une poche de gaz dans  la maison,  mais  l’explosion de la citerne elle même,  sans se rendre compte que si tel avait été le cas, personne n’aurait jamais pu   raconter   l’histoire avec autant de  détails   (une citerne peut exploser si  elle est soumise à un puissant  incendie, mais elle n’explose  jamais dans les accidents de la vie courante, quand bien même la maison desservie par la citerne est, elle,  éventrée ou détruite par l’explosion d’une poche de gaz en provenance de la citerne) .

Explosion : un dramatique concours de circonstances

 Publié le vendredi 05 décembre 2008 -
La maison complètement soufflée par l'explosion, n'est plus qu'une ruine.

La maison complètement soufflée par l’explosion, n’est plus qu’une ruine.

Près de 48 heures après l’explosion d’une maison, la petite commune de Longpont près de Soissons est toujours sous le choc. L’enquête de gendarmerie retient la thèse accidentelle.

La maison soufflée est presque devenue aussi célèbre que l’Abbaye de Longpont. Au 7, rue Belle Croix, la demeure de trois étages ressemble à un décor d’après bombardement. Le paysage est dévasté. Les débris de l’explosion sont éparpillés dans le jardin mais aussi sur le trottoir d’en face. La rue a retrouvé son calme et la vie a repris son cours, mais le village reste évidemment marqué par cet accident. Mercredi soir, dix maisons proches du 7, rue de la Belle Croix où a eu lieu le drame, ont été évacuées par les gendarmes. Les forces de l’ordre n’ont voulu prendre aucun risque car la citerne de propane pouvait exploser à tout moment. Dix-huit habitants de la commune vivant à proximité de la maison soufflée ont été invités à quitter leur habitation le temps que la citerne de propane se vide entièrement de son contenu. Pendant ce temps, ils ont été accueillis à la salle municipale de Longpont. C’est vers minuit, où tout risque d’explosion étant écarté, qu’ils ont pu rejoindre leur domicile. L’enquête, elle, progresse. Elle a été confiée à la communauté de brigades de Villers-Cotterêts. D’après les premières constatations, l’origine du drame serait accidentelle. Un malheureux concours de circonstances aurait provoqué l’explosion dans la maison puis l’incendie qui a ravagé tout le bâtiment.
Mardi après-midi, vers 15 heures, trois ouvriers étaient en train d’élaguer les sapins situés sur la propriété où s’est noué le drame. Une branche d’un des arbres est tombée sur la citerne de propane, rompant les canalisations qui la raccordent à la maison. Le propane se serait alors échappé de la cuve pour se concentrer à l’intérieur de la maison (voir notre encadré). Le garage ouvert au moment des faits et situé à quelques mètres de la citerne, a servi d’appel d’air. Une simple étincelle a ensuite déclenché l’explosion. Le bilan de cet accident est lourd : cinq blessés dont un grave. Les deux propriétaires ont été victimes d’un effet de blast (souffle de l’explosion sur l’organisme). Louis Gaverini, 81 ans, a été grièvement brûlé au visage. Il est toujours hospitalisé dans un état grave au centre hospitalier de Lille mais son pronostic vital n’est pas engagé. Sa femme, transférée à l’hôpital de Soissons, souffre d’une intoxication. De même que les trois ouvriers qui sont venus secourir le couple. L’un d’eux a été blessé à une jambe. Les trois hommes devraient être prochainement entendus par les enquêteurs.
Quant à la maison du couple de retraités, elle fait l’objet d’un arrêté de péril pris le maire de Longpont. Son accès est interdit car, soufflée par l’explosion, la bâtisse menace de s’effondrer à tout moment. Les experts se rendront la semaine prochaine sur les lieux afin d’estimer si oui ou non, la maison doit être détruite. Ironie du sort, les propriétaires qui cherchaient à vendre cette maison depuis deux ans, venaient de trouver un acquéreur.

Raison de l’explosion : le propane plus lourd que l’air

La citerne était remplie de propane, un combustible qui est un gaz au bon pouvoir calorifique. Le propane est un gaz de pétrole liquéfié (GPL) plus lourd que l’air (1,5 fois). Cela explique-t-il l’explosion qui s’est produite mercredi à Longpont ? Oui selon les experts de Total gaz. « Comme ce gaz est plus lourd que l’air, le nuage de gaz a tendance à se déplacer vers les points bas et à suivre les pentes du sol », explique Alain Legaire, chargé des relations presse chez Total. En l’espèce, le gaz s’est donc échappé des canalisations ouvertes par la chute de la branche d’arbre pour pénétrer dans la maison par la porte du garage grande ouverte.
Côté sécurité, la citerne de propane fait l’objet de normes strictes « Il y a des codes et un cahier des charges du comité français du butane et du propane, précise Alain Legaire. Les citernes subissent une pression d’épreuve à 25 bars alors que le propane est stocké entre 4 et 7 bars. »

La même histoire racontée par le  FIGARO (3/12/2008) : abracadabrantesque…

Quatre personnes, dont un octogénaire gravement brûlé, ont été blessées aujourd’hui à Longpont (Aisne) par l’explosion d’une cuve à gaz apparemment causée par la chute d’une branche d’un arbre en train d’être élagué, a-t-on appris auprès des pompiers et des gendarmes.

Un octogénaire de 81 ans procédait à l’élagage d’arbres de sa maison avec des ouvriers d’une société spécialisée mercredi après-midi. A la suite d’une fausse manoeuvre, une branche tombait sur une cuve à gaz qui a explosé, selon les gendarmes. (ndlr : si les citernes explosent quand les branches tombent dessus, il y en a qui ont des soucis à se faire !) 

Les deux ouvriers présents, comprenant qu’une fuite de gaz se propageait à la maison (ndlr : si on comprend bien ce que le journaliste raconte,  il y a  fuite de gaz dans la maison après que la citerne ait explosé. Le journaliste ne se  rend pas compte que si la citerne avait explosé, les ouvriers auraient été volatilisés ) , ont sorti de la demeure la femme de l’octogénaire, ont-ils ajouté. Les trois personnes ont été intoxiquées par les émanations de gaz. (ndlr : Et l’explosion de la citerne, elle  a simplement décoiffé  les ouvriers  ?)  

Gravement touché au visage dans l’explosion de la cuve, l’octogénaire a été évacué vers Lille en hélicoptère, ont précisé les pompiers. La maison où vivait le couple a ensuite été détruite par l’incendie qui a suivi l’explosion et la fuite de gaz.

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